Le gouvernement russe renforce le contrôle d’Internet et vise à supprimer complètement l’anonymat des utilisateurs. Roskomnadsor, le service fédéral russe de surveillance des communications, des technologies de l’information et des médias, ralentit actuellement le messenger Telegram, accusé de ne pas avoir bloqué suffisamment rapidement les « chaînes anonymes », tandis que WhatsApp s’est conformé aux exigences des autorités. Des mesures de surveillance plus larges sont prévues, incluant des systèmes d’IA pour bloquer les VPN et identifier les contenus interdits à partir de mots et d’expressions, pour un coût d’environ 25 millions d’euros. Selon plusieurs observateurs, la Russie veut devenir le premier pays au monde à abolir totalement l’anonymat en ligne.

La police de l’immigration états-unienne ICE utilise un outil développé par Palantir, nommé ELITE (Enhanced Leads Identification & Targeting for Enforcement), pour localiser et dresser des dossiers sur des personnes pouvant être potentiellement détenues ou expulsées. L’application combine des adresses et données provenant de diverses agences gouvernementales et sources commerciales, attribue un « score de confiance » aux résidences et permet de visualiser sur une carte des zones à forte densité de cibles potentielles. Témoignages et documents internes montrent qu’ELITE est utilisé pour planifier des raids, comme celui de Woodburn (Oregon), où plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées. Palantir, qui travaillait auparavant avec ICE pour des enquêtes criminelles, s’est concentré sous l’administration Trump sur les efforts d’expulsion, dans le cadre d’un contrat de près de 30 millions de dollars. L’outil illustre l’usage massif de la surveillance et de l’IA pour prioriser et coordonner des opérations d’arrestation.

À Milan, un·e militant·e a découvert qu’un logiciel espion avait été installé sur son téléphone à la suite d’une opération de phishing se faisant passer pour le service client de l’opérateur Fastweb. L’application, installée en mai 2025 après une fausse panne de réseau, s’est révélée capable de surveiller en temps réel la localisation, les appels, les contacts, les messages WhatsApp, d’enregistrer des sons et de capturer l’écran. Cette affaire, mise au jour collectivement en janvier 2026, illustre le recours croissant des forces de l’ordre italiennes à des outils de surveillance pointus contre des milieux militants.

Au Royaume-Uni, plusieurs unités de police testent un système d’intelligence artificielle développé par Faculty AI qui analyse les données du vaste réseau de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR) afin d’identifier des trajets considérés comme « suspects ». Contrairement à l’usage traditionnel ciblé de ces caméras, le programme apprend à reconstituer des parcours complets et à détecter des schémas de déplacement associés à des réseaux criminels, à partir de millions de données. Présenté par les autorités comme un projet expérimental encadré sur le plan éthique, ce dispositif suscite de fortes inquiétudes parmi de nombreuses personnes et organisations qui dénoncent un risque de surveillance de masse, d’atteinte généralisée à la vie privée et d’évolution progressive vers le suivi des déplacements de l’ensemble de la population.

Le ministre belge de la Défense Theo Francken a approuvé l’achat du FN Smart Protector 303T, une arme dite « moins létale » développée par FN Herstal et équipée d’une caméra intelligente capable de reconnaître les têtes humaines et de bloquer le tir afin de réduire les risques de blessures graves. Déjà utilisatrice du FN 303, la Défense présente cette nouvelle version comme un outil renforçant la sécurité des militaires et limitant les dommages collatéraux en situation de stress. Le système inclut aussi des fonctions d’entraînement et d’analyse après action, avec une livraison prévue en mars 2026 suivie d’une phase d’évaluation opérationnelle.

Du 10 au 17 décembre 2025, la Chine et Singapour ont mené l’exercice militaire conjoint Cooperation 2025, axé sur les opérations antiterroristes urbaines, au cours duquel les forces des deux pays ont déployé des drones et des robots loups dans des entraînements coordonnés. Cet entraînement illustre l’intégration accrue des technologies sans pilote dans les combats urbains et témoigne de l’investissement continu dans l’innovation militaire de la part de Pékin et Singapour.

En France, plusieurs Palestiniens témoignent dans Politis de pressions exercées par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) au cours de leurs démarches de naturalisation : convoqués sous couvert d’« enquête de moralité », ils disent avoir été interrogés sur leur entourage et leurs engagements associatifs pro-palestiniens, notamment au sein de l’Union générale des étudiants palestiniens (GUPS), et s’être vu suggérer de transmettre des informations aux services de renseignement en échange d’un appui implicite à leur dossier. Certains relatent des retards prolongés, des refus motivés par des « notes blanches » évoquant leur « environnement », ou des insinuations liant leur identité à des risques sécuritaires, avant d’obtenir parfois la nationalité après des années de recours.

Le gouvernement belge a validé l’acquisition d’un nouvel outil d’interception pour la Sûreté de l’État, présenté comme un moyen de renforcer ses capacités technologiques, mais décrit comme un logiciel espion comparable à Pegasus ou Predator. Destiné à infiltrer téléphones et ordinateurs afin d’en extraire toutes les données, ce dispositif plus performant que celui déjà utilisé reste entouré de secret, aucun détail n’ayant filtré sur son origine ou son fournisseur. Son utilisation restera soumise aux règles encadrant les « méthodes particulières de renseignement », qui exigent une justification de nécessité et de proportionnalité. Cet achat s’inscrit dans une augmentation de 10 % du budget de la Sûreté, consacrée à la modernisation technologique sur l’ensemble de la législature.

Une enquête de la BBC affirme que la police anti-émeute géorgienne aurait utilisé en 2024 un gaz lacrymogène ancien, le bromobenzyl cyanide (« camite »), une substance de la Première Guerre mondiale supposée abandonnée depuis les années 1930. Médecins, experts et lanceurs d’alerte signalent des symptômes prolongés chez les manifestants (brûlures, toux, essoufflement, vomissements) compatibles avec ce gaz, possiblement diffusé via des canons à eau. Une étude scientifique confirme la présence probable d’un agent chimique, tandis qu’un ancien responsable de la police explique que ce gaz avait déjà été testé en 2009 et présente des effets persistants. Le gouvernement géorgien refuse de préciser la substance utilisée.

En Belgique, l’usage des dispositifs de vidéosurveillance a fortement augmenté ces dernières années : 95 % des communes wallonnes et bruxelloises sont désormais équipées, et plus de 544 000 caméras privées sont enregistrées au niveau national. Une enquête menée par Technopolice Bruxelles, la Ligue des droits humains et plusieurs médias souligne que cette expansion, particulièrement marquée dans les zones densément peuplées et les quartiers populaires, repose sur des choix politiques et une volonté de contrôle de l’espace public plutôt que sur des preuves d’efficacité, la recherche scientifique étant largement unanime sur leur faible impact en matière de prévention et de résolution des délits. Les auteurs relèvent aussi l’ampleur des données générées par ces dispositifs et l’usage croissant de technologies d’analyse vidéo, dont des logiciels israéliens comme BriefCam, alors même que la Belgique ne dispose pas d’un cadre légal concernant la reconnaissance faciale, que certaines autorités souhaitent introduire.