Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le 28 juin 2009, le président Manuel Zelaya était renversé par un coup d’état militaire et envoyé de force au Costa Rica. Le 24 septembre, il est rentré à Tegucigalpa et a trouvé refuge à l’ambassade du Brésil. Hier, il a quitté son pays pour se rendre en République Dominicaine. Dès sa prise de pouvoir, le gouvernement putschiste a placé le pays sous loi martiale, faisant régner un climat de répression et de violences constant vis à vis du peuple, et notamment des partisans du président déchu. Le Ministère Public hondurien avait sais la Cour Suprême de Justice pour qu’elle juge pour délits d’abus d’autorité les six chefs de l’armée qui avaient donné les ordres d’expulser par la force Zelaya. Le verdict est tombé en début de semaine, et la junte des commandants a été absoute. Entre autres arguments, le président de la Cour a évoqué le fait qu’avant le coup d’état, le Honduras vivait déjà des moments d’incertitudes. Que 700 étrangers étaient présents dans le pays avant le 28 juin, mettant en danger la population. Il a également déclarer détenir des documents liés au référendum (que Zelaya avait fait mener plus tôt dans l’année) faisant état de la participation de 900 citoyens d’origine vénézuélienne et cubaine qui auraient contribué à déstabiliser le pays. Le président de la Cour a donc innocenté les six chefs de l’armée. Dans le même temps, le parlement a voté l’amnistie de tous les délits politiques commis depuis début 2009. Tous les auteurs et/ou commanditaires des assassinats, des enlèvements et des tortures commis au Honduras depuis le coup d’état vont ainsi être amnistié, la loi considérant ces actes comme des délits politiques.

Huit personnes, dont deux policiers, ont été blessées dans un affrontement entre le personnel de sécurité et des occupants illégaux dans Mathiyani, district de Mahottari, dimanche. L’affrontement s’est produit après qu’une équipe de policiers ait eu recours à la force pour expulser les occupants de terres qu’ils occupaient illégalement dans le district. Les occupants ont commencé à lancer des pierres à la police après que cette dernière ait tenté de les contraindre à abandonner le terrain sur les ordres des autorités locales. Les occupants avaient construit des cabanes improvisées et des camps sur la terre. La police a dû tirer plusieurs séries de grenades de gaz lacrymogène pour disperser les occupants illégaux de plus en plus violents et a finalement réussi à ramener la situation sous contrôle. Dans l’affrontement, six occupants ont été blessés alors que deux policiers ont été blessés par les pierres jetées par la foule.

Heurts avec la police au Népal

Heurts avec la police au Népal

Le 9 octobre dernier s’est déroulée une manifestation dans la ville de Batman, au Kurdistan. En marge du rassemblement, plusieurs personnes avaient été arrêtées pour participation à une marche illégale. Parmi elles, Berivan, 15 ans, qui a été jugée ce mercredi par une haute cour criminelle de Diyarbakir, accusée d’avoir caillassé la police et chanté des slogans illégaux. La jeune fille a affirmé ‘Je n’ai pas jeté de pierres aux officiers de police. Je n’avais rien à voir avec la marche. J’ai remarqué la foule et me suis dirigée vers elle pour voir ce que c’était. La police encerclait déjà les gens avant que je n’arrive. Un policier m’a arrêté en pensant que j’étais une manifestante, mais je n’en étais pas une. J’allais juste rendre visite à ma tante dans le centre de la ville‘. Ce matin, Berivan a écopé d’un total de treize ans de prison: sept ans pour avoir commis un crime au nom d’une organisation illégale, cinq ans pour avoir pris part à une manifestation illégale, et un an pour avoir fait de la propagande pour le groupe. Au vu de son jeune âge, la peine a été réduite à sept ans et neuf mois.

Le leader indépendantiste basque Arnaldo Otegi, emprisonné et jugé depuis mercredi à Madrid pour apologie du terrorisme, est en grève de la faim dans le cadre d’un mouvement de protestation collectif des détenus basques. Arnaldo Otegi, ex-porte-parole de Batasuna, a comparu mercredi pour avoir participé en 2005 à un hommage rendu à un membre de l’ETA en prison, José Maria Sagarduy. Il est poursuivi dans ce dossier avec trois autres indépendantistes, dont deux n’ont pas comparu mercredi. Un mandat d’arrêt a été émis contre ceux-ci.

L’organisation regroupant les détenus basques (EPPK) a annoncé lundi le début d’un mouvement collectif de grève de la faim pour protester contre la politique d’éloignement des détenus du Pays-Basque suivie en Espagne, et pour réclamer l’autodétermination pour le Pays Basque. Otegi, qui est en prison depuis octobre, a refusé de répondre à une question de la présidente du tribunal, Angela Murillo, sur la violence de l’ETA. ‘Condamnez-vous la violence de l’ETA?’ a demandé la magistrate. ‘Je ne vais pas répondre’, a rétorqué l’accusé.

Le leader indépendantiste risque une peine de 18 mois de prison pour avoir participé à cet hommage pour le membre d’un groupe armé considéré comme terroriste par l’Union européenne. Parallèlement, Otegi sera jugé, à une date encore non fixée, pour avoir tenté de reconstituer la direction de Batasuna, alors que ce parti est interdit par la justice espagnole depuis 2003.

Environ 74 membres de sept organisations des droits de l’Homme basées à Kolkata ont été arrêtés à la station de chemin de fer Kharagpur ce matin. Les membres de l’Association for Democratic Rights (APDR), Suraksha Samiti, West Bengal Bandi Mukti Manch, Lalgarh Manch, and Legal Service Centre, étaient sur la route pour Lalgarh quand ils ont été arrêtés. Environ 15 étudiants du Presidency College étaient aussi dans l’équipe de rencontre. Peu de temps après être monté dans le train à Kharagpur, ils ont été interpellés et emmené au poste de police sur l’allégation que les ordres juridiques font loi dans Lalgarh.

Manifesation anti-répression en Inde

Manifesation anti-répression en Inde

A l’occasion de la visite à Bruxelles de la déléguée du Secours Rouge d’Espagne, la camarade Betta, qui a passé 14 années dans les prisons d’Argentine et d’Espagne.

Le Secours Rouge vous invite:

Le jeudi 28 janvier à partir de 19h, à une soirée ‘mémoire’ consacrée à la guerre civile espagnole dans la salle de cinéma du Pianofabriek, avec projection à 19h30 du film ‘Mourir à Madrid’ de Frédéric Rossif (1963) retraçant l’histoire de la guerre d’Espagne. La projection sera suivie d’une discussion et du verre de l’amitié. Un stand de livres sur la guerre d’Espagne sera tenu par la librairie Aden.

Affiche du film ‘Mourir à Madrid’

Le vendredi 29 janvier à 11h, au cimetière de Saint-Gilles, au dépôt d’une gerbe de fleur au monument des antifascistes belges morts en Espagne dans les rangs des Brigades Internationales. Rendez-vous pour le départ de Saint-Gilles brasserie Verschueren (parvis St-Gilles) à 10h. Rendez-vous sur place, à Uccle, au café Le Silence, face à l’entrée du cimetière, 70 rue du Silence (tram 51 direction ‘silence’, avant-dernier arrêt ‘crematorium’).

Affiche pour les prisonniers espagnols

Le vendredi 29 janvier à 19h30, à une soirée d’information sur la situation actuelle des prisonniers politiques communistes et antifascistes détenus par l’Etat espagnol. Cette activité aura lieu dans la salle de réunion du Pianofabriek, et sera suivie d’une discussion sur les possibilités de faire converger en Belgique les solidarités avec les différents groupes de prisonniers antifascistes détenus par l’Etat espagnol (gauche nationaliste basque, anarchistes, etc.).

Toutes ces activités sont ‘entrée libre’. Le Pianofabriek se situe au 35 rue du Fort, métro Parvis de Saint-Gilles.

Affiche du film 'Mourir à Madrid'

La police britannique est en train de développer avec le fabricant d’armes BAE Systems un projet de drone pour les contrôles de routine de la circulation, des manifestants,… pour une expansion de la surveillance clandestine de l’état. Les drones devraient être opérationnels pour les JO de 2012. Il a également été discuté de la possibilité de vendre les données de surveillance à des compagnies privées. Un prototype de drone, équipé de caméras très puissantes et des capteurs, devrait être prêt pour faire des vols d’essai dans le courant de l’année. Les autorités de l’aviation civile (CAA), qui contrôlent l’espace aérien britannique, ont été informées par BAE et la police que ces drones civils ‘étendraient grandement’ la capacité de surveillance du gouvernement et ‘révolutionneraient les services de police’. Actuellement, le CAA rechigne à autoriser les drones dans l’espace aérien normal à cause des risques de collision avec les autres appareils, mais des systèmes adéquats ‘d’intelligence et d’évitement’ our les drones ne sont plus très loin.

Six forces de police ont signé pour ce projet. Les drones de BAE sont programmés pour décoller et atterrir d’eux-mêmes, voler durant plus de 15 heures et atteindre une altitude de 20.000 pieds, ce qui les rend invisibles depuis le sol. Beaucoup plus sophistiqués que les robots à rotor télécommandés qui s’élèvent à 50 mètres du sol – que la police utilise déjà – les UAV de BAE sont programmés pour assumer des opérations spécifiques. Ils peuvent par exemple, dévier de leur plan de vol s’ils rencontrent une activité suspecte sur terre ou entreprendre plusieurs missions de reconnaissance simultanément. Les données de surveillance recueillies sont transmises aux salles de contrôle grâce à des équipements tels que des caméras haute-définition, des dispositifs radars et des détecteurs infrarouges.

Auparavant, la police avait affirmé que le projet de drone était mené en vue d’une utilisation au-dessus de la Manche pour contrôler le transport maritime et détecter les migrants venant de France. Cependant, les documents dont ‘The Guardian’ a eu connaissance suggèrent que le focus maritime était, au moins en partie, une stratégie de relation publique, mise en place pour minimiser les questions de libertés civiles. Il y est affirmé ‘qu’il y a un potentiel pour que ces utilisations maritimes soient présentées comme une bonne nouvelle au public plutôt que comme un Big Brother’.

Le PCI(Maoïste) a lancé un appel à une grève de 72 heures dans le centre de l’Inde du 25 au 27 janvier afin de protester contre l’Opération de contre-guérilla Green Hunt qui se déchaîne contre les adivasis (peuples indigènes). Dans un communiqué de presse rendu public ce matin, Patrap, porte-parole du bureau régional central du PCI(M) et Azad, porte-parole du Comité Central ont appelé la population du Chhattisgarh, du Telengana nord, de la région frontière entre Andhra et Orissa, du Gadchiroli et du Chandrapur à observer une grève générale. Ils font appel au peuple pour construire un mouvement militant de masse puissant pour obliger les dirigeants réactionnaires à arrêter le bain de sang dans les régions adivasis.

Dans ce communiqué, ils disent entre autre: ‘Nous appelons tous les membres, à tous les échelons du parti, tous les braves combattants de l’Armée Populaire de Guérilla de Libération et les masses révolutionnaires à repousser vaillamment l’offensive brutale des dirigeants. Il est clair que les agents des impérialistes et des entreprises qui dirigent notre pays se préparent à évacuer les adivasis de toute la forêt et à remettre le territoire riche en minerais à leur maîtres contre de grosses commissions. Alors qu’il ne se sont jamais tracassés de fournir de l’eau potable aux adivasis durant les 62 dernières années, ils dépensent des millions pour mettre en place des bases aériennes et pour développer des infrastructures‘.

Lire une interview d’Azad, porte-parole du PCI(M)

Alessandro Della Malva avait été arrêté suite à la constitution à Massa d’une Patrouille populaire antifasciste et antiraciste en riposte à la constitution de patrouilles néo-fascistes. Il est sorti de prison hier et a été placé en résidence surveillée après trois mois de détention, et en attendant le procès. Deux jours avant, une manifestation avait eu lieu pour sa libération à Pistoia (photo). Le procès aura lieu les 27 et 29 janvier. Tous à Pistoia pour le procès contre Alessandro Della Malva, Juri Bartolozzi, Vittorio Colombo, Selvaggio Casella, Alessandro Orfano, Elisabetta Cipolli et Marco Tonarelli.

Manifestation à Pistoia

Manifestation à Pistoia

Fin août 2009, le juge d’instruction antiterroriste Brunaud, qui s’occupe de l’affaire de tentative de sabotage de matériel SNCF pendant le mouvement anti-CPE de janvier 2008, décide de commencer à clore cette enquête. S’ensuit alors, comme habituellement, une période de quelques mois pendant laquelle les différentes parties (inculpés et procureur) peuvent faire des observations et demander de nouveaux actes d’enquête. Cette période est censée durer trois mois mais, lorsque personne n’est en prison, les juges ne respectent pas les délais.

Le 10 décembre 2009, le procureur a demandé à ce que soient effectués de nouveaux actes d’enquête, dont le contenu vient d’être connu. En septembre 2009, un rapport indique que l’ADN de Juan (inculpé pour l’histoire de la tentative d’incendie d’une dépanneuse de police) aurait été prélevé sur une paire de gants en latex qui aurait été trouvée non loin des lieux d’une tentative d’incendie contre la SNCF, datant du 12 avril 2006, à Paris 19ème. Le procureur relève contre Juan, et contre ‘tous autres’, des ‘présomptions graves’ de détention et transport d’éléments incendiaires, de tentative de dégradation, de dégradation et d’association de malfaiteurs; le tout en relation avec une entreprise terroriste. Cette enquête sur le 12 avril s’inscrit dans le cadre d’une enquête plus large concernant des incendies sur des installations électriques gérant le trafic des trains. L’enquête comprend différents faits, tous s’inscrivant dans le mouvement anti-CPE:

-le 29 mars 2006 à Alfortville, Orly, Villemoison sur Orge et Champlan
-le 6 avril 2006 à Wissous, Sarcelles, Epinay sous Sénart et Bobigny
-le 12 avril 2006 à Paris

L’enquête qui regroupe tous ces faits était ouverte depuis 2006. Fin novembre 2009, elle bascule en antiterrorisme, et est donc aujourd’hui gérée par un juge antiterroriste à Paris. Mettant en avant ces arguments, le procureur demande au juge de:

-faire de nouvelles analyses téléphoniques
-comparer les modes opératoires utilisés en mars avril 2006 et celui du 2 mai 2007 (affaire de la dépanneuse de police)
-comparer ces modes de fabrication à ceux décrits dans les livres saisis dans la voiture lors de l’arrestation d’Isa en janvier 2008
-effectuer des comparaisons ADN concernant Juan, procéder à des expertises psychiatriques sur Isa, Juan et Damien (les 3 personnes déjà accusées pour l’histoire de la dépanneuse).