Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

La société 2Thello (à laquelle la Mairie de Paris a cédé la gestion des toilettes parisiennes, et qui gèrait déjà 150 installations) refuse toujours d’appliquer la convention collective des entreprises de propreté qui l’oblige à garder les 11 salariées sous contrat au moment où elle a repris le marché et ce aux mêmes conditions. Le 12 août, l’entreprise néerlandaise a demandé l’intervention des CRS pour déloger les grévistes qui occupent les locaux du 1, rue Lamarck dans le XVIIIème arrondissement. Si les forces de l’ordre se sont effectivement déplacées, elles n’étaient pas intervenues en milieu d’après-midi.

Loin d’être intimidés par l’arrivée des forces de l’ordre, les salariées, qu’une cinquantaine de collègues d’autres sociétés de nettoyage sont venus soutenir, ont décidé de renforcer leur mobilisation et prévoient de nouvelles manifestations devant d’autres toilettes gérées par 2Thello, comme dans certaines gares parisiennes.

Les grévistes de Theloo

Les grévistes de Theloo

Les incidents armés se multiplient entre les forces de sécurité turques et les combattants du PKK. Ce vendredi 14, un soldat a été tué par l’explosion d’un IED dans la province de Bingol. Les affrontements qui ont suivi auraient coûté la vie à deux combattants du PKK. Plus au sud, dans la localité de Nusaybin, qui jouxte la frontière avec la Syrie, des guérilleros du PKK ont ouvert le feu sur un véhicule de la police. Ils ont blessé deux policiers. Six soldats turcs ont été tués et quatre blessés dans des affrontements avec des combattants kurdes dans la province d’Hakkari. Un hélicoptère de type Sikorsky qui allait débarquer des militaires dans un poste du mont Remo, dans la région de Zap, a été la cible de tirs anti-aériens et a dû partir sans avoir rempli sa mission. L’aviation et l’artillerie turques multiplie les bombardements, causant de nombreuses pertes civiles.

Combattants du PKK

Combattants du PKK

Les quatre maoïstes qui menaient une grève de la faim au sein de la Central Prison de Coimbatore, Roopesh, Shyna, Anoop et Veeramani, ont annoncé qu’ils y mettaient un terme après que des écrivains et des militants de la société civile leur aient assuré qu’ils allaient prendre les choses en mains. Cela faisait 19 jours que Roopesh ne s’alimentait plus. Sa femme, Shyna, était en grève depuis trois jours, Anoop depuis neuf jours et Veeramani depuis quatre jour. Leur avocat, Mr Balamurugan a annoncé que leurs exigences étaient qu’ils soient traités en tant que prisonniers politiques, qu’ils ne soient pas poursuivis en vertu des lois antiterroristes telles que le National Security Act et le Unlawful Activities Prevention Act et que la police de l’état du Kerala rende publique la liste des plaintes déposées à l’encontre de Roopesh. Mr Balamurugan a affirmé que la police du Kerala publiait une accusation après l’autre pour que Roopesh soit à chaque fois ramené en détention au commissariat et a indiqué que ces deux derniers mois, le prisonnier avait passé 45 jours en détention provisoire. Après avoir reçu la lettre, signée entre autre par Arundhati Roy, Prabhat Patnaik, Meena Kandasamy et d’autres, et après que la fille aînée de Roopesh lui ait rendu visite, ils ont annoncé mettre un terme à leur action.

Dans la province largement peuplée d’Alévis et de Kurdes du Dercim (dont le nom turc est Tunceli), le Tikko et le HPG (qui sont respectivement les branches armées du TKP/ML et du PKK) organisent des actions conjointes contre les opérations de l’armée turque. L’armée turque vide les villages pour couper le soutien aux guérillas et brûlent les forêts -auxquelles les populations sont très attachées- pour forcer les guérilleros à en sortir. Le 11 août, Tikko et HPG ont attaqué le poste de gendarmerie de Çiçekli -à 20km de la ville de Dercim- en lançant deux roquettes, puis ont fait feu au sniper et à la mitrailleuse sur deux hélicoptères Cobra qui tentaient de les débusquer en les bombardant.

D’autre part, le groupe HPG/Tikko a prit le contrôle les routes de Dercim et de Hozat. Ils fouillent entre autres les poids lourds et empêchent les contra de faire de la propagande pro-turque dans la région. Le contenu d’un camion de cigarettes a été réquisitionné.

Voir nos notes sur le Kurdistan.

TKP/ML et PKK contrôle les routes de Dersim et Hazot

TKP/ML et PKK contrôle les routes de Dersim et Hazot

Un détachement du 58e bataillon d’infanterie a rencontré mercredi matin une colonne d’environ 30 guérilleros lourdement armés dans les environs de Claveria, (Misamis Oriental). Après une fusillade, les troupes gouvernemtales ont poursuivi leur avance jusqu’à un camp de la guérilla proche du village d’Aposkahoy. Les militaires y ont récupéré des armes, explosifs, des radios, des panneaux solaires, des munitions et des documents politiques.

Combattantes de la NPA

Combattantes de la NPA

Après avoir rasé le squat Kentavros, c’est le squat Centauros qui a été rasé dans le même quartier de Nea-Philadelphia, à Athènes. Les deux squats, tenus par les anti-autoritaires, venaient en aide aux centaines de réfugiés que compte la ville d’Athènes, les deux ont été détruits par des bulldozers municipaux. Ce n’est qu’un exemple de la répression qui frappent les milliers de migrants qui affluent du Moyen-Orient -principalement de Syrie- ces dernières semaines. Il y a quelques jours, la police anti-émeute a dégagé l’entrée d’un commissariat en déchargeant des extincteurs sur les sans-papiers qui venaient demander l’autorisation de passer vers Athènes à Kos.

Le squat Centaure

Le squat Centaure

Une journée de l’événement ‘Paris Plages’ est dédiée cette année encore à Israël en étant baptisé ‘Tel-Aviv sur Seine’. De nombreuses associations de soutien au peuple palestinien ont appelé à l’action ce jeudi. L’événement se produit quelques temps après qu’un bébé palestinien ait été brûlé par des colons israéliens (et un nombre incalculable d’autres cruautés en tous genres). Un ‘Gaza sur Seine’ est organisé non loin de Tel Aviv sur Seine, et 500 policiers et gendarmes seront déplacés à l’événement sioniste, les sacs et les personnes seront fouillées à l’entrée, etc… De quoi augmenter le réalisme de l’événement.

Police et palmiers à Tel-Aviv sur Seine.

Police et palmiers à Tel-Aviv sur Seine.

Une section locale du CPI(Maoist) de l’état d’Odisha a lancé un appel aux habitants pour qu’ils observent un ‘Black Day’ ce 15 août, jour de proclamation de l’indépendance de l’Inde pour dénoncer la répression policière à l’encontre des tribaux. Les guérilleros exigent également l’arrêt des opérations de ratissage dans les districts de Koraput, Rayagada et Malkangiri. Le secrétaire de la division Bansadhara-Ghumusara-Nabagali du parti, Umakant, a fait parvenir un courrier à plusieurs journalistes basés à Rayagada lundi, accusant les forces de sécurité de harceler les tribaux et de les arrêter pour de prétendus liens avec des actions attribuées à la guérilla maoïste. ‘Des centaines de tribaux sont impliqués dans des affaires factices. La police tue de nombreux tribaux dans des ‘faux’ combats et les qualifient ensuite de maoïstes. Nous appelons toute la population à observer un Black Day le 15 août’ affirme-t-il dans son courrier. Le dirigeant maoïste a également condamné le combat qui a eu lieu à Madaguda dans le district de Kandhamal le 26 juillet au cours duquel un couple est tombé sous les balles policières.

Opération policière dans l’Odisha

Opération policière dans l'Odisha

Nous vous parlions il y a une dizaine de jour (ici) de la procédure lancée contre deux journalistes de gauche pour ‘haute trahison’ après qu’ils aient publié des documents confidentiels. L’affaire a fait grand bruit, le procureur général a même été poussé à la démission après avoir accusé le ministre de la justice de tenter d’interférer dans l’enquête. Le bureau du procureur a finalement annulé l’enquête, en arguant qu’il n’y avait pas de ‘réels’ secrets d’état dans les documents publiés et que d’autres conditions de la ‘haute trahison’ n’étaient pas rencontrées.

Andre Meister et Markus Beckedahl, deux auteurs du blog Netzpolitik

Andre Meister et Markus Beckedahl, deux auteurs du blog Netzpolitik

Le directeur d’un hôpital d’Ashkelon a déclaré lundi qu’il ne nourrirait pas de force un prisonnier palestinien gréviste de la faim tant que sa vie n’était pas directement en danger. Mohammed Allaan, qui est détenu pour son implication présumée avec le Jihad Islamique, est en grève de la faim depuis plus de 50 jours en protestation contre sa détention sans procès. Il a été transféré lundi au Centre médical Barzilai à Ashkelon après que des docteurs à l’hôpital Beer Sheva aient refusé de le nourrir de force.

Les dirigeants israéliens espéraient que l’hôpital Ashkelon serait d’accord pour réaliser la pratique controversée (et condamnée par l’ONU qui défend le droit aux formes de protestations non-violentes) à la suite de l’adoption par le Knesset le 30 juillet d’une nouvelle loi la légalisant. Le directeur de Barzilai a déclaré que « Nourrir de force est une mesure drastique qui est incompatible avec l’éthique médicale (…) Tout traitement réalisé sans le consentement du patient est réservé pour un affaiblissement de sa condition médicale ou un besoin urgent de sauver sa vie ».

Maazouze, la mère de Mohammed Allaan

Maazouze, la mère de Mohammed Allaan