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Belgique : Le gouvernement valide un projet de loi pour interdire des organisations dites « radicales »

Le gouvernement belge a approuvé en deuxième lecture un projet de loi instaurant une procédure d’interdiction administrative des activités d’organisations ou de groupements considérés comme une menace pour la sécurité nationale ou l’État de droit. Cette mesure, décidée par le Conseil des ministres sur la base d’un rapport des services de renseignement et d’un avis du Conseil national de sécurité, serait temporaire mais renouvelable. Une éventuelle interdiction définitive relèverait ensuite de l’autorité judiciaire.

Le texte, remanié après les réserves du Conseil d’État, vise notamment les organisations impliquées dans la participation, l’organisation, le financement ou le soutien logistique à « des actes terroristes ». Officiellement, les organisations ayant un objet exclusivement politique, syndical, philanthropique, philosophique ou religieux sont explicitement exclues de cette procédure. En réalité, tout indique que cette mesure pourrait viser des organisations politiques entretenant des liens présumés avec des organisations qualifiées de « terroristes » par l’Union européenne, parmi lesquelles figurent plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire à travers le monde. Le projet doit encore être soumis à un nouvel avis du Conseil d’État avant son adoption définitive.

Iran : Des condamnés à mort en grève de la faim contre la reprise des exécutions

Des centaines de condamnés à mort détenus dans la plus grande prison d’Iran observent une grève de la faim depuis six jours pour protester contre la reprise des exécutions, après le transfert à l’isolement de six prisonniers condamnés pour trafic de drogue. Les détenus espèrent attirer l’attention au niveau international alors que les autorités iraniennes intensifient leur recours à la peine capitale. Une suspension des exécutions avait été obtenue en 2025, mais la réforme promise n’a jamais été adoptée. Cette mobilisation s’inscrit dans une campagne de grèves de la faim menée chaque mardi depuis un an et demi dans plusieurs prisons iraniennes.

Inde : Le militant écologiste Sonam Wangchuk hospitalisé de force après 20 jours de grève de la faim

Le militant écologiste indien Sonam Wangchuk a été évacué de force par la police puis hospitalisé à New Delhi après 20 jours de grève de la faim en soutien au « Parti des Cafards », un mouvement étudiant dénonçant les fraudes aux examens nationaux. Les autorités affirment avoir agi pour préserver sa santé, conformément à une décision de justice, tandis que ses proches dénoncent une intervention à caractère politique.

Malgré son hospitalisation, Sonam Wangchuk poursuit son jeûne et la marche prévue vers le Parlement est maintenue sous la conduite de son épouse. Son évacuation a ravivé la mobilisation, avec l’arrivée de nouveaux manifestants et la poursuite de la grève de la faim par plusieurs étudiants à New Delhi.

France : Un cheminot licencié après avoir dénoncé des actes racistes à la SNCF

La SNCF a licencié Riad Zraizae, agent voie à Armentières et syndiqué à Sud Rail, quelques mois après qu’il a signalé des actes et propos racistes au sein de sa brigade, notamment le tag d’une croix gammée sur son casier et des prises de position d’extrême droite de certains collègues. Alors qu’il demandait une réaction de sa hiérarchie et du service Éthique de l’entreprise, aucune enquête n’aurait été ouverte sur ces signalements. C’est pourtant lui qui a fait l’objet d’une procédure disciplinaire, finalement conclue par son licenciement le 8 juillet.

La direction de la SNCF s’est appuyée sur une enquête sur les risques psychosociaux menée par un cabinet extérieur, initialement présentée comme anonyme, pour l’accuser de harcèlement moral. Riad conteste ces accusations, affirmant qu’aucun élément matériel ne les étaye. Cette affaire illustre le détournement d’enquêtes internes comme outil de répression contre des agents et des lanceurs d’alerte, alors même que le salarié dénonçait un climat raciste dans son environnement de travail.

Pays-Bas : Barış Helvaci en grève de la faim pour demander la réouverture de sa demande d’asile

Depuis le 4 juin 2026, Barış Helvaci, réfugié politique kurde originaire de Turquie et militant alévi, mène une grève de la faim illimitée aux Pays-Bas pour exiger un réexamen de sa demande d’asile. Ancien membre du Parti des travailleurs de Turquie et engagé dans plusieurs organisations alévies, il a été victime de persécutions politiques, notamment après l’attaque de son domicile à Izmir en septembre 2023 par des fascistes turcs. Malgré les éléments transmis au Service de l’immigration et de la naturalisation néerlandais (IND), sa demande a été rejetée le 28 mai 2026 au motif qu’il serait en sécurité en Turquie.

Son action vise à dénoncer la contradiction entre la décision de l’IND, qui affirme qu’il serait en sécurité en Turquie, et la réalité vécue aux Pays-Bas. Alors qu’il avait obtenu l’autorisation officielle d’installer une tente de protestation devant les locaux de l’IND à La Haye, celle-ci a été attaquée le 19 juin par des militants fascistes turcs après des menaces diffusées sur les réseaux sociaux. Face à cette attaque, la police néerlandaise a reconnu ne pas être en mesure de garantir sa sécurité, allant jusqu’à lui imposer le retrait de sa tente pourtant légalement autorisé. Cette situation démontre l’incohérence de la décision de l’IND : l’État néerlandais considère qu’il est protégé en Turquie, tout en admettant qu’il ne peut pas assurer sa protection sur son propre territoire.

Bruxelles : Une après-midi de solidarité avec le Parti Démocratique du Peuple au Liban

À Bruxelles, le Secours Rouge a organisé une après-midi de solidarité le 4 juillet à l’occasion de l’inauguration des rénovations du local Sacco-Vanzetti et d’une nouvelle fresque, avec nourriture à prix libre et tables de presse. À 19h, la salle était comble pour la projection du film « Palestine, Liban et résistances anti-impérialistes », suivie d’un échange autour des initiatives menées dans le cadre de la campagne de soutien au Parti Démocratique du Peuple (PDP) au Liban.

Depuis 1985, le PDP gère à Saïda une clinique populaire fonctionnant sans l’aide d’ONG, ainsi qu’une cantine autogérée qui fournit plusieurs centaines de repas quotidiens depuis la crise du Covid. En quelques mois, différentes sections du Secours Rouge International ont déjà récolté plus de 10 000 euros afin de soutenir ses activités. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez participer.

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USA : Des prisonniers lancent un journal révolutionnaire pour organiser la lutte en détention

Des personnes incarcérées en Caroline du Nord ont lancé We Be the Vision, un nouveau journal trimestriel d’éducation politique destiné aux prisonniers. Dirigée par des détenus avec le soutien de militants extérieurs, la publication souligne que les prisons états-uniennes sont des instruments de répression politique et raciale, dénonçant un système conçu pour maintenir les populations opprimées dans la soumission. Inspiré notamment par les écrits des révolutionnaires noirs George Jackson et James Yaki Sayles, le journal appelle à remplacer la « mentalité criminelle » par une conscience révolutionnaire fondée sur l’organisation collective.

Les initiateurs de We Be the Vision souhaitent faire de cette publication une plateforme d’échange d’analyses, de témoignages, de textes et d’œuvres artistiques afin de renforcer l’organisation des détenus. Ils invitent les prisonniers, quelles que soient leurs convictions politiques, à contribuer au journal, avec l’objectif de transformer les prisons en « écoles de libération » et de développer un mouvement de solidarité entre les personnes incarcérées et leurs soutiens à l’extérieur. A l’occasion de son lancement, le prisonnier politique Shine Whine a rédigé un éditorial que nous reproduisons ci-dessous.

Les prisons ne sont pas là par hasard. Ces plantations de barbelés remplissent leur rôle de bras répressif de la nation oppressive, opprimant les New Afrikans et les autres peuples opprimés sur les plans politique, économique et social.

Ces lieux ne sont pas de simples espaces de punition : ce sont des usines à identité. Ils nous enseignent ce que nous sommes censés être. Ils enseignent la soumission, la compétition, la suspicion et l’endurcissement émotionnel. Ils vous répètent chaque jour que vous êtes dangereux, jetables et incapables de changer. La mentalité criminelle survit en prison parce que la prison a besoin d’elle pour survivre. Une population divisée et sans espoir est plus facile à gérer qu’une population consciente.

Le camarade George Jackson avait compris cela mieux que quiconque lorsqu’il écrivait que la prison est un microcosme de l’État capitaliste, où la hiérarchie, la pénurie et la violence sont imposées pour maintenir le contrôle. Il prévenait que sans clarté politique, les prisonniers ne feraient que reproduire derrière ces murs les mêmes schémas destructeurs qui existaient dans la rue. C’est pourquoi il insistait sur le fait que la conscience révolutionnaire n’était pas facultative ; elle était nécessaire à la survie. Sans elle, l’emprisonnement ne devient rien de plus qu’un enclos de détention pour un potentiel gâché.

Le camarade Owusu Yaki Yakubu (James Yaki Sayles) a approfondi cette idée en expliquant que la prison intensifie les contradictions de la mentalité criminelle. À l’intérieur, les mêmes combines existent, mais avec des risques plus élevés et des récompenses moindres. Les mêmes rivalités persistent, mais sans aucun territoire à contrôler réellement. Les mêmes politiques de réputation dominent, mais avec des conséquences qui vous poursuivent pendant des décennies. L’environnement force à se poser une question que la rue permet souvent de repousser : pour quoi est-ce que je me bats réellement ? Sans éducation politique, la réponse par défaut se tourne vers l’ego, la peur et la survie. Avec l’éducation politique, la réponse devient la libération collective.

Les camarades de différentes organisations — et plus particulièrement ceux qui s’organisent à travers le mouvement National Prison Lives Matter et la branche de Caroline du Nord, récemment formée et en pleine croissance — ont compris que ces lieux sont aussi des terreaux où les révolutionnaires sont formés, éprouvés et nourris pour devenir des guerriers sans peur et résilients pour les opprimés. En même temps, ce travail est renforcé par une base de soutien croissante à l’extérieur, créant des liens qui s’étendent au-delà de ces murs.

Cependant, pour devenir un tel guerrier, il faut subir une transition par laquelle la mentalité criminelle, enracinée en chacun de nous, se transforme en une mentalité révolutionnaire — une mentalité qui nous permet de nous décoloniser… de nous détacher de la voie capitaliste.

Comme mentionné précédemment, l’un des éléments clés pour opérer une telle transition est l’éducation politique. C’est pourquoi nous avons décidé d’apporter aux prisonniers de Caroline du Nord le journal We Be the Vision, dans le but de nous aider à comprendre la complexité de notre situation. Ainsi, une fois que nous commençons à comprendre nos conditions et à identifier nos problèmes, nous pouvons commencer à les aborder collectivement. Ce journal servira de plateforme pour partager nos problématiques et de véhicule pour transmettre les stratégies et les tactiques nécessaires pour y remédier.

L’interruption de Bumping My Musik a porté préjudice à notre capacité à partager l’information, laissant beaucoup d’entre nous désorganisés et mal informés. Nous avons l’intention de changer cela.

Certaines circonstances indépendantes de ma volonté ont conduit à l’arrêt de cette publication. Cette période a exigé un regroupement et une reconstruction avec des camarades qui partagent cette vision et s’engagent dans le travail d’éducation politique, d’organisation et de lutte collective. Avec leur soutien — tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ces murs — nous vous apportons We Be the Vision et continuons à bâtir quelque chose de plus fort pour l’avenir.

Quoi qu’il en soit, nous encourageons tous les prisonniers, quelles que soient leurs convictions politiques, à soumettre leurs textes, poèmes ou œuvres d’art pour les prochains numéros. Ce journal sera envoyé trimestriellement aux prisonniers de Caroline du Nord (et au-delà !). Nous espérons que vous vous joindrez à nous pour transformer ces plantations de barbelés en écoles de libération, et pour construire quelque chose capable de servir les prisonniers et leurs familles, à l’intérieur comme à l’extérieur de ces murs.

je suis ici. je suis vivant. je lutte.

Camarade Shine White

Autriche : Des antifascistes ont découvert une caméra des services de renseignement

Des militants antifascistes de Vienne affirment avoir découvert, le 12 juillet, une caméra dissimulée dans un véhicule banalisé stationné à proximité d’un événement public du collectif Wien nimmt Platz, mobilisé contre une manifestation annoncée du mouvement d’extrême droite des Identitaires. Le dispositif a été utilisé par les services de renseignement ou la police pour surveiller les participants.

Philippines : La guérilla communiste revendique plusieurs exécutions

La Nouvelle Armée populaire (NPA), branche armée du Parti communiste des Philippines, a revendiqué l’exécution de quatre personnes dans différentes régions du pays : deux agents ou informateurs des forces de sécurité, un collaborateur du gouvernement et un homme accusé de viol, de violences conjugales et de meurtre. Le mouvement affirme que ces exécutions ont été ordonnées par des tribunaux révolutionnaires dans le cadre de la guerre populaire qu’il mène contre l’État philippin depuis plus de cinquante ans.

Selon la NPA, les personnes visées étaient impliquées dans des opérations de renseignement contre la guérilla, dans la répression des communautés rurales ou dans des crimes graves. Le gouvernement philippin, qui considère le Parti communiste et la NPA comme des « organisations terroristes », poursuit une vaste campagne de contre-insurrection, tandis que les militants et combattants maoïstes dénoncent la militarisation des campagnes, les violences contre les paysans et la répression.

USA : L’administration Trump durcit sa politique contre les mouvements de gauche

Le secrétaire d’État Marco Rubio et le conseiller présidentiel Stephen Miller ont réuni des représentants de 66 pays lors d’une conférence consacrée à la « résurgence de la violence politique », centrée exclusivement sur les mouvements de gauche. Les deux responsables ont qualifié les militants de gauche d’« ennemis de la civilisation » et annoncé un durcissement de la politique américaine contre les organisations considérées comme d’« extrême gauche ». Les mesures prévues comprennent de nouvelles restrictions de visas pour les membres présumés de ces groupes, l’extension de la désignation d’organisations comme « terroristes » et une coopération renforcée entre les agences de renseignement et les forces de l’ordre pour les identifier, les surveiller, les priver de financements, les exclure du système bancaire, puis les poursuivre en justice.

Ces annonces s’appuient sur une directive présidentielle qui fait de la lutte contre les violences attribuées à l’extrême gauche une priorité de sécurité nationale. L’administration n’a pas évoqué les violences de l’extrême droite, notamment l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021. De nombreux observateurs, dont des juristes et anciens responsables du FBI, soulignent que cette stratégie risque d’assimiler des militants politiques à des organisations terroristes et d’étendre considérablement les pouvoirs de surveillance et de répression de l’État.

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