Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Il y a quelques jours, les autorités égyptiennes avaient pris la décision de transférer hors de la ville 39 prisonniers attendant leur verdict, prévu samedi, dans un procès concernant des violences qui ont fait 74 morts après un match de football à Port-Saïd en février 2012. Depuis, la population de Port-Saïd descend quotidiennement dans les rues de la ville pour contester cette décision et dénoncer l’énorme présence policière. Hier, à nouveau, de violents affrontements ont opposé les manifestants et les forces anti-émeutes, gaz lacrymogènes contre cocktails Molotov. Des slogans anti-police ont été peints sur de nombreux bâtiments alors que de nombreux véhicules blindés avaient déployés dans toute la ville, en particulier autour des bâtiments publics et des locaux d’entreprises.

Au Caire également, des affrontements se sont déroulés entre les forces de l’ordre et des manifestants venus participer aux funérailles d’un militant tué en janvier lors de précédentes manifestations.

Emeutes à Port-Saïd

Quatre soldats ont été blessés dans l’explosion de mines dans la province de Diyarbakir ce lundi. L’explosion s’est produite lorsque les mines plantées le long d’une route ont été déclenchées à distance au passage d’un convoi militaire qui effectuait un trajet de liaison entre la province de Bingol et le district de Lice (Diyarbakir). Les soldats ont été emmenés à l’hôpital tandis que les autorités déclenchaient une vaste opération pour retrouver les guérilleros du PKK qu’elles accusent d’être derrière cette embuscade.

La commissaire européenne aux Affaires intérieures a présenté un programme de « frontières intelligentes » dans le but de « simplifier la vie des voyageurs » et de « réduire l’immigration illégale ». D’une part, un système d’enregistrement des voyageurs, le Registred Travellers Programme (RTP). Chaque année, quelque 5 millions de ressortissants de pays tiers qui se rendent fréquemment en Europe pourraient y faire appel. Après s’être plié à une procédure de pré-enregistrement comprenant la prise de quatre empreintes digitales, ceux-ci recevront une carte électronique qui leur permettra de bénéficier d’un processus de vérification accéléré via les portails informatisés des points d’accès frontaliers.

D’autre part, les frontières européennes seraient équipées d’un dispositif de contrôle des entrées et des sorties (le EES). Remplaçant le système manuel actuel, il enregistrera la date et le lieu d’entrée et de sortie des voyageurs. il calculera de manière électronique la durée du court séjour autorisé et avertira les autorités nationales quand celui-ci a expiré. Dans un premier temps, l’EES reposerait sur des données alphanumériques avant que n’y soient inclue la prise de dix empreintes digitales. Les informations seront rassemblées au sein d’un banque de données centralisées à laquelle auraient accès les services des Etats membres. Les données sderaient détruites au bout de six mois à l’exception des cas de non-respect de la durée du séjour où elles pourront être conservées jusqu’à 5 ans.

Paola, une camarade emprisonnée à la suite de l’opération policière contre le mouvement anarchiste connue sous le nom d’opération «Ardire», a été libérée de prison et est actuellement détenue en résidence surveillée avec toutes les restrictions possibles (pas de visites, pas de de téléphone, pas d’internet, etc.).

Les villageois de Shangpu (province de Guangdong, sud de la Chine), occupent en masse les rues et la place du village depuis vendredi dernier, en accusant les fonctionnaires locaux d’être corrompus et de vendre les terres locales à des spéculateurs. Des gros bras envoyés par les spéculateurs et leurs hommes sur place ont tenté de déloger les habitants, mais ont été repoussés dans des scènes de colère populaire qui a vu la destruction d’une trentaine de voitures. La police est ensuite intervenue, arrêtant six personnes. Plus de 10 personnes ont été blessées, mais la rue reste aux villageois.

Chine: Les villageois contre l’accaparement des terres

Les forces de sécurité péruviennes ont attaqué ce qu’elles présentent comme une des principales bases de la guérilla maoïste dans la région de la vallée de l’Apurimac, Ene et Mantaro (VRAEM). Les militaires affirment avoir tué cinq guérilleros, mais n’ont produit aucun corps, ce qui trahit sans doute un « effet d’annonce » propagandiste. Ils affirment également que ce camp était celui d’un des principaux commandants du PCP-SL, Jorge Quispe Palomino, le « camarade Raul », et que l’opération avait pour but de le capturer. Plusieurs effets personnels de ce derniers ont été trouvés dans cette base.

L’offensive de contre-guérilla nommée « crépuscule rouge » s’est déroulée du 23 février au 1er mars dans la zone de la jungle de Vizcatan, dans la région d’Ayacucho. La base avait une cuisine, une grande terrasse pour les réunions politiques, une crèche pour les enfants des guérilleros et un silo. Contrairement à ce que nous écrivions dans notre premier article article sur cette offensive, la « camarade Carmen » n’a pas été capturée. Un guérillera a bien été tuée mais les autorités parlent parfois de la « camarade Carmen », parfois de la « camarade Luisa », deux membres du PCP-SL recherchées de longue date par la contre-guérilla.

Pérou: Suite de l’offensive de contre-guérilla

Le ministre de l’Intérieur français Manuel Valls a annoncé son intention de proposer que soient ‘aggravées les peines contre ceux qui s’en prennent aux forces de l’ordre’. En France, le code pénal prévoit déjà des peines plus lourdes pour les crimes et les délits commis contre les personnes dépositaires de l’autorité publique. Manuel Valls, par sa proposition, souhaite que les peines existantes soient aggravées, mais surtout que le champ d’application de la loi actuelle soit élargi aux insultes, menaces et autres caillassages.

Les affrontements ont repris hier samedi à Mansoura, après les funérailles du jeune homme tué dans les affrontements de la veille. Le jeune avait été renversé par un véhicule de police. Les manifestants ont jeté des pierres et des cocktails Molotov sur les policiers, bloqué des rues et lapidé la prison. Les forces de l’ordre ont fait un usage massif de gaz lacrymogènes.

Egypte: De nouveaux affrontements à Mansoura

Samedi, les forces de répression de la monarchie du Bahrein ont attaqué à la matraque et au gaz lacrymogène un rassemblement pacifique de manifestants qui s’étaient réunis devant l’hôpital Salmaniya où se trouve le corps de Mahmoud al-Jaziri, un manifestant de 20 ans tué par la police. Les autorités refusent de rendre le corps à la famille, de peur que les funérailles se transforment en démonstration contre le régime.

Bahrein: Encore la répression

En fin de semaine, les autorités de la ville de Zurich ont annoncé leur intention d’évacuer le Squat de la Binz, occupé depuis 2006. Hier, en fin de soirée, des centaines de personnes se sont rassemblées pour dénoncer cette décision et empêcher l’évacuation. Peu après, plus de 1000 personnes ont rejoint les militants présents et les membres du squat. Les forces de l’ordre sont intervenues pour contenir la foule, faisant usage de gaz lacrymogènes, de lances à eau et de balles en caoutchouc. Les manifestants, après leur dispersion, se sont rabattus dans divers quartiers de la ville. Des containers et des voitures ont été incendiés et des bâtiments maculés de peinture. Personne n’a été interpellé ni blessé selon les premiers rapports des autorités.

Contre l’éviction d’un squat à Zurich

Contre l'éviction d'un squat à Zurich