L’organisation KARAPATAN dénonce la publication par la police nationale aux Philippines de messages présentant plusieurs de ses militants et responsables comme des « personnes activement recherchées ». Parmi eux figure Grecian Asoy, ainsi que d’autres acteurs du mouvement, visés via des publications sur les réseaux sociaux avant leur retrait. L’ONG parle de « red-tagging », une pratique consistant à désigner publiquement des militants comme criminels ou ennemis de l’État, qui vise à exposer les personnes concernées à des arrestations arbitraires ou des violences.
Une campagne de solidarité se développe à travers l’Europe pour réclamer la libération de Irfan Yilmaz, détenu en Turquie et souffrant de graves problèmes de santé avec un taux d’invalidité estimé à 96 %. Ses soutiens dénoncent ses conditions de détention et demandent sa libération immédiate, notamment via des actions de mobilisation auprès des autorités turques. Ces derniers jours, des actions ont été menées dans plusieurs villes européennes, dont Paris, Londres et Rotterdam, avec des rassemblements devant des ambassades et consulats turcs. Des campagnes d’e-mails ont également été lancées auprès du ministère de la Justice turc et des établissements pénitentiaires concernés, dans le but de dénoncer les conditions de détention de prisonniers politiques et de personnes souffrant de problèmes de santé graves.
Un rassemblement est organisé à Paris le mercredi 3 juin place de la Concorde pour réclamer la libération de Mumia Abu-Jamal. Comme chaque premier mercredi du mois, ses soutiens dénoncent les conditions de détention du militant et ancien journaliste, ainsi que la dégradation de son état de santé, notamment des problèmes de vue qui font craindre un risque de cécité.
La Malaisie applique depuis le 1er juin une nouvelle réglementation interdisant aux moins de 16 ans de créer des comptes sur les principales plateformes comme TikTok, Facebook, Instagram et YouTube. Les plateformes doivent désormais mettre en place une vérification d’âge obligatoire, fondée sur des documents d’identité officiels ou équivalents.
Présentée comme une mesure de protection des mineurs, cette réforme s’inscrit dans une tendance plus large de contrôle accru des usages numériques, avec une vérification renforcée de l’identité des utilisateurs. En exigeant une identification systématique pour accéder aux services, elle est un pas supplémentaire vers la fin de l’anonymat en ligne. Les plateformes risquent des amendes importantes en cas de non-respect des règles.
Les eurodéputés et les États membres de l’Union européenne sont parvenus à un accord pour durcir la politique migratoire européenne. Le texte autorise les pays volontaires à créer des centres de retour dans des États tiers afin d’y transférer les personnes dont la demande d’asile a été définitivement rejetée. Il prévoit également un renforcement des mesures d’expulsion, avec des durées de rétention pouvant aller jusqu’à 24 mois et des interdictions de retour sur le territoire européen pouvant atteindre 10 à 20 ans. Plusieurs États, dont la France et l’Espagne, ont exprimé des réserves sur ces centres externalisés, tandis que d’autres, comme l’Allemagne ou l’Autriche, envisagent déjà leur mise en place.
La Confédération syndicale internationale place la France à son plus mauvais niveau depuis la création de son indice en 2014, alors même que cette organisation n’est pas connue pour sa radicalité. Dans son rapport publié le 19 mai 2026, l’organisation dénonce un recul durable des droits des travailleurs, marqué notamment par la répression de militants syndicaux ou encore par les nombreuses restrictions de manifestations. La France rejoint désormais la catégorie des pays où les violations des droits des travailleurs sont jugées « régulières ». Parmi les nombreux exemples, rappelons que pus de 1000 militants de la CGT ont été réprimés depuis les mouvements sociaux de 2023.
À Paris, environ un millier de personnes ont manifesté pour réclamer la libération d’Ali, un réfugié palestinien incarcéré en France depuis deux ans à la maison d’arrêt d’Osny. Arrêté dans le cadre d’une procédure liée à des accusations transmises par les autorités israéliennes, son maintien en détention provisoire depuis deux ans suscite une mobilisation croissante d’associations et de collectifs qui exigent sa libération immédiate. Durant la manifestation, Ali a transmis une déclaration afin de saluer ses soutiens et a vivement dénoncé la collaboration de la France avec les autorités israéliennes, qui l’ont emprisonné à plusieurs reprises. D’autres affiches et interventions ont également souligné la répression visant plusieurs réfugiés palestiniens, à l’image de Ramy Shaath, menacé d’expulsion en France, et d’Anan Yaeeh, emprisonné en Italie.
À la fin de la manifestation, un membre du Secours Rouge a pris la parole au côté de nombreuses autres organisations et collectifs. Il a notamment déclaré : « Cette répression ne constitue pas seulement une forme de soutien à l’entité sioniste : elle vise aussi à criminaliser, entraver et empêcher toute forme d’auto-organisation de la diaspora palestinienne en Europe, car celle-ci lie la lutte pour la libération de la Palestine à celle contre l’impérialisme, le colonialisme et le racisme d’État. » Il a poursuivi en soulignant que « le soutien aux prisonniers de la cause palestinienne en Europe doit aussi passer par le soutien aux antimilitaristes qui ont saboté la machine de guerre génocidaire au Royaume-Uni, en Allemagne ou ailleurs, et qui sont aujourd’hui en détention provisoire et la cible de procès politiques. C’est le cas des 25 de Filton, des 6 de Brize Norton, des 5 d’Ulm ou encore des 7 de l’OIP. Cette journée doit être un point d’appui pour renforcer nos fronts de résistance et de solidarité contre la répression et son monde ! » Cette manifestation était organisée à l’occasion d’une journée nationale d’actions de soutien à Ali, où des initiatives ont également été organisées à Toulouse, Nantes, Marseille, Chambery, ou encore Bruxelles.
Au Royaume-Uni, le propriétaire de cafés Shams Sadiq affirme que la police de Manchester lui aurait proposé des avantages, voire une tolérance sur certaines infractions mineures, en échange d’informations sur le groupe Palestine Action, interdit par les autorités britanniques. Selon son témoignage relayé par la presse, cette proposition aurait été faite après une arrestation liée à des activités présumées en lien avec ce mouvement, passible de lourdes sanctions en vertu de la législation antiterroriste. L’affaire s’inscrit dans un contexte de durcissement des mesures contre le mouvement pro-palestinien, et en particulier contre Palestine Action depuis son interdiction, laquelle rend illégale toute forme de soutien et expose les personnes concernées à des poursuites pénales.
Le journaliste germano-turc Hüseyin Doğru, cofondateur de red.media, fait l’objet de sanctions européennes depuis 2025, entraînant notamment le gel de ses comptes bancaires et de fortes restrictions à ses activités. Selon les autorités européennes, ce média aurait diffusé des contenus qualifiés de « réseau de propagande russe », en réalité c’est sa couverture du génocide en cours à Gaza et des mobilisations anti-impérialistes qui est en cause. Après le blocage temporaire des comptes de son épouse, contesté par la justice allemande qui a évoqué de « sérieux doutes » sur sa légalité, les comptes de sa mère ont à leur tour été gelés. La banque justifie cette mesure par un supposé lien de contrôle financier avec son fils. Cette affaire suscite des critiques de la part de soutiens du journaliste et d’organisations dénonçant une forme de sanction collective touchant des proches non visés par les sanctions.