Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Poursuivant sa guerre contre le CPI(Maoist) très actif dans l’état, le gouvernement du Jharkhand a augmenté ce lundi la récompense offerte à toute personne lui fournissant des renseignements concernant quatre dirigeants haut placés du parti. Les informations sur les quatre hommes ‘valaient’ jusqu’à présent 2.500.000 roupies (environ 35.000 euros), et cette somme a été augmentée à dix millions de roupies (près de 150.000 euros). Les quatre dirigeants sont Arvindji, alias Dev Kumar Singh, Misir Besra, Prashant Bose et Vivek Chandra Yadav. Leur tête sont également mises à prix dans certains états voisins, dont le Bihar, le Maharashtra et le Chhattisgarh.
Arvindhji, 50 ans, résident d’Aurangabad dans le Bihar, est le leader maoïste à la tête des activités du parti au Jharkhand. Selon les autorités, ce serait lui qui planifierait et exécuterait la plupart des actions des guérilleros dans l’état. Les informations le concernant ‘valent’ 500.000 roupies (7.000 euros) au Bihar et 4 millions de roupies (56.000 euros) au Chhattisgarh et au Maharashtra.
Misir Besra, alias Bhaskarji, 52 ans, originaire du district de Giridih dans le Jharkhand est recherché dans le Chhattisgarh et le Maharashtra également. Sa tête y est mise à prix pour une somme de 5 millions de roupies (plus ou moins 70.000 euros).
Prashant Bose, alias Kishanda, alias Nirbhayji, alias Manishda, le plus âgé des quatre, est âgé de 61 ans. Originaire du Bengale occidental, sa tête est mise à prix dans les mêmes états et pour la même somme que Misir Besra.
Vivek Chandra Yadav, alias Vikash Singh, alias Sitaram Majhi, résidant dans le district de Dhanbad dans le Jharkhand, a vu sa tête mise à prix dans le Maharashtra et le Chhattisgarh pour une somme de 4 millions de roupies (56.000 euros)

Arvindji

Arvindji

L’Afrique du Sud s’apprête à fermer 33 établissements scolaires à travers le pays pour cause de pénurie d’enseignants. A Port Elizabeth, de nombreux enfants et parents manifestaient contre la fermeture des écoles, la mauvaise qualité de l’enseignement et la situation géographique dangereuse des écoles. Alors que les manifestants avaient brûlé des pneus et qu’une émeute se déclenchait, les unités tactiques de la police ont été appelé en renfort et ont tiré des cartouches ‘non-létales’ vers les manifestants, dont certains étaient très jeunes. La manifestation a tourné à l’affrontements, les manifestants lançant des engins incendiaires et des pierres, la police tirant des cartouches non-létales, des grenades assourdissantes et utilisant une auto-pompe. Plusieurs manifestants ont également récupéré des balles de calibre 45, expliquant avoir vu la police tirer avec leurs armes de service, ce à quoi la police a répondu que des criminels s’étaient introduit dans la manifestation et avaient tiré vers la police, mais que dans le chaos, les balles s’étaient retrouvées sur le lieu de la manifestation.

Les unités tactiques de la police sud-africaine.

Les unités tactiques de la police sud-africaine.

4000 manifestants de gauche ont affronté la police anti-émeute à Quezon City, devant la Chambre des Représentants où le président devait faire un dernier discours sur l’état de la nation avant la fin de son mandat en juin 2016. Sous une pluie battante, les manifestants ont déplacé les containers et les barrières de métal qui leur barrait la voie. Au moins trois policiers et 16 manifestants ont été blessés. La police a fait usage de canons à eau, tandis que les manifestants ont répliqué en lançant bouteilles et pierres.

Les manifestants brûlent une effigie du président des Philippines.

Les manifestants brûlent une effigie du président des Philippines.

Une nouvelle législation en Ukraine interdit aux partis communistes de se présenter aux élections d’octobre prochain. Cette mesure vise en particulier le Parti Communiste d’Ukraine, le Parti Communiste des Ouvriers et Paysans d’Ukraine et le Parti Communiste Réformé d’Ukraine. Le gouvernement accuse ces partis de soutenir le régime russe dans le conflit qui l’oppose à l’Ukraine.

En avril, c’est la propagande communiste qui avait été interdite ainsi que l’usage de tout symbole communiste, voir notre précédent article. L’Ukraine réprime régulièrement des communistes en les taxant de pro-russes.

Le Parti Communiste ukrainien

Le Parti Communiste ukrainien

Trois soldats ont été abattus et 12 autres blessés dans une embuscade tendue par la guérilla maoïste à Pinukpuk, dans la province de Kalinga. Des mines ont d’abord explosé pour mettre le convoi à l’arrêt avant de le mitrailler. Les soldats ont répliqué, blessant des guérilleros qui ont tout de même pu s’échapper. Une douzaine de postes militaires ont été attaqués la semaine dernière par la guérilla.

A Davao City, le prétendu remplaçant du ‘Kumander Pitao’ a été arrêté avec trois autres guérilleros alors qu’ils tentaient d’éviter un contrôle routier. Le ‘Kumander Pitao’ était un célèbre commandant de la NPA abattu le 28 juin dernier (voir notre article), il était connu pour l’enlèvement en 1999 du général Victor Obillio. Les quatre personnes arrêtées ont été identifiées comme : Christopher Rollon (accusé d’être le remplaçant de Pitao), Alexander Abalos, Bartolome Rannie Ninal et Mike Capito.

Leoncio Pitao

Leoncio Pitao

En janvier 2015, le groupe de supporters antifa ‘Ultra Inferno’ de l’équipe de football ‘Standard de Liège’ avait déployé un gigantesque tifo (banderole) ‘Red or Dead’ à l’encontre d’un joueur passé dans l’équipe adverse d’Anderlecht (voir notre précédent article). Le tifo faisait références à plusieurs films d’horreurs comme ‘la cité de la peur’, ‘massacre à tronçonneuse’ ou ‘Dod Sno’, et à des couleurs politiques évidentes, mais la presse s’était empressée de comparer ce visuel aux vidéos de l’Etat Islamique, dans lesquelles des islamistes décapitent leurs opposants à la caméra. A l’époque, les 700 membres d’Ultra Inferno avaient été sanctionnés par des interdictions de déplacement. On apprend aujourd’hui qu’un seul supporter a été condamné pour cette affaire à 8 mois d’interdiction de stade et à 400€ d’amendes. En outre, le groupe a perdu ses facilités d’accès au stade pour préparer des animations.

Les Ultra Inferno, groupe de supporters ancrés à gauche et antifascistes sont régulièrement sanctionnés.

Le tifo

Pour les entreprises militaires et sécuritaires israéliennes, la situation singulière de Jérusalem Est occupée présente des opportunités particulières de développement de nouvelles méthodes pour imposer l’occupation. La société Ofek Aerial Photography a ainsi vendu un système de cartographie de style « Google Street » aux services de l’armée et de la police israéliennes utilisé pour planifier des opérations à Jérusalem Est occupée, jusqu’au plus petit détail. La technologie peut être utilisée pour quoi que ce soit allant de mesurages pour les démolitions des maisons à des jeux vidéo de tirs simulant des invasions militaires à pleine puissance.

Le système a deux caractéristiques principales, l’imagerie sphérique à 360° qui peut montrer toutes les rues et vous permet de placer des calques et de prendre des mesures, et la numérisation laser qui vous permet de voir la même zone. Le système a été particulièrement utile lors de l’assaut prolongé contre le quartier Shu’afat, à Jérusalem-Est occupée l’été dernier suite à l’assassinat de l’adolescent palestinien Mohammed Abu Khdeir. Il n’existait pas de cartographie de Jérusalem Est, l’armée israélienne ne savaient pas en quoi étaient faites les portes, s’il y avait des barreaux aux fenêtres, si un véhicule passait dans la rue alors qu’elle est trop étroite. Avec Ofek Aerial Photography, lorsqu’ils tapent les coordonnées de la maison, ils voient exactement ce qu’ils ont besoin de voir.

Données fournées par Ofek Aerial Photography

Données fournées par Ofek Aerial Photography

Les services secrets canadiens disposent à l’étranger de 25 stations d’interception des échanges sur internet et Ottawa a récemment déboursé 21 millions de dollars pour les rénover, selon un document confidentiel publié par le groupe de pirates informatiques Anonymous. Portant la classification « secret », ce rapport du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) est daté du 6 février 2014 et fait le point sur la sécurisation des infrastructures réseaux du Service dans ses stations à l’étranger. Le SCRS y déplore un « processus de traitement des données inefficace et laborieux ». Faute de logiciels modernes, les analystes travaillant au siège du SCRS « doivent examiner manuellement le grand volume d’informations reçues ».

En conséquence, un investissement de 21 millions de dollars canadiens (14,6 millions d’euros) est demandé au gouvernement afin de connecter « en temps réel » les stations d’interception à l’étranger au quartier général du SCRS. Cela « permettra au service de satisfaire les besoins croissants du gouvernement en informations collectées en temps réel à l’étranger », expose le rapport. Ottawa n’a jusqu’à présent reconnu l’existence que de trois stations d’opération du SCRS à l’étranger: à Washington, Londres et Paris. Le réseau est donc bien plus vaste et comprend « beaucoup » de stations d’interception « établies dans des pays en développement et/ou instables », est-il noté. Le Canada forme, avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le groupe des « Five Eyes », une alliance de services de renseignement.

Le siège du Service canadien du renseignement de sécurité à Ottawa

Le siège du Service canadien du renseignement de sécurité à Ottawa

Le ministre de la Justice va lancer, en une fois, une grande opération de recrutement dans l’appareil judiciaire: 444 greffiers, gestionnaires de dossiers et autres membres du personnel de la Justice vont être engagés via une opération qui doit permettre de combler des manques à tous les niveaux. Les 444 postes qui seront pourvus représentent, selon le cabinet du ministre, un montant de 37 millions d’euros en frais de personnel.

Le palais de justice de Bruxelles

Le palais de justice de Bruxelles

Les violences poursuivent leur ascension entre le PKK et l’armée turque. Ces lundi et mardi, la HPG (guérilla du PKK) a répliqué aux attaques de l’armée turque à de nombreux endroits, dédiant chaque attaque à l’un des combattants abattus ces derniers jours. Entre autres actions de ces 27-28 juillet : le commandant de la garnison du district de Malazgirt a été abattu, un bataillon turc a été attaqué au mortier à Hakkari, trois positions de l’armée turque ont été attaquées à Şırnak (au moins un soldat turc a été tué), un pont a été détruit dans le district d’Amed (Diyarbakir), des routes bloquées à Bazid. Pour cette dernière action, l’armée turc a déployé une colonne de véhicules blindés pour débloquer, un des véhicule a été détruit alors que les soldats étaient à l’intérieur. En plus, de nombreux tirs de mortiers et d’obusiers, des vols de reconnaissances d’avions, de drones et d’hélicoptères Sikorsky, des mouvements de troupes, des livraisons de matériel du coté turc. Les zones de guérilla en Irak ont été bombardées à plusieurs reprises. Le gouvernement fédéral irakien a finalement publié un communiqué en condamnant la violation de sa souveraineté territoriale et les bombardements contre le PKK.

A Amed (Diyarbakir), plusieurs manifestations ont eu lieu contre l’agression militaire turque et l’isolation d’Abdullah Öcalan. La police a attaqué les manifestants avec gaz lacrymogènes et autopompes tandis que les manifestants ont répliqué par des pierres et des grenades assourdissantes, ainsi qu’en creusant des tranchées pour géner la police. Plusieurs coups de feu ont eu lieu dans la manifestation.

Enfin, à la frontière entre la Turquie et le Rojava, des soldats turcs ont ouvert le feu sur une famille qui venait de passer la frontière en se dirigeant vers Kobané. La famille a traversé à Akçakale vers le village de Yapse, à 5km à l’ouest de Tal Abyad (Gîre Spi). Un membre de la HPG qui est accouru en entendant les coups de feu et un enfant de 6 ans ont été blessés et transportés dans un hôpital de Kobané.

Des blindés détruits par le PKK à Lice.

Des blindés détruits par le PKK à Lice.