Une opération coordonnée entre les gouvernements de José Antonio Kast et Javier Milei visant à arrêter Galvarino Apablaza, ancien responsable du Front patriotique Manuel Rodríguez, groupe armé d’extrême gauche opposé à la dictature d’Augusto Pinochet, a échoué, les forces de sécurité ne parvenant pas à le localiser. Recherché par la justice chilienne pour son implication présumée dans l’assassinat en 1991 de Jaime Guzmán, figure conservatrice proche du régime militaire et idéologue de la Constitution de 1980, il reste au cœur de tensions politiques et judiciaires en raison de son statut de réfugié et des demandes d’extradition répétées par le Chili. Cette tentative d’arrestation, survenue le 1er avril 2026, date symbolique marquant le 35ᵉ anniversaire de l’assassinat de Guzmán, relance les débats au Chili et en Argentine sur le traitement des anciens militants opposés aux dictatures fascistes.
La Cour de cassation a annulé la libération conditionnelle accordée en juillet 2025 à Georges Ibrahim Abdallah, estimant que les conditions légales n’avaient pas été respectées, notamment l’absence de phase préalable d’aménagement de peine d’au moins un an. Elle a rejeté l’analyse de la cour d’appel de Paris qui avait justifié sa décision par l’expulsion de l’intéressé, considéré comme sans attaches en France. Cette décision reste toutefois symbolique, le dirigeant des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises, condamné à perpétuité pour complicité dans les exécutions d’agents du Mossad et de la CIA en 1982 et libérable depuis 1999, ayant déjà quitté le territoire pour s’installer au Liban après plus de 40 ans de détention.
L’administration de Donald Trump prépare un sommet international, envisagé pour l’été, visant à coordonner la lutte contre le mouvement antifa et d’autres groupes de gauche, avec un accent sur le partage de renseignements entre pays partenaires. Porté notamment par des responsables du Département d’État, ce projet suscite toutefois des critiques au sein même des milieux sécuritaires, certains estimant qu’il détourne l’attention de menaces jugées plus urgentes. Par ailleurs, plusieurs experts rappellent que le mouvement antifa n’est pas une organisation structurée mais un mouvement décentralisé, ce qui alimente les inquiétudes juridiques et politiques autour de son assimilation à une entité terroriste.
Ali, né dans le camp de réfugiés de Balata en Cisjordanie, a été témoin de la mort de son petit frère et a subi de multiples détentions en Israël avant d’être expulsé en 2014. Après un passage en Italie où il obtient le statut de réfugié, il s’installe en France avec sa compagne et leurs enfants. Le 28 mai 2024, la police française intervient violemment à son domicile, et Ali est arrêté sous des accusations transmises par Israël, malgré son statut de réfugié reconnu par la France. Il est depuis détenu à la maison d’arrêt d’Osny, son titre de réfugié ayant été révoqué, tandis que sa famille subit un stress extrême et que sa compagne lutte contre un cancer agressif. La campagne pour sa libération exige l’abandon des charges, la protection de son statut et la fin de toute tentative d’extradition.
Afin d’exiger sa libération, plusieurs initiatives de solidarité sont régulièrement organisées. Ainsi, un week-end de soutien à Ali se tiendra à Paris les 18 et 19 avril 2026 à la Parole Errante avec conférences, projections, repas et concerts pour sensibiliser à sa situation et à la répression des réfugiés palestiniens en Europe. À Toulouse, le Comité de soutien à la Palestine organise une soirée de solidarité le 17 avril à La Chapelle à 18h30, incluant discussions sur l’emprisonnement comme arme coloniale en Palestine, la criminalisation des réfugiés palestiniens en Europe et la nécessité de développer la campagne pour Ali. Tout l’argent récolté servira à soutenir Ali et la campagne de mobilisation.
À Carcassonne, le nouveau maire RN, Christophe Barthès, est accusé d’avoir infiltré un groupe Instagram de lycéens pour les dissuader de participer à une mobilisation intersyndicale le 31 mars 2026. Selon des enseignants et des témoignages, il aurait menacé de signaler les participants à la police et de « récupérer les pseudos » des membres du groupe, ce qui a conduit les lycéens à annuler le blocage prévu. Le maire conteste, mais les preuves semblent pointer vers son compte personnel comme le révèle un article du journal L’Humanité.
À Londres, Qesser Zuhrah a été libérée sous caution après avoir été de nouveau accusée en vertu de l’article 44 du Serious Crime Act, suite à des publications sur les réseaux sociaux appelant à l’action directe contre l’industrie de l’armement. Son arrestation intervient peu après sa sortie de détention en février, après 15 mois de garde à vue jugée illégale, durant lesquels elle a subi des abus et mené une grève de la faim. Cette répression ciblant les militants pro-palestiniens soulignent que la législation dite antiterroriste est en réalité un outil de contrôle politique servant à criminaliser l’expression et la solidarité avec le peuple palestinien. De la même manière, son arrestation, réalisée par des officiers masqués, illustre la volonté de l’État d’intimider et de décourager toute action en soutien à la Palestine.
À partir de vendredi 3 avril, 45 militaires seront présents dans certaines stations de métro et gares bruxelloises pour officiellement renforcer la sécurité face au narcotrafic croissant. Cette mesure fait suite au renforcement des patrouilles autour de sites juifs à Bruxelles, Anvers et Liège après l’attaque de la synagogue de Liège le 9 mars. Les soldats, déjà compétents pour protéger les bâtiments et contrôler les comportements suspects, assisteront désormais la police des chemins de fer, même si le cadre légal pour leurs opérations en rue doit encore être voté. Les gares et stations ciblées n’ont pas été précisées, mais les zones identifiées comme « hotspots » de drogues, comme la gare du Midi, sont susceptibles d’être concernées.
En Égypte, les réfugiés, notamment soudanais, éthiopiens et syriens, subissent une recrudescence d’arrestations et d’expulsions, quel que soit leur statut légal ou leurs cartes et certificats délivrés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Des campagnes systématiques menées par la police et la Passports, Emigration and Nationality Administration, l’agence en charge des permis de résidence pour étrangers, ciblent les zones à forte concentration de réfugiés à Gizeh, Nasr City et au Caire, entraînant détentions prolongées, refus d’accès à l’aide juridique et conditions de vie précaires. Des cas récents incluent la mort de Mubarak Qamar Eddin, un réfugié soudanais détenu neuf jours malgré ses problèmes de santé, ainsi que plusieurs expulsions de réfugiés malgré des cartes UNHCR valides ou des rendez-vous pour renouveler leur permis. Ces pratiques s’inscrivent dans un contexte de pénurie de personnel et de retards dans le traitement des documents, accentués par l’afflux de réfugiés après la guerre au Soudan et la mise en place d’une loi d’asile encore non appliquée. La situation instaure un climat de peur généralisé où même les déplacements quotidiens pour le travail, l’école ou les courses deviennent risqués, et renforce les discriminations raciales, touchant particulièrement les réfugiés noirs.
À Istanbul et Giresun, plusieurs personnes, dont des membres de l’Emekli Meclisi, une organisation regroupant des retraités mobilisés pour de meilleures conditions de vie et des droits sociaux, ainsi que de TAYAD, une structure soutenant les proches de prisonniers politiques, ont été arrêtées lors de perquisitions menées à l’aube. Une douzaine de personnes ont été placées en garde à vue, parmi lesquelles Zerrin Aldemir, Hasan Kaşkır, Tülin Karakullukçu, Ömer Sarsılmaz, İsmet Ağırman, Önal Akkaya, İsa Albayrak et Lerzan Caner Conde. Ces opérations ont ciblé des militants, des retraités et des proches de prisonniers engagés dans des luttes sociales et contre les violations des droits en détention. Une douzaine de personnes auraient été placées en garde à vue, tandis que du matériel a été saisi.
Mardi 31 mars 2026 à la prison d’Aït Melloul, les détenus sahraouis Salah Eddine Sabbar et Brahim Babit ont entamé une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions de détention, marquées par des fouilles jugées humiliantes, des restrictions d’accès à l’éducation et des atteintes à leur dignité. À travers cette action, ils protestent contre des traitements dégradants et visent à attirer l’attention sur la situation des prisonniers politiques sahraouis, appelant à une mobilisation plus large pour la défense de leurs droits et libertés.
Par ailleurs, selon l’Association pour la protection des prisonniers sahraouis, le détenu Mohamed Bani a été victime de négligence médicale dans cette prison, sa demande de transfert vers un hôpital ayant été refusée malgré ses problèmes cardiaques et d’hypertension. En réaction, il a entamé une grève de la faim de 48 heures le 30 mars pour dénoncer cette situation et la politique de négligence médicale dans les prisons marocaines.