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France : La justice émet un avis favorable à l’extradition de l’antifasciste Gino vers l’Allemagne

Le 19 août 2026, la Cour d’appel de Paris s’est prononcée en faveur de l’extradition vers l’Allemagne de Gino, antifasciste poursuivi pour sa participation à une manifestation organisée à Budapest en février 2023 contre des néonazis, notamment allemands. Après avoir déjà été incarcéré en France et menacé d’extradition vers la Hongrie, finalement annulée à la suite d’une importante mobilisation, cette décision constitue un nouvel épisode de la procédure judiciaire engagée contre lui. Ses avocats ont immédiatement formé un pourvoi en cassation, ouvrant une période de 40 jours avant une décision définitive. Cette affaire est un nouvel exemple de la répression transnationale de l’antifascisme en Europe, avec une coopération accrue entre les États et leurs dispositifs judiciaires et policiers. Les soutiens de Gino appellent à renforcer la mobilisation contre son extradition dans les prochains jours.

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Turquie : 47 socialistes toujours détenus après 200 jours, dont 19 sans acte d’accusation

Le 20 août 2026, la détention des socialistes arrêtés lors de l’opération de répression du 3 février atteint 200 jours. Sur les 84 socialistes placés en détention lors de cette opération visant notamment l’ESP (Parti Socialiste des Opprimés), les assemblées de femmes socialistes (SKM), la SGDF, l’ÖGK, la BEKSAV et le syndicat DİSK Limter-İş, 37 ont depuis été libérés, mais 47 restent emprisonnés.

Parmi eux, 19 sont toujours détenu·es alors même qu’aucun acte d’accusation n’a été établi et qu’aucune date d’audience ne leur a été fixée. Parmi ces 19 personnes figurent notamment Hüseyin Gültepe, Sezin Uçar, Ömer Akgün, Ali İhsan Tekiş, Erdoğan Gürbüz, Mehmet Ali Tosun, Osman Kara, Ramazan Karakaya, Kenan Hessas, Tugay Köse, Senem Nur Pektaş, Dilan Ergül, Hasan Çandır, Mustafa Yağ, Hacı Çiçek, İdris Tikre, İbrahim Halil Doğan, Ali Çiftçi et Orhan Çelebi. Les premières audiences des autres détenus s’échelonnent jusqu’en décembre, tandis que plusieurs prisonniers, dont des personnes malades, restent incarcérés depuis des mois. Afin de dénoncer cette situation, plusieurs mobilisations sont organisées le 20 août pour marquer les 200 jours de détention, dont un Twitterstorm sur X avec le hashtag #200GündürTutsaklar, à partir de 20H01 (heure d’Istanbul).

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Turquie : Deux prisonniers révolutionnaires entament une grève de la faim illimitée

Le 18 août 2026, Hüseyin Özarslan et Mehmet Akdemir, détenus dans la prison de haute sécurité de type « puits » d’Antalya, ont entamé une grève de la faim illimitée. Ils réclament leur transfert vers un établissement qui ne soit pas de ce type et où se trouvent leurs camarades. Ces prisons reposent sur des cellules individuelles et un isolement particulièrement strict, limitant fortement les contacts entre détenus.

Cette mobilisation s’inscrit dans une série de grèves de la faim illimitées menées actuellement par des prisonniers : Cem Dursun, membre de Grup Yorum, et Tacettin Erol Şahin, de Dev-Genç, en grève depuis le 29 avril contre la vidéosurveillance permanente ; Hasan Basri Yıldız, depuis le 18 mai ; Güzin Tolga, depuis le 13 juillet contre l’imposition d’une carte d’identité de détenue à la prison pour femmes de Şakran ; Emircan Yazı et Cemil Kurt, depuis le 15 juillet ; et Selda Özçelik, depuis le 7 août. Hüseyin Özarslan et Mehmet Akdemir viennent ainsi rejoindre cette mobilisation collective contre les conditions de détention et les politiques carcérales répressives.

Italie : Le prisonnier anarchiste Luca Dolce exprime sa solidarité avec les prisonniers de Palestine Action

Le 11 juillet dernier depuis la prison de Sanremo, le militant anarchiste Luca Dolce, alias Stecco, a exprimé son soutien aux quatre militants de Palestine Action récemment condamnés au Royaume-Uni pour des actions visant l’entreprise d’armement israélienne Elbit Systems. Il inscrit ces condamnations dans un contexte plus large de répression des mobilisations de solidarité avec la Palestine et dénonce la poursuite du génocide à Gaza ainsi que l’utilisation croissante des drones et technologies militaires en Ukraine, en Iran, en Turquie et au Moyen-Orient.

J’ai appris récemment la condamnation de quatre camarades de Palestine Action au Royaume-Uni pour leurs actions contre l’entreprise d’armement israélienne Elbit Systems UK.

La solidarité et la lutte de l’hiver dernier — avec la grève de la faim dans les prisons qui a uni des prisonniers à l’échelle internationale — ont mené à des moments d’unité et de prise de conscience dans la lutte internationaliste contre la guerre génocidaire à Gaza et contre le colonialisme. Ce fut un sursaut d’énergie qui a rassemblé de nombreuses personnes. Des mois ont passé, et le massacre continue.

À Kramatorsk, en Ukraine, ces jours-ci, ces gadgets technologiques appelés drones continuent de terroriser les populations — la même chose se produit en Russie. L’Iran et la Turquie continuent d’utiliser ce nouveau paradigme de la guerre moderne pour attaquer la résistance kurde dans les montagnes, tandis que pour la Palestine, il n’y a plus de mots pour décrire la réalité que nous connaissons et ne cessons d’évoquer. Malgré l’existence brutale que la population est contrainte de subir, elle s’accroche encore à la vie au milieu des décombres. Nous connaissons les objectifs d’Israël et de l’Occident.

À Ankara, alors que le sommet de l’OTAN bat son plein, ces bâtards de tortionnaires font des affaires en ce moment même, et entre traités, contrats et poignées de main, une seule chose les préoccupe — et ce n’est pas la guerre, car c’est de cela qu’ils s’alimentent.

C’est la variable de la résistance humaine et politique qui, malgré les massacres, se tapit dans les esprits qui n’ont pas été désarmés de toute pensée critique — des esprits où les doses de paix sociale n’ont pas réussi à prendre racine avec leurs spectacles trompeurs.

Des camarades continuent de tomber au combat ; les études sur l’ennemi de la vie libre continuent de paraître, tout comme les petites et grandes tentatives d’attaquer le système capitaliste. De nouveaux cœurs battants brisent le leurre imposé par une vie mortifère.

La lutte continue, les prisonniers en font partie, et ces cœurs battants — tout comme l’ont fait les camarades de Palestine Action devant le tribunal — font face la tête haute.

Si la répression de l’État se fait plus suffocante, si chaque geste ou pensée révolutionnaire visant la libération totale est supprimé, si les patrons et les politiciens croient contrôler nos lives, répondons-leur par les mots de résistance prononcés à l’intérieur des camps par une femme du camp d’extermination de Bozenburg et ceux prononcés dans un autre camp à Dachau : « Nous avons saboté le travail de toutes les manières possibles », « Travailler lentement ? Non, sabotez tout ce que vous pouvez. »

Cela devrait être la force motrice sous-jacente de chaque lutte contre la guerre et contre l’État.

Une dernière pensée va aux deux jeunes qui, après avoir subi le poids de la répression imposée par le parquet de Turin pour leur participation à la lutte en solidarité avec la Palestine l’automne dernier, ont décidé de quitter ce monde. Ces événements ne peuvent manquer de laisser des traces et nous obligent tous à réfléchir encore plus attentivement à l’importance de puiser de la force les uns chez les autres et de perfectionner les outils dont nous avons besoin pour construire une continuité politique — et, je dirais, dans un certain sens, spirituelle — face aux attaques de la répression, même si je pense que ces choix relèvent de la liberté de chacun, sans moralisation ni jugement.

Mes pensées et ma solidarité vont à leurs proches.

Nous répondons à la guerre des patrons par la guerre sociale.

Un salut le poing levé à Leona, Samuel, Fatema et Charlotte !

Solidarité avec ceux qui font face à un procès en Allemagne pour l’affaire Ulm5 !

Longue résistance à Prosfygika !

Prison de Sanremo, Italie

11/07/2026

Luca Dolce alias Stecco

Tunisie : Le prisonnier pro-palestinien Wael Nawar entame une grève de la faim

Le 16 août, Wael Nawar, l’un des sept organisateurs tunisiens de la mobilisation Sumud arrêtés en mars, a entamé une grève de la faim pour protester contre son maintien en détention. Avec Ghassan Henchiri, Nabil Chennoufi et Ghassan Boughdiri, il fait partie des quatre organisateurs toujours emprisonnés, alors qu’aucune charge n’a été retenue contre eux depuis cinq mois. Cette grève de la faim vise à dénoncer le caractère arbitraire de leur détention et à exiger leur libération immédiate. Les quatre restent séparés de leurs familles et de leurs proches.

Royaume-Uni : Pas de condamnation pour huit accusés des Filton 25

Le 19 août 2026, le jury de l’un des procès de l’affaire dite des Filton 25 n’est pas parvenu à rendre de verdict unanime concernant les huit accusés : Aleksandra Herbich, Madeleine Norman, Hannah Davidson, Teuta Hoxha, Ian Sanders, Yulia Brigadirova, William Plastow et Sean Middlebrough. Tous étaient poursuivis pour leur implication présumée dans l’action menée en août 2024 contre le site d’Elbit Systems à Filton, qui avait causé plus d’un million de livres de dégâts. Le juge avait auparavant acquitté William Plastow de l’accusation de « violent disorder« , une infraction britannique visant la participation à un rassemblement d’au moins trois personnes au cours duquel des violences illégales sont utilisées ou menacées. Middlebrough, qui est en fuite après une remise en liberté temporaire, a été jugé en son absence.

Les accusés n’étaient pas présents sur le site lors de l’action. L’accusation s’appuyait donc notamment sur le principe de « joint enterprise », qui permet de retenir la responsabilité d’une personne pour une infraction commise par d’autres lorsqu’il est allégué qu’elle a participé à l’entreprise commune, notamment en aidant ou en encourageant sa réalisation. Dans cette affaire, l’accusation invoquait notamment l’achat d’outils et des opérations de repérage. Les huit ont par ailleurs passé jusqu’à 18 mois en détention provisoire, au-delà de la limite légale. Middlebrough avait déjà passé 458 jours détenu sans condamnation.

Belgique : Des demandeurs d’asile arrêtés après une convocation à l’Office des étrangers

En Belgique, 68 demandeurs d’asile ont été placés en centre fermé depuis le début de 2026 après s’être présentés à une convocation de l’Office des étrangers, contre 71 sur l’ensemble de 2025. Cette pratique, dénoncée par les associations et avocats spécialisés dans les droits des étrangers, a été jugée légale par la Cour de cassation. Le 21 mai, un ressortissant palestinien a ainsi été arrêté après s’être présenté à une audition. L’administration invoque notamment le non-respect de précédents ordres de quitter le territoire et un risque de fuite, malgré le fait qu’il vive en Belgique avec sa compagne, attende un enfant et se soit présenté aux rendez-vous fixés.

Asie centrale : Intensification de la répression anticommuniste

En Ouzbékistan, le blogueur et militant de gauche Aziz Khakimov a été condamné à 4 ans et 2 mois de prison pour « incitation à la haine », après avoir dénoncé la réhabilitation officielle de figures du mouvement basmatchi, une insurrection armée anticommuniste menée en Asie centrale contre le pouvoir soviétique à partir de 1918, et les avoir qualifiées de meurtriers. Par ailleurs, les symboles soviétiques et communistes sont régulièrement remis en cause, alors que des responsables nationalistes réclament leur interdiction. Au Kazakhstan, des députés ont proposé d’interdire l’idéologie communiste et les symboles soviétiques, tandis que des responsables politiques envisagent de sanctionner pénalement les critiques de figures historiques faisant l’objet d’une réhabilitation nationale.

Inde : Après sa reddition, près de 15 ans de prison pour l’ancien dirigeant maoïste Azad

Le dirigeant maoïste Dunna Keshava Rao, alias Azad, a été libéré le 19 août 2026 après avoir été acquitté par une cour spéciale de Paralakhemundi dans l’affaire du meurtre, en 2008, du chef religieux hindou Laxmanananda Saraswati et de quatre autres personnes. Le tribunal a estimé que son implication n’avait pas été établie au-delà du doute raisonnable, le dossier reposant notamment sur le témoignage d’un seul témoin et ne comportant aucune preuve matérielle ou scientifique le reliant aux faits. Son acquittement met fin aux dernières procédures engagées contre lui.

Cette libération intervient près de quinze ans après sa reddition aux autorités. Azad s’était rendu le 18 mai 2011 en Andhra Pradesh, alors qu’il était membre du Comité d’organisation de l’État d’Orissa du CPI (maoïste). Cela avait eu lieu dans le cadre d’une vaste campagne contre la guérilla maoïste où les autorités promettaient protection et réhabilitation pour les traitres. Arrêté quelques jours plus tard par la police d’Odisha, il a ensuite fait l’objet de dizaines de procédures dans les deux États, avec des procès retardés, des ajournements et des transferts répétés de prison. Présentée comme une voie vers la « réinsertion », sa reddition s’est ainsi traduite par près de quinze années de détention.

Italie : Arrestation du communiste Deniz Pektaş à la demande de la Turquie

Le révolutionnaire communiste turc Deniz Pektaş a été arrêté le 17 août 2026 en Italie sur la base d’un signalement Interpol émis à la demande de la Turquie. Il est actuellement détenu à la prison d’Ancône et menacé d’extradition. Pektaş, militant politique connu en Europe, avait déjà été arrêté et emprisonné en Allemagne en 2015 avec neuf autres révolutionnaires communistes, dans le cadre de poursuites visant le TKP/ML. Il avait été condamné à cinq ans de prison et détenu pendant plus de quatre ans. Cette arrestation est un nouvel exemple de répression transnationale exercée par l’État turc contre ses opposants politiques à travers les mécanismes d’Interpol.

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