Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le 2 octobre au matin, trois anarchistes ont été perquisitionnés dans le Trentino par la Digos (police politique). Ces perquisitions sont liées à une action survenue à Trento la nuit du 25 septembre. Plusieurs inconnus avaient recouvert de peinture rouge le portail du tribunal de Trento (scellant aussi ses serrures avec du mastic) et jetant des pierres contre ses vitres en solidarité avec les prisonniers en lutte. Un autre local judiciaire, la nuit du 30 septembre au 1er octobre, avait été recouvert de peinture.

Dans la cadre des récentes opérations dirigées contre les guérillas maoïstes de la région VRAEM, les forces armées péruviennes ont ouvert de nouvelles bases de contre-guérilla à Pucyura et à Quillabamba (province de La Convention). D’ici décembre, huit autres bases doivent être aménagées à Incahuasi Yuveni, Kepashiato Llochegua , Mazángaro et Union Mantaro. Ces bases de contre-guérilla sont équipées des dernières technologies, y compris des caméras haute résolution pour repérer des cibles la nuit ou dans des conditions météorologiques défavorables. Ces caméras fonctionnent à 360 degrés.

Lors des précédentes opérations de contre-insurrection» dans la province de La Convention, faute de base, les militaires ont improvisés des installations dans des locaux municipaux et dans une école de la ville, s’attirant les critiques de la population. Après un an et quatre mois , l’armée a finalement évacué ces lieux pour occuper leurs propres bases. L’opération commencée le 27 septembre se poursuit. deux nouvelles personnes ont été arrêtées, ce qui porte à 25 le nombre des membres présumés des réseaux logistiques du PCP-SL capturés.

La base de contre-guérilla de Pucyura

La base de contre-guérilla de Pucyura

Un petit périphérique USB baptisé USB Rubber Ducky en vente sur le net a la particularité de se comporter exactement comme un clavier dès que vous la branchez, un clavier qui écrira tout seul le code que vous lui aurez dit d’écrire à l’avance. Comme n’importe quel clavier, Ducky est reconnu par les OS modernes (Linux, Mac et Windows) et profite de cette confiance aveugle qu’on les OS en les claviers afin de balancer des payloads à la vitesse de mille mots par seconde.

Ces payload peuvent être des scripts (eux-mêmes téléchargeables par dizaines sur le net) qui permettent, par exemple: d’insérer une backdoor (sous OSX), de faire du DNS poisoning en local, de récupérer la config WiFi d’un Windows, de récupérer le profil d’un utilisateur sur un FTP de votre choix, de créer un réseau WiFi sur la machine visée et même d’injecter un binaire. USB Rubber Ducky ne fonctionne que si l’utilisateur a oublié de bloquer sa session. Ce qui est très souvent le cas. Avec un petit script bien pensé, il suffit que vous vous leviez 1 minute de votre chaise, pour que votre voisin de table récupère des données, un accès distant ou des mots de passe en quelques secondes simplement en insérant sa clé Ducky dans le port USB de votre machine.

Les prisonniers politiques basques qui se trouvent dans le module D1 de la prison de Fleury-Mérogis Javier Arruabarrena, Asier Bengoa, Joanes Larretxea, Igor Suberbiola et Gorka Azpitarte sont en grève de la faim depuis le 1 octobre. Les prisonniers de ce module ont un régime de surveillance spécial, et leurs conditions de détention se sont considérablement durcies cet été : changements de cellule très fréquents et menés de façon violente, fouilles intégrales, leurs affaires sont sans arrêt mises sens dessus dessous, etc. Lors du dernier changement de cellule, ils se sont réunis avec la direction de la prison mais il leur a été répondu qu’il s’agissait d’un ordre venu ‘d’en haut’ et que la situation ne changerait pas. Face à cela, ils ont réalisé un certain nombre de protestations. Le 16 septembre ils se sont réunis à nouveau avec les responsables de la prison, mais ceux-ci leur ont répété qu’ils maintiendraient leur décision. Ils ont donc décidé d’entrer en grève de la faim le 1er octobre.

Herman Wallace, 72 ans, un ex-Black Panther confiné à l’isolement pendant plus de 40 ans pour le meurtre d’un Blanc qu’il a toujours nié, est mort vendredi d’un cancer du foie, trois jours après sa libération.
Wallace était l’un des « trois d’Angola » du nom de la prison d’Angola en Louisiane, réputée pour son racisme et baptisée ainsi car elle fut construite sur une ancienne plantation où les esclaves venaient de ce pays.

Ces trois prisonniers avaient attiré l’attention internationale après avoir passé à eux trois plus d’un siècle à l’isolement pour le crime en 1972 d’un gardien de prison blanc, qu’ils ont toujours nié et dont les preuves ont été une à une remises en cause. Ils étaient alors membres des Black Panthers. Wallace a été libéré mardi soir au terme d’un bras de fer judiciaire avec l’Etat de Louisiane qui refusait sa remise en liberté pour raisons médicales. Wallace souffrait d’un cancer du foie en phase terminale.

Herman Wallace

Herman Wallace

La dimension « anti-terroriste » du dossier de l’islamiste Trabelsi semble expliquer tous les dénis de justice qui caractérisent cette affaire, à commencer par le fait que Trabelsi va être jugé, condamné et emprisonné aux USA pour les mêmes faits qui lui ont valus d’être jugé, condamné et emprisonné dix ans en Belgique. Le tribunal de première instance a ordonné jeudi l’interdiction ou la suspension de l’extradition de Trabelsi, condamné en 2003 à dix ans de prison. Trabelsi a été extradé d’urgence quelques heures auparavant vers les Etats-Unis, pour contourner ce recours ou l’avis attendu fin octobre/début novembre de la Cour européenne des droits de l’homme sur cette affaire.

Le président du Pérou, Ollanta Humala, a rappelé sa promesse de mettre fin aux guérillas du PCP-SL « dans les trois ans » suite aux 23 arrestations de personnes présumées liées au PCP-SL dans la région de la vallée de l’Apurimac Ene et du Mantaro (VRAEM). A peu près au même moment, deux colonnes de guérilleros maoïstes ont pris le contrôle de la localité de Paucarbamba(département de Huancavelica, région VRAEM). L’une d’elle s’est déployée autour de la localité, l’autre y a pénétré, vidant au passage les coffres de l’agence locale de la Banco de Nacion.

Mercredi, plus de 1000 tribaux indiens s’étaient réunis devant le bâtiment du Congrès à Brasilia. A travers le pays, des centaines d’autochtones ont bloqué des autoroutes et ont occupé des bâtiments officiels pour s’opposer à la diminution de leurs droits sur leurs terres ancestrales. Ces droits sont continuellement menacés par des agriculteurs (soutenus par des politiciens locaux) mais aussi par les récentes propositions législatives du Congrès visant à faciliter l’investissement privé dans les régions tribales. Les tensions se sont ravivées depuis que le gouvernement a expulsé 7000 fermiers et leurs familles d’un territoire indien dans l’état de Mato Grosso plus tôt cette année. Mercredi, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les centaines d’Indiens qui tentaient de prendre d’assaut le bâtiment du Congrès.

L’EPP, Armée du Peuple Paraguayen, est active dans les provinces pauvres de San Pedro et de Concepcion depuis 2007 où elle lutte, entre autre, pour les paysans sans terre. Sur ordre du nouveau président Horacio Cartes, l’ensemble de la zone a été militarisé il y a environ un mois. A la tombée de la nuit mardi, un groupe de présumés guérilleros a pris d’assaut un convoi de formateurs venus donner une conférence aux soldats et aux policiers stationnés à Tacuati, une petite ville située à 400 kilomètres au nord d’Asuncion. L’embuscade a eu lieu dans une zone boisée à proximité de la ville. L’officier de police qui conduisait le véhicule a été abattu. Les sept passagers ont quant à eux été légèrement blessés suite aux tonneaux effectués par la camionnette après le décès du conducteur.

Finalement, le comité d’enquête russe chargé de l’affaire concernant l’action menée par l’organisation Greenpeace contre une plateforme Gazprom dans l’Artique a inculpé les trente membres d’équipage. Ceux-ci ont été placé en détention après l’arraisonnement de leur bateau par les autorités russes le 19 septembre dernier. Ils sont tous inculpés pour ‘piraterie en bande organisée’ et risquent jusqu’à 15 ans de prison.