Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Emilie Martin, porte-parole d’Herrira (organisation qui milite pour les droits des prisonniers basques) à Bayonne a annoncé ce matin qu’elle ne répondrait pas à sa convocation de l’Audience Nationale à Madrid. Elle avait été appelée à comparaître ce matin à 10 par la justice anti-terroriste espagnole pour ‘appartenance à une organisation terroriste, financement et apologie du terrorisme’. En 2003, Emilie Martin avait été placée en garde à vue à Bayonne dans le cadre du procédure pour appartenance à l’ETA. Sous contrôle judiciaire jusqu’en 2005, elle avait bénéficié d’un non-lieu. Elle a ensuite été la porte-parole de Segi jusqu’en 2012 et qu’elle devienne porte-parole d’Herrira. Cette convocation fait suite à l’arrestation de 18 membres de l’organisation le 30 septembre dernier dans plusieurs villes basques. Remis en liberté, ils sont poursuivis pour ‘appartenance à un groupe armé, apologie et financement du terrorisme’ car jugés trop proches de l’ETA. Herrira est interdite en Espagne, mais reste légale en France. Ce matin, Emilie Martin a déclaré: ‘Mon absence à l’audience va entraîner automatiquement l’émission d’un mandat d’arrêt européen délivré par Madrid et la France va devoir décider si elle l’applique ou non’. Emilie Martin est la soeur d’Aurore Martin qui avait été interpellée et remise à l’Espagne l’an dernier pour avoir participé à des manifestations de Batasuna, organisation également interdite en Espagne.

Emilie Martin

Emilie Martin

Facebook a réouvert la page du parti pro-kurde BDP (Peace and Democracy Party) une semaine après l’avoir interdite en raison de l’utilisation du terme ‘Kurdistan’ dans un des commentaires. Hier, une délégation du parti a rencontré des membres de la société américaine et à l’issue de la réunion, Facebook a annoncé la réouverture de la page en question. Le BDP a immédiatement réagi en affirmant que cette marche arrière était loin d’être suffisante et que Facebook devait aller plus loin et revoir ses règles et adapter ses décisions aux réalités turques. Le 29 octobre dernier, le BDP avait accusé Facebook d’augmenter sa censure en raison de sa coopération constante avec le parti au pouvoir.

Azad Ahmed a été assassiné. On l’a retrouvé mort dans sa voiture incendiée, le 30 octobre sur la route entre Kirkuk et Sulaymania, au Kurdistan d’Irak. Né en 1971, c’était un militant, depuis plus de vingt ans. Il avait participé à la création du parti communiste-ouvrier d’Irak en 1993, et siégeait au bureau politique. De même, il était membre du bureau politique du Parti communiste-ouvrier du Kurdistan depuis sa création. Il avait membre du conseil central du Congrès des libertés en Irak dès sa création. C’était aussi un militant des droits des enfants, directeur du centre de défense des droits des enfants à Bagdad, où il s’occupait des jeunes refugiés, refusant les clivages ethniques et confessionnels.

Irak: Un communiste kurde assassiné

Hier, vers 2H00, des gendarmes étaient intervenus à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret) suite à une bagarre entre cousins. Un membre du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) d’Orléans a fait usage de son Taser contre un jeune homme de 21 ans qui est mort. Une autopsie de la victime sera pratiquée demain à l’institut médico-légal de Tours.

Rajkishore Singh est le secrétaire général du Revolutionary Democratic Front, une fédération d’organisations de masse comprenant des groupes de travailleurs, d’étudiants, de femmes, de jeunes, de paysans,… Le RDF lutte principalement contre l’offensive militaire baptisée ‘Operation Green Hunt’ menée depuis de long mois contre les populations tribales du centre de l’Inde. Le RDF a été déclaré illégal (tout comme le parti maoïste mais aussi de multiples autres organisations) dans plusieurs états. Singh est en outre, un militant reconnu pour les droits civiques. Il a été arrêté ce dimanche à son domicile pour sa prétendue implication dans une affaire datant de 2005 et visant le CPI(maoïste). Agé de près de 75 ans, il souffrent de sérieux problèmes de santé. Il venait de sortir de l’hôpital après deux mois de soins intensifs et entamait une période de convalescence dans son village d’origine dans le Bihar. Il a été emmené par les forces de sécurité et placé en détention.

Rajkishore Singh

Rajkishore Singh

Un membre de la Jharkhand Armed Police a été tué samedi au cours d’un combat avec des maoïstes dans une zone forestière du district de Singhbhum (Jharkhand). Les forces de sécurité exécutaient une opération de ratissage de routine lorsque des guérilleros en embuscade ont déclenché une fusillade. C’est au cours de celle-ci que le soldat a été abattu. Des renforts ont immédiatement été déployés dans la zone pour pourchasser les maoïstes mais ceux-ci sont parvenus à battre en retraite.

40 combis et 200 policiers en tenue anti-émeute, matraques et boucliers aux poings ont expulsés le squat du Gesu ce matin dès 5.30. Ceux-ci ne se sont pas privés d’utiliser leur arsenal. Depuis 2009, cet immense bâtiment de Saint-Josse-Ten-Noode abritait ce qui était considéré comme le plus grand squat d’Europe. Des militants, avocats et associations du droit au logement avaient passé cette dernière nuit avec les 120 habitants, dont 80 enfants. L’expulsion était prévue depuis plusieurs jours, et des arrestations ont commencé dès hier soir, alors que des sans-papiers quittaient les lieux. Les occupants seront amenés selon le plan et les dires du personnel communal vers un « centre de tri », où certains risquent arrestation et expulsion du territoire.

La police expulse le Gesü

La police expulse le Gésu

La police expulse le Gesü
La police expulse le Gésu

Alberto Patishtan a été libéré jeudi après avoir été gracié par le président en raison de violations de ses droits humains au cours du procès. Le président avait déjà annoncé cette grâce mardi, après l’adoption le même jour par le Congrès d’une réforme du code pénal qui donne au chef de l’Etat le droit de gracier n’importe quel délit si la personne condamnée a subi des violations graves de ses droits humains.

Le professeur Patishtan était un cas emblématique de la cause indigène au Mexique. Un tribunal avait rejeté en septembre son dernier recours et confirmé sa condamnation à 60 ans de prison pour le meurtre de sept policiers dans une embuscade, dans le contexte d’affrontements entre partisans et adversaires de la guérilla de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN). Professeur d’ethnie tzotzil, Alberto Patishtan, 42 ans, avait épuisé tous les recours juridiques de la justice mexicaine, car la Cour suprême du Mexique s’était déclarée incompétente en mars.

Alberto Patishtan

Alberto Patishtan

Depuis septembre, les administrations communales se dotent de nouveaux périphériques pour l’enregistrement de données biométriques, mais les SPF Intérieur, Mobilité et Transport ainsi que les Affaires étrangères n’ont pas réussi à rassembler les fonctions des différents périphériques (scanner photo, lecteur d’empreintes, signature pad et lecteur de puce) utilisés par le personnel des administrations communales chargé de fournir carte d’identité, passeport, permis de conduire ou de séjour.

Interpellée début d’été à ce sujet par des parlementaires, la ministre de l’Intérieur a répondu que pour la délivrance des permis de conduire au format carte bancaire, si la photo du demandeur et sa signature sont bien mises à disposition par le Registre national (Belpic), il n’est actuellement pas possible d’utiliser la tablette de signature et le scanner photo servant pour les cartes d’identité biométriques. Pour les ressortissants non européens, la tablette de signature utilisée affiche en effet le formulaire de la carte d’étranger afin de confirmer ces données par le demandeur; informations rentrant bien dans le cadre du projet Biométrie mais absent du projet Permis de conduire baptisé Mercurius et mis en route au printemps dernier. Un même matériel peut cependant être utilisé pour les passeports biométriques de l’UE et les titres de séjours pour citoyens non UE.