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Chili : Facundo Jones Huala réclame une indemnisation pour sa détention illégale en 2024

Le dirigeant mapuche Facundo Jones Huala a engagé une action en justice contre l’État chilien, réclamant 100 millions de pesos chiliens (environ 100 000 dollars) pour préjudice moral. Il estime avoir été maintenu en détention au-delà de sa peine après son extradition depuis l’Argentine. En août 2024, la Cour suprême du Chili a jugé qu’une erreur dans le calcul du reliquat de peine avait conduit à sa détention illégale entre le 14 juin et le 16 août 2024, et a ordonné sa libération immédiate.

Cette procédure est distincte de sa situation actuelle en Argentine. Depuis juin 2025, Jones Huala est détenu à titre préventif dans une enquête portant notamment sur son appartenance présumée à la Résistance ancestrale mapuche (RAM), une organisation que le parquet accuse d’avoir mené des actions violentes en Patagonie. Dans ce cadre, il a observé plusieurs grèves de la faim en 2026 pour dénoncer ses conditions de détention et obtenir son transfert vers la prison d’Esquel, plus proche de sa famille.

Iran : Un prisonnier communiste libéré sous bracelet électronique

Mehran Raouf, prisonnier politique détenu à la prison d’Evin depuis son arrestation en octobre 2020, a été libéré avec port d’un bracelet électronique. Condamné en 2021 pour participation présumée à la direction du Parti communiste d’Iran (marxiste-léniniste-maoïste), organisation interdite par les autorités, ainsi que pour propagande contre le régime, sa peine de 10 ans et 8 mois d’emprisonnement avait ensuite été ramenée à 7 ans et 6 mois.

France : Le Conseil d’État autorise le fichage des personnes trans

Le Conseil d’État a rejeté les recours d’associations LGBTQIA+ qui demandaient la suppression du fichier de police recensant les personnes ayant changé de nom ou de prénom. Il a estimé que cet outil est nécessaire aux missions des forces de l’ordre. Il a également refusé de reconnaître que les informations permettant de déduire la transidentité d’une personne constituent des données sensibles au sens du Règlement général sur la protection des données (RGPD), qui bénéficient d’une protection juridique renforcée. Le Conseil d’État a en outre refusé de saisir la Cour de justice de l’Union européenne afin qu’elle se prononce sur cette interprétation du droit européen.

Par ailleurs, cette décision intervient alors que la proposition de loi portée par le député Charles Rodwell, prévoit notamment d’exiger la production d’un extrait de casier judiciaire pour toute demande de changement d’état civil et de restreindre cette procédure pour les personnes étrangères.

Japon : Un ressortissant kurde décède en garde à vue

Murat Çiçek, acteur et scénariste kurde résidant au Japon, est décédé le 3 juillet alors qu’il était placé en garde à vue après un accident de la circulation survenu le 25 juin. Sa famille conteste la version officielle, évoque des mauvais traitements durant sa détention et demande aux autorités japonaises de faire toute la lumière sur les circonstances de son décès, notamment les conditions de sa prise en charge et l’absence de transfert à l’hôpital.

Note sur le port de carte d’identité

Longtemps, en Belgique, la question de ne pas emporter sa carte d’identité dans des initiatives politiques exposant à des arrestations n’a pas ou peu été mis en avant. Même lors de manifestations massives de désobéissance civile (comme par exemple les “bombspotting” qui, des années durant, envahissaient la base aérienne de Kleine-Brogel où sont stockées des bombes atomiques US), le port de la carte était un usage jamais questionné.
Ce n’est que récemment que la question s’est posée ouvertement, sous l’influence de militants français, souvent en méconnaissance des spécificités belges. En France en effet, le fait de ne pas donner son identité (si il n’y a pas d’infraction constatée) ne peut déboucher que sur un maximum de 6 heures de détention (temps laissé à la police pour procéder à la vérification). Après quoi, on peut être “libéré sous X”. C’est que le statut de la carte est faible en France: c’est Vichy qui l’a rendu obligatoire à tous les citoyens et cette obligation a été abrogée en 1955.

En Belgique, c’est durant l’occupation en 14-18 par les troupes allemandes que la carte d’identité, le « personal Ausweis » s’est imposé. À la libération, l’état belge adopte cet outil comme instrument central de contrôle social, sans interruption jusqu’à aujourd’hui.
La possession d’une carte d’identité électronique est donc obligatoire dès l’âge de 12 ans pour les citoyens belges. À partir de 15 ans, la loi impose de l’avoir constamment sur soi et de la présenter sur la voie publique si une autorité compétente vous le demande. Le non-respect de cette obligation est passible de sanctions pénales, comme une amende pouvant atteindre 500 €.

On entend parfois dire que l’on peut présenter n’importe quelle pièce justifiant son identité (carte d’étudiant, etc.). C’est une légende. Selon la loi, le seul document officiel qui remplace pleinement la carte d’identité est le passeport belge en cours de validité. Cependant, dans des situations particulières (dépendant aussi de la bonne volonté du policier), le permis de conduire ou l’attestation de perte ou de vol de la carte d’identité, délivrée par la police, peuvent suffire.
La loi autorise la police à retenir toute personne qui refuse ou est dans l’impossibilité de prouver son identité. Cette mesure de vérification est une arrestation administrative, elle ne peut donc en principe excéder 12 heures et n’entraîne pas d’incarcération en prison. Cependant, les policiers ont deux moyens de contourner cette limite:

1° En liant cela à une infraction

En mars 2010, un militant qui participait à l’occupation du bois de Lappersfort, à Bruges, pour le défendre contre un projet immobilier, a été interpellé pour un prétexte futile (avoir pris de la nourriture périmée dans une poubelle d’un Delhaize). Comme il refusait de donner son identité, il a été maintenu en détention pendant un mois et été condamné à ce mois de prison par la chambre du conseil de Bruges. Le Procureur du Roi a dit explicitement que le vol en soi n’est pas un fait grave (Delhaize n’avait même pas porté plainte), mais il ne pouvait admettre qu’on nargue la justice en refusant de révéler son identité.

2° En liant ou prétendant lier cela à un cas de séjour illégal

Le cas des personnes en séjour irrégulier est légalement spécifique, l’impossibilité ou le refus de coopérer à l’identification, qui empêche l’organisation d’un rapatriement, peut mener à une détention dans un centre fermé. La police peut donc prétendre agir comme si elle avait affaire à des sans-papiers. Le cas le plus récent remonte à octobre dernier. La police bruxelloise avait arrêté six personnes le 14 octobre 2025, lors de la Journée nationale d’action. Au cours de l’intervention, la police a trouvé du sérum physiologique, des lunettes de natation et de ski ainsi que du matériel médical dans les sacs à dos des militants, etc. Le groupe a refusé de s’identifier et a été mis en détention. Les personnes ont finalement cédé et ont accepté de se faire identifier, mais la police a refusé de vérifier leur identité et les a transférés vers les centres de détention de Bruges et de Holsbeek. La police les a traité comme s’ils étaient des sans-papiers ne bénéficiant pas de la citoyenneté belge ou européenne, l’une d’elle de nationalité allemande, est resté plus d’une semaine de détention: “Si vous êtes arrêté et que vous ne pouvez pas présenter de pièce d’identité valide à ce moment-là, ou si vous refusez de le faire, nous partons du principe que vous vous trouvez en situation irrégulière et nous pouvons alors décider de vous placer en détention”, a fait valoir l’Office des étrangers.

Seuls les premiers Code Rouge servent de contre-exemple. Les personnes arrêtées étaient tellement nombreuses (et les infractions pas encore constatées) que de nombreux manifestant.e.s interpellé.e.s ont été libéré.e.s sans identification (souvent sans interrogatoire, parfois même sans avoir été au commissariat mais entassée.e.s dans des bus).
A cette exception près, qui se base sur la masse des personnes arrêtées et l’absence d’infraction constatée (à ce moment), les arguments entendus en défaveur du port de carte trahissaient soient une méconnaissance des usages en Belgique, soit des choix purement moraux. Par exemple “s’aligner” solidairement sur la conditions des sans-papiers. Cette posture est questionnable parce que sont seul impact est une répression élargie. Se faire traiter de sans-papier (et encore… jusqu’à un certain point…) en solidarité avec les sans-papiers n’aide en rien les sans-papiers.

En résumé, les policiers peuvent toujours décider de ne pas appliquer la loi entre votre faveur, par flemme, logique d’apaisement, etc. Mais spéculer sur cette disposition est hasardeux. Dès le moment où il y a infraction (ou claire intention d’infraction, refus d’obéir aux injonctions de la police, etc.), et dès le moment où la police n’est pas débordée par la gestion de milliers de prisonnièr.e.s auxquels on ne peut imputer une infraction, ne pas pouvoir prouver son identité expose à une détention. Cette détention peut servir, soit à vous faire craquer, soit à établir votre identité par d’autres procédés (empreintes digitales, etc.) – et finalement être sanctionné d’une amende. En ce sens, avoir sa carte peut permettre d’éviter détention, amende et prise d’empreintes.

Pour rappel

Vous devez remettre votre carte d’identité au policier. Il ne suffit donc pas de la montrer. La carte d’identité ne peut être retenue que pendant le temps nécessaire à la vérification de l’identité. Elle doit vous être ensuite immédiatement restituée. Ont le droit d’exiger la présentation de la carte d’identité:
– Les policiers, dans le cadre de ses missions légales et réglementaires.
– Les employés à l’occasion de toute demande de certificats et d’extraits par des services communaux ou par d’autres services publics.
– Les contrôleurs et agents de sécurité de la STIB et de la SNCB lorsqu’il y a infraction (Si vous refusez de présenter votre carte, les agents sont habilités à vous retenir sur place le temps nécessaire pour faire appel à la police. ).
– les agents constatateurs communaux belges assermentés (ils ne le sont pas tous), dans le cadre de leurs missions liées aux SAC ou aux infractions environnementales.
– Les huissiers de justice chargés de la signification d’un exploit de justice.
Les autres autorités peuvent seulement vous demander de montrer votre carte d’identité : elles ne peuvent vous obliger à le faire.

(juin 2026)

Turquie : Des prisonniers politiques se mobilisent pour de meilleures conditions de détention

Des prisonniers politiques détenus à la prison de type L Marmara n°6, à Istanbul, ont entamé une action collective de protestation pour dénoncer les restrictions concernant leur accès à la cour de promenade. Les détenus, dont plusieurs sont des lecteurs de Partizan arrêtés dans le cadre des opérations du 1er Mai, voient leur droit à la promenade entravé de manière arbitraire par l’administration pénitentiaire.

Les prisonniers réclament également l’amélioration des conditions matérielles dans les cellules, notamment les problèmes liés à l’aération. Ils affirment que plusieurs détenus doivent dormir dans les couloirs en raison de la surpopulation et que leurs demandes adressées à la direction de l’établissement restent sans réponse.

Berlin : Réunion de soutien à Daniela Klette et sur l’histoire de la RAF

Une réunion publique consacrée à Daniela Klette se tiendra le 14 juillet à Berlin. Organisée par plusieurs groupes, dont le Netzwerk Freiheit für alle politische Gefangenen, elle abordera son parcours, l’histoire de la Fraction armée rouge (RAF), la clandestinité et les poursuites judiciaires en cours.

Arrêtée en février 2024 après plus de trente ans de cavale, Daniela Klette a été condamnée à 13 ans de prison dans une première affaire liée à des braquages destinés, selon l’accusation, à financer la vie clandestine d’anciens membres présumés de la RAF. Les organisateurs annoncent également des échanges sur le futur procès concernant des accusations de participation à des actions revendiquées par la RAF au début des années 1990, ainsi que sur les mesures de répression visant les comités de soutien aux prisonniers politiques.

Turquie : La prisonnière Tuğçenur Özbay met fin à sa grève de la faim après son transfert

La prisonnière révolutionnaire Tuğçenur Özbay a mis fin à sa grève de la faim illimitée après 160 jours de mobilisation, à la suite de son transfert vers une prison où le dispositif de « carte d’identification criminelle », contre lequel elle proteste avec d’autres prisonniers, ne serait plus appliqué. Selon ses soutiens, cette décision marque l’aboutissement de sa mobilisation, qui a également été relayée par 185 personnes ayant participé à une grève de la faim en solidarité. Malgré cette issue, l’état de santé de Tuğçenur Özbay demeure préoccupant. Ses soutiens indiquent qu’elle pèse désormais moins de 40 kg et appellent à poursuivre la solidarité afin de favoriser son rétablissement.

Syrie : Une journaliste allemande dénonce sa détention et appelle à la libération des prisonniers

Libérée le 19 juin 2026 après plusieurs mois de détention en Syrie, la journaliste allemande Eva Maria Michelmann dénonce avoir été maintenue à l’isolement, transférée entre plusieurs prisons et soumise à des conditions de détention d’inhumaines sous l’autorité de HTS. Dans un message vidéo diffusé lors d’une conférence de presse en Allemagne, elle évoque des actes de torture, des interrogatoires sous contrainte et des conditions de détention dégradantes, tout en remerciant les personnes mobilisées pour sa libération. Eva Maria Michelmann appelle à la libération du journaliste Ahmet Polad et de l’ensemble des prisonniers politiques détenus par HTS.

Turquie : Quatre jeunes internationalistes libérés sous contrôle judiciaire en marge du sommet de l’OTAN

Quatre jeunes militants internationalistes allemands, arrêtés à Ankara avant le sommet de l’OTAN, ont été remis en liberté par un tribunal après avoir été présentés par le parquet, qui avait requis leur incarcération. Soupçonnés par les autorités de vouloir mener des « actions provocatrices avant le sommet de l’OTAN dans le cadre de leur appartenance au mouvement Young Struggle », ils ont exercé leur droit au silence lors de leur audition. Le tribunal leur a toutefois interdit de quitter le territoire, une décision que leurs avocats doivent contester en appel. Par ailleurs, les deux autres militants allemands arrêtés à Istanbul ont été expulsés vers l’Allemagne, où ils sont arrivés le 9 juillet.

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