Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Depuis jeudi et jusqu’à dimanche a lieu Place d’Espagne (près de la gare de Bruxelles-Central) la 2e édition de la semaine culturelle kurde.

Dans le « village kurde », le Secours Rouge, Alternative Libertaire BXL, la Sosyalist Kadınlar Birliği, l’Iranian Youth Committee Belgium et le Belçika Göçmenler Kolektifi auront une tente pour vous présenter leur campagne commune de soutien au Bataillon International de Libération combattant au Rojava. Nous serons encore là ce week end de 12H à 20H.


Voir le dossier de cette campagne

Voir le programme de la semaine kurde (concerts, films, etc.)

Poster

Peter Schulte Cardenas, ancien dirigeant en second du Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA), a été libéré mardi après avoir purgé une peine de 25 ans d’emprisonnement à la base navale de Callao. Cardenas Schulte avait été arrêté par la police en avril 1992. Il était membre du Comité Central et du Comité Exécutif National du MRTA, avec Víctor Polay Campos, Miguel Rincón Rincón et Lucero Cumpa Miranda.

Peter Cárdenas résistant à son exhibition par la police suite à son arrestation

Peter Cárdenas résistant à son exhibition par la police suite à son arrestation

Jusqu’à présent, la sécurité est assurée par des membres de la police locale et du Corps de sécurité, service dépendant du SPF Justice et chargé du transfert et de la surveillance de détenus ainsi que du maintien de l’ordre dans les cours et tribunaux. La mission ne se déroule toutefois pas sans heurt depuis quelques mois à Bruxelles. Dernier épisode en date: le 11 septembre, des agents ont quitté le Palais de justice en pleine audience de la Cour d’assises pour protester contre les heures supplémentaires qui s’accumulent et qu’ils ne peuvent récupérer. Dix agents de la police fédérale seront déployés pour renforcer les services de sécurité au Palais de justice de Bruxelles jusqu’à la fin février au plus tard, en attendant un renforcement du Corps de sécurité par le recrutement de 20 personnes.

Au palais de justice de Bruxelles

Au palais de justice de Bruxelles

Le chef du gouvernement de l’état du Tamil Nadu a annoncé en début de semaine la création de nouvelles cellules policières destinées à la contre-guérilla dans dix districts aux frontières de l’état. Le coût de cette opération s’élève à 94,8 millions de roupies (1,2 millions d’euros). Les cellules seront établies dans les districts de Tiruvallur, Vellore, Erode, Udagamandalam, Coimbatore, Tiruppur, Dindigul, Virudunagar, Tiruvelveli et Kanyakumari. Il a également annoncé l’acquisition de matériel de surveillance par caméra pour 263 commissariats locaux. Enfin, 50 postes de police recevront en outre un ‘paquet’ contenant 32 équipements divers afin de maintenir l’ordre de manière plus efficace. Dans ce ‘paquet’, notamment, des détecteurs de métaux pour déceler les gadgets électroniques ainsi que des scanners permettant de visualiser facilement l’intérieur de bagages ou sacs suspects.

Etat du Tamil Nadu

En juillet 2013, au beau milieu des scandales révélés par Edward Snowden, le GCHQ (services de renseignements intérieurs britanniques) se présente au siège de The Guardian, le journal anglais dans lequel étaient publiées toutes les révélations du whistleblower américain à l’époque. Les agents du GCHQ sont venus sur place pour détruire les deux ordinateurs sur lesquels étaient stockés les révélations, le Guardian a finalement accepté (voir l’article que nous avions écrit à l’époque).

En 2014, deux hackers, Mustafa Al-Bassam et Richard Tynan ont visiter les locaux du Guardian pour examiner les restes des deux ordinateurs détruits. Les agents du GCHQ ont détruit chaque endroit où pouvait se trouver de l’information, par le même coup, ils ont révélé tous les endroits où de l’information peut être stockée, mis à part le disque dur. Sur les enregistrements vidéos, on peut voir que des meuleuses, perceuses et des masques sont utilisés, ainsi qu’un démagnétiseur très cher fournit par le GCHQ. Ce que le Guardian avait prit alors pour un pur acte d’autorité serait en fait révélateur. En plus du disque dur, les journalistes ont du détruire les pavés tactiles, les prises d’alimentation, les claviers, les processeurs, les convertisseurs et plus encore dans une opération qui a duré plus de trois heures. Ces manœuvres de destruction ont été standardisées dans un document classifié en 2001 et dévoilées par Wikileaks, elles sont utilisées par les Five Eyes (les services secrets états-uniens, anglais, néo-zélandais, australien et canadien) et censées les protéger contre les « services secrets étrangers, les groupes extrémistes, les journalistes et les criminels ».

Des pièces comme les pavés tactiles des deux Macbook Air détruits peuvent en fait stocker 2Mb d’information, et donc stocker des clés de chiffrement qui peuvent ensuite être uploadées via une mise à jour du firmware. Les services secrets des Five Eyes considèrent donc qu’il est extrêmement difficile d’être certain à 100% qu’un appareil est totalement effacé. S’il était très improbable que les journalistes du Guardian aient stocké des clés de chiffrements dans les pavés tactiles de leur ordinateur, il est en fait assez probable que les agents de renseignements le fassent de leur coté.

Les deux hackers ont demandé à plusieurs marques de PC (comme Dell et HP) s’ils pouvaient développer la façon dont les données sont stockées ailleurs que dans le disque dur, ceux-ci ont refusé de répondre, démontrant à quel point il est difficile de savoir où se trouve les données sur un ordinateur.

Les deux hackers ont présenté le résultat de leurs recherches lors du Chaos Communication Camp il y a quelques semaines, vous pouvez voir la vidéo en anglais ci-dessous.

Un contrôleur d’alimentation détruit lors de l’opération.

Un contrôleur d'alimentation détruit lors de l'opération.

Différents secteurs du transport et de l’éducation uruguayen ont mené une grève de 24 heures après qu’un groupe d’étudiants ait été brutalement expulsées du siège de l’administration de l’éducation publique uruguayenne, à Montevideo. L’incident a eu lieu après que les étudiants exigeant un financement accru pour l’éducation, ont été délogés de force par la police (de la Guardia Republicana). Les affrontements ont conduit à l’arrestation d’au moins 12 personnes tandis que plus de 30 autres ont été blessés, la plupart d’entre eux des officiers de police.

L’opération policière à Montevideo

L'opération policière à Montevideo

Les libertés syndicales sont en recul, les discriminations syndicales en hausse, la répression s’accroît. C’est pour dénoncer cette tendance et marquer la journée nationale pour le Respect des libertés syndicales que les syndicats français, et particulièrement la CGT, ont organisé plusieurs manifestations hier mercredi. C’est ainsi que par exemple la CGT, la FSU, Solidaires, appuyés par le syndicat étudiant Unef, la Confédération paysanne et l’association de chômeurs AC Gironde, avaient appelé à un rassemblement aux abords de la préfecture, à Bordeaux. Plusieurs cas d’école ont été mis en avant à cette occasion, comme celui de Corinne Versigny, secrétaire générales de l’union départementale CGT, poursuivie es-qualité pour un tract évoquant le conflit aux Fonderies Le Bélier.

La manifestation à Bordeaux

La manifestation à Bordeaux

Un jeune Saoudien chiiteAli al-Nimr, risque d’être exécuté pour avoir pris part, alors qu’il était mineur, à des manifestations inspirées du Printemps arabe. ne soit pas mis à mort. Les autorités saoudiennes n’annoncent pas à l’avance les exécutions, généralement pratiquées par décapitation au sabre. Mais des experts de l’ONU ont prévenu que le jeune homme pouvait être « exécuté à tout moment ». Le jeune condamné est le neveu d’un religieux chiite influent qui est également dans les couloirs de la mort.

Mardi, des experts de l’ONU en droits de l’Homme ont demandé aux autorités saoudiennes d’annuler l’exécution, en exprimant de sévères critiques sur le processus judiciaire ayant conduit à sa condamnation. Le jeune homme a apparemment été torturé et contraint de passer aux aveux, alors qu’il n’avait pu recourir à un avocat dans des conditions normales avant et pendant son procès. Deux autres personnes, également mineures et ayant elles aussi participé aux manifestations dans la ville de Qatif, et dont l’exécution serait imminente. Depuis le début de l’année, 133 personnes ont été exécutées dans le royaume ultra-conservateur, contre 87 sur l’ensemble de 2014.

Ali al-Nimr

Ali al-Nimr

Le cabinet de sécurité israélien a décidé jeudi d’élargir l’autorisation de tirs à balles réelles par les forces de sécurité contre les lanceurs de pierres, et de bouteilles incendiaires « quand une tierce personne a sa vie menacée et plus seulement quand un policier est menacé ». Le cabinet de sécurité s’était réuni pour se prononcer sur des mesures destinées à renforcer la répression contre les lanceurs de pierres et d’engins incendiaires palestiniens dont 13, y compris neuf mineurs, ont été arrêtés dans la nuit selon la police.

En Palestine

En Palestine

Mardi 15 septembre, Ali Najati, l’un des dirigeants bien connu du Syndicat de la canne à sucre de Haft-Tapeh, a été arrêté. Cette usine est située dans la province riche en pétrole du Khuzestân au sud de l’Iran. Après avoir fait des perquisitions à son domicile, des agents du renseignement ont confisqué certains équipements, tels son ordinateur. Ali Nejati, directeur du Syndicat des travailleurs de Haft-Tapeh de canne à sucre, a déjà été poursuivi et arrêté à plusieurs reprises à cause de ses activités syndicales.

Le 16 septembre, Mahmoud Salehi, syndicaliste, a été condamné à 9 ans de prison, à Sanandaj, la capitale de la province occidentale du Kurdistan. Il est accusé de faire partie des « groupements en conflit et de faire de la propagande contre le régime ». Salehi a été arrêté et emprisonné à plusieurs reprises. Le 16 septembre, il s’est adressé au tribunal de Sanandaj pour recevoir le compte rendu de sa condamnation, mais le tribunal a refusé de le lui donner par écrit en lui déclarant verbalement sa peine au bureau du tribunal avec un total de 9 ans de prison. Des informations faisaient état de la détention de plusieurs étudiants militants à l’Université de Téhéran, de Tabatabai et de Nasir à Téhéran.

Mahmoud Salehi

Mahmoud Salehi