Membre de la rédaction du magazine Commons et ancien responsable du syndicat étudiant Priama Diia (Action directe), Maksym Shumakov a été convoqué le 24 juillet au commissariat de Lviv. Attiré sous le prétexte de récupérer son matériel saisi lors d’une précédente perquisition, il s’est en réalité vu notifier une mise en examen pour « diffusion de symboles communistes ».
Cette poursuite fait suite au partage de documents consacrés à la pensée marxiste occidentale ainsi que d’articles issus d’une publication britannique de gauche des contenus éducatifs qui, selon sa défense, entrent dans le cadre des exceptions prévues par les lois de décommunisation. Ses soutiens et son avocate dénoncent des pressions politiques et lient cette procédure à son activisme étudiant et syndical ainsi qu’à son engagement contre l’impérialisme.
Les autorités du Land de Hesse ont interdit le 18 août l’association pro-palestinienne Palästina e.V., l’accusant d’antisémitisme, de soutien au terrorisme et d’atteinte à l’ordre constitutionnel. Cinq lieux qui seraient liés à l’association ont été perquisitionnés, après des investigations menées depuis plusieurs mois. Fondée à Francfort en 2022, l’association s’était officiellement dissoute en 2024, mais les autorités ont poursuivi leurs enquêtes en raison de la poursuite présumée des activités militantes de certains de ses membres. Le ministère de l’Intérieur de Hesse lui reproche notamment d’avoir soutenu « toutes les formes de résistance palestinienne » et diffusé le slogan appelant à la libération de la Palestine « de la mer au Jourdain ».
Cette mesure s’inscrit dans un durcissement de la répression de la mobilisation pro-palestinienne en Allemagne. Les autorités avaient déjà interdit le réseau Samidoun et sa branche allemande en 2023, puis Palestine Solidarity Duisburg en 2024, avec des perquisitions visant leurs membres.
Kurde originaire de Nusaybin, âgée de 55 ans et installée depuis 22 ans à Bielefeld, Zeynep Alpboğa a été arrêtée en vue de son expulsion vers la Turquie. Une perquisition a été menée à son domicile par des policiers cagoulés, qui ont confisqué les téléphones des membres de sa famille et empêché toute communication pendant plusieurs heures. Son droit au séjour a ensuite été annulé, après une enquête liée notamment à ses activités au sein du Centre de la communauté kurde démocratique de Bielefeld.
Selon sa famille, un billet d’avion pour Istanbul a été réservé pour le 26 août et Alpboğa doit être transférée dans un centre de rétention en vue de son éloignement. Sa famille affirme qu’elle fait l’objet de procédures judiciaires en Turquie et qu’un retour pourrait entraîner son arrestation. Cette affaire intervient dans un contexte de durcissement des politiques d’expulsion visant des demandeurs d’asile et résidents politiques dans plusieurs pays européens.
Le 8 août à Glasgow, plusieurs centaines de républicains ont participé à la marche annuelle de l’IRPWA (Association pour le bien-être des prisonniers républicains irlandais) contre l’internement, une mesure permettant la détention de personnes sans procès, historiquement utilisée en Irlande du Nord contre des militants républicains. Les manifestants ont dénoncé le maintien de ces outils de criminalisation et de répression des militants républicains, ainsi que les conditions restrictives prévues par la législation MARA, qui permet d’imposer des restrictions de déplacement et des mesures de contrôle à certaines personnes, qu’ils considèrent comme un instrument de répression des militants républicains.
Des militants venus de différentes régions d’Irlande ont participé au cortège aux côtés de plusieurs organisations républicaines. La mobilisation s’est achevée à Barrowland Park par des prises de parole en soutien aux prisonniers politiques, notamment de l’Anti Imperialist Front, du Revolutionary Communist Group et de l’IRPWA. Un message de prisonniers républicains a également été lu par un ancien détenu.
Le 13 août, les habitants de Granizal, dans l’Antioquia, ont bloqué pendant 12 heures un axe routier reliant Bogotá et Medellín pour réclamer l’accès à l’eau et dénoncer l’abandon des pouvoirs publics. Le quartier, privé d’eau courante, ne reçoit que 5 à 8 litres par personne et par jour, tandis que les habitants demandent également l’amélioration des routes, de la collecte des déchets et une aide aux victimes du glissement de terrain de 2025. Alors que la police était déployée dès le début du blocage, les représentants de l’État ne sont arrivés qu’après plusieurs heures et ont finalement proposé une nouvelle réunion deux semaines plus tard. Face au refus des manifestants, les forces de l’ordre ont dispersé la mobilisation à coups de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, y compris contre des personnes âgées. La répression a provoqué un incendie dans une zone boisée, que le gouverneur de l’Antioquia a ensuite attribué aux manifestants.
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Détenu à la prison de haute sécurité de type F de Van, Nevzat Öner a été frappé par des policiers après avoir refusé d’être examiné menotté à l’hôpital de Van, où il avait été transféré le 11 août pour une blessure au bras. Selon ses avocats, les violences se sont poursuivies dans le véhicule de transfert, où Öner, qui souffre d’asthme, a été laissé dans un espace fermé et mal ventilé malgré ses avertissements. De retour en prison, des traces de coups ayant été constatées, il a été reconduit à l’hôpital, où un certificat médical a documenté ses blessures. Il a ensuite déposé une plainte.
Israël a achevé le 17 juillet la démolition de l’ancienne prison de Khiam, dans le sud du Liban, devenue après 2000 un lieu de mémoire consacré aux victimes et survivants de la détention et de la torture. Sa destruction souligne la volonté d’effacer les traces matérielles des violences commises dans ce tristement célèbre lieu, notamment les passages à tabac, la torture électrique et l’isolement de milliers de détenus dont la communiste Soha Bechara.
Le site accueille désormais une base militaire israélienne en construction, à environ cinq kilomètres à l’intérieur du territoire libanais. Aujourd’hui, l’armée israélienne contrôle environ 600 km² du sud du Liban, avec une présence pouvant s’étendre jusqu’à 12 km de la frontière. Au moins sept nouvelles bases ont été établies et des dizaines de kilomètres de routes logistiques aménagés dans cette zone, illustrant l’ancrage militaire israélien au-delà de la frontière libanaise.
Des actions se poursuivent en Europe, notamment en France et en Allemagne, pour exiger la libération du journaliste kurde Ahmet Polad, kidnappé en Syrie le 18 janvier par des groupes liés à HTS et détenu depuis plus de 200 jours. À Berlin, Francfort, Paris et Rennes, des stands d’information, distributions de tracts et collectes de signatures ont été organisés afin de sensibiliser le public et d’appeler les gouvernements européens à agir. Les organisateurs demandent notamment que Polad soit libéré et puisse bénéficier d’un asile politique dans un pays de l’Union Européenne. À Paris, une mobilisation s’est tenue devant le consulat syrien, tandis qu’à Berlin des signatures ont été recueillies pour demander l’intervention du gouvernement allemand. À Francfort, les militants ont dénoncé les conditions de détention de Polad et appelé l’Allemagne et l’Union européenne à cesser leur soutien au gouvernement de transition syrien. À Rennes, une nouvelle collecte de signatures a été organisée. Des actions similaires ont également été menées à Qamishli, en Syrie, pour réclamer la libération de Polad et de l’ensemble des détenus.
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Le communiste Deniz Pektaş a été arrêté le 17 août à Ancône sur la base d’une demande d’arrestation via Interpol liée à une demande d’extradition des autorités turques. Détenu pendant environ trois jours à la prison d’Ancône, il a comparu devant un tribunal le 20 août, où il a évoqué les pressions et procédures dont il fait l’objet depuis plusieurs années en raison de ses activités politiques. Le tribunal a ordonné la levée de sa détention et sa libération immédiate. Après sa libération, Pektaş a remercié ses nombreux soutiens.
Depuis cinq jours, l’Égypte détient l’ancien prisonnier palestinien Issam Zein al-Din, membre du Fatah, libéré après avoir passé 20 ans dans les prisons israéliennes et expulsé vers l’Égypte en octobre 2025 suite à un accord d’échanges. Il a été placé en détention après un accident avec un conducteur de moto, la police ayant constaté qu’il ne disposait ni d’un passeport palestinien en règle ni d’un titre de séjour officiel. Son maintien en détention intervient également alors que la famille du conducteur réclame une indemnisation d’environ 30 000 livres égyptiennes.
L’affaire met en lumière la situation administrative précaire d’environ 200 ex-détenus palestiniens expulsés vers l’Égypte. Ceux-ci sont privés de documents de voyage et de titres de séjour réguliers, en raison de procédures qui tardent à aboutir, limitant leur liberté de circulation et les exposant à des difficultés économiques importantes. En particulier, l’Autorité palestinienne n’a pas pris les mesures nécessaires pour régler durablement leur situation.