Le département des prisons de l’Oregon est accusé d’avoir fait disparaître Malik Muhammad, un militant africain-palestinien anarchiste et antifasciste incarcéré après les manifestations liées au meurtre policier de George Floyd. Le 30 mars 2026, son profil a soudainement disparu des systèmes carcéraux et des bases de données officielles, peu après une campagne demandant sa sortie de l’isolement. Depuis, ni sa famille ni ses soutiens n’ont obtenu d’informations fiables malgré de nombreux appels aux établissements pénitentiaires et aux autorités, qui évoquent seulement un transfert vers un « lieu confidentiel » sans justification précise. Cette absence totale de transparence, après des années marquées par un isolement extrême (plus de 250 jours en 2024), alimente les inquiétudes et fait craindre un cas de « disparition forcée », c’est-à-dire la détention d’une personne suivie du refus des autorités de révéler son sort ou son lieu de détention, la plaçant ainsi hors de toute protection juridique.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a annoncé un renforcement de la loi dite « séparatisme », visant à étendre significativement les prérogatives de l’État dans le contrôle des associations et des publications. Ce nouveau dispositif prévoit notamment de faciliter le gel des avoirs administratifs, jusque-là réservé aux situations liées au terrorisme, mais désormais applicable à des cas définis comme relevant du « séparatisme ». Il permettra également de dissoudre plus facilement des structures associatives considérées comme promouvant des idéologies contraires à l’ordre républicain et de bloquer ou interdire certaines publications, en s’appuyant sur des critères larges tels que les « appels à la haine, à la violence ou discriminatoires ». Selon le gouvernement, ces mesures s’inscrivent dans la continuité de la politique d’Emmanuel Macron, qui, après le rapport sur « l’entrisme musulman » publié en 2025, avait souligné la nécessité d’élargir les outils législatifs pour prévenir et sanctionner les formes de « séparatisme religieux ou idéologique », notamment dans les associations et événements culturels ou religieux. Ce projet s’inscrit dans un contexte de criminalisation croissante, marquée notamment par la tentative d’interdiction de la Rencontre annuelle des Musulmans de France, finalement autorisée par la justice, et par la procédure de dissolution visant Génération EDR.
Vendredi 3 avril à Istanbul, sept personnes ont été placées en détention, à l’issue d’une opération menée le 31 mars contre des membres de l’organisation de la gauche révolutionnaire Front populaire, de l’Assemblée des retraités et de l’association de soutien aux prisonniers politiques TAYAD. Ils sont accusés d’être en lien avec une organisation communiste considérée comme « terroristes » par les autorités turques, le DHKP-C. Au total, 12 individus avaient été interpellés lors de perquisitions à domicile et présentés au tribunal de Çağlayan, qui a ordonné l’emprisonnement de Hasan Kaşkır, Lerzan Caner, İsmet Ağırman, Ömer Sarsılmaz, Nurettin Kılıç, Tülin Karakullukçu et Önal Akkaya. Les cinq autres, Zerrin Aldemir, Hakan Zat, Hasan Boyoğlu, Nebahat Albayrak et İsa Albayrak, ont été libérés.
Parallèlement, à Ankara, des familles organisant un sit-in devant le ministère de la Justice et ont été brièvement arrêtées le même jour. Fadime Özen, Hilal Sağaltıcı et Süleyman Karakaş protestaient pour les droits de leurs enfants emprisonnés et engagés dans une grève de la faim illimitée contre les conditions des prisons dites « de type puit ». Les manifestants ont été placés en garde à vue avant d’être relâchés plus tard dans la journée, tandis que TAYAD a appelé à la libération immédiate des familles et à la poursuite quotidienne de la mobilisation devant le ministère.
Vendredi 3 avril, le parquet a annoncé l’ouverture d’une enquête pour violation du secret de l’enquête à la suite de la garde à vue de l’eurodéputée Rima Hassan, intervenue le 2 avril dans le 10ᵉ arrondissement de Paris pour « apologie de terrorisme ». Selon le procureur, cette décision fait suite à la temporalité et au degré de précision des informations publiées dans les médias pendant la garde à vue, qui auraient permis de divulguer des éléments sensibles de l’enquête avant le début de l’audition de fond. Lors d’une conférence de presse, Rima Hassan et son avocat, Me Vincent Brengarth, ont dénoncé un harcèlement judiciaire et politique, pointant des fuites organisées visant à porter atteinte à sa réputation, et rappelé que la garde à vue avait contourné son immunité parlementaire. Par ailleurs, ils ont fermement rejeté les allégations sur la prétendue possession de drogue par la militante, précisant qu’il s’agissait en réalité de CBD légalement vendu en France. L’enquête vise à déterminer les responsabilités dans ces divulgations et intervient alors que l’eurodéputée sera jugée le 7 juillet pour « apologie de terrorisme ».
Salah Sarsour, président de la Islamic Society of Milwaukee et membre du conseil de American Muslims for Palestine, a été arrêté par l’ICE à Milwaukee, sur la base d’allégations datant de plus de 30 ans en Israël alors qu’il était mineur. Résidant légal aux États-Unis depuis 1993 et détenteur d’une carte verte depuis 1998, Sarsour n’a aucun antécédent judiciaire aux États-Unis. Son arrestation a déclenché une mobilisation locale et nationale, soutenue par des élus et des organisations de défense des droits civiques, qui dénoncent un ciblage politique en raison de son engagement en faveur de la Palestine et de sa défense de la liberté d’expression. Une audience est prévue le 18 avril devant un tribunal fédéral des États-Unis, où les avocats de Salah Sarsour vont contester la légalité de sa détention par l’ICE et demander sa libération immédiate au motif que les accusations israéliennes, anciennes et datant de sa minorité, ne constituent pas une base légale pour sa détention.
Militant du SGDF (Fédération des Associations de la Jeunesse Socialiste) détenu depuis septembre, Enes a été libéré le 3 avril 2026. Son organisation souligne que cette libération les encourage à poursuivre et d’amplifier leur lutte politique malgré la répression.
Le gouvernement français envisage de dissoudre Génération EDR (Espoir, Dignité, Résistance), fondé en 2025 pour lutter contre l’islamophobie, l’accusant d’« activisme violent » et de liens avec la Jeune Garde, organisation dissoute en 2025. La procédure a été notifiée à l’un de ses porte-parole, Yassine Benyettou, via un document du ministère de l’Intérieur évoquant une dissolution prochaine.
Deux étudiants des Beaux-Arts de Paris sont convoqués en conseil de discipline le 15 avril pour avoir collé des affiches dénonçant notamment le retrait d’un drapeau palestinien par l’administration et critiquant la direction de l’établissement, dirigé par Eric de Chassey. Soutenus par plusieurs organisations étudiantes, ils dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et une intimidation visant les mobilisations en faveur de la Palestine. Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de criminalisation des mobilisations pro-palestiniennes dans les universités françaises.
L’organisation AZADÎ a publié une nouvelle édition de son rapport consacré aux cas récents de répression et aux évolutions politiques liées aux mouvements kurdes, notamment en Allemagne, où plusieurs procédures judiciaires contre des militants sont examinées, en particulier au titre du controversé paragraphe 129b du code pénal, qui permet de poursuivre des personnes pour appartenance ou soutien à une organisation considérée comme « terroriste » à l’étranger. Le rapport aborde également la situation au Kurdistan et au Moyen-Orient, ainsi que des enjeux comme les politiques migratoires et la situation en Turquie. Il met en lumière des mobilisations en Europe, telles que la Journée internationale des droits des femmes ou les célébrations de Newroz, et appelle à soutenir les prisonniers politiques kurdes détenus en Allemagne, dont les contacts sont diffusés pour encourager la solidarité.
Figure importante du mouvement naxalite en Inde et membre du bureau politique du Parti Communiste d’Inde (Maoïste), Prashant Bose est décédé à Ranchi des suites d’une longue maladie à plus de 70 ans, alors qu’il était détenu depuis novembre 2021 à la prison centrale de Birsa Munda Central Jail avec son épouse Sheela Marandi. Ancien cofondateur du Centre Communiste Maoïste dans les années 1970, organisation ayant fusionné en 2004 pour former le PCI (Maoïste), il occupait un rôle clé au sein du bureau régional central couvrant plusieurs États. Recherché avec une prime d’un crore de roupies avant son arrestation (environ 110 000 à 115 000 euros), il avait ensuite été inculpé par l’agence de lutte anti-terroriste NIA en 2023.