En France, un appel d’offres du ministère de l’Intérieur lancé le 14 mars 2026 prévoit la création d’une annexe judiciaire au sein du CRA de Toulouse afin d’y tenir, dès mars 2027, les audiences du juge des libertés et de la détention (JLD), dans le cadre de la loi « asile et immigration » de 2024. Ce dispositif, estimé à environ 1,08 million d’euros, s’inscrit dans une généralisation des salles d’audience directement dans ou à proximité des centres de rétention, notamment à Sète, Nîmes et Perpignan, ce qui est dénoncé comme un recul de l’accessibilité des audiences et un isolement accru des personnes étrangères enfermées.
Parallèlement, depuis mars 2026, la société privée Weesure a été chargée de l’accueil et des contrôles des visiteurs au CRA de Toulouse (fouilles, enregistrements, contrôles d’identité), une mission auparavant assurée par la police aux frontières, dans le cadre d’un marché public de 3,4 millions d’euros couvrant plusieurs CRA. Ces évolutions s’inscrivent dans une tendance plus large d’externalisation et de privatisation de la gestion des centres de rétention, participant à l’industrialisation et à l’invisibilisation du contrôle migratoire.
Dix prisonniers politiques de la prison de Larissa, dont Barış Erhan, Sinan Oktay Özen et Sait Demir, ont entamé le 15 mai une grève de la faim d’une journée en solidarité avec la mobilisation contre l’expulsion du quartier occupé de Prosfygika à Athènes. Par ailleurs, les détenus expriment leur soutien aux deux personnes en grève de la faim illimitée pour l’arrêt des expulsions.
En Azerbaïdjan, plusieurs militants ont été arrêtés après avoir tenté d’organiser une marche à Bakou avec des drapeaux de l’URSS et de la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan. Parmi les personnes interpellées figurent Abdulla Ibrahimli et Ibrahim Asadli, poursuivis pour participation à des actions accusées de troubler l’ordre public. Le ministère de l’Intérieur affirme que le groupe bénéficiait d’un soutien étranger et organisait des réunions régulières. Ces arrestations interviennent dans un contexte de durcissement anticommuniste dans le pays.
Les autorités tunisiennes ont suspendu les activités de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), organisation historique fondée en 1976. La justice lui reproche des irrégularités administratives liées à ses financements et à son fonctionnement, malgré les corrections apportées par l’organisation. Cette décision s’inscrit dans une vague de répression visant la société civile : depuis juillet 2025, au moins vingt associations ont été suspendues, dont l’ONG Avocats sans frontières, privant des centaines de personnes d’assistance juridique.
Aux États-Unis, l’activiste écologiste, anarchiste et défenseur des droits trans Marius Mason a quitté la prison fédérale après plus de 17 ans d’incarcération et a été transféré dans un centre de réinsertion à Détroit, où il restera jusqu’à la fin de sa peine en mai 2027. Condamné en 2009 à près de 22 ans de prison pour des actes de sabotage matériel liés à la défense de l’environnement, sans victimes, il avait écopé d’une aggravation pour « terrorisme » dans le cadre de la répression connue sous le nom de « Green Scare » (« Peur Verte »). Ses soutiens ont lancé une collecte de fonds pour faciliter sa réinsertion, après près de deux décennies de détention durant lesquelles il a poursuivi des activités artistiques, militantes et de soutien aux prisonniers.
Le Parti communiste des Philippines (CPP) a qualifié de « fictifs » les chiffres de l’armée philippine affirmant avoir « neutralisé » 625 membres et soutiens de la Nouvelle Armée Populaire (NPA) entre janvier et mai 2026. Selon le CPP, ces statistiques servent à masquer l’échec de la contre-insurrection et à alimenter un système de corruption lié au programme de reddition E-CLIP, accusé de forcer des civils à se présenter comme ex-rebelles. Le parti dénonce également des exécutions extrajudiciaires de civils et de combattants capturés, évoquant notamment le massacre de Toboso du 19 avril dans le Negros Occidental, où au moins neuf personnes non armées auraient été tuées.
À Nairobi, le vendredi 15 mai, cinq militants internationaux, originaires de Corée du Sud, de France, de Grande-Bretagne et de Grèce, appelés Sanghun, Danbee, Guy, Joti et Dimitrios, ont été libérés sans poursuites après 69 heures de détention. Lors d’une mobilisation pour exiger leur libération la veille, la police a tenté d’arrêter Booker Omole, secrétaire général du Parti Communiste Marxiste – Kenya (CPMK), et a tiré deux balles pour disperser les manifestants. En parallèle, l’International League of Peoples’ Struggle (ILPS Kenya) a lancé une collecte de fonds pour soutenir Booker Omole et d’autres prisonniers politiques kényans, notamment afin de couvrir les frais juridiques, dénonçant une intensification de la répression politique dans le pays.
À Bordeaux, 27 organisations appellent à se rassembler le 18 mai à 18h devant la préfecture pour dénoncer la répression syndicale après l’interpellation d’un militant de SUD Éducation 33 lors du 1er Mai. L’arrestation s’appuie sur un arrêté préfectoral élargissant la liste des objets considérés comme des armes, visant notamment les mâts de drapeaux et la plupart des fumigènes utilisés en manifestation. Les signataires dénoncent une atteinte aux libertés fondamentales, exigent le retrait des arrêtés liberticides et l’abandon des poursuites contre les manifestants.
Le prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari a entamé le 11 mai à la prison de Kénitra une nouvelle grève de la faim de 48 heures, annonçant une possible grève illimitée à partir du 20 mai si ses revendications restent ignorées. Il dénonce l’absence d’application par le Maroc des recommandations émises en 2023 par le Groupe de travail de l’ONU contre la détention arbitraire concernant les détenus de Gdeim Izik. Les membres du groupe de Gdeim Izik, condamnés à de lourdes peines à l’issue de procès politiques, ont fait l’objet de plusieurs condamnations du Maroc par le Comité contre la torture de l’ONU pour des aveux obtenus sous la torture.
Au troisième jour de la grève illimitée des chauffeurs et commerçants contre la hausse des prix des carburants, les autorités ont renforcé le dispositif sécuritaire à Moroni avec le déploiement de blindés et la multiplication des interventions des forces de l’ordre. Des affrontements ont éclaté dans plusieurs localités entre jeunes et policiers, tandis que les autorités ont procédé à l’interpellation de vingt-six personnes, en raison « d’atteintes à l’ordre public ».