Harry Azaryan, étudiant en sciences politiques à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg et membre du grupe trotskyste « Pouvoir ouvrier », a été libéré de détention provisoire sous interdiction de certaines activités. En mai dernier, il avait été accusé d’« incitation au terrorisme via Internet » après qu’un agent infiltré dans son groupe ait transmis aux autorités des informations sur les membres, les réunions et une vidéo de son discours en ligne (voir notre article). Dans cette allocution, Azaryan théorisait la destruction du capitalisme par la révolution et évoquait la possibilité d’éliminer les « exploiteurs », qu’il désignait comme ennemis des masses populaires.

Malgré la neige et le froid, plus de 15 000 personnes ont défilé à Berlin pour commémorer Lénine, Liebknecht et Luxemburg. Ces deux dernières années, ces manifestations ont été marquées par une répression policière intense. Cette année,  les forces de l’ordre ont encadré strictement les cortèges, déployant environ 500 agents. En particulier, elles avaient annoncé intervenir si le slogan « From the river to the sea » était scandé. Peu avant d’atteindre le mémorial dédié aux socialistes du cimetière central de Friedrichsfelde, un groupe de jeunes a été brièvement intercepté par la police. Par ailleurs, huit manifestants ont été arrêtés. Parmi les motifs invoqués figuraient la suspicion d’utilisation de symboles d’organisations anticonstitutionnelles ou terroristes, ainsi que des insultes envers les forces de l’ordre. Un agent a été blessé lors des arrestations.

Depuis le 1er janvier 2026, un amendement du Code pénal tchèque assimile explicitement la propagande communiste à la propagande nazie, interdisant toute promotion publique de ces idéologies, y compris l’usage de symboles tels que l’étoile rouge ou le marteau et la faucille, et prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. La mesure est toutefois critiquée par plusieurs universitaires et politologues, qui estiment que le communisme constitue un courant idéologique pluriel, distinct par nature du nazisme, et que cette assimilation dénature l’histoire et criminalise un courant politique et idéologique hétérogène. L’impact concret de cette réforme reste incertain, aucune condamnation pour propagande communiste n’ayant été prononcée depuis 1989.

Dimanche 4 janvier, des prisonniers membres et/ou sympathisants du DKP (Parti Communard Révolutionnaire) ont annoncé un jeûne d’avertissement de trois jours, simultanément dans les prisons de Kocaeli, Tekirdağ et Marmara, pour affirmer leur volonté contre ce qu’ils qualifient de système de torture d’État. En particulier, ils dénoncent les prisons de type « puits » qui sont des lieux où la répression s’exerce le plus brutalement, avec des violations systématiques des droits des prisonniers politiques révolutionnaires, notamment par l’isolement. Les grévistes de la faim réclament la restitution immédiate de leurs droits fondamentaux, l’amélioration des conditions de vie en prison et la fermeture de toutes les prisons de type « puits ».

Le 30 décembre 2025, le tribunal de Béjaïa a rejeté la demande de libération provisoire de Lyes Touati, militant du Parti socialiste des travailleurs (PST), arrêté le 14 décembre 2025 et détenu depuis plus de deux semaines (voir notre article). Cette décision s’inscrit dans une répression plus large menée par le régime d’Abdelmadjid Tebboune : interdiction des manifestations, restrictions du droit de grève, arrestations de militants, mais aussi la suspension administrative du PST. Face à cette situation, les appels se multiplient pour exiger sa libération immédiate et l’abandon des poursuites.

Arrêté le 14 décembre 2025 et placé en détention préventive, le dirigeant du Parti socialiste des travailleurs (PST) et activiste Lyes Touati fait l’objet de poursuites après une publication Facebook critiquant ironiquement le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), une organisation sécessionniste et pro-sioniste interdite en Algérie. Accusé à tort d’y appartenir, il risque jusqu’à dix ans de prison, dans un contexte de répression accrue contre les militants depuis le Hirak de 2019. Déjà ciblé par un harcèlement judiciaire et policier et condamné par le passé à six mois de prison ferme sans incarcération effective (voir notre article), Lyes Touati est aujourd’hui au cœur d’une large campagne de solidarité internationale lancée fin décembre 2025, réclamant sa libération et l’abandon des poursuites.

La Cour constitutionnelle de Pologne a déclaré le Parti communiste de Pologne (KPP) illégal, estimant que ses objectifs et activités violent la Constitution en promouvant une idéologie incompatible avec le régime. En effet, la Constitution polonaise interdit toute organisation fondée sur des « idéologies totalitaires ». Cette décision fait suite à la saisine de la Cour par le président de l’Institut de la Mémoire nationale, Karol Nawrocki, pour statuer sur l’anticonstitutionnalité du KPP (voir notre article).

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En Pologne, le président Nawrocki a saisi la Cour constitutionnelle pour déclarer que les objectifs et activités du Parti communiste de Pologne seraient anticonstitutionnels, avec un procès fixé au 3 décembre. Cette démarche s’inscrit dans la continuité d’anciens efforts visant à interdire le parti (voir notre article), qui avaient été bloqués précédemment, et intervient dans un contexte de tensions suite aux positions communistes sur l’armement militaire, les conditions de travail et la répression sociale. Le mouvement communiste reste particulièrement actif auprès des jeunes, en dépit de la persistance de l’anti-communisme.

Le 7 novembre dernier, dix membres du Parti communiste russe (internationalistes) ont été arrêtés par des policiers de la ville de Novossibirsk. Le jour des commémorations de la révolution bolchévique d’octobre 1917, la police les a ​​empêchés de déposer des fleurs sur un monument dédié aux communistes tombés au combat. Auparavant, les autorités, sous divers prétextes, leur avaient interdit d’organiser un rassemblement.

Dans un geste à portée symbolique, Donald Trump a instauré aux États-Unis une « Semaine de l’Anticommunisme », présentée comme un hommage aux victimes des « régimes totalitaires » et comme une mise en garde contre les idéologies de gauche. Signée le 7 novembre, mais couvrant la période du 2 au 8 novembre, cette proclamation présidentielle revêt avant tout une dimension politique. Donald Trump affirme que cette lutte idéologique demeure d’actualité : « De nouvelles voix répètent aujourd’hui de vieux mensonges, les enveloppant dans le langage de la « justice sociale » et du « socialisme démocratique » », a-t-il déclaré.