Au total, 1.278 jugements ont déjà été prononcés, avec 95% de condamnations. 1.300 personnes avaient été déférées au parquet et que 905 avaient fait l’objet d’une comparution immédiate. A l’issue de ces audiences, 1.056 personnes ont été condamnées à une peine d’emprisonnement, dont 742 à une peine ferme avec un quantum moyen de 8,2 mois. Pour l’instant, 600 personnes ont été incarcérées. Il y aura aussi des procédures judiciaires réalisées contre les parents au « cas par cas”, a affirmé le ministre de la justice. En 2005, après trois semaines de révolte consécutives à la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois, poursuivis par des policiers, 4.728 personnes avaient été interpellées et la justice avait prononcé plus de 400 condamnations à des peines de prison ferme.

Dossier(s): France Tags:

Souha Bechara, résistante libanaise, ancienne prisonnière politique et militante communiste a été arrêtée alors qu’elle se rendait de Beyrouth en Suisse en passant par Athènes. Elle a été détenue pendant plusieurs heures et expulsée vers le Liban, au motif qu’elle représentait une “menace pour la sécurité nationale” de “pays européens”. Souha Bechara est une personnalité extrêmement populaire au Liban. Elle a rejoint la résistance libanaise en 1986 en luttant contre l’occupation du Sud-Liban par l’armée israélienne et ses mercenaires libanais de l’Armée du Liban Sud (ALS). En 1988, Bechara a reçu la mission d’abattre le commandant de l’ALS, le fasciste Antoine Lahhad. Elle le blessera grièvement de deux balles à la mâchoire et au bras. Cela lui vaudra d’être torturée à l’électricité pendant trois mois dans la célèbre prison de Khiam, gérée par l’ALS pour le compte des services secrets israéliens. Elle y sera détenue 10 ans dans une cellule minuscule.

Libérée et remise à la Croix-Rouge le 1er septembre 1998 (photo), après une campagne de pressions internationales, elle fut accueillie en héroïne à Beyrouth. Après sa libération, elle a passé du temps et étudié en France, puis s’est installée en Suisse, où elle s’est mariée et a eu deux enfants. Cette interdiction d’entrée dans l’espace Schengen fait partie intégrante de l’escalade de l’Union européenne contre la résistance palestinienne et arabe.

Oleg Khorzhan, le Président du Parti Communiste de Transnistrie, qui faisait l’objet de percussions politiques, a été assassiné cette nuit chez lui. Il avait rejoint le parti communiste local à l’âge de 18 ans et joue un rôle actif dans la reconstruction de l’aile jeunesse du parti. En avril 1995, il est élu au conseil municipal de Tiraspol. De 1997 à 2000, devenu avocat, il préside la commission juridique du parlement. En mai 2003, il rejoint le nouveau Parti communiste et en est élu président après l’emprisonnement du premier dirigeant du parti.

Le 2 juin 2018, Oleg Khorzhan a organisé un rassemblement à Tiraspol, au cours duquel un certain nombre de participants ont été arrêtés par la police. Plus tard dans la journée, Oleg s’est rendu au bâtiment des affaires internes de la ville pour rencontrer le directeur et se porter garant de la libération des détenus. Des policiers l’ont empêché d’entrer dans le bâtiment et une altercation physique aurait eu lieu. Oleg a protesté contre l’usage disproportionné de la force par la police et contre la violation de ses droits en tant que parlementaire. Mais il est été privé de son immunité parlementaire et arrêté le 6 juin 2018 avec plusieurs autres communistes, notamment sa femme, son fils et le député du conseil municipal de Tiraspol Alexander Samoniy. Le 3 novembre 2018, la Cour suprême de Transnistrie avait déclaré Oleg coupable d’agression contre les forces de l’ordre et l’a condamné à quatre ans et demi de prison. Il avait été libéré le 6 décembre 2022 après avoir purgé l’intégralité de sa peine (voir notre article). Ces derniers jours, il avait engagé un processus d’unité des forces d’opposition de Transnistrie et de Moldavie.

Dossier(s): Europe Tags:

Les juges des référés du tribunal administratif de Paris ont confirmé, samedi, l’interdiction d’une manifestation contre les violences policières prévue dans l’après-midi. Cette décision avait été prise par le gouvernement, mais pas encore entérinée par la justice, jusqu’à ce samedi 15 juillet. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé mercredi l’interdiction de ce rassemblement, ainsi que de toute autre « manifestation en lien direct avec les émeutes » jusqu’au 15 juillet inclus.  La Coordination nationale contre les violences policières critique un tribunal aux ordres du ministre et a annoncé.

Lors de l’audience l’avocate de la Coordination a dénoncé « une consigne générale et donc illégale » d’interdiction des manifestations. Pour le représentant de la préfecture de police, le problème « n’est pas l’objet de la manifestation mais la possibilité que des individus violents » y soient présents. Et ce dans un contexte de « faible disponibilité des forces de l’ordre » après les récentes nuits de violences urbaines et la mobilisation d’un important dispositif de sécurité pour le 13 et le 14-Juillet. La préfecture de police avait déjà interdit la semaine dernière une manifestation à Paris visant à honorer la mémoire d’Adama Traoré, décédé peu après son arrestation par des gendarmes en juillet 2016. En dépit de cette mesure préfectorale, environ 2 000 personnes s’étaient rassemblées samedi dernier (voir notre article).

Dossier(s): France Tags:

Le commissaire européen au Marché intérieur et du numérique, Thierry Breton, a annoncé que, dès le 25 août, « Lorsqu’il y aura des contenus haineux, des contenus qui appellent par exemple à la révolte, qui appellent également […] à brûler des voitures, elles [les plateformes de réseaux sociaux] auront l’obligation dans l’instant de les effacer. Si elles ne le font pas, elles seront immédiatement sanctionnées  […] Si les plateformes n’agissent pas immédiatement, alors oui, on pourra non seulement donner une amende mais interdire l’exploitation sur notre territoire […] Les interventions vont être extrêmement rapides […] Mark Zuckerberg [PDG de Meta] m’a confirmé qu’il allait embaucher 1 000 personnes pour se faire. Les plateformes se préparent ».

Si le règlement européen a été adopté le 19 octobre 2022, l’intervention de Thierry Breton portait sur les révoltes qui ont suivi l’assassinat de Nahel: «Non, les réseaux sociaux n’ont pas fait assez pendant ce moment ! Il va falloir qu’ils fassent plus. […] Les algorithmes poussent, on le sait, les contenus à forte viralité parce que ça rapporte de la publicité. Tout ça sera strictement interdit.» Thierry Breton est une figure du capitalisme français, classé à trois reprises (2010, 2017 et 2018) parmi les 100 patrons les plus performants au monde, ministre sous la présidence de Chirac, il a été propulsé sur ordre de Macron comme Commissaire européen chargé du marché intérieur et du numérique en 2019.

Voir ici le nouveau règlement européen (.pdf)

Une policière qui, entre 2012 et 2015, avait obtenu un diplôme en criminologie à l’Université de Barcelone, et qui avait ensuite suivi l’école de police d’Avila, a infiltré la gauche indépendantiste catalane pendant trois ans dans la ville de Gérone. Elle s’est inscrite en 2020 sous une fausse identité dans une école de la ville pour adulte et a participé aux mouvements sociaux locaux. Elle a séduit une figure connue de la gauche indépendantiste catalane, se liant à sa famille et vivant en couple avec lui pendant deux ans. Cette liaison et son activisme lui a gagné la confiance du milieu au point d »assister à des réunion où les avocats décidaient des stratégies pour défendre 21 militants poursuivis pour avoir coupé les voies du train à grande vitesse le 1er octobre 2018. Elle quittait épisodiquement la ville en prétextant la maladie de son père. C’est sa disparition lorsqu’une autre infiltration a été démasquée qui a attiré les soupçons sur elle.

remise de diplôme de criminologie

en infiltration

Plus de 2.000 personnes se sont rassemblées samedi à Paris malgré l’interdiction de la préfecture de police à l’appel d’Assa Traoré, figure de la lutte contre les violences policières. Le rassemblement avait lieu, en mémoire de son frère Adama, décédé peu après son arrestation par des gendarmes en juillet 2016. Lors de cette manifestation, Youssouf Traoré, frère d’Assa et Adama,a été brutalement interpellé. Il a été blessé à un oeil lors de son interpellation, et a fait un malaise dans les locaux du commissariat, ce qui a conduit à son transfert à l’hôpital.Youssouf Traoré, 29 ans, a été placé en garde à vue pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique et rébellion. Sa garde à vue, levée à cause de son hospitalisation, pourrait reprendre ensuite.

Dossier(s): France Tags:

Parmi les réactions du président Macron suite au soulèvement des banlieues françaises de ces derniers jours, l’idée de réguler ou couper les réseaux sociaux. « Nous avons besoin d’avoir une réflexion sur les réseaux sociaux, sur les interdictions qu’on doit mettre. Et, quand les choses s’emballent, il faut peut-être se mettre en situation de les réguler ou de les couper. Il ne faut surtout pas le faire à chaud, et je me félicite qu’on n’ait pas eu à le faire » Mais “quand ça devient un instrument de rassemblement ou pour essayer de tuer, c’est un vrai sujet.”   Vendredi dernier lors d’une cellule interministérielle de crise, le président français avait d’ailleurs déjà demandé aux plateformes à supprimer les contenus “les plus sensibles”, attendant d’elles un “esprit de responsabilité”. La pratique de couper les réseaux sociaux, voire tout l’internet, est régulièrement utilisée par la Chine, la Russie ou l’Iran.

La police grecque a mené un raid à l’aube dans le camp de réfugiés autogéré de Lavrio, près d’Athènes, et évacué de force les résidents. Le camp abritait une cinquantaine de réfugiés kurdes originaires de Turquie, de Syrie et d’Irak, dont 19 enfants. Lors du raid, la police aurait forcé les portes des chambres. Le camp de Lavrio ne servait pas seulement de refuge, mais aussi de centre de solidarité, offrant un soutien aux résidents et favorisant un sentiment de communauté.  Il était depuis longtemps pointé du doigt par le gouvernement turc comme étant un “camp d’entraînement terroriste” et un refuge pour les membres du PKK et d’autres organisations de gauche interdites en Turquie. Selon les médias grecs, l’opération est un “geste envers le président turc Recep Tayyip Erdoğan” de la part du nouveau gouvernement de droite. On craint que certains des réfugiés kurdes ne soient extradés à la suite de cette action. Le ministère grec de l’immigration et de l’asile avait décidé en avril de fermer progressivement le camp de Lavrio, au prétexte qu’il était inadapté à l’accueil des réfugiés. Dans le cadre de ce processus, une centaine de réfugiés sur les 150 hébergés dans le camp avaient déjà été transférés vers d’autres centres d’hébergement de la région.