Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

La commission européenne a rendu publique ce mercredi son projet de lutte contre la cybercriminalité. Son centre devrait être opérationnel en janvier prochain. Sous l’égide d’Europol, il réunira une cinquantaine d’experts européens en la matière dont le travail consistera, entre autre, à traquer les attaques informatiques à l’encontre d’infrastructures ou de systèmes d’information critiques de l’Union. Le budget de ce centre, qui s’élève à 3,6 millions d’euros, doit encore être adopté par l’autorité budgétaire d’Europol.

Les internautes chinois ont mené le vendredi 16 mars une “grève du message” de deux-trois jours. En cause, l’entrée en vigueur des nouvelles règles concernant l’utilisation des réseaux sociaux dans un pays qui compte plus de 260 millions d’utilisateurs de Weibo, la version chinoise de Twitter (l’original étant censuré en Chine). 40% des utilisateurs de Weibo restaient anonymes. Désormais pour envoyer un message, il faut déclarer sa véritable identité. C’est donc la fin de la possibilité de dénoncer librement les injustices et la corruption. Les autorités affirment être confrontée à une inflation des rumeurs en ligne, la dernière en date laissait entendre que le leader nord-coréen Kim Jong-un avait été assassiné à Pékin. Outre la censure, les weibos nominatifs vont pouvoir aussi aider les portails internet à récupérer de informations sur leurs millions d’utilisateurs à des fins publicitaires.

Chine: Fin de l’anonymat sur Weibo

C’est un peu beaucoup pour un hasard, le site d’Indymedia Bruxelles est down en même temps que ceux d’Indymedia suisse romande ainsi que d’une série d’Indymédia de France (Indymedia Paris, Indymedia Bordeaux, Indymedia Grenoble, Indymedia Nantes, Indymedia Lille et Rebellyon.info). Le reste du réseau Indymedia de l’étranger reste néanmoins accessible (par exemple London ou Madrid).

EDIT (20H00) : Tous les indymedias sont à nouveau accessibles.

Avec le Suédois NetClean, Microsoft offre sa technologie PhotoDNA aux forces de l’ordre. Développée en 2009 par Microsoft Research et l’université Darthmouth College, PhotoDNA créé une signature unique pour une image numérique. Cette empreinte numérique peut être comparée aux signatures d’autres images afin de trouver des correspondances. Si le procédé est similaire à la reconnaissance faciale, PhotoDNA ne peut pas identifier des individus dans des photos. Mais avec une représentation mathématique de la photo, les forces de l’ordre sont capables de faire correspondre une photo avec une autre, même si la photo a été redimensionnée ou modifiée. De quoi les aider lors d’enquêtes.

La technologie est déjà utilisée dans le domaine de l’aide à l’enfance. C’est ainsi que Facebook en collaboration avec le National Center for Missing and Exploited Children (Centre national de recherche des enfants disparus et exploités, financé en partie par la justice US ), fait analyser par PhotoDNA les centaines de millions de photos mises en ligne chaque jour pour débusquer les images pédopornographiques et rechercher les photos d’enfants disparus (de nombreux fugueurs ayant tendance à rester connectés sur Facebook). On peut naturellement s’attendre à une extension de l’application de cette technologie aux autres secteurs de l’activité policière…

USA: Microsoft offre PhotoDNA à la police

Interpol, l’organisation internationale de police, est actuellement en train de construire un nouveau centre destiné à la lutte, entre autre, contre la cyber-criminalité. L’Interpol Global Complex for Innovation, paradis technologique, devrait entrer en fonction en 2014. Il servira de laboratoire de recherche et de développement, d’installation d’entraînement et de laboratoire médico-légal, et s’intègrera dans le Interpol Singapore Center. L’IGCI se concentrera principalement sur la sécurité digitale et les innovations en matière de recherche contre le cyber-crime. Au-delà de ce dernier, les officiers de police et les chercheurs de l’IGCI développeront également des stratégies expérimentales à destination des services policiers à travers le monde. Le complexe comprendra des laboratoires, une salle de conférence ainsi qu’un musée, qui sera ouvert au public. Interpol n’a pas encore officiellement annoncé quels produits ni quels outils y seront développés. Néanmoins, vu la place que prennent progressivement les géants en ligne tels que Google, Facebook et Twitter, et le rôle qu’ils ont récemment joué dans les divers soulèvements populaires et autres mouvements ‘d’indignés’, il est évident que l’IGCI oeuvrera à l’utilisation de ces sociétés. D’ailleurs, d’après un porte-parole d’Interpol, il semblerait que ces sociétés privées seraient de plus en plus ouvertes à la collaboration. Avec la construction de ce centre, Interpol se positionne clairement face aux nouvelles tendances.

IGCI

IGCI

Partant des cas de Ricardo – militant tabassé devant le centre fermé 127bis – et de Nikki – indignée grecque frappée lors d’une action à Bruxelles – , plusieurs associations (Dont Gsara Asbl et la Ligue des Droits de l’Homme) lancent un nouveau site web tourné sur trois aspects de la violence policières: les droits face à la police, une enquête sur les dites violences et la (non-)médiatisation de ces violences.

Le site a ouvert à l’adresse suivante : http://www.violencespolicieres.be

1. Introduction

L’activité militante a été transformée considérablement par les technologies de l’information (IT). Des dates de réunions sont convenues par mail ou par SMS, des informations sont recherchées ou postées sur internet etc. Qu’il s’agisse de l’informatique, de l’internet ou de la téléphonie mobile, chaque outil a des possibilités qui facilitent ou augmentent l’efficacité du travail politique.

Toutefois, ces outils offrent des prises à l’espionnage policier. Les fournisseurs d’accès Internet gardent soigneusement les traces de vos connexions dans des fichiers appelés “logs”. C’est depuis peu une obligation légale pour les fournisseurs d’accès, sous peine d’être sanctionnés au cas où ils ne pourraient pas fournir ces données dans le cadre d’une enquête policière. Il en va de même pour la téléphonie où les traces des communications sont archivées.

Mais le progrès technologique joue pour les deux camps. Et si les instances de la répression ont l’avantage de leurs immenses budgets, de leurs milliers de spécialistes payés à plein temps, les forces de la résistance et de la révolution peuvent se donner les moyens de la réactivité, de la souplesse, de l’imagination, de la capacité à rapidement identifier et exploiter les possibilités d’attaques et de défenses.

2. Proportionnalité

Le risque “zéro” n’existe pas. Des super-ordinateurs peuvent déchiffrer des cryptages très puissants, des satellites peuvent intercepter des e-mails et se faire passer pour le receveur du mail, faisant échec à toute tentative de cryptage, un virus ou une puce peut enregistrer toutes les frappes de clavier d’un ordinateur rendant un mot de passe inefficace, un laboratoire peut trouver les traces d’un fichier (très) bien effacé avant que celui-ci n’ait été transféré sur un disque-dur crypté, des chiffrements très évolués deviennent obsolètes du jour au lendemain.

Dans l’utilisation d’ordinateurs, de téléphones portables etc., les moyens d’espionnages de hautes-technologies ont des capacités infinies. Mais si la CIA peut disposer d’un satellite lisant votre journal par dessus votre épaule, il est évident que l’usage de ce matériel est réservé à des opérations d’une importance cruciale pour les Etats-Unis. Le prise en compte des capacités techniques des forces de répression n’est qu’un premier stade de l’analyse de risque. Il faut encore apprécier les limites à l’utilisation efficiente de ces technologies.

On ne sollicitera pas les moyens de la CIA pour un tag, une vitre brisée ou une poubelle brulée, mais suivre une personne géographiquement avec son gsm (sans que celui-ci ne soit équipé d’un gps) est une pratique courante : les données sont d’ailleurs conservées quelques temps par les opérateurs. C’est pourquoi il s’agit de trouver un chemin qui se situe entre la sécurité absolue et notre liberté d’action.

La complexité des situations des différents groupes et des différents pays ne permet pas d’établir de directives générales. Chaque groupe doit donc analyser correctement les risques, sans sous-estimer le danger, ce qui rendrait vulnérable à la répression, ni le sur-estimer, ce qui amènerait à renoncer à des outils efficaces, où à développer des contre-mesures ou des procédure de protection épuisantes et paralysantes.

3. L’analyse de risque

L’analyse de risque porte sur une situation objective. Il ne doit pas y avoir de place pour les angoisses technophobes ou les enthousiasmes technophiles. L’analyse de risque doit être faite par des spécialistes, tout en incluant des non-spécialistes. Nous entendons le terme “spécialistes” non pas dans le sens de techniciens hautement qualifiés, mais bien dans le sens de camarades qui peuvent objectivement juger la situation en ayant recours à des spécialistes de l’informatique, de l’Internet ou de la téléphonie.

Les paramètres de l’analyse de risque pour l’activité militante sont :

-1. Les moyens des instances de la répression (en qualité et en quantité, techniques et humains) et le type d’usage qu’ils en font (se contentent-t-elles provisoirement d’accumuler les informations? ou au contraire les utilisent-t-elles directement dès que possible dans des poursuites judiciaires?);
-2. La menace que nous représentons pour les instances de la répression et aux yeux de celles-ci. En effet c’est la façon dont la répression nous perçoit qui détermine son action contre nous : la répression ne va pas surveiller ce que nous faisons, mais ce qu’elle pense que nous faisons (c’est parfois plus ou parfois moins, mais cela ne coïncide jamais parfaitement).
-3. Nos pratiques habituelles et nos besoins (utilisation d’internet, de téléphonie mobile, etc.)
-4. Les degré de compétence de nos “spécialistes” (par exemple: choix et installation d’un logiciel de cryptage suffisant)
-5. Le degré de compétence de tous nos camarades (par exemple: capacité d’utilisation du logiciel de cryptage) et aussi leur fiabilité quand au respect des procédures de sécurité.

Cette énumération est largement incomplète, mais elle montre dans quelle direction peut aller une telle analyse. Cette analyse doit être menée même si l’on n’a pas les réponses précises à chacune des questions. Une analyse insuffisante vaut mieux que pas d’analyse du tout. L’analyse des réponses à ces questions donne une image de la situation de menace par rapport à notre activité et par là, des possibilités de protection de l’activité.

4. Champ du domaine à protéger

Dans le domaine de l’IT, il y a plusieurs éléments à protéger :

1. Le contenu des communications (nous entendons par ’communications’ tout ce qui transite par le réseau internet à l’exception des données sauvegardées et stockées en ligne: les e-mails, communiqués postés sur des sites d’infos comme Indymedia, les sites fréquentés, etc…).

2. Les liens que révèlent les communications (même si le message est correctement crypté, le fait que X a envoyé un message à Y, la fréquence à laquelle X et Y communiquent, etc., sont déjà utiles à la répression). Comme le cryptage des mails est entré dans les moeurs dans plusieurs pays, les forces de répression ont appris à tirer des informations des flux de mails plutôt que de leur contenu. Les métadonnées recueillies par les services de renseignements permettent de dessiner d’immenses graphes de liaisons entre personnes à partir de leur activité numérique (appels gsm, sms, mails). Voilà à quoi ressemble un graphe de liaisons:


La taille des cercles est fonctions du nombre des communications, les couleurs révèlent des groupes (famille, travail, militance, …). Appliqué aux recherches policières, cette technique permet d’identifier des équipes et leur leader. En outre, de gros cercles sans liens vers les autres points révèlent des relations qu’on pourrait vouloir cacher. Le fait que ces points importants n’interagissent avec personne d’autre paraîtra forcément louche, et ce sont ces connections qui, tout chose égale ailleurs, feront en premier lieu l’objet d’enquête, de filature.

3. Les données. Nous entendons par ‘données’ tout ce qui est ‘stocké’ sur votre ordinateur ou sur un site de stockage en ligne (cloud), mais également tout ce qui ‘transite’ par votre ordinateur. Un document téléchargé, non-enregistré, effacé, ouvert depuis une clé-usb, laisse des traces sur votre ordinateur.

4. Les informations que révèlent l’activité IT (identification de votre ordinateur, carte SIM, téléphone, géo-localisation, etc.),

5. Risque humain

Comme le dit la déjà vieille plaisanterie: en informatique, le principal risque est entre le fauteuil et le clavier. La plupart du temps, la répression n’a pas besoin de virus ou de puce électronique pour surveiller quelqu’un et elle n’a pas besoin d’utiliser des techniques avancées pour analyser du matériel saisi. Elle n’en a pas besoin, parce que des erreurs humaines sont faites, par ignorance ou par négligence. Un mot de passe trop simple est très rapidement cassable, un document simplement effacé de la corbeille est récupérable en quelques secondes, le mot de passe d’un ordinateur ne protège rien, un indicateur peut vous demander votre mot de passe en se faisant passer pour un ami, un ordinateur dont le disque dur est entièrement crypté peut avoir été laissé ouvert et allumé lors d’une perquisition, etc.

6. Risque matériel

Le second plus grand risque, c’est le risque matériel : le clavier d’un ordinateur non-connecté à internet peut-être mis sur écoute à l’aide d’un appareil, un ordinateur ou une clé USB peuvent être saisis et servir de preuve à un futur procès.

7. Risque logiciel

Le troisième risque est celui des attaques informatiques effectuées à l’aide de logiciels espions. Protéger des données qui pourraient être saisies est primordial. Les moyens de se protéger existent.

8. Les mots de passe

Le choix du mot de passe est très crucial. En effet, des mots de passe trop simples sont identifiés rapidement, tandis qu’il n’est pas facile de retenir un mot de passe compliqué. Il ne sert à rien de choisir un mot de passe compliqué que l’on doit ensuite noter quelque part pour ne pas l’oublier. Par ailleurs, des mots de passe qui sont des citations de livres etc. doivent aussi être considérés comme des mots de passe simples. En principe, les mots de passe doivent comporter 25 signes au minimum, doivent comporter des caractères majuscules et minuscules, ainsi que des chiffres et des caractères spéciaux. Pour retenir le mot de passe, un moyen mnémotechnique peut aider.
Exemple : “consciEnce_dE_la_sociEté!6e”
Ici, nous devons par exemple retenir que le texte comporte 6 e, dont les premiers de chaque mot en majuscule.

9. Formation

La formation produit la sécurité. Beaucoup de camarades ne sont pas conscients des dangers mais aussi des possibilités des nouvelles techniques. De ce fait, certaines formations sont indispensables. L’ignorance peut nuire à la sécurité d’un groupe, tout comme elle peut paralyser les activités d’un groupe. Un groupe doit décider ce qu’il exige de ses membres pour assurer la sécurité collective. Plusieurs niveaux peuvent co-exister dans un même groupe. Les exigences sont donc à définir clairement.
Le choix des thèmes à apprendre dépend de l’analyse de risque. Néanmoins il y a des connaissances de base que tous devraient avoir :
-1. Comment chiffrer les informations sur un disque dur
-2. Comment chiffrer les mails
-3. Comment supprimer correctement des documents
-4. Comment anomymiser correctement des documents, des photos…
-5. Comment anonymiser les visites sur Internet
-6. Quels sont les risques de la téléphonie mobile

Les dossiers que nous présentons ci-dessous représentent la formation de base du Secours Rouge. Nous pouvons envoyer co-organiser une formation publique ou privée avec tous les collectifs militants qui le souhaite. il peut s’agit d’une simple formation théorique ou une formation assortie d’ateliers pratiques (installation de logiciel, démonstration d’emploi, etc.).

Principes généraux de sécurité IT

Attention : guide pour Windows ! (Mac est ici)

Chapitre 1 : Le cryptage de communications

Crypter ses e-mails c’est important : et spécialement si on a ‘rien à se reprocher’.

Crypter ses communications par e-mail c’est :
– Empêcher qu’on lise ses e-mails et protéger sa vie privée, même si on a rien à se reprocher,
– être solidaire de ceux qui l’utilisent quotidiennement en créant une zone de flou,
– Empêcher la lecture de ses e-mails par la répression avec une technique déjà éprouvée par de nombreux militants, dont ceux du Secours Rouge.
Si le cryptage d’e-mails avec GPG/OpenPGP semble être difficile, ce n’est comme bien souvent qu’une impression.

Les logiciels dont nous aurons besoin :
– Le pack de logiciels GPG pour Windows « GPG4WIN » sur http://www.gpg4win.org/
– Le logiciel de messagerie par e-mail Thunderbird : https://www.mozilla.org/fr/thunderbird/
– L’extension Enigmail pour Thunderbird.
– Une adresse e-mail compatible IMAP. À peu près toutes les adresses sauf les adresses hotmail, outlook et live (toutes les adresses fournies par Microsoft)

Nous pourrions choisir une adresse e-mail chez un fournisseur militant comme Riseup.net. Mais cela ne changera rien : une fois que les e-mails sont cryptés ils sont autant illisibles par Google, Yahoo ou Riseup.

Dans notre exemple, nous prendrons une adresse Gmail, car celles-ci sont largement répandues et simples à paramétrer. Même si Google a des politiques de confidentialité parfois douteuses, cela ne nous concerne pas puisqu’il ne pourra pas même lire nos messages.

1. Installer GPG4Win et Thunderbird

Commençons par télécharger GPG4WIN sur le site officiel. On clique sur l’immanquable bouton « Download GPG4WIN » en haut à gauche de la page et on sélectionne la dernière version stable du logiciel. Attention, on ne va pas télécharger la version Beta qui pourrait contenir des failles de sécurité.
Une fois le fichier téléchargé, double-cliquons dessus pour lancer la procédure d’installation. On clique deux fois sur suivant avant d’arriver à une série de cases à cocher. Faites comme sur l’image.

Installer GPG4Win et Thunderbird

On va ensuite continuer l’installation en lisant ce qu’on nous dit, en cochant la case pour avoir des icônes sur le bureau et en suivant les instructions à l’écran, pour finir par redémarrer l’ordinateur.

Une fois l’ordinateur redémarré, deux nouvelles icônes ont fait leur apparition sur le bureau de notre ordinateur. On ne va pas y toucher pour l’instant, car on va d’abord installer Thunderbird. Rendons-nous donc sur le site officiel de la Fondation Mozilla (inscrit plus haut) pour le télécharger.

A nouveau, suivons les instructions pour finalement démarrer Thunderbird qui nous propose de créer une nouvelle adresse e-mail. Proposition que nous allons décliner pour rentrer notre propre adresse e-mail. Cliquons donc sur ‘Passer cette étape et utiliser mon adresse existente’.

On rentre ensuite nos informations : un nom (ce que vous voulez), l’adresse e-mail que l’on veut utiliser et le mot de passe que l’on utilise pour se connecter à ce compte.

Vous avez à choisir si vous voulez cocher la case « Retenir le mot de passe ». Ne pas la cocher compliquera les choses, mais ce mot de passe est très facile à voler si quelqu’un s’empare de votre ordinateur. Dans notre exemple, on décochera la case, mais sachez que si vos e-mails sont cryptés : même en ayant le mot de passe de la boite mail on ne peut pas lire les courriers cryptés.

On clique donc sur suivant, et Thunderbird se chargera de remplir les cases à l’étape suivante.

Il nous propose alors de choisir entre ‘IMAP’ et ‘POP3’. Et c’est le moment d’expliquer pourquoi nous n’avons pas pris d’adresse Microsoft pour cette manœuvre.

Un compte IMAP permet de conserver simultanément ses e-mails dans sa boite à mail en ligne ET sur son ordinateur, dans Thunderbird.

Au contraire, un compte POP3 récupérera tous les e-mails sur l’ordinateur que vous utiliser. Ce qui veut dire que si vous voulez utiliser cette adresse sur plusieurs ordinateurs, ou changer d’ordinateur tout en conservant vos e-mails : la tâche est rendue beaucoup plus complexe, voir impossible.
On laisse donc la case IMAP cochée et on clique sur ‘Terminé’.

Maintenant que GPG et Thunderbird sont installés, allons au vif du sujet en créant notre paire de clé GPG.

2. Créer une paire de clés GPG

Mais qu’est-ce-que c’est qu’une paire de clés GPG ?

Le chiffrement par GPG est appellé « chiffrement assymétrique », mais un dessin valant mieux que des paragraphes d’explication, voici une petite infographie qui expliquera mieux ce qu’est une paire de clés.

Explication du dessin :

Paul veut envoyer un e-mail à Georgette, pour se faire, nos deux protagonistes installent GPG sur leurs ordinateurs, et chacun d’eux crée une paire de clé. Une clé publique et une clé privée chacun.
Paul et Georgette s’échangent auparavant leurs clés publiques qui, elles, peuvent voyager sans être cryptées (mais nous verrons plus tard que ce n’est pas toujours vrai).

Créer une paire de clés GPG

Nous apprenons donc plusieurs choses :

– Les clés publiques servent à crypter,
– Les clés privées servent à décrypter.
– Le cryptage et le décryptage se font sur l’ordinateur même et ne dépendent pas d’internet.

D’autres part, sachez que les clés sont en fait deux petits fichiers texte (se terminant par l’extension ‘.asc’)

Pour générer notre paire de clés, démarrons GPA qui se trouve sur notre bureau. Celui-ci nous propose d’emblée de créer une clé privée, acceptons la proposition en cliquant sur ‘Créer la clé maintenant’.

Etape suivante, on tape un nom et un prénom (qui peuvent être n’importe quoi), et on clique sur suivant pour ensuite taper notre adresse e-mail. A l’étape suivante, on coche la case ‘créer une copie de sauvegarde’, ce qui nous sera utile si on veut installer GPG sur un autre ordinateur, pour arriver au choix du mot de passe.

Nous avons déjà vu comment créer un mot de passe au début, mais pour rappel :

– Votre mot de passe doit compter au moins 20 caractères, et contenir lettres minuscules et majuscules, des chiffres et des caractères spéciaux (comme $*^ par exemple). Ce mot de passe ne doit pas contenir de mots existants, de prénoms ou de noms, de dates, etc…
– Dans les cas de Truecrypt et de PGP (comme on le verra au chapitre « Crypter ses e-mails ») il est particulièrement important de bien choisir un mot de passe qui ne sert qu’à ça.

Et voici le mot de passe que nous utiliserons dans l’exemple : V_52b;ZbzEv2B-#@J3m7

On enregistre à présent notre clé secrète à un endroit où on la retrouvera plus tard. On peut envisager de cacher cette clé dans un conteneur Truecrypt (Voir Chapitre 2).

Si GPA s’est fermé, on le redémarre. On voit à présent qu’une nouvelle clé figure dans la liste, cliquons dessus et ensuite, cliquons sur ‘exporter’ pour disposer de notre clé publique. Appellez cette clé comme vous voulez, pourvu que son son se termine par ‘.asc’.

Créer une paire de clés GPG

Nous avons à présent nos deux clés, il ne nous reste plus qu’à installer Enigmail pour lier nos clés GPG et notre adresse e-mail.

Note : Puisque nous avons demandé à Thunderbird de ne pas retenir le mot de passe de notre boite mail, celui-ci nous le demande à chaque ouverture. Pour la suite, faisons attention à bien taper le mot de passe de notre boite mail dans la fenêtre « Saisissez votre mot de passe »

Créer une paire de clés GPG

Créer une paire de clés GPG

3. Installons Enigmail et règlons les derniers paramètres

Enigmail est un module complémentaire de Thunderbird, nous allons donc démarrer Thunderbird pour rechercher Enigmail dans le magasin d’applications de ce dernier.

Installer Enigmail

Ensuite, on tape Enigmail dans le champ de recherche, et on installe le module complémentaire ‘Enigmail’.

Installer Enigmail

Pour finir, on redémarre Thunderbird. Un nouvel onglet à fait son apparition dans Thunderbird, ‘OpenPGP’. Passons notre souris dessus pour ensuite cliquer sur ‘Gestionnaire de clé’.

Installer Enigmail

Lorsque l’on coche la case ‘Afficher toutes les clés’, on voit notre clé. Ce qui veut dire que nos clés sont bien synchronisées avec Thunderbird
Retour dans les paramètres de Thunderbird pour choisir cette fois ‘Options…’, puis ‘Paramètres des comptes’.

Installer Enigmail

Ici, on va se rendre dans l’onglet OpenPGP,

– cocher la case ‘Activer le support OpenPGP pour cette identité’.
– cocher la case ‘Utiliser l’adresse électronique de cette identité pour identifier la clé OpenPGP’.
– cocher la case ‘Chiffrer les messages par défaut’

Installer Enigmail

Tant qu’on y est, désactivons l’utilisation de HTML lors de la rédaction de nos e-mails. Celui-ci peut provoquer des erreurs. On désactive celui-ci dans ‘Rédaction et adressage.

Installer Enigmail

PGP est à présent activé. Notons que si nous avons coché la case ‘Chiffrer les messages par défaut’, c’est pour éviter les erreurs humaines, puisqu’à partir de maintenant, envoyer des messages sera tellement simple que nous en oublierons presque qu’il se fait.

A présent, nous allons voir comment utiliser la clé GPG d’un ami. Dans notre exemple, nous utiliserons celle du Secours Rouge, téléchargeable sur le site https://www.secoursrouge.org/

Une fois le fichier ZIP décompressé. Nous avons un fichier ‘sr.asc’. Nous devons importer cette clé dans notre trousseau pour pouvoir lui envoyer un e-mail. Pour cela, ré-ouvrons GPA et cliquons sur le bouton ‘Importer’ avant de sélectionner le fichier ‘sr.asc’ là où celui-ci a été décompressé.

4. Envoyer un e-mail crypté

A présent, nous allons envoyer notre premier e-mail crypté ! Dans Thunderbird, on clique sur ‘Ecrire’.

Ecrire un mail crypté

On remplit les champs ‘Pour’, ‘Sujet’ (Celui-ci n’est jamais crypté, attention!), le corps du message.

Si on clique sur ‘OpenPGP’, on verra que la case ‘Chiffrer le message’ est déjà cochée, puisqu’on a demandé à Thunderbird de crypter les messages par défaut.

On envoie ensuite le message. L’adresse e-mail du correspondant est automatiquement associée avec sa clé GPG si celle-ci a été importée. Si elle n’a pas été importée, Thunderbird nous préviendra. On nous demande alors de taper un mot de passe. C’est celui de notre boite mail.

Ceci est le message pour taper le mot de passe de sa boite mail.

Ecrire un mail crypté

Au contraire, ceci est le message que l’on doit taper pour décrypter un message.

Ecrire un mail crypté

On devra peut-être le taper lorsque Thunderbird nous proposera de crypter le message avant qu’on l’ait envoyer.

Ecrire un mail crypté

On notera que le message est crypté également dans le dossier ‘Envoyés’. Cette copie n’est pas cryptée avec la clé publique du correspondant, mais avec la nôtre (sinon, on ne pourrait pas la décrypter).

Attention : nous n’avons pas envoyé notre clé publique dans notre e-mail ! Notre correspondant ne pourra donc pas nous répondre un message crypté.

Lorsque l’on rajoute une pièce-jointe à un message crypté, cochons cette case.

Ecrire un mail crypté

5. Décrypter un message reçu et une pièce-jointe

Quelques heures plus tard, on va vérifier notre boîte mail, et nous avons reçu une réponse cryptée.

Décrypter un mail

On double-clique sur le message pour l’ouvrir, et on tape notre mot de passe GPG. Une pièce-jointe apparaît. ‘piece-jointe.txt.pgp’. Clic-droit sur celle-ci (en bas de la fenêtre de l’e-mail), “déchiffrer et enregistrer sous”.

Chapitre 2 : Le cryptage de données

Dans ce chapitre nous ne présenterons qu’un seul logiciel. Celui-ci a fait ses preuves, fonctionne sur Windows, Mac et Linux et est relativement simple d’utilisation. Ce logiciel est Truecrypt. Allons donc le télécharger sur https://truecrypt.ch/downloads/ et sélectionnons la version du programme compatible avec Windows.

ATTENTION : Ne téléchargez pas Truecrypt sur http://www.truecrypt.org qui était le site originel. Le projet Truecrypt a été abandonné par ses créateurs et a été reprit par l’équipe suisse de TCNext : téléchargez la dernière version de Truecrypt (7.1a) sur le site https://truecrypt.ch/downloads/

Lançons le fichier que nous venons de télécharger et poursuivons l’installation en acceptant les ’License terms’ puis ’Next’, cocher la case ’Install’ et ’Next’, décochons ensuite la case « Create System Restore Point » et enfin ’Install’ et ’Finish’.

Truecrypt est capable de faire plusieurs choses : – Créer un ’Conteneur’ crypté dans votre ordinateur. Ceci créera un fichier crypté dont vous déciderez la taille, etc… – Cryptez une clé USB ou un disque dur portable ou tout autre support amovible. – Cryptez la totalité de votre disque dur (pour les utilisateurs avancés et amoureux du risque, nous ne détaillerons pas la procédure dans cette édition du guide mais vous trouverez facilement des tutoriels en ligne).

Dans ce tutoriel, nous verrons la pratique la plus courante et la plus pratique pour chacun : c’est à dire le cryptage d’un support amovible. Un support amovible est un support que vous pouvez connecter et déconnecter de votre ordinateur, par exemple : une clé usb, un disque dur portable, une carte SD ou micro-SD, etc…

Pour le choix du support, voyez en fonction de vos besoins. Un disque dur portable peut contenir une très grande quantité de données, une clé USB ou une carte SD peut en contenir une grande quantité, tandis qu’une carte micro-SD a ceci de pratique qu’elle est très petite mais plus chère.

Le tutoriel se pratique de la même façon pour chacun de ses supports. Nous parlerons plus loin de « la clé usb » pour simplifier, mais vous pouvez utiliser n’importe quel support pour ce tutoriel.

1. Préparer le support La clé usb doit être vide. Si elle ne l’est pas, tout ce qui se trouve dessus sera effacé.

2. Démarrer Truecrypt Double-cliquons sur l’icône de Truecrypt pour le démarrer, et cliquons sur « Create Volume » pour commencer la procédure de création de notre volume crypté.

Cochons ensuite la seconde case : « Encrypt a non-system partition/drive » puis ’Next’. On va ensuite laissé « Standard Truecrypt Volume » et ’Next’ à nouveau.

A l’étape suivante, nous devons sélectionner le volume à crypter. Ca se corse, puisqu’il ne faut pas faire d’erreur ici (au risque de perdre des données ou de rendre l’ordinateur inutilisable !) On va donc bien faire attention à voir quelle lettre est attribuée à notre clé USB. Prenons par exemple que cette lettre soit F :/ nous cliquerions alors sur Select Device et ensuite on cliquera sur la ligne correspondant à la lettre F :/. Pour déterminer quelle lettre correspond à votre clé, rendez-vous dans le Poste de Travail où vous verrez tous les disques et clés connectés à votre ordinateur.

3. Cryptons ! A cette étape, on choisira « Create encrypted volume and format it ». Ce qui est le plus efficace et le plus rapide pour une clé vide. A l’étape suivante il nous sera proposé de choisir un algorythme de cryptage et un algorythme de hash. Nous voilà dans le vif du sujet et quelques explications s’imposent.

Qu’est-ce-qu’un algorythme de cryptage ? Un algorythme de cryptage, en gros, c’est la méthode mathématique que votre ordinateur utilisera pour crypter l’information. Par exemple, un algorythme utilisable pour un humain serait de remplacer chaque lettre par celle qui la suit dans l’alphabet pour écrire ’BONJOUR’ on écrira plutôt ’CPOKPVS’. Evidemment, l’ordinateur crypte des quantités beaucoup plus grandes que de simples mots et avec des méthodes mathématiques inutilisables par un cerveau humain. Un algorythme est donc un langage codé utilisé par un ordinateur.

Truecrypt nous propose trois algorythmes : AES, Twofish et Serpent. Il nous propose également des « cascades » d’algorythmes. C’est à dire qu’après avoir crypté en AES, il crypte à nouveau en Twofish, etc…

Quelle est la différence entre AES, Twofish et Serpent ? Lorsque le gouvernement américain a mis à jour ses méthodes de sécurité informatique en 1997, il a organisé un concours visant à trouver un algorythme de cryptage puissant, capable de protéger les secrets gouvernementaux. Les trois finalistes étaient AES, Twofish et Serpent, trois algorythmes remarquablement complexes. C’est AES qui a gagné le concours. Mais apparement, Twofish était tout aussi puissant et a perdu à cause de sa vitesse plus lente, et Serpent a perdu car il aurait été impossible à décrypter au besoin.

Moralité de cette petite histoire (imprégnée de légendes urbaines ?) Ces trois algorythmes sont tous les trois extrêmement performant, et vous opterez sans doute pour une cascade des trois. Pas d’inquiétude donc et sélectionner « votre préféré ».

Note : Le cryptage est un enjeu extrêmement important tant au niveau gouvernemental et répressif qu’au niveau technologique (la plupart des appareils informatiques utilisent le cryptage) qu’au niveau antirépressif. Certaines personnes travaillent quotidiennement à rechercher des failles de sécurité permettant de casser ces algorythmes et de les rendre obsolètes. Si ces méthodes semblent aujourd’hui incassables, celles qui les précédaient l’ont pourtant étées (alors qu’elles étaient elles aussi réputées incassables). C’est pourquoi il peut-être intéressant de s’informer si jamais un de ces algorythmes venait à être brisé. L’algorythme AES étant l’un des plus utilisé au monde, s’il venait à être cassé, de nombreux gouvernements devraient le remplacer par un autre (probablement Twofish ou Serpent). Il faut garder en mémoire que si ces méthodes sont sûres aujourd’hui elles ne le seront pas éternellement.

Dans notre exemple, nous choisirons donc un algorythme en cascade : AES-TWOFISH-SERPENT. Et un Hash Algorythm SHA-512.

Précisons que si le cryptage est légal en Belgique il ne l’est pas partout. En France par exemple, il est illégal de crypter un document ou une communication avec un algorythme impossible à décrypter par les autorités !

Cliquons sur Next deux fois pour arriver à l’étape du choix du mot de passe.

4. Le choix du mot de passe Nous avons déjà vu comment créer un mot de passe au début, mais pour rappel :
– Votre mot de passe doit compter au moins 20 caractères, et contenir lettres minuscules et majuscules, des chiffres et des caractères spéciaux (comme $*^ par exemple). Ce mot de passe ne doit pas contenir de mots existants, de prénoms ou de noms, de dates, etc…
– Dans les cas de Truecrypt et de PGP (comme on le verra au chapitre « Crypter ses e-mails ») il est particulièrement important de bien choisir un mot de passe qui ne sert qu’à ça.

Et voici notre mot de passe : 6tN82_9=w5^J_qXnEdA(

On écrit donc notre mot de passe dans les champs adéquats. On ne cochera pas la case « use keyfiles » cette fois, mais sachez que cette fonction permet de créer un petit fichier clé que l’on stockera sur une autre clé usb et qui serait nécéssaire à l’ouverture de notre clé usb.

A l’étape suivante, on répond Yes ou No à la question « Souhaitez vous stockez des fichiers de plus de 4GB dans votre clé. Répondez selon votre cas (d’aussi gros fichiers sont rares), nous répondrons dans notre exemple ’No’.

A l’étape suivante, on devra secouer la souris au-dessus de la fenêtre Truecrypt. Pourquoi ? Simplement parce qu’un ordinateur étant une machine ’logique’ il lui est à peu près impossible de générer de l’aléatoire. Il utilisera donc « l’entropie » (le désordre) générée par notre main humaine pour rendre l’algorythme encore plus complexe.

Après avoir laissé les cases ’Fat’ et ’Default’ si on veut stocker des fichiers de moins de 4Gb, et ’NTFS’ et ’Default’ dans l’autre cas, on clique sur ’Format’. Cette action effacera les éventuels fichiers que vous auriez laissé sur votre clé USB.

Voilà, l’odinateur est en train de crypter notre clé. Il ne nous reste plus qu’à patienter le temps que l’opération se termine.

Fin de la procédure : Truecrypt nous prévient que l’on ne peut pas utiliser la même lettre pour ensuite « monter le volume ». On clique OK, OK puis EXIT.

5. Ouverture de notre clé cryptée

Une fois notre clé cryptée. Nous allons voire comment ouvrir celle-ci pour y déposer les fichiers que l’on veut protéger.

Losque la clé usb est insérée dans l’ordinateur, on démarre Truecrypt et on clique sur « Auto-Mount Devices » pour ensuite taper notre mot de passe. Laissons les trois cases décochées pour plus de sécurité, et on clique sur OK.

Voilà c’est tout. Vous constaterez l’apparition dans votre Poste de Travail d’un nouveau disque « Disque local … » de la même taille que votre clé. Vous y déplacerez vos documents sensibles.

Lorsque vous n’avez plus besoin de votre clé. Retournez à la fenêtre Truecrypt et cliquez sur ’Dismount All’. Vous pouvez ensuite retirer la clé de votre ordinateur.

Installer GPG4Win et Thunderbird
Installer Enigmail
Ecrire un mail crypté
Créer une paire de clés GPG
Créer une paire de clés GPG
Créer une paire de clés GPG
Installer Enigmail
Installer Enigmail
Installer Enigmail
Installer Enigmail
Installer Enigmail
Ecrire un mail crypté
Ecrire un mail crypté
Ecrire un mail crypté
Ecrire un mail crypté
Décrypter un mail

Quelques principes élémentaires de sécurité informatique

Il y a des virus sur Mac ! Jusqu’à récemment, les utilisateurs de Mac pouvaient se vanter d’utiliser un système où “il n’existe pas de virus”. C’est partiellement vrai, mais ça l’est beaucoup moins à l’heure actuelle. En effet, la popularité grandissante de ce système a poussé les pirates à trouver des failles de sécurité dans ce système. En outre, il existe quantités de malware (programmes malveillants) sur Mac. Des keyloggers par exemple (programmes qui enregistrent les frappes clavier et les envoient au pirate).

Gardez vos logiciels à jour ! Lorsque des logiciels sont publiés, les développeurs font des erreurs. Et la plupart des virus utilisent ces erreurs pour faire leur travail. Il est donc important d’avoir un système d’exploitation mis à jour, et que les programmes installés sur votre ordinateur soient également mis-à-jour. Aujourd’hui, les manœuvres de mises à jour sont toutefois largement automatisées, et cela ne devrait pas poser de problème.

Vous devez toujours télécharger vos logiciels soit sur les sites officiels de leurs éditeurs. Par exemple, le logiciel de messagerie ‘Thunderbird’ ou le navigateur internet ‘Firefox’ sur le site de la société Mozilla qui publie ce logiciel. Si vous ne le faites pas, vous pourriez télécharger une version infectée de ces logiciels, et compromettre la sécurité de votre ordinateur. Vous pouvez également télécharger vos logiciels directement sur l’App Store.

Vous devez diversifier vos mots de passe. Certaines sociétés collaborent très volontiers avec la police, d’autres préfèrent défendre la liberté du net. Vous devez garder en mémoire que si vos mots de passe sont identiques, une société comme Microsoft qui collabore avec la police avec plaisir pourrait transmettre votre mot de passe de messagerie Hotmail. Et que si ce mot de passe est identique à celui de votre clé PGP : la répression n’aura besoin ni de mandat, ni de virus pour vous espionner. Autre point sur les mots de passe : pour qu’un mot de passe soit incassable, celui-ci doit faire 20 caractères (ou plus), et ne contenir qu’une combinaison aléatoire de lettres minuscules, majuscules, de chiffres et de caractères spéciaux (&#[]=* entres autres). Un bon mot de passe pourrait être par exemple : !DM\cxV(KG84″-t=7R. Cela semble impossible à retenir, et pourtant. S’il est utilisé régulièrement, il sera rapidement mémorisé. Vous pouvez également trouver des procédés mémotechniques vous permettant de retrouver votre mot de passe. Par exemple vous pourriez trouver une suite de mots dont vous changez les lettres par des caractères spéciaux et par des chiffres. Mais ceci n’est qu’un exemple. Votre mot de passe ne doit jamais contenir de mots pouvant se trouver dans un dictionnaire (quelle qu’en soit la langue). Des logiciels classiques et simples peuvent tester plusieurs dizaines ou centaines de mots de passe à la seconde en testant de tels mots. Vos mots de passe ne doivent pas contenir de dates connues (ou d’anniversaire), de noms ou de prénoms. Du pur aléatoire reste le mieux! Ne l’écrivez nulle-part, il pourrait être saisit lors d’une perquisition ou noté lors d’une “visite” sans que vous ne le sachiez.

Si vous utilisez une connexion internet sans-fil, veillez à ce que le wi-fi soit crypté par un code ‘WPA2’. Si votre wi-fi n’est pas crypté par ce code ou qu’il est crypté par un code ‘WEP’, la police pourra sans problèmes se connecter à votre borne wi-fi et récupérer toutes les données qui y transitent. Si vous n’utilisez pas le wi-fi, désactivez-le. Pour paramètrer le wi-fi, ouvrez un navigateur internet et visitez l’adresse http://192.168.1.1

1. Paramétrer le ‘coupe-feu’ de OSX

Nous allons commencer par activer le ‘coupe-feu’ de notre système. Rendons-nous donc dans ‘Préférences Systèmes’ puis dans ‘sécurité et confidentialité’.

Paramétrer le ‘coupe-feu’

Cliquez sur l’onglet ‘Coupe-feu’. Si le cadenas en bas à gauche de la fenêtre est verrouillé, cliquez dessus et tapez votre mot de passe. (Sinon, poursuivez) Cliquez sur activer le coupe-feu, puis sur ‘Options du coupe-feu’.

Paramétrer le ‘coupe-feu’

Paramétrer le ‘coupe-feu’

Dans les options du coupe-feu, cochez les cases suivantes et cliquez sur OK.

Coupe-feu, c’est fait ! Mais au fait, pourquoi est ce qu’un élément aussi critique d’un ordinateur est-il désactivé par défaut ? Très simple, Apple a bénéficié ces dernières années de plusieurs qualificatifs, ‘Sûr’ (et nous avons vu que ce n’était plus vrai), et ‘Simple’. En activant le coupe-feu par défaut, Apple reconnaîtrait que c’est un besoin. En outre, des fenêtres peuvent s’afficher pour vous demander des autorisations. Ce qui rendrait le système ‘moins simple’. La sécurité de OSX est donc mal assurée pour des raisons de marketing.

2. Les options de confidentialité

Toujours dans le menu ‘Sécurité’, allons dans l’onglet ‘Confidentialité’. Ou pour chaque colonne on tentera de désactiver l’option. Notez qu’en désactivant la localisation, vous ne pourrez pas utiliser l’outil d’Apple en cas de perte ou de vol ! A double tranchant donc.

Enfin, une fois tout cela fait, on re-clique sur le petit cadenas en bas à gauche de la fenêtre de façon à protéger ces options par mot de passe!

Chapitre 1 : La suppression de données

Tous les logiciels que nous utilisons au quotidien laissent des traces sur l’ordinateur. Même après avoir effacé l’historique de navigation, beaucoup de fichiers restent présents sur l’ordinateur. Nous allons découvrir un utilitaire qui permettent d’effacer ces ‘résidus’.

Les logiciels que nous allons utiliser : CCleaner http://www.piriform.com

1. CCleaner

Démarrer l’application et cochez simplement les éléments à effacer.

2. Effacer vos données « pour du vrai ».

Attention, ce chapitre est un peu compliqué. Pour commencer, nous allons expliquer pourquoi vos données ne sont pas effacées lorsque vous « videz la corbeille ». En gros, lorsque vous ouvrez un fichier, votre ordinateur sait où il se trouve sur votre disque dur et peut donc l’ouvrir. Lorsque vous videz la corbeille, votre ordinateur va ‘oublier’ l’endroit où se trouve votre fichier et retenir cet endroit comme étant ‘vide’. Ce qui veut dire deux choses:

– les endroits où se trouvent les données vidées de la corbeille sont des endroits qui attendent de recevoir de nouvelles données.

– en attendant, si aucune nouvelle donnée ne vient les remplacer, elles restent là.

Sachant qu’il n’a pas besoin de cette place, l’ordinateur oublie qu’il y a quelque chose qui s’y trouve. Et lorsque votre ordinateur placera de nouvelles données à cet endroit précis, il écrasera ce qui se trouve sur place pour placer de nouvelles choses. Nous allons donc ‘nettoyer l’espace libre’ et écrire du vide (des suites de ‘0’ en fait) sur le disque dur. A chaque fois que l’espace libre du disque dur est remplit de ‘0’, cela s’appelle « une passe ». Les techniques d’effacement vont de 1 à 35 passes. La méthode des 35 passes est appelée « Méthode Gutmann ».

Pour ré-écrire : l’ordinateur va enfin utiliser des ‘algorithmes’. Qui sont des ‘façons’ de procéder. Mais attention, les choses ne sont pas simples, et nous devons garder plusieurs éléments en mémoire:

– La meilleure serrure incassable et inviolable posée sur une porte n’empêchera pas un cambrioleur de passer par la fenêtre.

– Il y a énormément de légendes urbaines concernant l’effacement de fichiers.

– C’est un domaine extrêmement aléatoire, un fichier peut-être détruit totalement sans même qu’on l’ait voulu.

Nous ne pratiquerons pas dans ce guide d’effacement à 35 passes. Et pour cause, Peter Gutmann (inventeur de l’effacement à 35 passes) a lui-même déclaré que c’était une méthode qui n’était pas plus sûre que les autres. Toutefois, si vous souhaitez faire 35 passes, vous pouvez tout de même suivre ce tutoriel.

Vu le flou et le débat qui entourent le sujet de l’effacement sécurisé, nous choisirons un «entre-deux» avec 3 à 7 passes dans la plupart des cas.

Note : Si vous utilisez un disque dur nouvelle génération « SSD », notez que les activités intensives telles que l’effacement sécurisé régulier peuvent diminuer la durée de vie de votre disque dur. Vous pourrez selon le cas et la situation choisir de ne faire que 2 ou 3 passes et/ou de faire la procédure moins régulièrement qu’avec un disque dur HDD classique.

Nous allons décrire ici comment détruire la totalité de l’espace libre (Wipe Free Space).

A. Effacer pour du vrai avec CCleaner

Wipe free space: Ré-ouvrons CCleaner et allons cette fois-ci dans le menu ‘Outils’ puis dans le sous-menu ‘Effacer l’espace libre’. Si vous avez plusieurs disques durs, sélectionnez le bon. Sélectionner le niveau de sécurité (1, 7 ou 35 passes) et cliquez enfin sur ‘Effacer l’espace libre’.

Effacer avec CCleaner

Il n’y a pas d’option de File Shredding, mais notons qu’il existe une option pour que Ccleaner déchiquette directement ce qu’il efface lors de son usage normal. Pour faire cela : Options, Paramètres, Effacement sécurisé.

Effacer avec CCleaner

Chapitre 2: Naviguer sur internet avec TOR

Nous allons utiliser un logiciel qui a fait ses preuves : TOR. D’ailleurs, s’il vous arrive de regarder des séries télévisées policières ou d’espionnage américaines, vous constaterez que les méchants utilisent souvent le logiciel TOR pour communiquer au nez et à la barbe de pauvres agents du FBI déjà surchargés de travail. TOR (pour The Onion Router) est un logiciel qui fait en sorte de rediriger des connexions internet dans un réseaux de ‘noeuds’, de telles sortes que, depuis un site on ne peut pas déterminer qui vous êtes. Pour bien comprendre, voici une belle infographie qui explique comment vos données voyagent sur le réseau.

En gros, les connexions voyagent à travers plusieurs ordinateurs. Elles ressortent toutes par des ordinateurs bien particuliers que l’on appelle les « noeuds sortants ». Ces noeuds sortants sont des ordinateurs mis à disposition par des volontaires à travers le monde. Trêve de bavardage et passons directement à la pratique pour mieux comprendre. Rendons-nous sur le site officiel du projet TOR pour y télécharger le ‘TOR Browser Bundle’.
https://www.torproject.org/

Une fois le ‘Tor Browser Bundle’ vous constaterez que nous n’avons parlé que de TOR et que vous avez téléchargé autre chose. Nous allons donc expliquer ce qu’est le ‘Browser Bundle’. Browser Bundle veut dire ‘Navigateur tout-en-un’.

Pourquoi télécharger tout un navigateur alors que l’on a déjà Firefox ou Safari installé sur son ordinateur ? C’est simple : le navigateur que l’on utilise tous les jours contient -malgré tous les nettoyages quotidiens que l’on lui appliquera- des informations sur nous. D’autre part, un navigateur fonctionne d’une façon qui permet les petites intrusions dans notre vie privée. Et tous ces petits comportements sont paramétrés différemment dans le Browser Bundle.

Par exemple, vous constaterez que Youtube ne fonctionne pas par défaut lors de l’utilisation de TOR. C’est parce que le programme qui charge la vidéo dans un navigateur est intrusif. D’autres parts, vous constaterez que le moteur de recherches de Google est également inutilisable. La raison est que notre connexion est redirigée par plusieurs machines (et pas par des humains), et que Google fonctionne de façon a empécher les ‘robots’ de naviguer sur internet. Les robots sont des programmes qui parcourent le net pour (par exemple) envoyer des spams, scanner des sites à la recherche d’informations confidentielles, etc… Puisque nous ne pourrons pas utiliser Google, il faudra utiliser d’autres moteurs de recherches plus permissifs et axés sur la vie privée.

Une fois le fichier télécharger, nous allons le lancer. TOR Browser Bundle est un logiciel portable, c’est-à-dire qu’il ne s’installe pas dans l’ordinateur, il s’exécute directement.

Infographie TOR

TOR démarre et nous allons devoir faire preuve de patience à partir de maintenant puisque TOR s’éxécute leeentement. Le temps d’expliquer les différents composants qui s’affichent à l’écran.

– Vidalia Control Panel : le panneau de contrôle ‘Vidalia’. Depuis cette fenêtre, vous pourrez changer la provenance de votre connexion, voir où votre connexion ressort, forcer TOR à faire ressortir votre connexion par un pays spécifié. Pratique si on veut utiliser un service internet interdit dans notre pays. On ne se servira pas de ce panneau dans ce tutoriel, mais vous devez le laisser ouvert pour que TOR fonctionne !

– Le navigateur TOR : il ressemble à une fenêtre Firefox, et pour cause c’est une copie conforme de ce logiciel à la différence prêt que certaines extensions y ont été installées et que les paramètres de confidentialité y ont été modifiés. Pour commencer à tester TOR, nous allons voir de quel pays Internet pense que nous venons. Et pour faire ça, on va aller sur un site internet censé géo-localiser notre connexion. Rendons-nous donc sur le site internet http://www.whatismyipadress.com

Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas du tout l’endroit où vous êtes qui est marqué sur la carte ! Vous voici donc anonyme. Mais comme toujours, il ne faut jamais prendre ces mesures comme des mesures 100 % efficaces. Il y a des failles dans TOR, certaines n’ont pas encore été découvertes. Et il faut éviter de se reposer entièrement sur ce logiciel. Le meilleur anonymat restant le cybercafé.

[fond rouge]Mise à jour: Comme prévu au début de l’écriture de ce guide “Certaines failles n’ont pas encore été découvertes”. L’une de ces failles a en effet été découverte puisque l’une des révélations de Edward Snowden indiquent que les noeuds TOR non mis à jour peuvent être écoutés par la NSA. Comme nous l’avons déjà dit : mettre à jour et ne pas s’en remettre totalement à la technologie sont donc des règles d’or ![/fond rouge]

Quelques règles de bases sur TOR :

– Ne pas modifier les paramètres par défaut du navigateur.

– Si TOR nous prévient que l’on prend un risque, agir comme il nous le conseille.

– Ne pas se connecter à un compte e-mail ou autre depuis TOR, puisque l’on ne serait plus du tout anonyme.

– Ne pas utiliser TOR sur un wi-fi ouvert, non-sécurisé ou sécurisé par un code WEP

Autre règle, tenter de garder en permanence une connexion HTTPS. Une connexion HTTPS veut dire « protocole de transfert hypertexte sécurisé ». C’est une couche de cryptage qui enveloppe le protocole de connexion entre votre routeur internet et le site que vous voulez visitez. Imaginez donc que vous croisiez un ami dans la rue et que vous alliez lui dire bonjour et discuter 5 minutes avec lui. Comme vous êtes dans la rue, tout le monde entend ce que vous lui dites. Pour ne pas que d’autres gens sachent ce que vous dites à votre ami, il faudrait coder la façon dont vous lui parler. Dans notre métaphore, votre ami est le site que vous voulez visiter. De plus, en utilisant TOR, c’est un peu comme si, au lieu d’aller directement dire bonjour à votre ami, vous le disiez à une chaine de volontaires se mettant entre vous et lui. Vous dites bonjour au premier, qui le répete au second, etc… Les transferts entre les noeuds TOR sont cryptés par défaut, sauf la connexion entre le noeud sortant et le site internet ! Un peu comme si toute la chaîne codait ce que vous voulez dire à votre ami, sauf la dernière qui lui dit ‘Bonjour’ en français, ruinant tout l’effort collectif. Le cryptage HTTPS permet que le noeud sortant code lui aussi ce qu’il transmet au site.

Dans le TOR Browser Bundle, une extension nommée ‘HTTPS Everywhere’ (que vous pouvez par ailleurs installer sur votre navigateur Firefox ou Chrome habituel) se charge de crypter automatiquement ce genre d’informations. Mais parfois, le site que vous souhaiter voir n’est simplement pas compatible avec HTTPS. Il vaut mieux à ce moment passer son chemin et utiliser un autre site. (Snowden a cependant révélé que le HTTPS n’est pas toujours sur !)

Vous voilà prêt à utiliser TOR !

Infographie TOR
Paramétrer le 'coupe-feu'
Paramétrer le 'coupe-feu'
Paramétrer le 'coupe-feu'
Effacer avec CCleaner
Effacer avec CCleaner

Chapitre 1: Le cryptage de données

Ce guide est pour Mac (Pour Windows, cliquez ici)

Dans ce chapitre nous ne présenterons qu’un seul logiciel. Celui-ci a fait ses preuves, fonctionne sur Windows, Mac et Linux et est relativement simple d’utilisation. Ce logiciel est Truecrypt. Allons donc le télécharger sur https://truecrypt.ch/downloads/ et sélectionnons la version du programme compatible avec Mac OS X.

ATTENTION : Ne téléchargez pas Truecrypt sur http://www.truecrypt.org qui était le site originel. Le projet Truecrypt a été abandonné par ses créateurs et a été reprit par l’équipe suisse de TCNext : téléchargez la dernière version de Truecrypt (7.1a) sur le site https://truecrypt.ch/downloads/

Double-cliquons sur le fichier fraichement téléchargé et cliquons sur accepter. Dans la nouvelle fenêtre qui s’ouvre, cliquons sur Truecrypt 7.1a.mpkg. Continuer, Installer, Mot de passe, Fermer.

Truecrypt est à présent installé, on peut fermer les diverses fenêtres et glisser le “disque dur” Truecrypt qui est sur le bureau, dans la corbeille.

Ensuite, on ouvre une fenêtre Finder, dans la colonne de gauche on clique sur Applications et on clique sur Truecrypt dans la liste des applications.

Truecrypt est capable de faire plusieurs choses:

– Créer un ‘Conteneur’ crypté dans votre ordinateur. Ceci créera un fichier crypté dont
vous déciderez la taille, etc…

– Crypter une clé USB ou un disque dur portable ou tout autre support amovible.

– Crypter la totalité de votre disque dur (pour les utilisateurs avancés et amoureux du risque, nous ne détaillerons pas la procédure dans cette édition du guide mais vous trouverez facilement des tutoriels en ligne).

Dans ce tutoriel, nous verrons la pratique la plus courante et la plus pratique pour chacun : c’est à dire le cryptage d’un support amovible. Un support amovible est un support que vous pouvez connecter et déconnecter de votre ordinateur, par exemple : une clé usb, un disque dur portable, une carte SD ou micro-SD, etc…

Le tutoriel se pratique de la même façon pour chacun de ses supports. Nous parlerons plus loin de « la clé usb » pour simplifier, mais vous pouvez utiliser n’importe quel support pour ce tutoriel.

1. Préparer le support

La clé usb doit être vide. Si elle ne l’est pas, tout ce qui se trouve dessus sera effacé.

2. Démarrer Truecrypt

Double-cliquons sur l’icône de Truecrypt (dossier applications) pour le démarrer, et cliquons sur « Create Volume » pour commencer la procédure de création de notre volume crypté. Cochons la case Create a volume within a partition/drive, puis “Standard Truecrypt Volume”. On sélectionne enfin le volume (attention à choisir le bon !). Enfin, on laisse coché “Never save history” puis “Next” et “Yes”.

Démarrer Truecrypt

A l’étape suivante il nous sera proposé de choisir un algorythme de cryptage et un algorythme de hash. Nous voilà dans le vif du sujet et quelques explications s’imposent.

3. Qu’est-ce-qu’un algorythme de cryptage ?

Un algorythme de cryptage, en gros, c’est la méthode mathématique que votre ordinateur utilisera pour crypter l’information. Par exemple, un algorythme utilisable pour un humain serait de remplacer chaque lettre par celle qui la suit dans l’alphabet pour écrire ‘BONJOUR’ on écrira plutôt ‘CPOKPVS’. Evidemment, l’ordinateur crypte des quantités beaucoup plus grandes que de simples mots et avec des méthodes mathématiques inutilisables par un cerveau humain. Un algorythme est donc un langage codé utilisé par un ordinateur. Truecrypt nous propose trois algorythmes : AES, Twofish et Serpent. Il nous propose également des « cascades » d’algorythmes. C’est à dire qu’après avoir crypté en AES, il crypte à nouveau en Twofish, etc…

Quelle est la différence entre AES (aussi appellé RSA), Twofish et Serpent ? Lorsque le gouvernement américain a mis à jour ses méthodes de sécurité informatique en 1997, il a organisé un concours visant à trouver un algorythme de cryptage puissant, capable de protéger les secrets gouvernementaux, le gagnant allait devenir le AES (Advanced Encryption Standard). Les trois finalistes étaient RSA, Twofish et Serpent, trois algorythmes remarquablement complexes. C’est RSA qui a gagné le concours. Mais apparement, Twofish était tout aussi puissant et a perdu à cause de sa vitesse plus lente, et Serpent a perdu car il aurait été impossible à décrypter au besoin. Moralité de cette petite histoire (imprégnée de légendes urbaines?) Ces trois algorythmes sont tous les trois extrêmement performants, et vous opterez sans doute pour une cascade des trois. Pas d’inquiétude donc et sélectionnez « votre préféré ».

Note : Le cryptage est un enjeu extrêmement important tant au niveau gouvernemental et répressif qu’au niveau technologique (la plupart des appareils informatiques utilisent le cryptage) qu’au niveau antirépressif. Certaines personnes travaillent quotidiennement à rechercher des failles de sécurité permettant de casser ces algorythmes et de les rendre obsolètes. Si ces méthodes semblent aujourd’hui incassables, celles qui les précédaient l’ont pourtant étées (alors qu’elles étaient elles aussi réputées incassables). C’est pourquoi il peut-être intéressant de s’informer si jamais un de ces algorythmes venait à être brisé. L’algorythme AES étant l’un des plus utilisé au monde, s’il venait à être cassé, de nombreux gouvernements devraient le remplacer par un autre (probablement Twofish ou Serpent). Il faut garder en mémoire que si ces méthodes sont sûres aujourd’hui elles ne le seront pas éternellement.

Dans notre exemple, nous choisirons donc un algorythme en cascade : AES-TWOFISH-SERPENT. Et un Hash Algorythm SHA-512. Précisons que si le cryptage est légal en Belgique il ne l’est pas partout. En France par exemple, il est illégal de crypter un document ou une communication avec un algorythme impossible à décrypter par les autorités !

Cliquons sur Next deux fois pour arriver à l’étape du choix du mot de passe.

4. Le choix du mot de passe

Nous avons déjà vu comment créer un mot de passe au début, mais pour rappel :

– Votre mot de passe doit compter au moins 20 caractères, et contenir lettres minuscules et majuscules, des chiffres et des caractères spéciaux (comme $*^ par exemple). Ce mot de passe ne doit pas contenir de mots existants, de prénoms ou de noms, de dates, etc…

– Dans les cas de Truecrypt et de PGP (comme on le verra au chapitre « Crypter ses e-mails ») il est particulièrement important de bien choisir un mot de passe qui ne sert qu’à ça.

Et voici notre mot de passe : 6tN82_9=w5^J_qXnEdA(

On écrit donc notre mot de passe dans les champs adéquats.
On ne cochera pas la case « use keyfiles » cette fois, mais sachez que cette fonction permet de créer un petit fichier clé que l’on stockera sur une autre clé usb et qui serait nécessaire à l’ouverture de notre clé usb.
A l’étape suivante, on choisira dans la case “Filesystem type” la réponse “FAT”. Puis “Next” à nouveau. Vous pouvez cocher la case “Quick Format” si votre clé USB est neuve, puisque le formatage rapide permettrait une récupération des fichiers auparavant sur la clé USB.

A l’étape suivante, on devra secouer la souris au-dessus de la fenêtre Truecrypt. Pourquoi ? Simplement parce qu’un ordinateur étant une machine ‘logique’ il lui est à peu près impossible de générer de l’aléatoire. Il utilisera donc « l’entropie » (le désordre) générée par notre main humaine pour rendre l’algorythme encore plus complexe.

Après avoir laissé les cases ‘Fat’ et ‘Default’ si on veut stocker des fichiers de moins de 4Gb, et ‘NTFS’ et ‘Default’ dans l’autre cas, on clique sur ‘Format’. Cette action effacera les éventuels fichiers que vous auriez laissé sur votre clé USB.

Voilà, l’odinateur est en train de crypter notre clé. Il ne nous reste plus qu’à patienter le temps que l’opération se termine.

Fin de la procédure.

5. Ouverture de notre clé cryptée

Une fois notre clé cryptée, nous allons voire comment ouvrir celle-ci pour y déposer les fichiers que l’on veut protéger.

Losque la clé usb est insérée dans l’ordinateur, on démarre Truecrypt et on clique sur « Mount all devices » pour ensuite taper notre mot de passe. Laissons les trois cases décochées pour plus de sécurité, et on clique sur OK.
Lorsqu’une fenêtre s’ouvre “Le disque que vous avez inséré n’est pas lisible par cet ordinateur”, cliquez sur “Ignorer”. Puis double-cliquer le le nouveau disque “No Name” qui est disponible sur le bureau. Vous pouvez glisser et déposer vos fichiers dedans (ou dehors).

Ouverture de la clé cryptée

Lorsque vous n’avez plus besoin de votre clé. Retournez à la fenêtre Truecrypt et cliquez sur ‘Dismount All’. Vous pouvez ensuite retirer la clé de votre ordinateur.

Chapitre 2: Crypter ses e-mails

Nous voici à un des plus importants chapitres, le cryptage des e-mails. Crypter ses e-mails c’est important : et spécialement si on a ‘rien à se reprocher’.

Crypter ses communications par e-mail c’est :

– Empêcher qu’on lise ses e-mails et protéger sa vie privée, même si on a rien à se reprocher,
– Être solidaire de ceux qui l’utilisent quotidiennement en créant une zone de flou,
– Empécher la lecture de ses e-mails par la répression avec une technique déjà éprouvée par de nombreux militants, dont ceux du Secours Rouge.

Si le cryptage d’e-mails avec GPG/OpenPGP semble être difficile, ce n’est comme bien souvent qu’une impression.

Les logiciels dont nous aurons besoin :
– GPGSuite sur http://www.gpgtools.org/
– Thunderbird : https://www.mozilla.org/fr/thunderbird/
– L’extension Enigmail (mais ne la télécharger pas tout de suite).

Nous pourrions choisir une adresse e-mail chez un fournisseur militant comme Riseup.net. Mais cela ne changera rien : une fois que les e-mails sont cryptés ils sont autant illisibles par Google, Yahoo ou Riseup.

1. Installer GPGSuite

Rendez-vous sur http://www.gpgtools.org/

GPG Suite

On double-clique sur le fichier téléchargé et on procède à l’installation. Lorsqu’une fenêtre vous demande si “Keychain Access peut accéder à vos contacts”, sachez que ce ne sera utilisé que pour mieux automatiser les procédures de cryptage. Mais accepter ou refuser ne changera pas grand chose. Dans notre exemple, nous acceptons. Et GPG Keychain Access s’ouvre et nous propose tout de suite de créer une paire de clés.

Mais qu’est-ce-que c’est qu’une paire de clé GPG ?

Le chiffrement par GPG est appellé « chiffrement assymétrique », mais un dessin valant mieux que des paragraphes d’explication, voici une petite infographie qui expliquera mieux ce qu’est une paire de clé.

Explication du dessin :

Paul veut envoyer un e-mail à Georgette, pour se faire, nos deux protagonistes installent GPG sur leurs ordinateurs, et chacun d’eux crée une paire de clé. Une clé publique et une clé privée chacun.
Paul et Georgette s’échangent auparavant leurs clés publiques qui, elles, peuvent voyager sans être cryptées (mais nous verrons plus tard que ce n’est pas toujours vrai).

Créer une paire de clés GPG

Nous apprenons donc plusieurs choses :

– Les clés publiques servent à crypter,

– Les clés privées servent à décrypter.

– Le cryptage et le décryptage se font sur l’ordinateur même et ne dépendent pas d’internet.

D’autres part, sachez que les clés sont en fait deux petits fichiers texte (se terminant par l’extension ‘.asc’)

Procédons : On rentre un nom (qui peut-être fictif) et l’adresse e-mail que l’on veut utiliser. Laissons la case “Upload key after generation” décochée pour l’instant. Dans le panneau “Advanced” on changera la longueur de clé à “4096” pour rendre la clé encore plus forte.

GPG Keychain Access

On rentre ensuite un mot de passe super compliqué (comme expliqué au début du guide). Pendant que la clé est générée, faites plein d’autres choses sur votre ordinateur (ouvrez photoshop, allez sur youtube, écrivez un roman,… Ce que vous voulez !) cela rendra la clé ENCORE plus forte puisque les ordinateurs ne peuvent pas créer de choses aléatoires sans l’aide d’actions humaines.

Une fois ceci terminé, fermez GPG Keychain Access.

2. Installer Thunderbird

Telecharger Thunderbird depuis www.mozilla.org/fr/thunderbird/ double-cliquez sur le fichier téléchargé et glissez-déposez le logo de Thunderbird sur le dossier “Applications”.

Ceci fait, fermez la petite fenêtre et glissez-déposez le “disque-dur” Thunderbird qui est sur le bureau dans la corbeille. Puis ouvrez Thunderbird qui est dans votre dossier “Applications”. Définissez Thunderbird comme application par défaut pour les e-mails (sauf si vous utilisez d’abord l’application “Mail” de Mac”). A l’ouverture de Thunderbird, cliquez sur “Passer cette étape et utiliser mon adresse existante.

On rentre ensuite nos informations : un nom (ce que vous voulez), l’adresse e-mail que l’on veut utiliser et le mot de passe que l’on utilise pour se connecter à ce compte.

Vous avez à choisir si vous voulez cocher la case « Retenir le mot de passe ». Ne pas la cocher compliquera les choses, mais ce mot de passe est très facile à voler si quelqu’un s’empare de votre ordinateur. Dans notre exemple, on cochera la case, mais sachez que si vos e-mails sont cryptés : même en ayant le mot de passe de la boîte mail on ne peut pas lire les courriers cryptés.

On clique donc sur suivant, et Thunderbird se chargera de remplir les cases à l’étape suivante, si vous utilisez un service plus ou moins mainstream. Sinon, cherchez sur google quels sont les paramètres IMAP de votre fournisseur e-mail.

Il nous propose alors de choisir entre ‘IMAP’ et ‘POP3’.

Un compte IMAP permet de conserver simultanément ses e-mails dans sa boite à mail en ligne ET sur son ordinateur, dans Thunderbird.

Au contraire, un compte POP3 récupérera tous les e-mails sur l’ordinateur que vous utilisez. Ce qui veut dire que si vous voulez utiliser cette adresse sur plusieurs ordinateurs, ou changer d’ordinateur tout en conservant vos e-mails : la tâche est rendue beaucoup plus complexe, voir impossible.

On laisse donc la case IMAP cochée et on clique sur ‘Terminer’.

3. InstallerEnigmail

Se rendre dans le menu “Outils” puis “Modules complémentaires”, rechercher Enigmail, “installer” et “redémarrer maintenant”.

4. Derniers paramètres

Enfin, cliquons sur “Outils”, “Paramètre des comptes” puis dans la colonne de gauche “OpenPGP”. On coche la case “Activer le support OpenPGP (Enigmail) pour cette identité. On coche la case “Chiffrer les e-mails par défaut”.

Toujours dans le même menu, on se rend dans l’onglet “Rédaction et adressage” dans la colonne de gauche” et on décoche la case “Rédiger les messages en HTML”.

Cliquez enfin sur OK.

5. Partager les clés publiques

Comme nous l’avons dit auparavant, nos contacts ont besoin de notre clé publique et nous avons besoin des leurs pour communiquer en GPG. Pour obtenir votre clé publique, ouvrez à nouveau “GPG Keychain Access” (via la recherche du finder). Séléctionnez votre clé dans la liste et cliquez sur “Exporter” en lui donnant le nom que vous souhaiter et en l’enregistrant dans un dossier facile à retrouver. Par exemple “Bureau”. Une fois ce fichier obtenu, on peut l’envoyer par e-mail à un ami, la donner via une clé usb, l’héberger sur son site web, etc…

Partage de clés publiques

6. Importer une clé publique

Lorsque l’on reçoit une clé publique d’un ami. On enregistre le fichier (sur le bureau par exemple). Puis on ouvre GPG Keychain Access, on clique sur importer, on sélectionne le fichier, et voilà !

Importer une clé publique

7. Premier e-mail

Retour à Thunderbird, cliquons sur écrire (en haut à gauche). Tout d’abord, comme nous avons activé le chiffrement automatique de nos e-mails, si on veut envoyer un e-mail pas chiffré, on devra désactiver le chiffrement comme ceci :

Ecrire un mail crypté

Ensuite, lorsque l’on veut envoyer un e-mail chiffré cette fois, tout est automatique !

Ecrire un mail crypté

8. Pièces-jointes cryptées

Lorsque l’on veut enregistrer une pièce-jointe cryptée, on double-clique (ou ctrl + click) sur la pièce-jointe et “Déchiffrer et enregistrer-sous”.

Crypter une pièce jointe

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Ecrire un mail crypté
Ecrire un mail crypté
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