Mumia Abu-Jamal a quitté le couloir de la mort de la prison SCI-Greene de Waynesburg et a été transféré à la prison SCI-Mahanoy de Frackville (photo), à 170 km de Philadelphie. Le directeur de la prison de Frackville a confirmé que Mumia Abu-Jamal était bien détenu à l’isolement dans « l’unité de contrôle » de son établissement « jusqu’à ce que l’on s’assure qu’il puisse rejoindre la population carcérale dans quelques jours ».
Nouvelle adresse de correspondance :
Mumia Abu-Jamal
#AM 8335
SCI Mahanoy
301 Morea Road
Frackville, PA 17932

USA: Mumia quitte le couloir de la mort et la prison de Waynesburg

Une soixantaine de personnes ont défilés dans les rues de Londres ce 10 décembre pour demander la libération inconditionelle et immédiate de Mumia Abu Jamal.

La manifestation s’est terminée devant l’ambassade américaine où une autre manifestation ‘System change not Climate change’ se tenait déjà. Si les manifestants étaient heureux d’apprendre que la peine de mort ne serait pas reconduite, un message du MOVE a cependant rappellé que ‘cela ne veut pas dire qu’ils ne veulent pas Mumia mort, la police et les autres forces réactionnaires veillent à ce que ses droits et sa sécurité ne soient pas respectés en prison’.

Manifestation pour Mumia

Manifestation pour Mumia

Depuis plusieurs mois, trente-trois ans après les faits, se tient en Allemagne un procès contre Verena Becker pour participation à l’action de la RAF contre le procureur général de l’époque, Siegfried Buback, que la RAF tenait pour responsable direct de la mort d’Ulrike Meinhof. L’Etat allemand veut contraindre les anciens militants de la RAF à témoigner. Ces militants ont publié un texte commun affirmant leur refus (lire ici ce texte).

Face à ce refus, l’Etat allemand utilise depuis des mois la menace de l’emprisonnement grâce à la disposition juridique du Beugehaft, (« astreinte par corps »), un arti­cle du code de pro­cé­dure pénale qui permet d’envoyer en prison pour six mois une per­sonne qui refuse de témoi­gner devant la jus­tice. Mais pour la première fois il met cette menace à exécution. Christa Eckes s’est vue notifier une décision d’incarcération; elle devrait sous quinze jours être emprisonnée dans un hôpital pénitentiaire. Un hôpital. Car Christa Eckes est actuellement en chimiothérapie, avec un pronostic vital de 50% selon ses médecins. Alors que cet état de santé permettrait normalement à un détenu de sortir de prison pour raisons de santé, c’est l’inverse qui se passe pour Christa Eckes, qui avait été arrêtée en 1974, à l’age de 24 ans, et qui a purgé deux longues peines de prison dans les années 70-80-90 (elle était d’ailleurs en prison en 1977, au moment de l’action contre Buback).

Le 15 novembre, une série de perquisitions a été opérée avec pour résultat l’inculpation de 4 militants anarchistes. Les chefs d’inculpation sont les suivants : participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou de dégradations de biens ;
 violence commise en réunion sans incapacité ;
 dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en réunion. Dans un langage moins sophistiqué, les 4 prisonniers sont accusés d’avoir attaqué le 5 juillet dernier les locaux de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) pour contester les incarcérations de mineurs. Les armes de l’attaque étaient des bouteilles remplies d’excréments humains, déversées sur les bureaux et dans les locaux. Ce n’est pas la première attaque contre la PJJ puisque des locaux auraient déjà été taggés en février 2010 à la suite du suicide d’un mineur incarcéré et en mai 2011.
Si ces actions n’avaient en elles-mêmes causées que peu de dégâts, les quatre inculpés sont toujours en prison pour des motifs politiques avoués et pour des refus de prélèvements ADN. Le 3 décembre, une banderolle avait été installée Place du Capitole à Toulouse avec l’inscription suivante : ‘Police, justice, répression, dégage !’

Un rassemblement aura lieu devant le Palais de Justice de Poitiers ce 16 décembre, annonce le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux. D’autres manifestations auront lieu à Bordeaux à Toulouse et dans d’autres villes le 17 décembre à l’occasion de la Journée nationale Anti-Répression.

Depuis le mois de septembre, les habitants du village de Wukan, dans la province méridionale du Guangdong, mènent de violentes protestations contre la saisie de leurs terres par les autorités. Les paysans accusent les autorités locales de s’emparer de leurs terres sans même leur offrir une compensation et d’être à la solde de promoteurs véreux qui leur donne des pots-de-vin. Des centaines de manifestants ont récemment attaqué un commissariat et détruit plusieurs véhicules. Cinq villageois ont été arrêté en raison du rôle de leaders qu’ils ont joué dans les manifestations, et l’un d’entre eux est décédé. Selon les habitants du village, il aurait été battu à mort par les forces de l’ordre. Depuis plusieurs jours, les forces de l’ordre maintiennent un blocus du village où la population commence à manquer des biens de première nécessité. En outre, elles ont totalement coupé l’accès à Internet.

En mai 2010, à Adana (sud de la Turquie), la police avait interpellé un jeune homme kurde de 14 ans dans une manifestation pour avoir jeté un cocktail Molotov sur un commissariat de police. Accusé d’avoir blessé un policier, il a été mis en examen pour ‘tentative de meurtre’ et ‘action armée contre la police’. Au cours du procès, à la demande du directeur de la police d’Adana, le parquet a estimé que le cocktail Molotov était une bombe. Ce même directeur a par ailleurs demandé le droit d’ouvrir le feu sur les manifestants qui jettent des cocktails Molotovs. Ce 6 décembre, le parquet a requis 24 ans de prison contre l’adolescent: vingt ans pour ‘tentative de meurtre’, trois ans pour ‘action armée’ et un an pour ‘outrage’.

Cocktail Molotov

Cocktail Molotov

Ce mercredi, les avocats de Mumia Abu-Jamal, prisonnier dans le couloir de la mort depuis près de trente ans, ont annoncé qu’il ne serait pas exécuté. Au début de l’année, une cour d’appel fédérale avait décidé que sa peine devait être réexaminée en raison de vices de procédures durant son procès pour le meurtre de policier en 1982. La Cour Suprême avait rejeté la demande des procureurs de Philadelphie de recondamner l’ancien Black Panther à la peine de mort. Aujourd’hui, ces derniers ont annoncé qu’ils ne feraient pas appel de cette décision. Mumia est donc condamné à une peine de prison à perpétuité.

Mumia Abu-Jamal

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Mumia Abu-Jamal

Le 22 novembre dernier, les autorités turques ont procédé à une nouvelle vague d’arrestation visant la communauté kurde. Plus de cent personnes ont été arrêtées à Istanbul, à Diyarbakir et à Kocaeli de manière quasi simultanée. Parmi elles figurent une quarantaine d’avocats d’Ocalan (dirigeant emprisonné du PKK), un journaliste kurde, des étudiants, des membres du parti pro-kurde BDP (Peace and Democracy Party) et du DTK (Congrès pour une Société Démocratique), qui est une plateforme d’associations et de mouvements kurdes. Toutes ces interpellations interviennent dans le cadre de l’affaire KCK (Kurdistan Communities Union) lancée en 2009 suite à son large succès aux élections municipal et à la menace qu’il continue à poser au pouvoir turc qui l’accuse d’être la branche politique du PKK.

Le 28 novembre, au moins quinze personnes ont été arrêtées à Yuksekova (Hakkari) lors d’une manifestation anti-répression. Le 27 novembre, une trentaine de membres du BDP ont été interpellés dans la région de Sirnak. Et selon certaines sources, le gouvernement turc envisagerait actuellement d’enfermer des députés kurdes: ‘Selon les informations qui nous sont parvenues, on cherche à arrêter cinq députés. Ils planifient des complots et les mettront en oeuvre’. Cinq députés du BDP se trouvent déjà actuellement en prison. Selon le BDP, au moins 4 547 personnes ont été arrêtées et environ 2000 personnes parmi elles ont été envoyées en prison, au cours des sept derniers mois dans le cadre de l’affaire KCK. Et cela sans compter toutes celles qui ont été incarcérée pour leurs liens présumés avec le PKK.

Ce mercredi, les autorités ont interpellé et placé en garde à vue deux personnes qu’elles suspectent d’avoir aidé la guérillero maoïste Suchitra Mahato. Celle-ci se trouvait avec Kishenji lorsque les forces de l’ordre leur sont tombées dessus. Contrairement à ce dernier, Mahato n’a été que blessée et est parvenue à se réfugier dans la jungle. Depuis lors, les forces de sécurité quadrillent et ratissent la région pour la retrouver. Mercredi, Bhudab Mahato, qui lui a fourni une assistance médicale et lui a prodigué les premiers soins, et Pintu Tudu, qui a amené la blessée chez Mahato ont été interpellés et incarcérés pour une durée minimale de sept jours au CID (Criminal Investigation Department).

Par ailleurs, les autorités ont annoncé que c’est un ordinateur saisi il y a environ un mois lors d’une opération dans le district de Kanhamal (Orissa) qui leur aurait permis de localiser Kishenji. Cet ordinateur appartenait à Sabyasachi Panda, un des des dirigeants du comité régional du CPI(m) et contenait de nombreuses informations telles que les personnes en lien avec les maoïstes, leurs futurs projets, leur communication avec les dirigeants du comité central du parti, les fonds récoltés par les guérilleros et leur provenance,… L’ordinateur a été décodé par trois analystes de haut niveau de Delhi et ceux-ci sont parvenus à localiser les trois principaux dirigeants locaux. Outre Kishenji (dont on sait qu’il a été abattu la semaine dernière, plus que probablement lors d’un ‘faux combat’), un autre membre du Politburo, Akkiraju Ramakrishna, alias R.K., aurait été localisé. Selon certaines sources, une opération l’aurait d’ailleurs visé la semaine dernière à la frontière entre l’Andhra Pradesh et l’Orissa, mais aurait échouée. Les autorités ont affirmé que R.K. était leur prochaine cible.