Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Trois soldats ont été tués et d’autres blessés dans une explosion au passage de leur convoi militaire vendredi dans le Kurdistan turc. la guérilla du PKK a fait exploser un IED au passage du convoi entre Tunceli et Elazig. Les combattants kurdes sont activement recherchés. L’armée a lancé une opération de ratissage avec l’appui d’hélicoptères de combat pour tenter de les retrouver. Plus de 350 soldats ou policiers ont été tués en quelques mois par la guérilla kurde. Les autorités évoquent le chiffre de 5.000 morts dans les rangs kurdes, mais intègre dans ce chiffre les civiles tués lors des opérations répressives.

Le lieu de l’embuscade

Le lieu de l'embuscade

Les forces de sécurité ont abattu mardi Sarita Kolu Kovase, 26 ans, commandante adjoint de la Perimili Dalamune, qui était recherchée (sa tête avait été mise à prix pour 600.000 roupies pour 60 accusations comprenant l’assassinat, l’enlèvement et l’embuscade. Selon la version officielle, une unité » de contre-guérilla aurait rencontré un groupe de guérilleros maoïstes dans les épaisses forêts de Bhamragad. Une fusillade nourrie s’en est suivi. Les maoïstes ont pu disparaitre dans la jungle, laissant derrière eux le corps de la sous-commandante. C’est la version standard des forces policières, qu’il y ai réellement eu fusillade ou qu’elles se soient livrée à une exécution extra-judiciaire. La police a récupéré une cache contenant un SLR et ses munitions, trois magazines, des IED et des équipements divers, ainsi que de la littérature maoïste.

Combattante maoïste armée d’un SLR (photo d’archive)

Combattante maoïste armée d'un SLR (photo d'archive)

Depuis hier, les hostilités ont repris entre les asayish (la police kurde) et les NDF (milices pro-Assad), à Qamishlo. Plusieurs combattants et civils ont été tués, les forces kurdes annonçaient en début d’après-midi que 45 combattants loyalistes s’étaient rendus. La prison et d’autres bâtiments officiels ont également été saisis par les YPG.

La ville de Qamishlo, située à la frontière turque était le berceau de la révolte kurde de 2003, où 30 Kurdes avaient été tués suite à un match de foot opposant une équipe kurde et une équipe arabe. C’est également une ville largement composée de Kurdes, d’Assyriens et d’Arméniens dont les familles ont fuit les persécutions et les génocides en Turquie lors de ces dernières décennies. Les forces kurdes contrôlent la ville (et en ont fait la capitale du Rojava), même si les forces syriennes ont jusqu’ici gardé le contrôle de la frontière, de l’aéroport et de divers bâtiments officiels. La saisie de la prison marque un tournant dans les relations avec le régime.

Un portrait de Bashar al-Assad déchiré par les combattants kurdes

Un portrait de Bashar al-Assad déchiré par les combattants kurdes

Dés la fin du mois de juin, Mobistar (qui sera devenu d’ici là « Orange Belgique ») mettra fin à l’anonymat des utilisateurs de cartes prépayées sur son réseau, non seulement sur les nouvelles cartes achetées, mais également sur les cartes déjà en circulation. L’identification des utilisateurs se fera au moyen des cartes d’identité électroniques. C’est probablement une volonté de « marketing antiterroriste » pour la marque. Un représentant de Proximus (son premier concurrent) avait souligné il y a quelques semaines les difficultés techniques d’une fin de l’anonymat des cartes prépayées, mettant en avant que les personnes qui doivent dissimuler leur identité ont déjà trouvé des moyens de protéger leur anonymat.

Mobistar équipera à ses frais son réseau de boutique de lecteurs de carte d’identité, la société n’a par contre pas expliqué comment elle allait rendre légal le fait de devoir obligatoirement présenter une carte d’identité à un marchand de téléphone.

Carte sim Mobistar

Carte sim Mobistar

Ce 20 avril, la police est rentré de force dans le local de la CNT à Lille, détruisant le rideau de fer de la fenêtre et saccageant l’intérieur du local et tout le matériel qu’il contenait. Plusieurs militants ont été arrêtés et de nouvelles scènes de brutalité policière ont eu lieu. Cette brutalité s’est étendue aux habitants du quartier et au rassemblement de soutien qui a spontanément eu lieu.

Meubles et affiches saccagés.

Meubles et affiches saccagés.

Après plusieurs semaines, la police grecque a mis faim au camp de réfugiés « No Border » de Tsamakia (Lesbos). Au moins 19 activistes No Border et entre 200 et 400 réfugiés ont été arrêtés, les activistes ont été relâchés, les réfugiés sont emmenés vers un centre de détention. Après avoir vidé le camp, les bulldozers l’ont rasé.

Le No Border Kitchen détruit

Le No Border Kitchen détruit

Josh Molloy, Joe Ackerman et Jac Holmes, trois Lions du Rojava, ces combattants étrangers qui luttent parmi les troupes kurdes en Syrie ont été arrêtés il y a 8 jours à Erbil. Les trois revenaient du Rojava où ils combattaient depuis le début de l’année 2015, ils souhaitaient retourner vers leur pays natal. Un tel voyage aurait pu être rapide, mais le gouvernement kurde irakien (KRG) a à nouveau fermé les frontières entre le Rojava et le Basuré, rendant ce point de la frontière infranchissable alors que la frontière entre la Turquie et la Syrie est extrêmement dangereuse.

Las d’attendre une hypothétique ouverture de la frontière à Semelka, les trois ont décidé de tenter leur chance en passant la frontière à Sinjar pour attraper un avion à Erbil ou à Soulémanié. Ils ont malheureusement été capturés par la police du KRG et sont depuis détenus à Erbil. Ils ont normalement pu recevoir la visite de représentants de l’ambassade du Royaume-Uni.

Josh Molloy (à gauche), Joe Ackerman (en haut à droite) et Jac Holmes (en bas à droite)

Josh Molloy (à gauche), Joe Ackerman (en haut à droite) et Jac Holmes (en bas à droite)

Mise à jour 20 avril 2016: Depuis le début des actions à Belgocontrol, le licenciement par Reagan de 11.000 contrôleurs aériens en 1981 est régulièrement présenté comme un exemple dans la presse bourgeoise. Nous remontons cet article publié l’année dernière à ce sujet.

Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Le 2 août 1981, le PATCO, le syndicat des aiguilleurs du ciel américains engage une grève contre l’Agence fédérale de l’aviation, pour une réduction des heures de travail, des créations d’emplois et une augmentation de leur salaire. Le 5 août, le président Reagan licencie les 11.359 grévistes, les fait inscrire sur une liste noire leur interdisant tout emploi fédéral, et fait emprisonner les dirigeants du PATCO. Ce fut le premier épisode d’une vaste offensive anti-syndicale, de baisses des salaires et de licenciements massifs, qui s’étendra au reste du monde et dure à ce jour.

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Manifestation du Patco

Manifestation du Patco

Apple a reçu quelque 30.000 requêtes de données formulées par des gouvernements du monde entier au second semestre 2015, et a fourni des informations dans la majorité des cas, rapporte le groupe informatique dans son dernier rapport de transparence. Apple a fourni des données au gouvernement américain dans 80% des 4.000 requêtes formulées sur cette période. Le groupe américain a reçu précisément 30.687 requêtes de données par différents gouvernements, qui concernaient 167.000 appareils. Au premier semestre 2015, Apple avait reçu 26.000 demandes qui concernaient 360.000 appareils.

Le gouvernement américain avait engagé une action en justice contre Apple qui refusait de débloquer l’iPhone ayant appartenu à l’un des auteurs de l’attentat de San Bernardino (Californie) le 2 décembre. Apple justifiait son refus au nom de la protection des données. Le gouvernement a finalement renoncé à son action judiciaire et utilisé les services de hackers professionnels pour débloquer le smartphone, mais plusieurs tribunaux ont été saisis de cas similaires.

Le siège d’Apple à Cupertino, en Californie

Le siège d'Apple à Cupertino, en Californie

Une intervention brutale des forces de sécurité algérienne a délogé les enseignants contractuels en grève de la faim pour leur intégration, qui avaient organisé un campement de protestation à la cité 950-Logements de Boudouaou. Les grévistes ont été surpris par un impressionnant dispositif sécuritaire qui les a évacués de force à 3h hier matin alors que la plupart des grévistes sombraient dans un sommeil profond des suites de la fatigue. Des blessés ont été enregistrés parmi eux qui ne s’attendaient pas à une si impressionnante intervention à une heure tardive de la nuit. L’un des enseignants serait grièvement blessé.

Encerclés depuis deux jours par un large et impressionnant dispositif sécuritaire, les enseignants grévistes étaient coupés hier de tout contact notamment avec la presse empêchée d’accéder sur le lieu de la grève de la faim. Les services de sécurité avaient également dépêché des véhicules équipés de brouilleurs rendant impossible toute communication téléphonique avec l’extérieur. Des enseignants venus de Tébessa soutenir les grévistes ont été, eux aussi, empêchés d’approcher. Plusieurs contractuels ont observé un sit-in devant la direction de l’éducation de Boumerdès pour réitérer leurs revendications et dénoncer l’intervention des forces de l’ordre contre le camp des grévistes de la faim.

Les enseignants grévistes de la faim cernés par la police

Les enseignants grévistes de la faim cernés par la police