Une journaliste américaine, Michele Catalano, cherchait sur internet une marmite à pression, son mari cherchait un sac à dos, et dans l’historique de leurs recherches internet, parmi les liens visités par leur fils, des articles concernant les attentats de Boston. Plusieurs semaines plus tard, six agents des forces antiterroristes amércains sonnent à leur porte. Ils ont inspecté la maison et interrogé le mari.

Sur le premier semestre 2012, 849 demandes d’informations avaient été adressées au réseau social Twitter par les autorités. Au cours du second semestre de la même année, il en avait reçu 1009. Durant les six premiers mois de 2013, le réseau a été approché 1157 fois pour des demandes de données. Selon le dernier rapport sur la transparence publié par la société ce mercredi, 78% des requêtes provenaient des Etats-Unis, le second pays demandeur étant le Japon, avec 8% des demandes. Twitter a déclaré avoir fourni les informations demandées dans 67% des cas, tout en précisant que la loi lui interdisait de révéler le contenu des informations réclamées.

Quelques dizaines de manifestants se sont regroupés à Paris, au Trocadéro, derrière une banderole “Protégeons Snowden, Manning, Assange. Europe ouverte pour les lanceurs d’alerte”. Les manifestants s’en sont également pris aux puissants moteurs de recherche sur internet, leur reprochant d’être “des mouchards aux ordres des pouvoirs”. Edward Snowden est bloqué depuis deux semaines dans la zone de transit de l’aéroport de Moscou-Cheremetievo.

France: Rassemblement pour Edward Snowden

Après Facebook et Microsoft, c’est aujourd’hui au tour d’Apple de publier les chiffres des demandes de renseignements en provenance des autorités américaines. Les grands groupes informatiques poursuivent leurs campagnes afin de rassurer leurs utilisateurs suite à la révélation du programme d’espionnage PRISM. Sur son site, la société Apple a publié un communiqué dans lequel elle affirme avoir reçu entre 4000 et 5000 demandes entre le 1er décembre 2012 et le 31 mai 2013. Ces demandes concernent environ 10000 comptes d’utilisateurs. Toutefois, le texte ajoute que ‘quelles que soient les circonstances, nos équipes juridiques évaluent chaque demande et, uniquement si cela est approprié, nous fournissons les informations les plus limitées aux autorités’. Enfin, il ajoute que certaines types de communication (FaceTime, IMessage,…) sont ‘protégés par un cryptage total de telle sorte que seuls l’envoyeur et le destinataire peuvent les voir ou les lire. Même Apple ne peut pas les décrypter’. Toutes ces sociétés informatiques ont en outre démenti les affirmations selon lesquelles la NSA pouvait avoir accès directement à leurs serveurs.

Dans une tentative pour rassurer ses utilisateurs, Facebook a communiqué les chiffres liés aux demandes de données effectuées par le gouvernement américain. Entre juillet et décembre 2012, Facebook a reçu entre 9000 et 10000 demandes d’informations relatives à environ 18000-19000 comptes. Selon un des avocats de la société, ‘ces demandes couvrent une gamme très large – du policier local tentant de retrouver un enfant disparu, au fédéral traquant un fugitif en passant par l’enquête menée par un département policier ou celle concernant la sécurité nationale contre une menace terroriste. Avec plus d’1,1 milliard d’utilisateurs actifs par mois à travers le monde, cela signifie que moins de 1% de nos utilisateurs ont fait l’objet d’une telle demande’. L’avocat n’a toutefois pas précisé dans quelle mesure Facebook avait répondu à ces demandes. Microsoft a été encore plus laconique dans sa publication d’informations concernant la quantité d’ordres reçus durant le second semestre de 2012. La société a indiqué que ces ordres avaient touchés 31000 comptes, ce qui ne constitue qu’une infime fraction des membres de la base globale de Microsoft.

Alors qu’il était resté muet depuis plusieurs jours, Edward Snowden, l’espion américain qui avait révélé des informations sur des programmes de surveillance gargantuesques utilisés par la NSA et le FBI, réapparaît aujourd’hui dans un journal de Hong-Kong, où il est caché depuis les révélations.

Snowden promet d’autres divulgations sans rentrer dans les détails, il a également déclaré qu’il ne quitterait pas Hong-Kong pour demander l’asile en Russie ou en Amérique du Sud, comme cela lui avait été suggéré par Julian Assange, le fondateur de Wikileaks.

Le scandale PRISM (lire notre précédent article) continue d’éclabousser chaque jour, révelant de possibles programmes similaires dans d’autres pays (le Royaume-Uni et la France sont pointés du doigt).

Des géants du net visés par la fuite -Microsoft, Facebook et Google- ont tous trois nier fournir des backdoors aux renseignements. Google a été jusqu’à demander l’autorisation pour publier le nombre de demandes FISA qu’il a reçu et auxquelles il a répondu. Les demandes FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act) sont des demandes auxquelles les firmes américaines doivent répondre sur des utilisateurs non-américains (et donc non-protégés par la constitution américaine). Ce serait via le traité FISA que PRISM aurait fonctionné.

Pour mieux comprendre PRISM, voyez l’infographie suivante : ici.

Obama lisant un e-mail

Obama lisant un e-mail

Les différents services de communication, de messagerie et de tchat fournis par Google sont en cours de fusion dans ‘Hangouts’. Hangouts permet du tchat vidéo, audio et texte via les services de Google.

Un script à exécuter via Greasemonkey dans Firefox permet maintenant de chiffrer les communications textuelles qui s’échangent via Hangouts (ou via l’ancien logiciel Talk).

Après le scandale PRISM, un petit surplus de sécurité n’est pas de trop. Pour télécharger le script, c’est ici. Et pour télécharger l’extension greasemonkey pour Firefoc, c’est là.

Malheureusement, le cryptage est symétrique, vous devrez avoir la même clé que vos correspondants.

Après ses révélations sur le programme américain de surveillance des communications aux quotidiens The Guardian et The Washington Post (voir notre article), Edward Snowden s’est réfugié à Hong Kong. Le président de la commission du contre-terrorisme et du renseignement de la Chambre des représentants US, a appelé dimanche à l’extradition de ce spécialiste informatique de 29 ans, ancien employé de la CIA, vers les Etats-Unis, estimant qu’il devait être poursuivi «avec la plus grande force du droit». Edward Snowden pourrait chercher refuge dans un consulat étranger comme Julian Assange l’a fait avant lui à Londres en poussant la porte de l’ambassade équatorienne. Il a confié qu’il regardait du côté de l’Islande, réputée soutenir «ceux qui défendent la liberté sur internet».

Edward Snowden

Edward Snowden

Ces derniers jours, plusieurs métropoles chinoises ont mis à l’eau des copies d’un canard en plastique géant, oeuvre d’un artiste néerlandais exposée dans le port de Hong Kong, suscitant une polémique sur un éventuel manque de créativité nationale. Un internaute a eu l’idée de reprendre ce thème pour remplacer, via un montage sur la fameuse photo de 1989. Les autorités chinoises ont aussitôt bloqué toute recherche internet avec les mots “gros canards jaunes”, à l’instar de toute recherche sur la date du 4 juin ou des mots tels que “Tiananmen” ou “bougie”, bloquée mardi sur internet.

Chine: La recherche “Gros canard jaune” interdit sur internet

Andrew Weissmann, à la tête du département juridique de la police américaine, a affirmé lors d’une conférence récente à Washington que l’élargissement des pouvoirs de la police dans le domaine de la surveillance du net était une “priorité majeure cette année”. Avec les lois actuelles, la police fédérale peut déjà obtenir un mandat judiciaire pour accéder à des communications en ligne. La proposition en cours d’élaboration exigerait des entreprises informatiques qu’elles permettent l’accès du gouvernement aux communications sous peine de lourdes amendes. Les grandes entreprises comme Google et Microsoft sont en général en mesure d’y répondre, mais le spectre n’est pas assez large et de nombreuses autres sociétés n’ont pas les moyens ou les capacités techniques d’une “mise sur écoute”, et rechignent devant les surcoûts qu’elles impliquent.