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Nouvelle-Calédonie: Répression contre les syndicalistes

28 militants du l’USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités) avaient été arrêtés et placés en garde à vue à Nouméa suite à la journée de mobilisation du 28 mai. Aujourd’hui, 6 d’entre eux dont Gérard Jodar, le président de l’organisation syndicale sont détenus à la prison de Nouméa. Ils seront jugés mardi 2 juin en comparution immédiate.

La grève générale avait été déclenchée suite au conflit d’Air Calédonie qui perdure depuis presque 3 mois. Cette journée de mobilisation du 28 mai, qui se voulait pacifique, avait pour but de ramener la direction d’Air Calédonie à la table des négociations. Une fois de plus, face à la forte mobilisation des militants à l’aérodrome de Magenta, la réponse de l’état a été la répression policière avec attaque violente des forces de l’ordre, gendarmes mobiles et autre Gipn.

Manifestation de l’USTKE

Le site de l’USTKE

Turin: Procès contre les manifestants de mai

Domenico et Alexandro ont été arrêtés le 19 mai lors des manifestations étudiantes de Turin. Domenico, un ouvrier turinois, est accusé de possession, fabrication et port d’explosifs et de matières inflammables (un cocktail Molotov), et Alexandro, étudiant à l’université de Milan, est accusé de résistance et de violence à agents de la fonction publique et de port d’objets contondants. Le 22 mai, leur détention avait été confirmée. Le procès avait lieu aujourd’hui à Turin.

Les arrestations ont eu lieu dans le contexte de la mobilisation étudiante contre le G8 dans le cadre des universités de Turin, qui ont été marquées par des affrontements entre manifestants et policiers. Les jours suivants, ce sont les travailleurs de FIAT qui avaient manifesté. Les médias et les politiciens n’ont manqué de parler de ‘terrorisme’. Le 19 mai Il Giornale, a même publié un article où il présente Vincenzo Sisi, révolutionnaire turinois détenu pour son appartenance au Parti Communiste Politico-Militaire comme le chef d’orchestre des protestations radicales des étudiants et ouviers turinois! Domenico avait participé à toutes les mobilisations de l’association des parents et d’amis des personnes arrêtées sur le 12/02/07, parmi lesquelles Vicenzo Sisi.

Les camarades pour un Secours Rouge en Italie ont organisé une présence solidaire dès 9h devant le palais de justice du Corso Vittorio.

Pérou: Les têtes des dirigeants de la guérilla mises à prix

Nouvel aveu implicite de l’échec de la contre-guérilla, le gouvernement péruvien payera des récompenses à ceux qui donneront des informations qui permettront la capture des dirigeants et cadres moyens du Parti Communiste du Pérou et de son Armée Populaire de Guérilla, selon un décret publié samedi dans le journal officiel Péruvien. Selon le décret, on octroiera une récompense maximale de 500.000 soles (environ 167.000 dollars) ‘à celui qui permet la capture d’un commandement politique ou militaire‘, la même norme officielle octroiera 300.000 soles (environ 100.000 dollars) à ceux qui ‘permettront la capture des dirigeants logistiques et des dirigeants de compagnies terroristes‘.

La norme officielle a été signée par le président Alan García, le chef du cabinet ministériel et les ministres de la Défense et de l’Intérieur. ‘Cette récompense me semble adéquate pour qu’une personne soit stimulée à donner des informations en échange d’une somme d’argent… de sorte que, cette récompense qui permettra la capture des dirigeants terroristes qui restent, puisse donner des résultats‘, a déclaré le président García sur la chaîne de télévision étatique.

Seraient particulièrement visés le ‘camarade Artemio’, considéré comme le dirigeant du PCP dans la zone de la vallée de l’Huallaga dans la forêt centrale, et le ‘camarade José’, dirigeant du PCP dans la zone de la Vallée du Río Apurímac-Ene (VRAE).

Mulhouse et Paris: Répression anti-kurde

Le 26 mai à l’aube, des policiers, sur ordre de la section anti-terroriste du parquet de Paris, ont mené une perquisition à Mulhouse, arrêtant deux jeunes de 21 et 22 ans, d’origine kurde, immédiatement transférés dans les locaux de la sous-direction anti-terroriste à Levallois-Perret, en région parisienne. Les policiers ont saisi lors de la perquisition un portrait d’Abdullah Ocalan ainsi qu’un drapeau kurde. Les jeunes ont été mis en liberté provisoire aujourd’hui dimanche. Ils sont accusés d’avoir jeté des cocktails Molotov contre un bâtiment de la Délégation permanente turque au Conseil de l’Europe en octobre 2008 et d’être été impliqués dans des actions similaires dans le sud de la France.

Jeudi 28, le tribunal correctionnel de Paris a également condamné quatre jeunes d’origine kurde à des peines allant de deux ans d’emprisonnement ferme à dix mois avec sursis, pour avoir jeté des cocktails Molotov en juin 2006 sur des cibles turques en région parisienne.

Strasbourg: Prochain procès le 22 juin

Le 22 juin, les trois tourangeaux arrêtés lors du contre-sommet de l’OTAN à Strasbourg, seront à nouveau convoqués devant le tribunal alsacien. Cela ne sera que la troisième fois, pour cette même affaire, qu’ils comparaîtront devant la justice. Ils ont été relaxés le 5 mai, pour vice de procédure. Le tribunal a été obligé de reconnaître que ni les flics, ni les greffiers ne savaient correctement recopier le simple numéro d’un article de loi. Le procureur a donc annoncé par voie de presse son intention de les rejuger sur le fond. Ils risquent jusqu’à un an de prison ferme pour avoir été arrêté dans un parking de supermarché après avoir acheter de l’alcool à brûler, des lunettes de protection, et une serpillère.

Paris: Libération de Julien Coupat

Détenu depuis six mois dans l’affaire des sabotages SNCF, Julien Coupat a été remis en liberté jeudi. Coupat s’est vu imposé un contrôle judiciaire qui comporte notamment le versement d’une caution de 16.000 euros et impose qu’il demeure chez lui à Montreuil (Seine-Saint-Denis) ou chez ses parents à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Le contrôle judiciaire lui interdit en outre de sortir d’Ile-de-France et lui impose d’aller pointer une fois par semaine au commissariat de Montreuil où il devra laisser ses papiers d’identité. Enfin Julien Coupat n’aura pas le droit d’entrer en relation avec les huit autres mis en examen et les témoins du dossier.

Gand: Deux actions incendiaires anti-répression et constitution d’une équipe policière spéciale

La porte du commissariat de Meulestede à Gand a été incendiée mardi dernier. L’incendie a commencé vers 4h du matin. La porte a été entièrement détruite et il y a des dégâts dans le bâtiment dus à la suie et à la fumée. La police a retrouvé des traces de matériaux inflammables. Le surlendemain, c’est une voiture appartenant à l’entreprise ISS Cleaning Services (qui fournit des services de nettoyage aux centres fermés) et une voiture du groupe de presse Cordelia qui ont été incendiées pendant la nuit. Une équipe policière spéciale a été formée pour investiger les derniers incendies à Gand.

Action contre ISS à Gand

USA: Pour la libération de Leonard Peltier

Leonard Peltier, indien Anishinabe/Lakota-Sioux, est incarcéré depuis 1976 aux USA. Amnesty International le considère comme un prisonnier politique, qui ‘devrait être libéré immédiatement et sans condition.’ Il est une des victimes de la guerre cachée menée par le gouvernement américain et le FBI contre l’American Indian Mouvement (Mouvement Indien Américain – AIM).

Au début des années 1970, le FBI utilisant son programme de contre-espionnage interne (le COINTELPRO) entreprend de déstabiliser et de neutraliser l’AIM, dont Leonard Peltier est l’un des leaders. Le 26 juin 1975, une fusillade éclate, après l’intrusion illégale de deux agents du FBI, sur une propriété de la réserve de Pine Ridge (Sud Dakota), où se trouve un campement de l’AIM. Les deux agents ainsi qu’un jeune amérindien membre de l’AIM trouvent la mort. Leonard Peltier est arrêté, inculpé des meurtres des agents et condamné à deux peines de prison à perpétuité alors qu’il n’existe aucune preuve de sa culpabilité. Depuis 1976, Leonard Peltier clame son innocence. En 1981, grâce à la Loi de Liberté d’Information, sur 18.000 pages détenues par le FBI, ses avocats obtiennent la déclassification de 12.000 d’entre elles. Dans ces pages se trouvent de nombreuses preuves des malversations du FBI dont un rapport ballistique stipulant que l’arme attribuée à Leonard Peltier n’est pas l’arme du crime. Au vu de ces nouveaux éléments, une demande pour l’obtention d’un nouveau procès est déposée. Le gouvernement américian reconnaît alors qu’il ‘ne peut pas prouver qui, en particulier, a tué les agents.’ Malgré cela, à cause d’une ‘technicité judiciaire’, la demande d’un nouveau procès est rejetée.

Léonard Peltier

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Espagne: Des militants kurdes menacés d’extradition vers la Turquie

Yasar İldan a été arrêté par la police espagnole de Majorque le 18 mai 2009. Il est actuellement incarcéré dans une prison de l’île de Majorque à la suite d’un mandat d’arrêt international lancé par les autorités turques auprès d’Interpol. Il risque d’être extradé vers la Turquie. Yasar İldan est un réfugié politique reconnu en Allemagne: militant politique, il a été arrêté plusieurs fois par la police turque et a passé de nombreuses années dans les geôles turques.

Actuellement, deux membres du Congrès National du Kurdistan, Remzi Kartal et Eyyup Doru sont sous contrôle judiciaire en Espagne. Remzi Kartal, membre du Conseil exécutif du KNK, a été interpellé à la demande de la Turquie, via l’Interpol le 24 mars 2009 à Madrid, où il s’était rendu pour participer aux célébrations du Newroz, et, suite à la décision de la Cour, a été mis en garde à vue. Remis en liberté le 28 mars, il est assigné à résidence à Madrid où il est toujours sous contrôle judiciaire. Le 26 mars, un autre membre du KNK, Eyyup Doru, subissait le même sort: arrêté et relâché le même jour, il est assigné à résidence, sous contrôle judiciaire; obligation lui est faite de se présenter deux fois pas semaine et il lui est interdit de quitter le territoire espagnol. Une mobilisation tente d’éviter la livraison par l’Espagne de ces militants de la cause kurde au régime fasciste d’Ankarra.

France: La police pourra effectuer des perquisitions numériques secrètes

En février 2008, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur présentait le nouveau grand plan anti-cybercriminalité français. La fameuse Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure (LOPPSI) était décrite dans ses grandes lignes. Programmée au premier semestre 2008, c’est finalement mercredi prochain que le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres.

La loi veut notamment faciliter la captation à distance de données numériques se trouvant dans un ordinateur (perquisition numérique) ou transitant par lui. Ceci ‘permettra, par exemple, la captation de données au moment où elles s’affichent sur l’écran d’un pédophile ou d’un terroriste‘ assurait la ministre de l’Intérieur. La loi va autoriser la mise en place de mouchard pour capter les données informatiques. La captation de données informatiques permettra aux Officiers de Police Judiciaire (OPJ) ‘commis sur commission rogatoire à mettre en place un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, d’accéder, en tous lieux, à des données informatiques, de les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu’elles s’affichent sur un écran pour l’utilisateur‘. La mise en place du cheval de Troie se fera sous le contrôle d’un juge d’instruction et exigera une commission rogatoire (une délégation venant d’un magistrat) délivrée par un OPJ. Cela ne concernera ‘que’ les infractions relatives aux terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d’armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l’entrée et séjour d’un étranger (!), commises en bande organisée. Cette surveillance pourra durer jusqu’à huit mois (quatre mois, mais renouvelable une fois) et être mise en place à n’importe quelle heure, comme c’est souvent le cas pour ce genre d’infraction.

Pratiquement, on évoque ‘un dispositif technique’ qui permet d’écouter, de garder trace, et de transmettre les informations qui s’afficheront sur l’écran de l’utilisateur surveillé. Des copies d’écran à distance réalisées par un OPJ et le tout, évidemment, sans le consentement de l’internaute. Ce cheval de Troie pourra être appliqué partout, sur n’importe quel système informatique, même celui embarqué dans un véhicule. Seuls quelques ‘privilégiés’ seront sanctuarisés: les professionnels du droit, les médecins, la presse et les parlementaires. Ce mécanisme va exposer les éditeurs de solutions de sécurité dans une situation ambiguë. Les spywares légaux seront-ils volontairement oubliés ou devront-ils être détectés comme n’importe quel malware? Chez les éditeurs installés en France, la mise au pli ne devrait pas poser de difficulté au besoin à l’aide d’un décret. Mais quid des éditeurs installés dans des pays avec qui la France n’a tissé aucun lien de collaboration?

Autre nouveauté: le filtre des sites internet (notament pédophiles) et un ‘fichier d’analyse sérielle’. Avec lui, la police va pouvoir traquer du suspect par rapprochement d’une multitude de fichiers liés à des infractions punies d’au moins cinq ans d’emprisonnement. Il suffira qu’un individu se soit trouvé à chaque fois ou presque là où une infraction a été commise, piégé par son mobile, sa carte bleue, un témoignage recueilli en procédure pour être dans le collimateur.

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