Vendredi 16 janvier à Toulouse, des militants se sont rassemblés devant une filiale d’assurance Allianz pour dénoncer le rôle du groupe, principal investisseur dans les obligations de l’État d’Israël, utilisées notamment pour financer le génocide à Gaza. L’action visait également à exprimer un soutien à Daniela Klette, révolutionnaire anti-impérialiste emprisonnée en Allemagne après 30 ans de clandestinité (voir notre article), en affirmant la continuité entre les engagements révolutionnaires des années 1970 et les résistances actuelles contre le capitalisme et l’impérialisme. Plusieurs affiches ont été apposées, tandis que des slogans étaient scandés et que de nombreux tracts étaient distribués aux passants (plus d’infos).

Organisé par le Comité de soutien à la Palestine le vendredi 17 janvier à Toulouse, près d’une centaine de personnes ont participé à un rassemblement pour soutenir les militants de Palestine Action emprisonnés au Royaume-Uni mais aussi pour la libération des prisonniers palestiniens, dont Anan Yaeesh et Ahmad Sa’adat. Lors de sa prise de parole, le Secours Rouge Toulouse a souligné la « victoire partielle » obtenue par les grévistes de la faim de Palestine Action (voir notre article). Par ailleurs, il a rappelé que « leur courageuse grève de la faim a été un appel lancé au monde entier : face à la répression, la meilleure des réponses est la lutte collective dans et hors les prisons ! Évidemment, leur situation n’est pas un cas isolé. De nombreux militants de la cause palestinienne sont aujourd’hui détenues dans les geôles des puissances imperialistes comme Casey Goonan condamné à 20 ans de prison aux Etats Unis, les 5 pro-palestiniens d’Ulm et la révolutionnaire anti-impérialiste Daniela Klette en Allemagne ou encore le palestinien Anan Yaeesh qui vient d’être condamné à 5 ans et demi de prison en Italie. » Coïncidant avec le 24ᵉ anniversaire de l’arrestation d’Ahmad Sa’adat en 2002, le rassemblement a également déployé plusieurs affiches exigeant la libération du secrétaire général du FPLP emprisonné.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Berne pour dénoncer le sommet du World Economic Forum à Davos, dont plusieurs sections suisses du Secours Rouge International, malgré un important dispositif policier. La police a interdit tout départ en manifestation, nassé la place de la gare et attaqué à plusieurs reprises les manifestants déjà encerclés, extrayant certains avec violence. Environ 200 contrôles d’identité ont été réalisés et 25 personnes ont été amenées au poste, mais toutes ont été libérées dans la nuit. Les manifestants dénoncent l’utilisation du sommet pour servir les intérêts de la bourgeoisie suisse et des dirigeants impérialistes, citant notamment la présence de Donald Trump, Isaac Herzog et Mohammed al-Joulani, ainsi que des entreprises comme UBS, RUAG, Holcim, Trafigura et Vitol.

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À Paris, 52 paysans de la Confédération paysanne, dont les trois porte-parole nationaux et le président de la chambre d’agriculture de Guyane, ont été placés en garde à vue le 14 janvier après avoir occupé pendant plusieurs heures les locaux du ministère de l’Agriculture. Cette action coup de poing, menée par plus de 150 militants, visait à dénoncer le mépris du gouvernement envers les paysans, ainsi que l’impact des accords de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur sur la souveraineté alimentaire, et l’injustice de la répartition des aides du Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (POSEI), notamment pour les territoires d’outre-mer. Les manifestants ont pénétré dans le hall de la Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE), déployé des banderoles et ont été nassés par les forces de l’ordre, tandis que des journalistes étaient empêchés de filmer l’action. Jeudi 15 janvier, la Confédération paysanne appelle à se rassembler dès 11 h devant le commissariat du 13ᵉ arrondissement de Paris afin d’exiger leur libération et l’abandon des poursuites.

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Malgré la neige et le froid, plus de 15 000 personnes ont défilé à Berlin pour commémorer Lénine, Liebknecht et Luxemburg. Ces deux dernières années, ces manifestations ont été marquées par une répression policière intense. Cette année,  les forces de l’ordre ont encadré strictement les cortèges, déployant environ 500 agents. En particulier, elles avaient annoncé intervenir si le slogan « From the river to the sea » était scandé. Peu avant d’atteindre le mémorial dédié aux socialistes du cimetière central de Friedrichsfelde, un groupe de jeunes a été brièvement intercepté par la police. Par ailleurs, huit manifestants ont été arrêtés. Parmi les motifs invoqués figuraient la suspicion d’utilisation de symboles d’organisations anticonstitutionnelles ou terroristes, ainsi que des insultes envers les forces de l’ordre. Un agent a été blessé lors des arrestations.

Depuis le 28 décembre, l’Iran est secoué par une vague de manifestations contre la vie chère et le régime. La contestation s’accompagne également d’attaques ciblées contre les forces du régime, notamment dans la région de Kermanshah où six membres des forces armées ont été tués et plus de 120 blessés, revendiquées par une force kurde, tandis que le gouvernement accuse des « terroristes urbains ». Ce mouvement est violemment réprimé par les autorités : les morts sont estimés de plusieurs centaines à plusieurs milliers selon différentes organisations, des chiffres difficiles à vérifier en raison de la coupure d’Internet dans le pays. En effet, le gouvernement iranien a totalement coupé l’accès à Internet mondial depuis le 8 janvier 2026. Cette coupure ne repose pas sur un simple blocage des câbles, mais sur une architecture réseau unique, construite depuis 2019 : un réseau domestique contrôlable où les autorités peuvent déconnecter des quartiers, des rues ou des utilisateurs ciblés, tout en maintenant le fonctionnement d’institutions comme les banques ou l’administration. Seuls quelques terminaux satellitaires Starlink permettent encore de transmettre des informations, mais leur utilisation reste risquée, le régime tentant activement de détecter ces appareils.

Dans de nombreux pays occidentaux, des réseaux proches d’Israël, des États-Unis et du fils du chah, Reza Pahlavi, se mobilisent pour influencer la mobilisation, à l’image des récentes manifestations à Paris ou à Toulouse. De leur côté, des organisations de la gauche révolutionnaire iranienne en exil appellent à soutenir la révolte tout en dénonçant les ingérences occidentales, comme à Bruxelles ce mardi 13 janvier (voir ici). Dans ce contexte explosif, le président états-unien Donald Trump a multiplié les menaces, évoquant des « options militaires très fortes », tout en affirmant qu’une négociation avec Téhéran était en préparation. Le régime, pour sa part, se dit « prêt à la guerre mais ouvert à des négociations équitables », a décrété trois jours de deuil national pour les forces de sécurité tuées et a appelé à des marches de « résistance » en soutien à sa politique.

Depuis deux semaines, l’Iran est secoué par des manifestations contre la vie chère, alimentées par l’inflation et les sanctions occidentales. Réprimées par les forces de sécurité, ces protestations auraient fait au moins 192 morts selon l’ONG Iran Human Rights, un chiffre difficile à vérifier en raison des coupures d’Internet qui entravent la communication avec les manifestants. Face à la contestation, le président Massoud Pezeshkian doit s’exprimer sur la situation économique et les « revendications du peuple », tandis qu’Israël demande à l’Union européenne de qualifier les gardiens de la révolution iranienne d’organisation terroriste.

Les autorités iraniennes ont violemment réprimé les protestations déclenchées fin décembre 2025 par les commerçants du Grand Bazar de Téhéran contre la crise économique accentuée par les sancitons occidentales. Selon l’ONG Iran Human Rights, au moins 62 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, dont 48 manifestants et 14 membres des forces de sécurité, tandis que des centaines d’autres auraient été blessées. Ces chiffres, qui incluent désormais une hausse du bilan initial, restent difficiles à confirmer en raison des restrictions imposées par le régime sur les communications et les médias.

Lors d’une manifestation autour de l’Arc de triomphe, deux porte-parole nationaux de la Confédération paysanne, Thomas Gibert et Stéphane Galais, ont été arrêtés de manière « très brutale » par les forces de l’ordre, selon le syndicat. Des vidéos montrent leur interpellation violente, et ils ont été placés en garde à vue (voir ici). Cette répression intervient dans le cadre d’une mobilisation contre l’abattage total des bovins contaminés par la dermatose bovine et contre l’accord commercial de libre-échange Mercosur.

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Jeudi 8 janvier à Istanbul, une manifestation organisée pour dénoncer les attaques contre les quartiers kurdes d’Alep a été violemment réprimée. Au moins 30 participants ont été interpellés, certains après avoir été frappés, et plusieurs manifestants ont été emmenés sous escorte policière. Les témoins rapportent des scènes d’intimidation, avec des arrestations ciblant des figures associatives et militantes. Cela intervient alors que les forces de sécurité locales résistent aux assauts meurtries dans la ville d’Alep et que de nombreux rassemblements sont organisés en Europe et ailleurs (voir notre article).