Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Ce jeudi, le Nagpur Bench de la haute cour de Bombay a accordé la liberté sous caution à l’étudiant Hem Mishra, étudiant à la Jawaharlal Nehru University de Delhi, arrêté par la police du Maharashtra en août 2013 pour de prétendus liens avec la guérilla maoïste (lire notre article de l’époque). Le tribunal lui a par ailleurs interdit de quitter le pays et devra aller pointer au commissariat d’Almora une fois par semaine. Souffrant d’un handicap à la main gauche, Mishra avait été interpellé alors qu’il se rendait à un rendez-vous chez un médecin spécialisé dans le Maharashtra afin d’y recevoir un traitement particulier. La police du Maharashtra avait déclaré l’avoir arrêté à un arrêt de bus dans le district avec deux autres ‘sympathisants maoïstes’.

Hem Mishra

Hem Mishra

Paolo, Erika, Toshi, Marco et Luigi avaient été arrêtés à Turin le 20 mai pour avoir tenté de libérer les migrants sans papiers au cours de l’une des nombreuses descentes de police dans les rues de Aurora. Trois d’entre eux avaient été placés en résidence surveillée (Marco, Luigi et Erika ) et deux autres emprisonnés. Après près de trois mois de détention, Paolo et Toshi ont été libérés de prison et placés en résidence surveillée. Ils ne sont pas autorisés à rencontrer quelqu’un en dehors de leurs colocataires (comme Marco, Luigi et Erika jusqu’à la semaine dernière), mais seront autorisés à écrire et à passer des appels téléphoniques. La semaine passée, en audience d’appel, la mesure résidence surveillée a été confirmée pour Marco et Luigi, mais levée pour Erika qui devra toutefois se présenter au poste de police trois fois par semaine.

Affiche de solidarité avec Paolo, Erika, Toshi, Marco et Luigi

Affiche de solidarité avec Paolo, Erika, Toshi, Marco et Luigi

150 millions de travailleurs étaient en grève mercredi en Inde pour protester contre les réformes économiques du gouvernement de Narendra Modi. Le gouvernement affirme vouloir simplifier la législation en matière sociale, qui dépend d’une myriade de lois remontant parfois à l’ère coloniale britannique, et veut un seul code du travail unique pour l’industrie. Mais il liquide les lois protégeant les travailleurs et l’activité syndicale, règlementant les licenciements et les fermetures d’usine. Cette grève, la plus importante depuis deux ans, touche en particulier les banques publiques, le secteur minier, manufacturier et les transports.

Il y a eu quelques heurts entre police et manifestants dans l’Etat du Bengale occidental (est), où les syndicats ont une forte assise. La police a ainsi chargé à coups de bâton des manifestants dans la capitale de l’Etat, Calcutta, et délogé des femmes grévistes qui faisaient un sit-in tandis que certains manifestants lançaient des pierres et endommageaient des voitures. Banques, magasins et entreprises étaient pour l’essentiel fermés dans cette ville, les usagers des transports se retrouvant coincés à la principale gare où des manifestants bloquaient des trains de banlieue. A New Delhi, de longues files d’attente se sont formées aux arrêts de bus et les voyageurs se retrouvaient bloqués à l’aéroport en raison de la grève de taxis et rickshaws. Certains de ces chauffeurs de taxi et rickshaws ont dû cesser le travail sous la contrainte de grévistes.

Les grévistes brôle l’effigie du premier ministre, le 2 septembre

Les grévistes brôle l'effigie du premier ministre, le 2 septembre

Quatre policiers ont été tués ce jeudi matin dans l’explosion d’un IED attribué aux combattants du PKK au passage de véhicules des forces de l’ordre qui se rendaient sur les lieux d’un incendie dans un quartier périphérique de la ville de Mardin. L’IED a explosé au passage du convoi, projettant le véhicule blindé à quelques mètres de la route, causant la mort d’un gradé et de trois agents de police. L’armée turque poursuit ses bombardements: les bases de Bezelê, d’Avashin, d’Oremar, de Bager, de Grana et de Bilican, harcelées par la guérilla, ont effectué des tirs d’artillerie hier et aujourd’hui.

A l’arrière plan: le blindé détruit

A l'arrière plan: le blindé détruit

Un policier a été capturé par des guérilleros maoïstes dans le district de Sukma (Chhattisgarh). L’agent de police adjoint Peela Das a été emmené alors qu’il se trouvait dans un véhicule dans une zone retirée du district. Recruté par la police de l’état récemment, l’homme retournait à Polampalli, où il était en poste, après avoir eu quelques jours de congé. Selon les autorités, un groupe de guérilleros armés aurait arrêté le taxi dans lequel il circulait et lui aurait demandé d’en descendre avant de l’emmener avec eux vers les denses forêts longeant la route. Des forces de sécurité ont été dépêchées sur place pour ratisser la zone mais aucune information n’a pu être récoltée depuis sa capture.

Colonne de guérilleros dans le district de Sukma

Colonne de guérilleros dans le district de Sukma

Des dizaines de militaires israéliens sont entrés dans le camp de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée, pour arrêter un responsable du Jihad. Comme il n’était pas présent ou avait pu prendre la fuite, les militaires se sont approchés de la maison proche d’un responsable du Hamas, déjà emprisonné par le passé. Ils ont détruit le bâtiment mais ont été confrontés à des centaines de Palestiniens qui leur ont jeté des pierres et des cocktails Molotov. Cinq Palestiniens et un garde-frontière israélien ont été blessés. Le camp de Jénine, partiellement rasé lors de plusieurs jours d’affrontements avec l’armée israélienne en 2002 pendant la deuxième Intifada, est régulièrement le théâtre de violences entre soldats israéliens et Palestiniens. Mais les échanges de tirs de la nuit ont été d’une rare violence. Le camp, datant de 1953, est une ville dans la ville, qui abrite près de 20.000 réfugiés enregistrés.

Opération miltiaire israélienne dans le camp de Jénine (archive)

Opération miltiaire israélienne dans le camp de Jénine (archive)

Entre 2000 et 2006, une policière avait infiltré le squat ‘Rote Flora’ à Hambourg, elle s’appelait Iris Plate et n’avait été démasquée qu’en 2013, par hasard. Vous pouvez voir les détails de cette histoire dans l’article que nous avions écrit l’année dernière à ce sujet.

On apprend à présent qu’une autre flic, Maria Böhmlichen (nom d’infiltrée ‘Maria Block’) s’est infiltrée à la Rote Flora entre 2009 et 2012, côtoyant les militants anarchistes et anticapitalistes. Elle a participé à plusieurs sommets et contre-sommets en Europe : COP15 à Copenhague en 2009, No Border Camp à Lesbos en 2009, No Border Camp à Bruxelles en 2010… Elle a eu des relations amicales avec plusieurs militants et au moins une relation sexuelle, elle s’est servi de cette proximité pour infiltrer plus encore le mouvement. Elle a également participé à plusieurs actions criminelles et passibles de peines pénales.

Une affichette avec la photo de Maria Böhmlichen et son ‘cv’ circule pour empêcher qu’elle n’infiltre d’autres structures. Vous pouvez voir cette affichette en PDF ici.

Après Iris Plate, Maria Böhmlichen a prit le relais dans l’infiltration de la gauche hambourgeoise.

Après Iris Plate, Maria Böhmlichen a prit le relais dans l'infiltration de la gauche hambourgeoise.

Freddie Gray, 25 ans, a été victime le 12 avril d’une grave blessure aux vertèbres cervicales, lors de son transport, pieds et mains liés et à plat ventre, dans un fourgon de police à Baltimore. Il est décédé une semaine après son interpellation violente. Cette arrestation avait été qualifiée « d’homicide » par la procureure de l’État du Maryland et la mort du jeune homme avait déclenchée à Baltimore une vague de manifestations.

Un grand jury avait retenu tous les chefs d’accusation contre les policiers (un pour meurtre et quatre pour homicide involontaire). Au premier rendez-vous de l’affaire Freddie Gray devant une cour pénale, un rassemblement au tribunal exigeait que les six policiers soient condamnés et emprisonnés. Un manifestant a été interpellé, en appelant les autres contestataires à « rester sur le trottoir » sans entraver la circulation. Lors de cette comparution, le juge a confirmé qu il y aura procès pour les cinq hommes et une femme -trois blancs et trois noirs-, en maintenant les chefs d’inculpation qui les visent.

Devant le tribunal, lors de la première audience pénale

Devant le tribunal, lors de la première audience pénale

Un guérillero, dont la tête avait été mise à prix a été arrêté lundi alors qu’il transportait un IED dans le district du Bastar (Chhattisgarh). Budhram Madkami a été interpellé par une équipe conjointe de la CRPF et de la police locale dans les forêts entourant le village de Kapanar. Il était attendu dans la région de Kapanar avec deux ou trois cadres du parti pour une réunion d’informations à l’égard des villageois de la région. Des forces de l’ordre avaient été déployées aux alentours en prévision de leur potentielle venue. En sentant leur présence, Budhram a tenté de fuir mais a été rattrapé après une longue course poursuite. Ses camarades sont ont parvenus à échapper aux soldats. L’IED saisie pesait 4 kilos selon les autorités. Budhram Madkami est accusé d’être impliqué dans huit actions attribuées à la guérilla maoïste, parmi lesquelles des pillages, des tentatives de meurtres et des sabotages.

Le district de Bastar (Chhattisgarh)

Le premier tribunal administratif du contentieux de Bilbao a décidé de suspendre provisoirement deux initiatives en faveur des prisonniers de l’ETA prévues les 7 et 19 septembre prochain dans la ville basque de Bermeo. Suite à une démarche du délégué du gouvernement espagnol au Pays basque, Carlos Urquijo, le tribunal a accepté de « suspendre » notamment un repas populaire avec des produits locaux au profit des prisoniers et des réfugiés, prévu dans le cadre d’un festival approuvé par le Conseil municipal de Bermeo. Ce même Carlos Urquijo avait fait saisir un tribunal pour « crime d’apologie du terrorisme » suite à une marche pour l’amnistie des prisonniers d’ETA à Bilbao.

La marche pour l’amnistie à l’origine des poursuites judiciaires

La marche pour l'amnistie à l'origine des poursuites judiciaires