Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Alors que de nombreuses attaques de la part du PKK ont visé commissariats et casernes turcs ces derniers jours, suite aux bombardements contre les bases de la guérilla kurde, deux attaques ont eu lieu ce matin à Istanbul. D’abord une attaque à la bombe qui a visé un commissariat stambouliote, ensuite, plusieurs heures plus tard, deux personnes ont mitraillé l’ambassade américaine. Les deux attaques ne sont pas liées.

Les deux personnes qui ont attaqué l’ambassade US étaient un homme et une femme, la femme a été blessée et arrêtée, il s’agit de Hatice Asik, une infirmière de 51 ans et militante du DHKP-C, l’autre a pu s’enfuir. Il n’y a eu aucun mort, ni d’un coté ni de l’autre, lors de ces deux attaques.

Hatice Asik

Hatice Asik

Les huit personnes poursuivies dans ‘l’affaire Tarnac’ (sabotages de lignes TGV en 2008) ont été renvoyées en correctionnelle hier par Jeanne Duyé, la juge d’instruction antiterroriste en charge du dossier. Cette dernière n’a donc pas suivi le parquet qui demandait que la circonstance aggravante ‘d’entreprise terroriste’ soit retenue à l’encontre de trois des inculpés. Ceux-ci sont renvoyés en procès pour ‘association de malfaiteurs’. Le parquet a maintenant cinq jour pour faire appel. Par ailleurs, quatre autres personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de donner leur ADN et, pour deux d’entre elles, pour ‘falsification de documents administratifs’.

Perquisitions à Tarnac le 11 novembre 2008

Perquisitions à Tarnac le 11 novembre 2008

La nuit dernière (du 8 au 9), une manifestation ‘Reclaim the Streets’ a tourné à l’émeute à Copenhague, dans le quartier de Nørrebro. Un très grand nombre de cocktails molotov et de pavés ont été lancés vers la police anti-émeute lorsque celle-ci est arrivée vers 22h en apprenant que la manifestations attaquaient banques et agences immobilières en taguant et détruisant leurs vitrines. De nombreux magasins ont été pris pour cible, et plus tard dans la nuit, ce sont le musée de la police et un commissariat qui ont été visés par les centaines de manifestants masqués et vêtus de noir. Trois personnes ont été arrêtées, dont deux pour port d’arme. Il n’y a apparemment pas eu de blessés ni d’un coté, ni de l’autre.

Affrontements entre autonomes et policiers à Copenhague.

Affrontements entre autonomes et policiers à Copenhague.

On en sait plus sur la façon dont les 6 combattants YPG qui ont été remis à Al-Nosra par l’état turc. Les 6 combattants ont été arrêtés à l’hôpital -avant d’avoir reçu les soins nécessaires- comme des étrangers sans titres de séjours et donc déportés. Mais au lieu de les expulser du territoire par le checkpoint tout proche de Mürşitpınar (tenu par les YPG), ils l’ont été par le checkpoint de Bab al-Hawa, contrôlé par le front al-Nosra. La Turquie savait très bien que les 6 seraient arrêtés par les salafistes à cet endroit, ils ont donc été envoyés vers une mort certaine.

Le point rouge représente la position approximative du checkpoint.

Le point rouge représente la position approximative du checkpoint.

Un an après le meurtre de Michael Brown, de nombreuses manifestations avaient lieu aux Etats-Unis contre les violences policières qui se poursuivent et tuent chaque jour plusieurs personnes à travers le pays. A Phoenix, des dizaines de personnes ont manifesté à l’intérieur d’un magasin Walmart vers 23.30 ce vendredi soir, dans l’est de la ville en scandant ‘Stop à la brutalité policière’ et ‘flics, porcs, assassins’. Alors que les manifestants se dirigeaient vers la sortie et qu’aucune violence n’avait eu lieu, la police s’est ruée sur les manifestants, en arrétant 23. A Phoenix, les manifestants s’étaient rassemblé à travers la ville pour dénoncer les meurtres, l’année dernière, de Sandra Bland -une femme noire tuée en cellule après avoir été arrêtée pour un délit de roulage- et Michelle Cusseaux une femme souffrant de troubles mentaux et tuée dans son appartement.

Arrestations à Phoenix

Arrestations à Phoenix

Lin Ming-hui, un enseignant taïwanais qui avait prit part au ‘Mouvement Tournesol des étudiants’ contre le traité de libre-échange sino-taïwanais l’année dernière avait été matraqué lors de l’occupation du parlement qui avait eu lieu le 24 mars 2014. Il avait porté plainte contre le gouvernement et vient de gagner son procès, une indemnité de 300.000NT$ (8.649€) lui sera versée et le gouvernement a annoncé qu’il ne fera pas appel. Un an après les faits, le policier qui avait frappé Lin n’a pas été retrouvé, malgré le fait que plusieurs policiers anti-émeute équipés de longs bâtons matraquaient les manifestants assis par terre, à l’intérieur du parlement. Ce sit-in était la première occupation du parlement par des manifestants de l’histoire du pays.

Lin Ming-hui, fraichement matraqué lors de l’occupation du parlement taïwanais.

Lin Ming-hui, fraichement matraqué lors de l'occupation du parlement taïwanais.

La police zimbabwéenne a saboté une manifestation du plus grand syndicat du pays, le ZCTU ce samedi 8 août, à Harare, la capitale du pays. Les travailleurs entendaient manifester pour protester contre une grande vague de milliers de licenciements qui ont eu lieu ces dernières mois. Pour empêcher cette manifestation -pour laquelle toutes les autorisations légales avaient été obtenues- d’avoir lieu, la police lourdement armée et équipée de véhicules anti-émeutes israéliens et d’un hélicoptère de combat, a commencé par assiéger le QG du syndicat et arrêter les leaders syndicaux, ainsi que toute personne habillée en rouge dans les rues environnantes. L’arrestation a été brève, la police les a simplement disséminé loin du parcours de la marche pour les empêcher de s’y rendre. Elle a également brièvement arrêté 3 journalistes. Enfin, la police anti-émeute en équipements a patrouillé dans le centre-ville pour être sûre qu’aucun manifestant n’y mettrait les pieds.

L’un des fourgons assiégeant la ZCTU.

L'un des fourgons assiégeant la ZCTU.

08/08/2015

Inde: Arrestations

La police du Bihar a déclaré avoir arrêté six prétendus maoïstes, parmi lesquels un commande de zone, dans deux régions différentes du district d’Aurangabad, soutenant qu’ils étaient prêts à commettre une grosse action destructive. Selon le commissaire, un homme aurait été identifié (Vijay), arrêté dans le village de Mali, tandis que les cinq autres ont été interpellé dans le village de Bamhauli. ‘Vijay est le commandant de la zone Koel-Sone et serait impliqué dans plusieurs actions attribuées à la guérilla maoïste. Parmi les autres arrêtés, trois viennent du district de Palamu, dans le Jharkhand, tandis que deux viennent du district d’Aurangabad’, a déclaré le commissaire. Tous les six sont suspectés d’avoir planifié l’exécution d’une vaste action et ont été longuement interrogés.

Vendredi, quatre guérilleros présumés ont été arrêtés dans une opération conjointe de ratissage dans le district de Bijapur, dans le Chhattisgarh. Trois cadres auraient été appréhendés aux alentours du commissariat de Basaguda, tandis qu’un autre aurait été interpellé à proximité du poste de police d’Usoor par une équipe conjointe des forces de sécurité. Des brigades conjointes de la CRPF, de la Special Task Force, de la Chhattisgarh Armed Force et de la police locale avaient été dispatchées dans différentes poches du Bijapur. Les hommes interpellés ont été identifiés comme étant Punem Suresh (30 ans), Punem Shankar (30 ans), Korsa Hunga (25 ans) et Renga Ramlu (35 ans). Selon la police locale, il seraient impliqués dans de multiples incidents de la guérilla, parmi lesquels des meurtres, tentatives de meurtres, pillage, etc., ajoutant que plusieurs mandats d’arrêt avait été délivrés à leur égard.

Six combattants des YPG avaient été envoyés au Kurdistan-Nord (Turquie) pour y recevoir un traitement approprié. Selon un communiqué publié par le commandement YPG, leurs camarades ont cessé de répondre et ont disparu, ils auraient été remis au front al-Nosra à travers le checkpoint Bab Al-Hawa, à Idlib.

Les YPG demandent à la Turquie de s’expliquer.

N’oubliez pas de consulter notre dossier ‘Notes sur le Kurdistan’ pour mieux comprendre la situation dans la région.

Le point rouge représente la position approximative du checkpoint.

Le guérillero maoïste à la tête de l’organisation pour la division du Sud Bastar vient de publier un communiqué dans lequel il dénonce le gouvernement, la police et les médias qui ‘attisent les spéculations et cèdent à la propagande’ à propos d’une prétendue scission entre les dirigeants telougou et les cadres tribaux du Bastar au sein du parti. « Les médias sont trompés par la police et le gouvernement qui répandent des rumeurs concernant une division entre les dirigeants du CPI(Maoist) parlant le telougou et les tribaux du Bastar. Les habitants de l’Andhra Pradesh et du Telengana qui travaillent pour le parti ne sont-ils pas des citoyens de l’Inde? » a demandé Ganesh Uike, secrétaire du South Regional Committee du CPI(Maoist) dans ce communiqué de presse. « De nombreux dirigeants et cadres de notre parti, qui étaient originaires de zones en Andhra Pradesh et au Telengana ont sacrifié leurs vies en combattant pour les droits des tribaux du Bastar. Notre parti ne travaille en vertu des limites de castes, de principes, de religion, de secte et de région ». Uike a conclu son communiqué par ces mots: « Notre parti a connu de nombreux hauts et de nombreux bas depuis sa naissance. Que ce soit la Salwa Judum ou l’Operation Green Hunt. Mais le public révolutionnaire ne se laisse pas tromper par la fausse propagande et soutien le parti pour intensifier la guerre populaire ».

Calicot maoïste dans le Bastar

Calicot maoïste dans le Bastar