Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le 14 juillet dernier, Djaber Kalibi, une figure historique de la résistance communiste révolutionnaire contre le régime du Shah puis contre le régime de la République islamique, s’est vu confisquer son passeport par les gardes-frontières de l’aéroport de Montréal alors qu’il revenait d’un voyage de deux semaines en France. Deux jours plus tard, il a été interrogé par le ministère de l’Immigration sur ses activités politiques de 1986. A cette époque, avec d’autres membres et sympathisants de l’Organisation des guérilleros Fedayins du Peuiple d’Iran (Minorité) qui organisaient le soutien à la résistance armée contre la république islamique, Djaber avait été emprisonné en France.

Le statut actuel de Djaber au Canada, qui le protégeait d’une expulsion vers l’Iran, est menacé, l’examen du dossier prendra plusieurs mois, durant lesquels il devra pointer chaque semaine au ministère de l’Immigration.

Plusieurs municipalités suisses viennent de légiférer pour prendre des mesures visant les demandeurs d’asile. Ceux y sont dorénavant interdits de se rendre dans les cours d’école, les piscines, les plaines de jeux et à l’église. Ces mesures, que les autorités justifient par ‘des mesures de sécurité par un souci de prévention des conflits avec les habitants’ visent les demandeurs d’asile résidant dans les centres d’accueil.

Le gouvernement de l’état d’Andhra Pradesh a prolongé d’un an, à dater du 17 août prochain, l’interdiction du CPI(maoïste) et des organisations qui lui sont liées. Jeudi, plusieurs ordonnances ont été publiées pour étendre l’interdiction aux douze mois à venir, en vertu de l’Andhra Pradesh Public Security Act, 1992. Le gouvernement a déclaré que le parti et ses organisations de front sont ‘illégaux’. Ces organisations sont au nombre de six en Andhra Pradesh: All India Revolutionary Student Federation (AIRSF), Vivapla Karmika Samakhya (VIKASA), Singareni Karmika Samakhya (SIKASA), Radical Student Union (RSU), Rythu Coolie Sangham (RCS) et Radical Youth League.

Jose Antonio Urruticoechea a été condamné à plusieurs reprises en France pour des faits liées à des actions menées par l’ETA dont il est un dirigeant historique. Il fait en outre l’objet d’un mandat d’arrêté européen et est interdit d’accès sur le territoire français. Urruticoechea, alias ‘Josu Ternera’ vit dans la clandestinité depuis 2002. Fin juillet, un quotidien espagnol a publié un article selon lequel Josu Ternera aurait échappé à une descente policière le 16 juillet dernier. La police française aurait lancé l’assaut sur la maison où il vivait depuis 2007 avec sa femme, à Durban-sur-Arize. Selon La Razon, Josu Ternera leur aurait échappé et les forces françaises n’ont trouvé que sa femme dans la msion. Celle-ci a été laissée libre.

Jose Antonio Urruticoechea

Jose Antonio Urruticoechea

En 201, 60 policiers étaient affectés à l’aéroport de Gosselies. Dès fin 2013, l’effectif sera porté à 77 ‘dans un souci constant d’augmenter la capacité policière sur le terrain et de renforcer la sécurité’ selon les termes de la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet. Elle a en outre annoncé le lancement, en 2014, d’un processus d’optimisation dans le cadre duquel elle a déjà réserver douze personnes complémentaires. Milquet a également affirmé être prête à envisager de dégager huit unités complémentaires, ce qui porterait le nombre de policiers fédéraux sur le site de l’aéroport de Charleroi à 97.

Des centaines de personnes ont pris part à la procession funéraire de Rodrigo Melinao. Le jeune homme avait été retrouvé mort, abattu de deux balles dans le thorax, à proximité d’une ferme dans une zone très militarisée où les forces spéciales de police effectuent des raids quotidiens. Elles y répriment la communauté mapuche qui lutte contre l’appropriation par des sociétés privées de son territoire ancestral. Melinao y vivait dans la clandestinité après avoir été condamné en juillet dernier pour avoir mené des actions de libération des terres. La procession, longue de plusieurs dizaines de mètres, a été violemment réprimée du début à la fin, et de violents affrontements ont opposé les Mapuches et les forces de l’ordre.

Répression de la procession funéraire de Rodrigo Melinao
Affrontements à la procession funéraire de Rodrigo Melinao

La ville de Birmingham avait été secouée par de violentes émeutes en août 2011. Celles-ci avaient engendré une vague d’actions gouvernementales et policières à une échelle nationale. Quelques jours après la fin des troubles, une circulaire transmises aux forces de police avait été rendue publique par The Guardian, circulaire qui demandait entre autres, que soient placées en garde à vue toutes les personnes qui auraient pu prendre part aux troubles. Elle recommandait également aux tribunaux de refuser toute libération sous caution. Les autorités avaient même évoqué la possibilité de limiter l’accès aux réseaux sociaux. Au total, 775 personnes ont été arrêtées et interrogées en lien avec les événements. La police des West Midlands a publié ce jeudi un communiqué dans lequel elle affirme que ‘90% des personnes impliquées dans les troubles qui se sont déroulés entre le 6 et le 10 août 2011 ont été identifiées et leur cas géré’. Elle déclare être actuellement à la recherche des 79 personnes restantes suspectées d’avoir pris part aux émeutes et a relancé une campagne publique. Les photos de ces 79 personnes ont été publiées sur le site internet de la police qui espère ainsi recueillir de nouveaux renseignements.

La police sud-africaine a dispersé mercredi une manifestation d’habitants dans un township de Fochville, une ville minière des environs de Johannesburg, tirant des balles en caoutchouc et procédant à des arrestations. Des habitants de Fochville, nombreux à habiter dans des bidonvilles, demandaient de meilleures conditions de logement et l’accès à l’eau courante.

Afrique du Sud: La police disperse les manifestants d’un township

Nouvel épisode de notre feuilleton de l’été, qui passe en revue de grands éléments de la culture politique anti-répression : Le Sel de la terre, un film américain de 1954 réalisé indépendamment des studios par des victimes de la répression maccartyste, (le scénariste et le réalisateur ayant même fait de la prison pour refus de collaborer).

Lire ce dixième épisode

Le Sel de la terre

Bientôt un an que le procès des anciens RZ a commencé, deux ans qu’ils ont été arrêtés (Christian est en liberté provisoire pour son état de santé, Sonja toujours en détention, et leur affaire a été disjointe). Au coeur du procès, les aveux extorqués à Hermann F. en 1978 alors qu’ils était grièvement blessé, sous sédatifs, retenu illégalement et isolé totalement, et sur lesquels il était d’ailleurs revenus.

Hermann F. devait témoigner hier, ainsi que son ex-compagne, Sybille F., en détention depuis plusieurs mois pour refus de témoigner. Suite àla nomination par la cour d’un expert complaisant qui l’avait estimé apte à comparaître, Hermann F. a rencontré un autre expert qui a attesté de l’impossibilité de citer Hermann F. sans examen médical. La réaction du procureur est de demander une amende contre Hermann F. pour refus de répondre à la convocation, ce que la cour lui refuse (premier désaccord entre l’accusation et la cour). Sibylle S. a été amenée au tribunal où elle a réitéré son refus de témoigner. La juge constatant qu’après les deux tiers du temps maximal de détention pour refus de témoignage, sa volonté n’a pas changé prononce la fin de sa détention.

Allemagne: Audience au procès RZ