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Articles

Royaume-Uni : La Cour suprême examine l’interdiction de Palestine Action

La Cour suprême britannique a autorisé l’examen en appel du jugement concernant l’interdiction de Palestine Action, classée organisation terroriste par le gouvernement britannique. Cette décision intervient après deux étapes devant la Cour d’appel : lors d’un premier recours, celle-ci avait estimé l’interdiction illégale. Lors d’un second examen, cette décision avait ensuite été annulée, maintenant la proscription en vigueur. L’affaire dite des Filton 25, utilisée pour justifier l’interdiction, a déjà conduit à la condamnation de plusieurs militants pour des faits qualifiés de terrorisme.

Allemagne : Le renseignement intérieur enquête sur Prosfygika

Le service de renseignement intérieur allemand a tenté à plusieurs reprises, en juin et juillet 2026, de contacter un militant à Berlin par l’intermédiaire de sa famille afin d’obtenir des informations sur les liens entre les mouvements politiques allemands et la communauté de squats de Prosfygika en Grèce. Les agents ont évoqué la préparation d’un rapport destiné au gouvernement allemand sur des activités politiques liées à la Grèce.

USA : Autumn Hill dénonce sa condamnation politique à 50 ans de prison pour avoir lutté contre ICE

Autumn Hill, militante trans, a accordé sa première interview depuis la prison du comté de Johnson au Texas après avoir été condamnée à 50 ans de détention dans l’affaire dite Prairieland suite à la manifestation de 2025 devant un centre de rétention ICE au Texas. Accusée avec huit autres personnes de liens avec une supposée « cellule antifa » et de soutien matériel au terrorisme, elle conteste les faits qui lui sont reprochés et affirme que son procès revêt une dimension politique. « Je me considère absolument comme une prisonnière politique. Il est clair, à mon avis, que j’ai été incarcérée pour des raisons politiques. Il est clair, à mon avis, que nous avons été jugés pour des raisons politiques et que le juge qui m’a condamnée, Reed O’Connor, différent du juge Mark Pittman, a lui aussi prononcé des peines pour des raisons politiques. Mark Pittman et Reed O’Connor ont clairement indiqué qu’ils estimaient que cette sentence envoyait un message à ceux qui, selon eux, “partagent une idéologie justifiant la violence politique”. » Hill dénonce également son incarcération dans un établissement pour hommes et l’utilisation de son affaire comme exemple de répression contre les opposants à l’administration Trump. Elle et ses coaccusés ont fait appel.

Inde : Répression contre les étudiants après la démission du ministre de l’Éducation

En Inde, les organisateurs du mouvement étudiant du « Parti du peuple des cafards »  dénoncent une vaste répression après la démission du ministre de l’Éducation, obtenue à l’issue de plusieurs semaines de manifestations. Des centaines d’étudiants ont été arrêtés dans plusieurs États dirigés par le BJP, le parti d’extrême droite au pouvoir, malgré les assurances du gouvernement qu’aucune mesure de rétorsion ne serait prise contre les manifestants. Les personnes interpellées font l’objet de poursuites pénales particulièrement lourdes et cette répression cible notamment les étudiants musulmans. Le mouvement menace de reprendre les mobilisations si les arrestations se poursuivent.

Espagne : Le média La Directa poursuivi après une enquête sur des policiers infiltrés

L’Agence espagnole de protection des données (AEPD) a engagé une procédure de sanction contre le média catalan La Directa après la publication d’enquêtes révélant l’infiltration de policiers sous de fausses identités dans les milieux indépendantistes et les mouvements sociaux. La procédure fait suite à une plainte déposée par quatre des agents infiltrés, qui contestent la publication d’informations et d’images les concernant, bien que le média affirme avoir pris des mesures pour protéger leur identité réelle. Afin de se défendre, le média a lancé une large campagne de soutien pour dénoncer cette nouvelle atteinte à la liberté de la presse.

USA : GrapheneOS met en avant ses protections après une affaire judiciaire inédite

GrapheneOS a publié un rappel détaillé de ses mécanismes de sécurité, notamment en matière de chiffrement, de gestion des mots de passe et de protection contre l’extraction de données. Le système, basé sur Android 17 et actuellement réservé aux smartphones Pixel, souligne également des fonctionnalités comme la limitation des tentatives de déverrouillage, le redémarrage automatique en mode sécurisé et le « mot de passe de contrainte », qui efface les données de l’appareil lorsqu’il est saisi.

Cette communication intervient alors que, pour la première fois aux États-Unis, un citoyen est poursuivi pour avoir utilisé cette fonctionnalité. Samuel Tunick est accusé d’avoir volontairement effacé les données de son téléphone lors d’un contrôle à la frontière en saisissant un mot de passe de contrainte. L’affaire soulève une question juridique majeure : l’utilisation d’un mécanisme de sécurité intégré peut-elle être assimilée à une destruction de preuves, notamment dans le cadre d’une fouille réalisée sans mandat ? En tout cas, les avocats de Tunick contestent la légalité de son arrestation et de la procédure engagée contre lui.

Syrie : 628 personnes portées disparues après les combats de janvier au Rojava

628 personnes sont toujours portées disparues à la suite des affrontements survenus entre le 6 et le 29 janvier 2026, lors des attaques menées par Daesh et des groupes liés à HTS contre plusieurs zones du nord de la Syrie, notamment les quartiers de Şêxmeqsûd et Eşrefiyê à Alep. Des centaines de membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), des forces de sécurité intérieure et des Unités de protection des femmes (YPJ) ont été capturés ou arrêtés durant les combats. Parmi les 628 disparus, 138 sont détenus dans des prisons situées à Raqqa, Idlib, Deir ez-Zor, Alep, Homs et Manbij, sans qu’aucune information sur leur sort n’ait pu être obtenue.

Inde : Le dirigeant maoïste Misir Besra incarcéré après son arrestation

Le dirigeant maoïste Misir Besra, membre du bureau politique du Parti communiste d’Inde (maoïste), a été placé en détention après son arrestation dans le Jharkhand lors de l’opération militaire « Daura Pahad ». Arrêté avec quatre autres membres présumés du mouvement dans une zone forestière du district de Dhanbad, il a été transféré sous haute sécurité après des interrogatoires au siège de la police à Ranchi, puis présenté à un examen médical avant d’être envoyé à la prison de Dhanbad. Les autorités avaient annoncé une récompense de 2,20 crore de roupies (environ 220 000 euros) pour sa capture, faisant de lui l’un des cadres maoïstes les plus recherchés du pays.

Âgé de 65 ans, Besra, également connu sous plusieurs pseudonymes (Sagar, Bhaskar ou Sunirmal), était considéré comme l’un des derniers hauts responsables actifs de la guérilla naxalite. Son arrestation rappelle notamment le souvenir de 2009, lorsqu’une cinquantaine de combattants maoïstes avaient attaqué un tribunal de Lakhisarai, dans le Bihar, pour le libérer alors qu’il était sous escorte policière. Les forces de sécurité se concentrent désormais sur les autres dirigeants encore recherchés, notamment Asim Mandal, présenté comme l’un des derniers cadres importants du mouvement dans le Jharkhand.

Turquie : Un rapport dénonce une « crise systémique » des droits humains dans les prisons de l’ouest du pays

L’Association des avocats pour la liberté (ÖHD) a publié un rapport dénonçant de nombreuses violations des droits humains dans les prisons de la région Égée au cours des six premiers mois de 2026. Les mauvais traitements, les sanctions disciplinaires arbitraires, les transferts forcés, les restrictions de communication, les obstacles à l’accès aux soins et le maintien en détention de prisonniers malades sont des pratiques récurrentes.

L’organisation affirme également que de nombreux détenus politiques voient leur libération retardée par des commissions administratives qui évalueraient leur « bonne conduite » au-delà des décisions judiciaires. Le rapport dénonce aussi des restrictions visant les détenus kurdes, les personnes privées de nationalité ainsi que les femmes incarcérées, confrontées à des discriminations liées au genre et à leur identité politique. L’ÖHD critique enfin les limitations imposées aux publications, livres et journaux d’opposition ou en langue kurde.

Chili : Un tribunal condamne un média pour des propos racistes et sexistes envers une militante mapuche

Au Chili, le tribunal de Río Bueno a reconnu une discrimination arbitraire envers Millaray Huichalaf, une machi mapuche-williche, c’est-à-dire une autorité spirituelle traditionnelle du peuple autochtone mapuche-williche, après des articles publiés par le média Bío Bío Comunicaciones S.A. La justice a estimé que l’utilisation répétée du surnom « la machi des sacrifices », les références mettant en doute son rôle spirituel et un sous-titre la présentant comme « une femme perdue » contribuaient à une stigmatisation fondée sur ses origines autochtones, ses croyances et son genre.

Le tribunal a ordonné au média de retirer ces formulations, de publier une rectification, de former une grande partie de sa rédaction aux normes en matière de discrimination et de payer une amende ainsi que les frais de justice. Millaray Huichalaf, qui défend depuis plus de quinze ans le fleuve Pilmaiquén face à des projets hydroélectriques, voit dans cette décision une reconnaissance du rôle que peuvent jouer certains discours médiatiques dans la marginalisation des peuples autochtones et des défenseurs de l’environnement.

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