Sept militants de l’organisation anti-répression Defend Our Juries ont été arrêtés en vertu de la loi sur le terrorisme après que leurs domiciles ont été perquisitionnés par la police. Les arrestations ont eu lieu avant une conférence de presse au cours de laquelle l’organisation juridique devait expliquer comment il allait mener une « action de masse » contre l’ interdiction de Palestine Action, organisation pro-palestinienne classée « terroriste » en juillet dernier (voir notre article).

Ce jeudi 4 septembre dès 16H, un rassemblement est organisé devant l’ambassade britannique à Bruxelles (Avenue d’Auderghem 10, 1040 Bruxelles) est organisé  afin d’exiger la libération des prisonniers politiques pro-palestiniens, les Filton 24, détenus au Royaume-Uni (voir notre article). En particulier, la prisonnière T. Hoxha est en grève de la faim depuis le 11 août dernier pour dénoncer ses conditions de détention. Depuis lors, son état s’aggrave de jour en jour, et la direction de la prison n’entend pas la faire hospitaliser ni la laisser recevoir les soins appropriés à son état de santé.

La police métropolitaine de Londres a annoncé l’inculpation de 47 personnes supplémentaires pour soutien à l’organisation Palestine Action, classée « groupe terroriste » par le gouvernement britannique en juillet dernier (voir notre article). Avec ces nouvelles poursuites, le nombre total d’activistes poursuivis atteint 114.

Le camp de concentration de Buchenwald était l’un des plus grands du territoire allemand. Il devint également un lieu central d’emprisonnement politique : les communistes en particulier y furent incarcérés. Ernst Thälmann, dirigeant de longue date du Parti communiste allemand, y fut exécuté en 1944 sur ordre direct de Hitler. Au cours des dernières années, la culture mémorielle de Buchenwald s’est complètement alignée sur la doctrine officielle de l’Allemagne selon laquelle le soutien inconditionnel à Israël est un pilier essentiel de l’identité de l’État allemand. En août 2024, les visiteurs portant des t-shirts arborant des symboles palestiniens et des keffiehs ont été bloqués et ont dû attendre longtemps avant de pouvoir accéder au mémorial, où ils étaient venus rendre hommage à Ernst Thälmann. En avril 2025, lors de la commémoration officielle de la libération du camp, l’interdiction s’est élargie : aucune personne arborant des symboles palestiniens, soviétiques ou russes n’a été autorisée à y participer. À peine trois mois plus tard, une note interne du Mémorial qualifiait le keffieh d’« antisémite », tout comme d’autres symboles comme la pastèque et la clé (symbole du retour des réfugiés palestiniens). Il mettait également sur liste noire le mouvement BDS et plusieurs organisations de gauche. Une militante communiste visée par ces mesures a porté plainte contre l’institution. Mais en juillet 2025, le tribunal a rendu une décision préliminaire en faveur du Mémorial. Dans le cadre d’une procédure accélérée, les juges ont admis l’argument selon lequel il n’y avait pas d’interdiction générale du keffieh, même si la note divulguée la qualifiait explicitement d’« antisémite ». De fait, le tribunal a approuvé la politique du Mémorial tout en niant l’existence d’une telle politique.

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Microsoft a licencié quatre employés qui ont participé à des manifestations devant ses locaux contre les liens de l’entreprise avec Israël qui poursuit son opération génocidaire à Gaza depuis près de deux ans. Parmi les personnes licenciées, deux ont participé à un sit-in cette semaine devant les bureaux du président de l’entreprise. Ces personnes ont reçu des messages vocaux les informant de leur licenciement.

Paul Laverty, scénariste de Ken Loach, a été arrêté pour « soutien à une organisation interdite » lors d’une manifestation pro-palestinienne près d’Édimbourg en Écosse ce lundi 25 août. Il portait un tee-shirt avec l’inscription « Genocide in Palestine, time to take action » (génocide en Palestine, il est temps d’agir). Une phrase et un t-shirt qui font indirectement référence à l’organisation Palestine Action qui vient d’être classée comme « organisation terroriste » en juillet dernier et dont le soutien peut entrainer aujourd’hui des poursuites (voir notre article). En dépit de cette interdiction, les actions se poursuivent contre l’industrie de l’armement complice du génocide à Gaza, comme en témoigne l’émergence du nouveau groupe Palestinian Martyrs for Justice (voir ici).

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Depuis plusieurs mois, Casey Goonan est incarcéré à Santa Rita aux États-Unis en attente de son procès pour l’incendie d’une voiture de police et d’autres actions visant à dénoncer la répression du mouvement pro-palestinien par l’Université de Californie et le gouvernement fédéral. Son audience devrait se tenir le 23 septembre prochain. En solidarité avec la prisonnière T Hoxha en grève de la faim depuis plus de 15 jours en Angleterre (voir notre article), il a annoncé faire une grève de la faim avec un autre codétenu. Nous relayons ci-dessous un extrait de sa déclaration.

[…] « En tant que prisonniers emprisonnés pour notre participation au mouvement de libération palestinien en Occident, nous avons la responsabilité les uns envers les autres, au-delà des frontières, de mener notre vie en prison avec la même détermination que le mouvement des prisonniers palestiniens détenus dans les prisons « israéliennes ».

Les États qui nous ont capturés sont les facilitateurs du génocide accéléré des Palestiniens par l’entité sioniste, ainsi que des génocides en cours des peuples noirs et autochtones dont ils continuent d’occuper les terres.

Alors que la gauche occidentale continue de passer de crise en crise, évitant ses responsabilités envers la Palestine, nous sommes tout ce que nous avons. Par « nous », je fais référence aux personnes qui souffrent de dépression parce qu’elles soutiennent la Palestine, aux personnes qui font de véritables sacrifices. Comme T Hoxha, qui a souffert de 16 jours de famine juste pour recevoir son courrier. […] À ce jour, l’un de mes codétenus et moi-même sommes en grève de la faim à la prison de Santa Rita jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites. » […]

Suite à la désignation de Palestine Action comme « organisation terroriste » en juillet dernier (voir notre article), plus de 700 personnes ont été arrêtées pour avoir affiché leur soutien à l’organisation nouvellement interdite lors de manifestations. Finalement, la police londonienne a décidé d’inculper 67 personnes. Les accusés comparaîtront devant le tribunal à plusieurs dates en octobre et encourent une peine maximale de six mois d’emprisonnement s’ils sont reconnus coupables.

Lundi 25 août, les organisations de défense des prisonniers palestiniens ont annoncé la mort du prisonnier Musab Al-Ayadeh. Âgé de 20 ans, il avait été arrêté et blessé par balles lors d’un raid de l’armée israélienne à Hebron 4 jours plus tôt. Présenté devant un tribunal militaire le 24 août, il a été placé en détention en dépit de ses blessures puis finalement déclaré mort le lendemain dans un hôpital de Jérusalem. C’est le 77e prisonnier palestinien qui meurt en détention depuis octobre 2023.

Né en 1977 à Naplouse, Nader Sadaqa fait partie de la communauté samaritaine, une des plus petites communautés religieuses au monde et une des branches les plus anciennes du judaïsme. Il s’engage très jeune au sein du FPLP, en particulier sa branche étudiante. Il est arrêté en août 2004 et condamné à 6 peines de prison à perpétuité pour son engagement comme cadre des Brigades Abu Ali Mustapha (l’aile militaire du FPLP) à Naplouse durant la Seconde Intifada. Aujourd’hui, il entre dans sa 22ᵉ année de détention et reste un cadre important du mouvement des prisonniers palestiniens, en participant à de nombreuses grèves de la faim et initiatives politiques.

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