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Turquie : Trois militants socialistes libérés après leur première audience

Trois socialistes arrêtés lors de la campagne de répression du 3 février en Turquie, Ahmet Uçar, coprésident de la Fondation BEKSAV, Serdal Işık, membre du Parti socialiste des opprimés (ESP), et Emrah Topaloğlu, de l’Initiative des familles de Suruç, ont été libérés à l’issue de leur première audience devant la 22e chambre pénale lourde d’Istanbul. Les poursuites reposaient notamment sur leur participation à des événements politiques et commémoratifs, leurs activités militantes et journalistiques, ainsi que sur des communications téléphoniques présentées comme éléments à charge.

Les trois prévenus ont contesté des accusations portant notamment sur leur participation à des événements du journal Atılım, à des commémorations du massacre de Suruç et de militants révolutionnaires, ainsi qu’à des réunions politiques et contacts avec différents acteurs associatifs et politiques. Emrah Topaloğlu a notamment dénoncé la réutilisation d’accusations issues de procédures antérieures et expliqué avoir obtenu auprès de l’Association des droits humains une liste de détenus malades. Les trois hommes restent toutefois poursuivis, leurs procès ayant été renvoyés au 9 décembre 2026.

Royaume-Uni : Quatre militants de Palestine Action font appel de lourdes condamnations pour terrorisme

Quatre militants de Palestine Action ont fait appel de peines allant de 4 ans et 8 mois à 7 ans et 8 mois de prison, prononcées après une action menée en août 2024 contre une usine britannique du fabricant d’armes israélien Elbit Systems, près de Bristol. Condamnés pour dégradations « liées au terrorisme », ils sont les premiers militants condamnés au Royaume-Uni pour des dommages matériels qualifiés ainsi.

Leur défense conteste notamment l’application de la législation antiterroriste, Palestine Action n’étant pas encore classée comme organisation terroriste au moment des faits, et juge les peines manifestement disproportionnées. Les condamnés devraient en outre être soumis, après leur libération, à 15 ans d’obligations de notification à la police, portant notamment sur leur adresse, leurs comptes bancaires, leurs voyages ou leurs relations.

La condamnation intervient dans un contexte de forte répression du mouvement pro-palestinien au Royaume-Uni. Depuis l’interdiction de Palestine Action comme organisation « terroriste » en juin 2025, l’expression de soutien au groupe est devenue une infraction et plus de 3000 personnes ont été arrêtées en lien avec des protestations contre cette interdiction.

Allemagne : Des antimilitaristes bloquent une caserne malgré des violences policières

Jeudi 3 septembre, plus de 200 militants antimilitaristes ont bloqué l’accès à la caserne Lüttich à Cologne, siège du Bundesamt für Personalmanagement der Bundeswehr, chargé notamment du recrutement et de la gestion du personnel militaire. La police a procédé à l’évacuation en frappant les personnes rassemblées, notamment en donnant des coups de pied, en procédant à des étranglements et en plaquant des gens au sol. En effet, certains manifestants ont été traînés par terre ou maintenus au sol par plusieurs agents.

Une militante a perdu connaissance pendant environ une minute et demie alors que des policiers la traînaient au sol. Malgré son état, les policiers lui auraient refusé l’accès aux secouristes et n’auraient pas fait intervenir d’autre aide médicale. D’autres personnes ont été blessées, dont une hospitalisée. Les personnes évacuées ont ensuite fait l’objet de mesures d’identification policière. La répression a également visé les secours et la presse : les équipes médicales ont été empêchées d’accéder aux manifestants, y compris à certaines personnes blessées, tandis que des journalistes ont été tenus à distance et empêchés de filmer certaines interpellations.

Malgré cette répression, le blocage a permis de perturber pendant plusieurs heures l’accès à l’un des principaux centres de recrutement et de gestion du personnel des forces armées allemandes à Cologne. L’action s’inscrit dans le cadre du sommet Rheinmetall Entwaffnen, un rassemblement antimilitariste organisé à Cologne et dans la région, qui donne lieu à plusieurs journées d’actions contre le réarmement et la militarisation. La multiplication de ces mobilisations, malgré les interventions policières, témoigne également du développement d’un mouvement antimilitariste en Allemagne, capable de mener des actions de blocage contre les infrastructures militaires et l’industrie de l’armement.

Madagascar : L’ex-président du Sénat condamné pour la répression des manifestations de la Gen Z

Ancien président du Sénat, Richard Ravalomanana a été condamné le 1er septembre à 10 ans de travaux forcés pour son rôle présumé dans la répression des manifestations de la Gen Z en septembre et octobre 2025. Le parquet l’accusait d’avoir ordonné aux forces de sécurité de recourir à la violence contre les manifestants, accusations qu’il a rejetées. Plusieurs observateurs internationaux avaient recensé au moins 22 morts et plus d’une centaine de blessés lors de ces mobilisations, initialement déclenchées par les coupures d’eau et d’électricité.

Ancien général de gendarmerie et proche allié d’Andry Rajoelina, Ravalomanana était en détention préventive depuis janvier 2026 et avait été démis de son mandat de sénateur en décembre 2025. Cette condamnation revient à faire sauter un fusible de l’ancien régime, alors qu’Andry Rajoelina, qui dirigeait le pays au moment des manifestations, a quitté Madagascar pour la France.

Turquie : 12 personnes arrêtées pour avoir participé à des cérémonies en hommage à des combattants kurdes

Lors de perquisitions à domicile le 3 septembre dernier, la police turque a arrêté 12 personnes à Amed et Manisa. À Amed, dix personnes ont été interpellées pour avoir participé à des cérémonies de condoléances en hommage à des combattants HPG et YJA-Star. À Manisa et Turgutlu, deux autres personnes, dont un responsable de la TUAYDER (Association d’aide et de solidarité aux familles des détenus et condamnés) et un membre du Conseil de la jeunesse du DEM Parti, ont également été arrêtées.

Allemagne : L’artiste kurde Neşwan Herkî expulsé vers l’Irak

Installé à Berlin depuis environ onze ans, l’artiste et militant kurde Neşwan Herkî a été arrêté par la police allemande puis expulsé vers l’Irak. Originaire de Duhok, il avait demandé l’asile en Allemagne pour des raisons politiques et participait régulièrement à des événements culturels kurdes, notamment les célébrations de Newroz. Les autorités allemandes avaient retiré son titre de séjour l’an dernier, invoquant ses activités politiques, avant de lui accorder une autorisation temporaire de séjour. Malgré celle-ci, Herkî a été arrêté la veille de son rendez-vous devant la commission chargée d’examiner les demandes de séjour pour circonstances exceptionnelles, sans que son avocat ni ses proches ne soient informés.

Grèce : Le prisonnier anarchiste Nikos Maziotis réagit à l’annonce de sa libération le 14 septembre

Condamné à une peine totale de 20 ans, le membre de l’organisation anarchiste de guérilla urbaine Lutte Révolutionnaire (LR), Nikos Maziotis, doit être libéré le 14 septembre 2026 de la prison de Domokos en Grèce. Dans une lettre publiée le 2 septembre, il indique avoir passé 14 ans de détention effective, auxquels s’ajoutent 6 années calculées au titre du travail effectué en prison, ce qui porte l’exécution totale de sa peine à 20 ans.

Plusieurs demandes de libération conditionnelle avaient auparavant été rejetées, notamment au motif qu’il refusait de désavouer l’action de l’organisation. Dans une lettre publiée depuis la prison, Maziotis affirme ne pas avoir renoncé à ses convictions politiques et présente sa libération comme l’achèvement de sa peine sans mesure de contrôle judiciaire. Il remercie également ses soutiens et réaffirme son soutien à la Lutte révolutionnaire. Sa camarade et compagne Pola Roupa, également condamnée pour des actions revendiquées par LR, avait été libérée sous condition en novembre 2023.

Dès le début de leurs arrestations, le Secours Rouge International a très tôt engagé une campagne de soutien, avec non seulement des initiatives de solidarité, la publication de leurs textes et analyses, mais aussi par l’organisation de plusieurs délégations internationales solidaires à Athènes, à l’occasion de différents procès, ainsi que la réalisation d’un entretien avec Pola Roupa et Nikos Maziotis.

Un mois de septembre particulier… Il y a des années, le 2 septembre 2009, c’était l’anniversaire de l’une des actions les plus importantes de la Lutte Révolutionnaire et de la guérilla urbaine en général : l’attentat à la voiture piégée contenant 150 kilos d’explosif ANFO contre la Bourse d’Athènes. C’était l’époque où la Lutte Révolutionnaire parlait de la crise, dès 2005, avant qu’elle n’éclate aux États-Unis et avant même qu’elle ne frappe le pays en 2009-2010. Quand elle parlait des mémorandums [plans d’austérité] avant même qu’ils ne soient imposés. Quand elle parlait alors de l’opportunité d’un renversement systémique et d’une révolution qui, malheureusement, n’a pas eu lieu.

Le 5 septembre 2003 marque l’anniversaire du début des activités de la Lutte Révolutionnaire avec le double attentat à la bombe contre les tribunaux d’Evelpidon à Athènes. Dans quelques jours, le 14 septembre, je serai libéré à l’expiration de ma peine, après avoir purgé, avec 14 ans de présence en prison plus 6 ans de travail, la totalité des 20 ans de réclusion criminelle auxquels j’ai été condamné pour les activités de la Lutte Révolutionnaire.

À une époque où les codes pénaux et « pénitentiaires » ne cessent d’être modifiés, augmentant les limites des peines et la durée effective de leur incarcération, y compris par des alchimies illégales concernant la rétroactivité des lois, alors que la priorité absolue de l’État a toujours été de s’en prendre à ses adversaires politiques, je suis le premier détenu des prisons grecques et le premier prisonnier politique purgeant une peine de 20 ans de réclusion à temps partiel [terme juridique pour une peine temporaire] à purger la totalité de sa peine sans sursis, comme cela se faisait habituellement jusqu’à présent.

Cette évolution est le résultat du fait que les conseils de prud’hommes [conseils d’application des peines] de Lamia ont rejeté à 7 reprises ma libération conditionnelle au motif que je ne me suis pas « réhabilité », que je ne me suis pas « amélioré » moralement et que je refuse de reconnaître comme criminelle l’activité de la Lutte Révolutionnaire. Ils ont effectivement raison !

Lors d’une audience du conseil de discipline, à la question de savoir si j’étais « réhabilité », j’ai répondu que cela ne se produirait pas, même dans 1 000 000 d’années. Je refuse donc d’adopter leur « morale », la morale de la soumission, et je n’ai évidemment pas non plus révisé mon jugement sur l’action de la Lutte Révolutionnaire, qui était bénéfique et nécessaire pour la majorité sociale, le peuple et le prolétariat, puisqu’elle ciblait le système de pouvoir État-capitaliste criminel.

Surtout dans les conditions actuelles où le système devient de plus en plus sauvage, nous condamnant à perpétuité à l’esclavage de la dette, nous condamnant à la pauvreté et à la misère, exterminant les peuples et les populations excédentaires pour lui-même à travers les guerres, les génocides et ses politiques de sauvetage, et tuant lentement mais sûrement la planète sur laquelle nous vivons au profit du profit et du pouvoir d’une minorité ignoble.

Dans ces conditions, la lutte contre l’État et le capital est non seulement juste, mais aussi nécessaire et impérative. Je ne changerais pas le moindre de mes choix politiques et militants, même si je pouvais remonter le temps. Cette évolution consistant à purger la totalité de la peine a aussi son côté positif, puisque je n’aurai même pas de conditions restrictives, c’est-à-dire que je n’aurai pas à me présenter au commissariat de police de la zone où je résiderai. Je remercie du fond du cœur tous les camarades, toutes celles et tous ceux qui ont fait preuve de solidarité de quelque manière que ce soit au cours de toutes ces années envers nous, les membres de la Lutte Révolutionnaire, qui sommes restés fidèles aux choix de lutte que nous avons faits.

AUCUN REGRET – AUCUN REPENTIR
VIVE LA LUTTE RÉVOLUTIONNAIRE
HONNEUR POUR TOUJOURS AU CAMARADE LAMPROS FOUNTAS

2 septembre 2026
Prison de Domokos, Nikos Maziotis

Allemagne : La mobilisation continue en faveur de la libération de Daniela Klette

Un rassemblement de solidarité avec Daniela Klette est prévu le samedi 19 septembre 2026 à 14h devant la prison pour femmes de Vechta. Arrêtée à Berlin en février 2024 après plus de trente ans de clandestinité, Klette est toujours détenue à Vechta, dans l’attente d’un éventuel transfert à Francfort.

Celui-ci dépend de la décision de la Cour régionale supérieure de Francfort d’accepter ou non l’acte d’accusation déposé par le parquet fédéral. Si la cour admet l’acte d’accusation et décide ainsi d’engager la procédure, Klette sera transférée à Francfort pour y être jugée. La date de ce transfert et celle du procès ne sont pas encore connues.

Condamnée en mai 2026 à 13 ans de prison dans un premier procès portant sur huit opérations de collecte de fonds, elle a fait appel, tout comme le parquet. Un second procès doit porter sur sa participation présumée à plusieurs opérations attribuées à la Fraction armée rouge (RAF) entre 1990 et 1993. La date de ce procès n’est pas encore fixée.

Inde : La justice refuse d’annuler la liberté sous caution de quatre militants, dont le poète Varavara Rao

Un tribunal spécial de Mumbai a rejeté la demande de l’Agence nationale d’enquête (NIA) visant à annuler la liberté sous caution de quatre accusés dans l’affaire Bhima Koregaon, dont le poète Varavara Rao. La NIA leur reprochait notamment d’avoir participé en janvier à une réunion avec d’autres accusés au Mumbai Press Club, mais le juge a estimé que cette rencontre ne constituait pas une violation de leurs conditions de liberté.

L’affaire concerne les violences survenues à Bhima Koregaon en 2018 et une vaste procédure visant 16 militants et défenseurs des droits, accusés par les autorités de liens avec une prétendue « conspiration maoïste ». 14 des 16 accusés sont désormais en liberté sous caution, par ailleurs le prêtre jésuite Stan Swamy est mort en détention en 2021. La défense conteste depuis plusieurs années les éléments retenus contre les accusés, notamment des preuves numériques dont l’intégrité a été mise en cause.

Philippines : Le dirigeant de gauche John Ruiz III arrêté et emprisonné

John Ruiz III est le vice-président du parti de gauche Makabayan chargé des Visayas et coordinateur régional de BayanMuna, une organisation politique membre de la coalition Makabayan, dans les Visayas centrales. Il a été arrêté le 31 août à Cebu City après avoir participé à une mobilisation contre l’intervention militaire étrangère et l’impérialisme. Il est visé par des accusations de tentative de meurtre que ses soutiens dénoncent comme fabriquées et destinées à intimider les militants et défenseurs des droits humains.

L’affaire repose sur un mandat émis en 2024 à la suite d’un affrontement armé survenu en 2023 à Negros Occidental, auquel Ruiz affirme ne pas avoir pu participer puisqu’il se trouvait à Cebu. Déjà poursuivi dans une précédente affaire pour homicide, il avait été libéré sous caution.

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