Aux États-Unis, les sonnettes connectées de Ring, filiale d’Amazon, sont de plus en plus intégrées aux dispositifs policiers. Avec « Community Requests », les forces de l’ordre peuvent solliciter directement des utilisateurs l’accès à leurs images dans le cadre d’enquêtes, sans mandat judiciaire. Cette fonctionnalité s’ajoute à « Search Party », officiellement dédiée aux chiens perdus, et à « Familiar Faces », un outil de reconnaissance faciale. Un partenariat envisagé avec Flock, dont les technologies sont utilisées par l’ICE, a renforcé les critiques avant d’être suspendu.

Une entreprise russe spécialisée dans les interfaces cerveau-machine a dévoilé un projet de pigeons transformés en « drones vivants » grâce à des puces cérébrales capables d’orienter leurs déplacements. Équipés de GPS, capteurs radio, caméras et systèmes d’alimentation solaire, ces oiseaux pourraient être utilisés pour l’inspection d’infrastructures, la surveillance de zones difficiles d’accès ou des opérations de recherche et de sauvetage. La société met en avant l’autonomie et l’orientation naturelle des pigeons, envisage déjà d’étendre l’expérience à d’autres espèces plus robustes. Néanmoins, le degré réel de contrôle sur les oiseaux et l’efficacité de ces pigeons cyborgs n’a pas été vérifié de manière indépendante.

À l’approche des élections municipales de mars 2026, les députés français ont voté la prolongation jusqu’à fin 2027 de l’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique, confirmant l’extension continue des dispositifs de surveillance en France. Le nombre de caméras de voie publique contrôlées par les forces de l’ordre est passé de 60 000 en 2013 à 90 000 en 2023, et ce chiffre explose si l’on inclut les caméras installées dans les commerces, banques ou parkings, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) en recensant déjà près de 935 000 en 2012.

Ce vendredi 30 janvier, la police fédérale, la Défense et la Douane ont inauguré un espace de formation dédié à la réalité virtuelle et aux technologies de simulation avancées dans les casernes d’Etterbeek. L’objectif est de moderniser la formation opérationnelle et d’améliorer la préparation des équipes sur le terrain.

Une ancienne salle de sport de la police fédérale a été transformée en centre d’entraînement consacré aux nouvelles technologies. Les XR-Labs (eXtended Reality Labs), nom du projet, sont actuellement en phase de test et sont spécifiquement destinés aux unités spéciales ainsi qu’aux formations en maîtrise de la violence. Ils visent à préparer les agents à des interventions plus risquées, mais aussi à organiser des formations telles que le profilage de citoyens sur des sites réalistes en 3D, grâce à l’utilisation de casques de réalité virtuelle et d’armes d’entraînement connectées. La police fédérale et la Défense ont chacune investi 75 000 euros dans ce projet.

Lors d’une interview accordée au New York Post, Donald Trump a affirmé que les forces états-uniennes avaient utilisé une arme expérimentale baptisée « Discombobulator » lors de l’opération militaire du 3 janvier 2026 contre le Venezuela, qui a conduit au kidnapping du président vénézuélien Nicolás Maduro et Cilia Flores. Selon Trump, cette arme aurait permis de neutraliser les systèmes de défense et de désorienter les personnes sur le terrain. L’intervention, qualifiée par Washington de « frappe de grande envergure », s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 janvier à Caracas, provoquant de vives réactions internationales (voir notre article).

Ces dix dernières années, un marché mondial de logiciels espions « clés en main » (comme Pegasus ou Predator) s’est développé, facilitant la surveillance massive par les États, sans nécessiter de compétences techniques avancées. Militants, journalistes et acteurs de la solidarité figurent parmi les cibles de plus en plus nombreuses. Ce phénomène s’explique notamment par le rôle central d’entreprises israéliennes dans l’essor de cette industrie, qui influence les pratiques de surveillance en France. Technopolice Bruxelles et La Quadrature du Net proposent une conférence suivie d’un échange le 28 janvier dès 19H à la Flèche d’Or à Paris (102 Bis Rue de Bagnolet, 75020, Paris). Celle-ci aura pour ambition d’analyser ces menaces, comprendre leurs origines et renforcer les moyens de défense face à la surveillance numérique et à la répression.

Le gouvernement russe renforce le contrôle d’Internet et vise à supprimer complètement l’anonymat des utilisateurs. Roskomnadsor, le service fédéral russe de surveillance des communications, des technologies de l’information et des médias, ralentit actuellement le messenger Telegram, accusé de ne pas avoir bloqué suffisamment rapidement les « chaînes anonymes », tandis que WhatsApp s’est conformé aux exigences des autorités. Des mesures de surveillance plus larges sont prévues, incluant des systèmes d’IA pour bloquer les VPN et identifier les contenus interdits à partir de mots et d’expressions, pour un coût d’environ 25 millions d’euros. Selon plusieurs observateurs, la Russie veut devenir le premier pays au monde à abolir totalement l’anonymat en ligne.

La police de l’immigration états-unienne ICE utilise un outil développé par Palantir, nommé ELITE (Enhanced Leads Identification & Targeting for Enforcement), pour localiser et dresser des dossiers sur des personnes pouvant être potentiellement détenues ou expulsées. L’application combine des adresses et données provenant de diverses agences gouvernementales et sources commerciales, attribue un « score de confiance » aux résidences et permet de visualiser sur une carte des zones à forte densité de cibles potentielles. Témoignages et documents internes montrent qu’ELITE est utilisé pour planifier des raids, comme celui de Woodburn (Oregon), où plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées. Palantir, qui travaillait auparavant avec ICE pour des enquêtes criminelles, s’est concentré sous l’administration Trump sur les efforts d’expulsion, dans le cadre d’un contrat de près de 30 millions de dollars. L’outil illustre l’usage massif de la surveillance et de l’IA pour prioriser et coordonner des opérations d’arrestation.

À Milan, un·e militant·e a découvert qu’un logiciel espion avait été installé sur son téléphone à la suite d’une opération de phishing se faisant passer pour le service client de l’opérateur Fastweb. L’application, installée en mai 2025 après une fausse panne de réseau, s’est révélée capable de surveiller en temps réel la localisation, les appels, les contacts, les messages WhatsApp, d’enregistrer des sons et de capturer l’écran. Cette affaire, mise au jour collectivement en janvier 2026, illustre le recours croissant des forces de l’ordre italiennes à des outils de surveillance pointus contre des milieux militants.

Au Royaume-Uni, plusieurs unités de police testent un système d’intelligence artificielle développé par Faculty AI qui analyse les données du vaste réseau de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR) afin d’identifier des trajets considérés comme « suspects ». Contrairement à l’usage traditionnel ciblé de ces caméras, le programme apprend à reconstituer des parcours complets et à détecter des schémas de déplacement associés à des réseaux criminels, à partir de millions de données. Présenté par les autorités comme un projet expérimental encadré sur le plan éthique, ce dispositif suscite de fortes inquiétudes parmi de nombreuses personnes et organisations qui dénoncent un risque de surveillance de masse, d’atteinte généralisée à la vie privée et d’évolution progressive vers le suivi des déplacements de l’ensemble de la population.