Le procès de Dario Sanchez, lié à l’affaire dite du Prairieland Case au Texas, commence le 12 janvier 2026. Dario est poursuivi par l’État du Texas pour avoir, selon les procureurs, retiré certaines personnes de groupes de discussion chiffrés liés à l’organisation d’une manifestation contre le centre de détention Prairieland à Alvarado le 4 juillet 2025. Cette manifestation a été le théâtre d’affrontements violents impliquant des feux d’artifice, des véhicules endommagés et des tirs ayant blessé un policier, ce qui a conduit les autorités à qualifier l’événement de « terrorisme domestique ». Dario Sanchez, qui n’était pas présent lors des tirs, est accusé d’entrave à l’enquête par l’État en raison de ses actions dans le groupe de discussion. Il est actuellement en détention et son comité de soutien appelle à se rassembler devant le tribunal de Cleburne le 12 janvier à 8h30 pour le soutenir et défendre la protection de la vie privée numérique.

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En Autriche, sept militants antifascistes sont jugés à partir du 7 janvier 2026 devant le tribunal pénal de Graz dans le cadre du procès dit AntifaGraz25, où ils encourent jusqu’à 15 ans de prison pour « vol aggravé » et « association criminelle ». Les poursuites font suite aux mobilisations contre le bal académique de Graz en janvier 2025, événement réunissant des groupes et figures de l’extrême droite. Initialement qualifiés de vol et de violences, les faits ont été requalifiés par les autorités en infractions lourdes, accompagnées d’une vaste enquête du service de protection de l’État, de perquisitions violentes et de détentions prolongées, bien que la justice ait par la suite jugé ces perquisitions illégales et qu’aucune preuve matérielle n’ait été retrouvée. Dans ce cadre, plusieurs jours de mobilisation sont organisées dans la ville autrichienne (voir ici).

Quatre jeunes militants du mouvement indépendantiste U14 ont été interpellés à l’aube du 6 janvier, notamment à Larressore et à Hendaye, lors d’opérations menées par la gendarmerie. Selon le collectif, ces arrestations seraient liées à la manifestation organisée le 14 juillet dernier à Espelette, où environ 200 personnes avaient dénoncé la fête nationale française, la touristification et la marchandisation de la culture basque. En réaction, U14 appelle à un rassemblement de soutien dès 13H devant la gendarmerie de Cambo afin d’exiger la libération des militants arrêtés.

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Le média associatif L’Empaillé est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Perpignan pour « injure » à la suite d’une plainte déposée par le directeur de la police municipale de la ville. La procédure fait suite à des publications journalistiques critiquant son action et son rôle institutionnel, que le plaignant estime attentatoires à son honneur. Le média dénonce une utilisation de l’outil judiciaire visant à l’épuiser financièrement et humainement, soulignant l’asymétrie entre un responsable public disposant de moyens importants et une rédaction indépendante aux ressources limitées. Après un premier renvoi demandé par le plaignant en octobre 2025 (voir notre article), l’audience est désormais fixée au 8 janvier 2026, date à laquelle L’Empaillé demandera sa relaxe et une indemnisation des frais de justice engagés. A cette occasion, un rassemblement de soutien est organisé ce jour à 13H devant le tribunal correctionnel de Perpignan (place Arago).

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En Tunisie, plusieurs travailleurs humanitaires de l’ONG française Terre d’asile, détenus depuis plus de 20 mois pour avoir prétendument « facilité l’entrée illégale et le séjour » de migrants, ont été libérés dans la nuit de lundi 5 à mardi 6 janvier. Parmi eux figure Sherifa Riahi, ancienne directrice de l’ONG, condamnée à deux ans de prison avec sursis, tout comme ses collègues incarcérés. La décision judiciaire, saluée par leurs soutiens, intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et de tensions politiques accrues sous la présidence de Kaïs Saïed, tandis que le tribunal doit encore statuer sur le sort des autres accusés laissés en liberté.

En Turquie, le parquet d’Istanbul a requis des peines de cinq à dix ans de prison contre sept journalistes, une traductrice et une sociologue accusés d’« aide à une organisation terroriste armée » pour leurs collaborations avec les médias pro-kurdes Yeni Özgür Politika et PolitikArt, publiés en Allemagne. Selon le procureur, leurs articles, le langage employé et les droits d’auteur perçus constitueraient un soutien au PKK, organisation interdite, et ne relèveraient pas d’une activité journalistique dite « normale ». Le procès doit reprendre le 17 février, date à laquelle le tribunal devrait rendre son verdict.

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En Inde, la Cour suprême a refusé la liberté sous caution à Umar Khalid et Sharjeel Imam, détenus depuis plus de cinq ans dans le cadre d’une enquête sur la « conspiration » liée aux violences survenues à Delhi en 2020, tandis qu’elle a accordé la libération sous caution à Gulfisha Fatima, Meeran Haider, Shifa Ur Rehman, Shadab Ahmed et Mohammad Saleem Khan. La Cour a souligné que Khalid et Imam occupent une position « qualitativement différente » par rapport aux autres prévenus et que leur demande de libération pourra être réexaminée après un an ou à la fin de l’examen des témoins protégés. Cette décision illustre la détention prolongée de certaines figures du mouvement étudiant et des manifestations anti-CAA. La CAA est une loi adoptée en Inde qui modifie les critères de naturalisation pour certaines minorités religieuses venant de pays voisins, ce qui a suscité un vaste mouvement de contestation étudiante et citoyenne. Umar Khalid et Sharjeel Imam sont détenus dans le cadre de l’application de la Unlawful Activities (Prevention) Act, ou UAPA, une loi antiterroriste qui permet des arrestations et des détentions préventives prolongées pour les personnes soupçonnées d’activités considérées comme illégales ou menaçant la sécurité de l’État. Cette législation est fréquemment utilisée dans les enquêtes sur les violences ou les accusations de « conspiration » liées aux manifestations.

Arrêté début mars 2025 et placé en garde à vue pendant 48 heures pour « apologie du terrorisme » à la suite d’un discours prononcé en manifestation, Alex de la LJR (Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire) passe en procès le 13 janvier prochain au tribunal judiciaire de Paris. Placé sous contrôle judiciaire, il a également été suspendu de son travail, illustrant l’extension des sanctions au-delà du cadre pénal. Afin de le soutenir, plusieurs organisations appellent à se rassembler ce même jour dès 12H30 au Tribunal de Paris, Porte de Clichy.

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Depuis octobre 2023, les autorités allemandes poursuivent massivement les militants solidaires de la Palestine (voir notre article), ciblant notamment l’expression « From the river to the sea ». Selon les avocats berlinois Jessica Grimm et Benjamin Düsberg, cette criminalisation résulte d’une volonté politique d’interdire cette opinion, assimilée à tort à un symbole du Hamas après une décision du ministère de l’Intérieur en novembre 2023. Bien que des expertises démontrent que le slogan existe depuis les années 1960 et n’est pas exclusivement utilisé par la Hamas, la justice berlinoise a initié des milliers de procédures, parfois transférées à la chambre de sûreté de l’État du Landgericht Berlin.

Un nouvel expert nommé par cette chambre, Dr Guido Steinberg, spécialiste en islamisme et terrorisme au sein de la fondation Science et Politique, a présenté une analyse biaisée, affirmant que le slogan « From the river to the sea » serait presque exclusivement utilisé par des personnes favorables à la « violence », sans fournir de preuves concrètes ni s’appuyer sur des sources primaires récentes. La défense conteste cette partialité dans le cadre d’un procès visant un militant poursuivi pour avoir crié ce slogan lors d’une manifestation de solidarité avec la Palestine après le 7 octobre 2023. Pour démontrer que le slogan est largement utilisé dans des contextes politiques divers et ne constitue pas un emblème d’organisation, la défense a fourni au tribunal un dossier de 2 500 textes, totalisant plus de 7 000 pages.

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Depuis octobre 2023, plus de 9 000 procédures judiciaires ont été ouvertes à Berlin contre des personnes exprimant leur solidarité avec la Palestine, selon plusieurs groupes de soutien et observateurs. Les arrestations portent sur des slogans, drapeaux, autocollants et autres, souvent qualifiés d’« antisémites » par les autorités. Par ailleurs, de nombreuses violences et brutalités policières sont régulièrement signalées lors des interpellations. En dépit de cette situation, de nombreux procès se soldent par des relaxes ou l’abandon des charges, notamment pour les slogans et symboles, grâce à des preuves vidéo démontrant la brutalité policière. Les observateurs dénoncent une persistance des arrestations arbitraires et une application discriminatoire de la loi, reflétant le racisme et l’impunité dont jouit la police, même devant les tribunaux.

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