Le 19 août 2026, une dizaine de personnes LGBTQIA+ ont été arrêtées dans le quartier Lirak à Fès. La diffusion de l’affaire dans les médias et sur les réseaux sociaux a été suivie d’une vague de diffamation, d’incitation à la haine et de discours homophobes et transphobes, mettant en danger la vie privée et la sécurité des personnes concernées. Ces arrestations s’inscrivent dans un contexte plus large de répression des personnes queer et trans au Maroc, marqué notamment par des arrestations, des outing forcés, des discriminations dans l’accès au logement et à l’emploi, etc. L’insécurité liée au logement constitue également une préoccupation majeure, les personnes trans étant fréquemment confrontées au refus de location et aux expulsions.
La situation est d’autant plus urgente que la suspension nationale des services des avocats devant les tribunaux complique l’accès à une représentation juridique effective. Leurs soutiens demandent la libération des personnes détenues, un accès immédiat à une assistance juridique indépendante, la protection de leur identité, de leur dignité et de leur sécurité, ainsi que des enquêtes sur les campagnes de diffamation, de divulgation de données personnelles et d’incitation à la violence.
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Du 24 au 31 août, une semaine d’action est organisée pour exiger la libération du journaliste kurde Ahmet Polad, détenu par le gouvernement syrien depuis le 18 janvier. Blessé à la main et à l’abdomen selon des témoins, il est privé de tout contact avec sa famille et son avocat, suscitant des inquiétudes quant à ses conditions de détention et à des mauvais traitements. Ses soutiens appellent à multiplier les actions (affichage, rassemblement, tags, etc.) durant cette période.
À l’image de la Suède, qui a commencé à transférer des détenus vers l’Estonie pour 8 500 euros par mois et par prisonnier, la France pourrait envisager de louer des places de prison à l’étranger pour désengorger ses établissements. Emmanuel Macron avait déclaré en 2025 qu’il n’y avait « pas de tabou » sur le sujet, tandis que Gérald Darmanin avait indiqué étudier cette possibilité, notamment pour les détenus étrangers. Le projet reste toutefois juridiquement et pratiquement complexe.
La France devrait adapter son cadre législatif pour permettre d’éventuels transferts de détenus à l’étranger, notamment au sujet des conditions de détention, des droits d’accès aux proches, aux avocats et aux magistrats, ainsi que les catégories de détenus concernées.
À Héraklion, le squat anarchiste Evangelismos, occupé depuis 24 ans, fait face à une nouvelle offensive des autorités. Après trois expulsions suivies de réoccupations, l’État grec a prévu une enveloppe de 6 millions d’euros pour la « valorisation » du bâtiment, avec un appel à candidatures fixé au 30 novembre 2026. Les occupants dénoncent une opération de répression politique visant à mettre fin au squat et soulignent que les fonds publics servent davantage à démanteler le mouvement anarchiste qu’à rénover réellement le bâtiment.
Evangelismos est un espace social autogéré accueillant notamment des collectifs de soutien aux prisonniers politiques, une bibliothèque, des initiatives de mémoire révolutionnaire, des collectifs agricoles et musicaux, un café et le journal de rue Apatris. Face à la crise du logement et à la transformation du centre-ville en espace touristique, les occupants défendent le squat comme un lieu d’hébergement, d’organisation collective et de résistance à la marchandisation. Ils appellent les soutiens de Crète, de Grèce et d’ailleurs à se rendre à Héraklion entre août et novembre pour participer à la défense du lieu et à l’organisation de sa protection.
Le militant saoudien Abdulrahman Al-Khalidi a été libéré le 21 août 2026 après près de cinq ans de détention administrative en Bulgarie, sans condamnation pénale. Détenu depuis octobre 2021 après avoir fui l’Arabie saoudite et franchi la frontière turco-bulgare pour demander une protection, il a été transféré du centre fermé de Lyubimets à Sofia. Les autorités bulgares y ont modifié la mesure administrative qui imposait sa détention, lui permettant ainsi de quitter le centre après près de cinq ans d’enfermement.
Son cas avait suscité une importante mobilisation en raison du risque d’expulsion vers l’Arabie saoudite, où il craignait d’être persécuté. En 2024, alors qu’il était déjà détenu depuis trois ans, il avait notamment entamé une grève de la faim pour protester contre cette menace. Depuis son lieu de détention, il avait également continué à témoigner sur sa situation et sur les politiques migratoires et les conditions de détention. Des organisations et collectifs avaient mené pendant plusieurs années des actions de soutien et des démarches juridiques et politiques pour obtenir sa libération.
Une campagne de financement a été lancée pour soutenir la défense judiciaire de Mohamad Hamad, militant pro-palestinien actuellement détenu dans l’attente de son procès pour des faits liés à son engagement en faveur des droits des Palestiniens. Ils demandent des dons avant le 1er septembre afin de financer un avocat spécialisé dans les affaires de répression politique et les frais de justice.
Le FBI l’a placé sous surveillance, suivi ses déplacements et perquisitionné son domicile à trois reprises, tandis que ses proches ont également fait l’objet de pressions. Il a d’abord été placé six mois en détention à domicile avec bracelet électronique, avant d’être incarcéré à la suite d’une audience au cours de laquelle le parquet a notamment diffusé des images du 7 octobre et l’a présenté comme « Mr Hamas ». Sa famille indique que les avocats consultés demandent entre 75 000 et 100 000 dollars pour assurer sa défense, et plus de 120 000 dollars pour aller jusqu’au procès.
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Le 28 juillet 2026, des organisations de défense des libertés ont marqué le premier anniversaire de l’incarcération du militant étudiant et syndical Priyanshu Kashyap, arrêté par l’Agence nationale d’investigation (NIA) dans le cadre de l’affaire dite de la « conspiration de Lucknow ». Cette procédure a été menée par l’Agence nationale d’investigation (NIA) à travers un dossier fabriqué pour réprimer son engagement politique et syndical. La NIA soutient au contraire que Kashyap est un membre du Parti Communiste d’Inde (Maoïste), organisation interdite en Inde, et qu’il aurait participé à des activités visant à reconstituer son réseau dans le nord du pays.
Plus de 30 plaintes ont été déposées en dix mois par les sociétés minières Woggle Corporation et North Luzon Minerals Resources Corporation contre des avocats, prêtres, dirigeants autochtones et défenseurs de l’environnement opposés à leurs activités minières dans la province de Nueva Vizcaya. Plusieurs personnes sont notamment poursuivies pour diffamation en ligne, tandis qu’une plainte pour intrusion visant un prêtre a été rapidement classée sans suite.
Les avocats concernés dénoncent une forme de harcèlement et de SLAPP (Strategic Lawsuits Against Public Participation, ou « poursuites stratégiques contre la mobilisation publique »), consistant à utiliser des procédures judiciaires pour intimider ou réduire au silence les opposants aux projets miniers. Ils invoquent les règles de la Cour suprême philippine qui prévoient une protection contre les procédures destinées à entraver la participation aux actions de défense de l’environnement.
Après 58 jours d’hospitalisation en soins intensifs, Aristotelis Chantzis a été transféré au service de pneumologie de l’hôpital Evangelismos pour poursuivre son traitement et prendre en charge les complications liées à sa grève de la faim de 140 jours, menée pour s’opposer au projet de gentrification du quartier historique de Prosfygika, à Athènes. Son état reste préoccupant et nécessite une prise en charge médicale importante, notamment en raison des complications liées au syndrome de renutrition et à sa longue hospitalisation.
La grève de la faim a été interrompue après que la municipalité d’Athènes a suspendu le projet et reconnu la communauté de Prosfygika comme interlocutrice, ouvrant la voie à des négociations. La communauté affirme toutefois que la mobilisation se poursuit jusqu’à l’abandon définitif du projet.
Le juge Philip Parry a décidé que les cinq militants, condamnés pour des dégradations commises lors d’une action visant une agence de Barclays afin de dénoncer les liens financiers de la banque avec Israël et l’industrie de l’armement, ne seraient pas condamnés sous la législation antiterroriste. Il a toutefois fondé sa décision sur le fait que les dommages ne présentaient pas un caractère suffisamment « grave », et non sur l’argument selon lequel il serait juridiquement irrégulier de recourir à la législation antiterroriste après le procès. Les arguments de la défense sur ce point ont été rejetés.
Cette décision constitue un soulagement pour les cinq prévenus, dont la peine doit être prononcée en septembre, mais laisse ouverte la possibilité que cette procédure soit à nouveau utilisée dans d’autres affaires. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Preston pour leur apporter leur soutien.