Hier soir à Berlin, Khaled Barakat a été empêché par la police d’intervenir lors d’un meeting sur les défis arabes et palestiniens. L’écrivain palestinien et coordinateur de la campagne Free Ahmad Sa’adat est également interdit de toute activité politique en Allemagne. Cette interdiction s’inscrit dans un contexte particulier. Le Bundestag a voté une résolution anti-BDS, la militante et ancienne membre du FPLP Rasmea Odeh a également été censurée et son visa lui a été retiré et des militants pro-palestiniens sont poursuivis.
Les activistes, organisé-e-s dans le cadre de l’alliance « Ende Gelände », occupent depuis samedi dernier la mine à ciel ouvert Garzweiler. Parallèlement, un autre groupe d’activistes occupe le train de la mine de Hambach. La veille, un autre groupe a occupé la ligne de train approvisionnant la centrale au charbon Neurath, la plus grande centrale de ce type en Allemagne, et la deuxième plus grande en Europe. Le collectif « Ende Gelände » affirme avoir bloqué de cette manière tous les points stratégiques du bassin charbonnier rhénan. Il exige la sortie du charbon, et plus généralement un changement économique systémique. La police a vainement tenté d’empêcher l’occupation et a employé du gaz poivré.
Aujourd’hui, les Forces de défense du peuple (HPG) ont annoncé que la commandante internationaliste Sarah Handelmann (alias Sara Dorsin) avait été tuée dans une frappe aérienne turque contre les zones de défense de Medyale 7 avril.
Dans un communiqué, le HPG a souligné les nombreuses qualités de la commandante et a apporté quelque précisions concernant son parcours. En 2017, la camarade Sara était venue d’Allemagne rejoindre le PKK. Elle a combattu dans les YJA-STAR (l’Unité des Femmes Libres) et servait comme commandante d’unité.
Aujourd’hui, deux personnes ont été arrêtées en Belgique dans le cadre d’une enquête du parquet fédéral menée en collaboration avec Eurojust et Europol. Elles sont accusées d’appartenir à certaines des branches militaires du PKK, y compris les Forces de défense du peuple (HPG) et d’avoir recruté et entraîné des combattant·e·s (dans le cadre de camps d’entrainement) dans plusieurs pays européens.
Ces arrestations se sont déroulées à la suite de perquisitions menées dans cinq pays (Autriche, Belgique, France, Allemagne et Suisse) dans le cadre d’une enquête ouverte en 2017 et menée par un juge d’instruction liégeois en collaboration avec le parquet fédéral. Plusieurs réunions opérationnelles et une réunion de coordination à Eurojust (l’unité de coopération judiciaire de l’UE) ont servi de plate-forme pour échanger rapidement des informations sur les affaires et coordonner les différents étapes de l’enquête ainsi que les arrestations.
La demande d’expulsion du bar autonome Kadterschmiede installé dans la Rigaer Straße 94 à Berlin (bâtiment occupé depuis 1990, puis en partie régularisé) n’a pas abouti. La demande avait été introduite par l’entreprise propriétaire du bâtiment mais le juge en charge a refusé d’émettre un ordre d’expulsion, pour des raisons de forme plus que de fond. En effet, un flou juridique entoure l’entreprise propriétaire Lafone Investment Limited, probablement une société-écran. Ainsi, elle n’est pas en ordre dans le registre du commerce allemand. L’avocat du collectif Rigaer assume que la demande d’expulsion est motivée par la spéculation immobilière étant donné que, depuis le début de l’occupation, la valeur du bâtiment a décuplé.
Le jour du procès (13.06.2019), et probablement en contestation de celui-ci, plusieurs personnes ont incendié des pneus à 5h20 sur un pont près de la Rigaer, bloquant le trafic pendant environ deux heures. Deux jeunes ont été arrêtés par la police, puis relâchés faute de preuves. Les menaces d’expulsion et raids de la Rigaer, un important lieu de rencontre et de rassemblement de la gauche radicale et centre social à Berlin, suscitent régulièrement des affrontements entre défenseur-se-s de l’occupation et la police. Lire notre article.
L’activiste avait brandit le drapeau des YPJ pendant une manifestation contre la conférence de sécurité de Munich en février 2018. Il était par la suite accusé de faire la propagande du PKK. Le juge a acquitté l’activiste, estimant que les liens entre les YPJ et le PKK étaient insuffisamment prouvés. La même cour avait déjà acquitté un autre activiste, poursuivi pour avoir porté un drapeau du PYD à une manifestation contre l’invasion d’Afrin par l’armée turque.
En Allemagne, l’affichage de symboles du PKK, ainsi que ceux d’organisations considérées comme affiliées au PKK, est interdit. Par ces interdictions, l’état allemand répond à la demande de la Turquie de durcir la répression contre les activistes pro-kurdes.
Un important groupe de personnes cagoulées ont attaqué les policiers du district de Connewitz, à Leipzig, pendant la nuit de samedi à dimanche. La police s’est alors déployée dans les environs et a encore essuyé des jets de pierres, d’engins pyrotechniques et de bouteille. Aucun policier n’a été blessé, deux personnes ont été arrêtées et une a été maintenue en détention.
Environ une heure avant le premier incident, une manifestation intitulée « Fight for your Future » s’était terminée dans le quartier. Des organisations de gauche de la jeunesse avaient avait appelé à la création d’une Assemblée pour la justice sociale et la protection du climat. Environ 500 personnes ont participé à cette assemblée.
Le 29 mai, le procureur général a demandé une peine de 3 ans et 10 mois pour Erdal Gökuğlo, en procès pour son appartenance supposée au DHKP-C. Il s’agit d’un procès mené en vertu du paragraphe 129b de la constitution allemande, visant les partisans d’une organisation étrangère qualifiée comme terroriste, et employé notamment contre les organisations de la gauche révolutionnaire de Turquie et du Kurdistan. Le 5 juin, les avocats d’Erdal plaideront en sa défense. Erdal était emprisonné en Belgique avant d’être extradé en Allemagne en 2017. Lire notre article.
180 policiers ont été déployés pour reprendre le contrôle de la fameuse Rigaer Straße, à Berlin-Friedrichshain, où plusieurs immeubles sont occupés. Des barricades enflammées ont barré la rue vendredi soir et, surtout, la nuit de samedi à dimanche. Les occupants ont résisté à l’intervention de la police en lançant des pierres, des bouteilles de peinture. Un policier a été blessé et une voiture de police endommagée. Il n’y a eu aucune arrestation.
À Berlin, la manifestation du 1er mai révolutionnaire a traversé le quartier de Friedrichshain. Plus de 5.000 manifestants, généralement masqués, ont défilé. Aux balcons du quartiers, des banderoles de soutien ont été déroulées et des fumigènes allumés. Les affrontements ont commencé après la fin de la manifestation. La police a essuyé des jets de projectiles, a effectué des charges et procédé à plusieurs arrestations. Pendant la nuit, des barricades ont brûlé sur la célèbre Rigaer Straße, où se trouve un squat historique, toujours à Friedrichshain.
C’est aussi vers la fin de l’après-midi que les incidents ont débutés à la manifestation du 1er mai révolutionnaire à Copenhague. Ils ont commencé lorsque la police a tentait de verrouiller la manifestation du pont de la reine Louise jusqu’à Nørrebrogade. Les manifestants ont bloqué la voiture de police qui voulait embarquer un manifestant menotté. Cinq manifestants ont été arrêtés pour violences contre la police, un pour feux d’artifice, un pour violation de l’interdiction de sa masquer, un pour violation de la loi sur la police, un pour insultes à l’encontre de la police et deux pour violation de l’ordre.
A Goteborg, en Suède, 500 militants antifascistes ont attaqué une manifestation de 300 néo-nazis du mouvement « Résistance nordique » et la police qui la protégeait. 18 contre-manifestants antifas ont été arrêtés.