Le sixième procès de « Bâle sans-nazi » a eu lieu le lundi 21 septembre. Comme pour les premiers procès, une militante était accusée de trouble à l’ordre public et de participation à une manifestation non autorisée, et de « participation passive à la violence et à la menace ». Elle a été condamnée à huit mois de prison (sans probation). Environ 100 personnes s’étaient réunies en solidarité avec elle. « Basel Nazifrei » avait été organisée en 2018 en réponse à une mobilisation du Partei National Orientierter Schweizer (PNOS), une organisation d’extrême-droite. Plus de 2000 manifestant·es y avaient participé et plusieurs affrontements avaient éclatés entre antifascistes et nationalistes, ainsi qu’avec la police (voir notre article). Plus de 60 personnes ont été poursuivies dans le cadre de cette affaire (voir notre article).
Un militant antifasciste condamné à huit mois de prison dans l’affaire « Basel Nazifrei »
Le 16 mai 2020, une centaine de soignant·es formaient une haie de déshonneur pour protester contre la 1ère ministre, Sophie Wilmes alors que celle-ci effectuait une visite de l’hôpital Saint-Pierre (voir notre article). Suite à cette action, des participant·e·s auraient reçu des menaces de licenciements ainsi que de non reconduction de contrat. Un médecin urgentiste a d’ores et déjà vu son contrat non-reconduit. Plus d’infos ici.
Jeudi 3 septembre, Gavin McKenna, membre du Sinn Féin Poblachtach, a été arrêté par des membres lourdement armés du RUC/PSNI (la police d’Irlande du Nord) alors qu’il se rendait au travail. Sa maison a également été soumise à un raid brutal des forces de la Couronne. Le lendemain, il a été accusé d’avoir coordonné un « attentat » au cocktail Molotov contre la police. Il s’est vu refuser la libération sous caution et a été renvoyé à la prison de Maghaberry avec trois autres personnes. Gavin McKenna a été détenu à l’isolement à Maghaberry pendant 14 jours avant d’être transféré non pas dans l’aile républicaine de Roe, mais à Bann House, qui abrite des prisonniers loyalistes et non politiques. Il a été fouillé à nu et agressé par des gardiens de prison.
Ses seuls contacts avec l’extérieur ont été deux appels téléphoniques et un appel Zoom en 14 jours, dont l’un a pris fin au bout de quelques minutes. Il a demandé à voir le médecin car il souffre d’un ulcère d’estomac pour lequel il prend des médicaments. Sa demande a été rejetée et il s’est également vu refuser des médicaments, ce qui a entraîné de graves vomissements chaque nuit.
Le logo des Republican Sinn Féin Poblachtach
La semaine dernière, 7 personnes ont été arrêtées à Toulouse pour des tags et affiches et elles ont été condamnées en comparution immédiate à 2 mois de prison ferme (voir notre article). Une soirée est organisée vendredi 25 septembre à L’Obs à 18H (87 rue du 10 avril) pour organiser la solidarité et débattre du contexte politique actuel. Par ailleurs, la Bibliothèque anarcha-féministe organise un atelier d’écriture aux prisonnier·e·s mercredi 23 septembre durant sa permanence au Chat Noir de 16H à 20H (33 rue Antoine Puget).
Un militant d’Act Up Sud-ouest est convoqué le vendredi 25 septembre 2020 au Tribunal Judiciaire suite à un contrôle d’identité aux abords d’un rassemblement interdit en raison de l’état d’urgence sanitaire. Act Up Sud-Ouest appelle à un rassemblement de solidarité le vendredi 25 à 8h30 devant le Tribunal Judiciaire et exige l’arrêt des poursuites contre le militant.
La police a arrêté administrativement mardi vers 18h00, devant le 10 de la rue de la Loi à Bruxelles, 5 activistes du mouvement Extinction Rebellion (XR). Les militants arrêtés avaient déployé une banderole portant le message « Quel est votre plan? » Lundi en fin de journée, la police avait arrêté devant le Palais royal, en marge d’une réunion du Roi avec les préformateurs du gouvernement fédéral, 13 activistes de Youth For Climate et de l’ONG Greenpeace, puis 3 militants de XR.
Après une pause de quelques jours, des milliers de Colombiens ont de nouveau protesté lundi 21 septembre contre les violences policières et contre la politique du gouvernement, onze jours après les manifestations déclenchées par l’assassinat, le 9 septembre, de Javier Ordonez par la police (voir notre article). Syndicalistes et étudiants ont pris la tête de rassemblements et de défiles qui ont abouti à des heurts avec les forces de sécurité dans le centre de Bogota, principal théâtre de ces mouvements de protestation. Des manifestants ont lancé des pierres contre des policiers qui ont riposté avec du gaz lacrymogène et des grenades incapacitantes. Des unités anti-émeutes sont intervenues à Bogota ainsi qu’à Medellin et à Pasto, respectivement dans le nord-ouest et le sud-ouest de la Colombie. Au moins neuf personnes ont été arrêtées pour participation au saccage d’agences bancaires et d’équipements publics. Lors des manifestations consécutives à la mort de Javier Ordonez, des membres des forces de sécurité avaient ouvert le feu, tuant 12 personnes.
La manifestation à Bogota
La police du nord de Telangana utilise des drones équipés de caméras de surveillance sophistiquées pour traquer les guérillas maoïstes dans les forêts du district d’Asifabad-Kumaram Bheem, à la frontière du Maharashtra. Au cours de ces trois derniers jours, la section anti-maoïste de la police de Telangana cherche dans ce secteur une colonne de maoïstes commandée par Mailarapu Bhaskar. alias Adellu, membre du comité du PCI(M) pour l’État du Telangana. C’est dans ce cadre que la police a déployé des drones Dans la nuit de samedi et dimanche, la police a réussi à accrocher une escouade maoïste dans la forêt de Kadamba, située dans ce district. Deux maoïstes ont été tués, ils ont par la suite été identifiés comme Chukkalu, du Chhattisgarh, et Jugane Badi Rao, du Neradigonda.
Un drone utilisé en Inde pour la contre-guérilla
Le 16 septembre, plusieurs perquisitions ont eu lieu, notamment dans la bibliothèque anarchiste Kalabal!k, à Berlin Kreuzberg. Cinq personnes sont visées pare la procédure et accusées d’avoir fondé, en 2016, une « association clandestine, conspirative et criminelle », ou d’en être membres. Pour cette raison, le Procureur fédéral enquête en vertu de l’article 129 du Code pénal et le BKA (police criminelle fédérale) a rendu visite aux personnes concernées chez elles, dans certains cas avec les armes à la main. La bibliothèque anarchiste Kalabal!k avait déjà été perquisitionnée une fois en 2018. À l’époque, il s’agissait des avis de recherche des responsables des émeutes du G20 à Hambourg. Dans son zèle, le BKA a saisi les supports de stockage des données que la LKA (police criminelle du Land) de Berlin avait restitué en 2018 et qui se trouvaient encore dans les sachets des saisines de la LKA. Il faut souligner leur intérêt particulier pour les téléphones portables, qui ont été emmenés pour être exploités séparément, avant la fin des perquisitions.
À Athènes, le BKA, en coopération avec les policiers de l’antiterrorisme grec, a perquisitionné deux appartements. Là bas, cinq personnes ont été conduites au GADA (le siège de la polie d’Athènes). Trois d’entre elles y sont encore et demain elles seront présentées à un juge pour possession de spray de gaz au poivre. Le blog de Kalabal!k