Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Evi Statiti, arrêtée le 2 mars dernier et accusée d’avoir voulu faire évader les prisonniers des Cellules de Feu (voir notre précédent article) passera au tribunal ce 3 septembre où il sera examiné si sa détention préventive est à nouveau prolongée. En conséquence, les soutiens appellent à une journée d’action ce mercredi 2 septembre dans toute la Grèce.

Poster de solidarité avec Evi Statiri, Athena Tsakalos et Nikos Romanos.

Poster de solidarité avec Evi Statiri, Athena Tsakalos et Nikos Romanos.

La police turque a fait usage mardi de grenades lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de canons à eau pour disperser dans le centre d’Istanbul une manifestation contre l’offensive anti-kurdes du gouvernement, procédant également à plus d’une dizaine d’arrestations. La manifestation avait débuté dans la célèbre rue Istiklal dans la partie européenne de la ville. La police est intervenue au milieu de cette rue lorsque les manifestants ont commencé à scander des slogans hostiles au pouvoir du président Erdogan et qu’ils ont protesté contre l’offensive qu’il a lancé contre les militants kurdes. Les manifestants tentaient de former une chaîne humaine jusqu’à la place Taksim.

La police a dirigé ses jets de canons à eau vers le milieu de l’avenue, dans cette zone commerciale très fréquentée, et a lancé des grenades lacrymogènes alors que les manifestants tentaient de se mettre à l’abri. 14 personnes auraient été arrêtées.

Affrontements rue rue Istiklal

Affrontements rue rue Istiklal

Sept présumés guérilleros ont été arrêté ce lundi par les forces de sécurité à un arrêt de bus dans le district de Banka, Bihar. Les forces de sécurité, composées d’hommes de la CRPF, de la Special Task Force et de la police locale ont mené une opération conjointe dans le but d’interpeller les sept hommes qu’ils savaient se trouver là. Lors de l’arrestation, les soldats ont saisi cinq pistolets, 25 litres d’essence, des cordes ainsi que de la littérature naxalite. Cinq des sept personnes auraient pu immédiatement être identifiées.

La Turquie est en train de mettre en place un système qui récompensera ceux qui dénonceront les membres des groupes révolutionnaires tels que le PKK ou le DHKP-C. La hauteur de la récompense dépend de la qualité de l’information. La dénonciation d’un membre ‘lambda’ sera récompensée 200.000 livres (€61.000), alors que la dénonciation d’un cadre ou l’empêchement d’une action sera payée 4 millions de livres (€1.23 millions). Le communiqué précise que l’informateur ne doit pas nécessairement avoir la nationalité turque pour être une balance, mais qu’il ne peut pas être lui même membre d’une organisation considérée comme terroriste par le régime.

Depuis la reprise des hostilités (la fin du mois de juillet dernier), au moins 2.500 révolutionnaires ont été emprisonnés en Turquie.

Un policier des forces spéciales turques.

Un policier des forces spéciales turques.

La société Boeing vient de présenter le ‘Compact Laser Weapons System’ (que nous appellerons CLWS), un rayon laser capable de faire crasher un drone en moins de 15 secondes. Le CLWS est une version miniaturisé du High Energy Laser Mobile Demonstrator’ (HEL MD), une machine plus grosse et contenue dans un camion, capable cette fois ci de détruire un tir de mortier, en vol. Le CLWS est constitué de 4 grosses valises qui peuvent être déployées en quelques minutes, un ordinateur portable et une manette de Xbox (vous avez bien lu) servent à contrôler l’engin. Le laser est conçu pour être le plus fin possible de façon à concentrer l’énergie sur une superficie très étroite et à percer rapidement un avion sans pilote. Si le HEL MD était conçu pour les zones de combat régulières, le CLWS est plutôt conçu pour défendre des zones restreintes d’accès.

‘Compact Laser Weapons System’ de Boeing.

'Compact Laser Weapons System' de Boeing.

Dans la nuit du 25 au 26 août, une voiture garée dans le parking de l’ambassade du consulat général turc a été visée par un engin explosif. Cette attaque a été revendiquée en réponse à « l’attaque massive de l’état turc ces dernières semaines contre les forces progressistes de la région, avec le soutien des USA, de l’OTAN et du clan Barzani en Irak et en solidarité avec la lutte pour un Rojava libre et la lutte du mouvement révolutionnaire en Turquie« .

Mise à jour : Le communiqué est à présent traduit en anglais sur Indymedia Switzerland.

Consulat turc à Zürich.

Consulat turc à Zürich.

Un tribunal spécial de Raipur, capitale du Chhattisgarh, a condamné treize personnes, parmi lesquelles deux hommes d’affaire (Neeraj Chopra et Dharmendra Chopra), à cinq et sept ans de prison fermes pour avoir servi de courrier à des guérilleros maoïstes et pour avoir transporter pour eux des armes et des munitions. Les deux hommes d’affaires écopent de cinq ans, les autres de sept ans d’emprisonnement. La State Intelligence Branch et la police avait arrêté les treize personnes entre janvier et février de l’an dernier pour avoir fourni un soutien logistique et financier au CPI(Maoist) depuis différents lieux de Raipur et de la région du Bastar en janvier 2014. Selon les autorités, tous jouaient un rôle important dans le déplacement des cadres haut placés du parti dans les régions urbaines, arrangeant leurs réunions. Ils sont également accusé d’avoir soutiré de l’argent à des industriels pour acheter des armes, des munitions, des médicaments, des vêtements, de la nourriture, et des pièces électroniques pour le parti.

Dharmendra Chopra lors de son arrestation

Dharmendra Chopra lors de son arrestation

Des règlements émis par l’Union européenne l’an dernier visent à ce que tous les aéroports européens aient recours à des techniques spécialisées pour la détection d’explosifs dissimulés sur les passagers et de traces d’explosifs dans leurs bagages à main. Si la détection de traces d’explosifs se fait déjà pour les bagages de cabine depuis le 1er mars dernier, elle doit aussi se faire sur les passagers dès le 1er septembre. Dès lors, les passagers de Brussels Airport seront contrôlés de façon aléatoire sur la présence de traces d’explosifs, annonce l’aéroport. Les quelque 800 agents de sécurité chargés du contrôle et de la fouille des bagages ont par ailleurs été spécialement formés aux nouvelles procédures en vigueur. Brussels Airport a investi 1,5 million d’euros en équipements pour répondre à cette mesure.

Du côté de l’aéroport de Charleroi, ce sont 330.000 euros qui ont été investis dans l’acquisition de onze nouvelles machines pour la détection de traces d’explosifs sur les passagers et bagages à main. L’aéroport était déjà équipé de quatre machines du type. L’aéroport de Liège s’est aussi adapté à la règlementation. Une équipe certifiée pour le contrôle des passagers et de leurs bagages est ainsi actuellement opérationnelle 24h/24 au sein de l’aéroport, selon Liege Airport Security (LAS). De plus, l’infrastructure s’est dotée de deux équipements de détection de traces d’explosifs. Des fouilles manuelles auront lieu en cas de suspicion dans les bagages ou sur les passagers. Des contrôles aléatoires pourront aussi intervenir

Contrôle à l’aéroport

Contrôle à l'aéroport

La semaine passée, alors que des policiers en tenues de maintien de l’ordre arrêtent – sans violence – des supporters anglais dans une rue de Bruges. Un riverain prend une photo d’ambiance du groupe de policiers (de dos) sous le beffroi éclairé. Un policier casqué s’approche de lui : « Arrêtez de filmer ». « Je ne filme pas, je prends des photos », répond l’habitant. Le policier crie : « Arrêtez de filmer ! ». « Je ne filmais pas, je prenais une photo ». « Arrêtez de filmer ! » « Pourquoi ? », demande le photographe amateur. Et le policier de crier encore plus fort: « Arrêtez de filmer ! » « Je ne filme pas, mais je ne suis pas d’accord qu’on l’interdise », répond le riverain sexagénaire qui est alors immédiatement menotté par trois policiers masqués sur ordre du premier.

L’ancien juge de paix Jan Nolf sera relâché un quart d’heure plus tard. D’autres n’ont pas eu cette chance. Pour avoir simplement filmé une intervention un an plus tôt presque jour pour jour, un blogueur devra s’expliquer devant un tribunal : les policiers brugeois, soutenus par leur chef de corps, l’accusent d’avoir violé leur vie privée. En février 2014, la députée Gisèle Mandaila a été débarquée d’un avion par la force pour avoir voulu filmer l’opération d’expulsion d’un étranger.

Depuis sa création en 2013, l’Observatoire des violences policières de la Ligue des droits de l’Homme recueille les témoignages de victimes d’abus comme Jan Nolf et dénonce cette criminalisation des citoyens ou des journalistes privés de liberté pour avoir photographié une opération policière ou calmement discuté un ordre. Certains policiers se montrent tellement intimidants que des citoyens et même des journalistes finissent par croire qu’il serait interdit de les filmer. Actuellement, c’est faux, comme l’a rappelé le dernier rapport annuel du Comité P et l’ancienne ministre de l’Intérieur Milquet. Mais ça pourrait changer : le ministre de l’Intérieur se dit en effet prêt à étudier la question d’une interdiction de prendre l’image des policiers « par souci pour leur sécurité ».

La photo qui a valu à l’ex-juge de se faire embarquer

La photo qui a valu à l'ex-juge de se faire embarquer

Le ministre de l’Intérieur élabore en ce moment, avec les autres cabinets concernés, un projet de loi visant à exploiter les données des voyageurs (Passenger Name Records – PNR). Le projet de loi, qui devrait être présenté dans les prochaines semaines, concernera tous les moyens de transport, à la différence du projet européen de PNR (voir notre article à ce sujet), qui ne vise en l’état que les passagers des avions. Ce projet de directive, qui coinçait au Parlement européen, devrait aboutir avant la fin de l’année. Le projet belge pourrait être bouclé à peu près au même moment. Le ministre de l’Intérieur prévoit d’élargir le système de PNR à tous les moyens de transport et de viser les trajets provenant de pays situés tant hors de la zone Schengen qu’à l’intérieur de cette zone.

PNR

PNR