Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Les manifestations contre l’austérité du printemps dernier ont coûté plus de 2,3 millions de dollars canadiens (1,6 millions d’euros) en salaires au Service de police de la Ville de Montréal entre le 23 mars et le 9 mai. Environ 10.000$ en dommages subis par des véhicules de police s’ajoutent à cette facture. À titre de comparaison, le printemps érable, en 2012, avait coûté 4,4 millions en salaires entre le 1er février et le 27 avril. Il avait mobilisé environ 75 % des étudiants du Québec, soit 316.000 personnes.

Le mouvement du printemps dernier contre l’austérité était toutefois de moindre ampleur, avec environ 60.000 étudiants en grève générale. Ils avaient été rejoints par des syndicats à l’occasion de journées de mobilisation, comme ce fut le cas lors de la marche des travailleurs du 1er mai. Sur la facture de 2,3 millions, les heures supplémentaires représentent environ 958.000 $. La facture pourrait être particulièrement salée à la fin de l’année, puisque des associations étudiantes et des syndicats promettent d’intensifier la mobilisation.

Manifestation anti-austérité

Manifestation anti-austérité

Deux membres présumés de la NPA ont été capturés après une fusillade de 30 minutes avec des soldats du 31e Bataillon d’infanterie, samedi après-midi vers environ 16h30 à Barangay Union (Sorsogon). Les prisonniers ont été identifiés comme Joseph Esperanzate et Noli Ranger. Deux IED et des documents « subversifs » ont été récupérés en leur possession. Les militaires avaient appris que six guérilleros se trouvaient dans une maison, ceux-ci ont décelé l’approche des militaires et déclenchés un échange de tir. Quatre guérilleros ont échappés aux soldats.

Cérémonie de la NPA

Les forces de sécurité ont débusqué un camp maoïste après une longue fusillade dans le district de Kanker, dans le Chhattisgarh vendredi dernier. Les autorités ont déclaré qu’une brigade conjointe de la Border Security Force et de la police locale avait lancé une opération de ratissage après avoir été informé d’un rassemblement de guérilleros dans la région de Rampur. Lorsqu’ils se sont retrouvés nez à nez, les deux camps ont ouvert le feu. Après une heure de combat, les maoïstes ont battu en retraite, tirant profit de la dense forêt qu’ils connaissent comme leur poche, contrairement aux soldats. Ces derniers ont saisi des armes, des munitions, des chargeurs, des explosifs, des médicaments et des ustensiles de la vie quotidienne dans le campement. Les soldats auraient également vu des traces de sang, laissant croire à des blessés du côté de la guérilla.

Le district de Kanker, dans le Chhattisgarh

Après avoir mené les premiers soulèvements dans le Kurdistan du Nord dans les années 1990, la ville -et le district- de Cizre (province de Şırnak) s’est à nouveau insurgée et l’Assemblée de la ville a déclaré «l’auto-gouvernance» en réponse à la politique de guerre du gouvernement AKP. Les jeunes ont creusé des tranchées et érigé des barricades dans les quartiers de Nur, Yafes, Cudi, Sur et Konak et en dix autres zones. C’est à Varto, dans la province de Mus, après des accrochages sévères ces derniers jours, et un couvre-feu imposé des deux côtés, les insurgés ont réussi à se barricader dans le centre-ville, creusant des tranchées pour prévenir l’entrée de véhicules militaires. Toute la journée, des patrouilles du PKK, armées de fusils mitrailleurs et de lance-roquettes ont circulé dans le centre-ville. Un tir des forces de sécurité turques a tué quatre habitants de la ville.

Barricades et tranchées à Varto

Par ailleurs, l’offensive de la guérilla du PKK se poursuit: des actions armées ont eu dans les régions d’Amed (barrage routier, attaque d’une poste de garde, de deux bases militaires), de Siirt (barrages routier), de Mardin (attaque d’un poste de garde), de Bingöl (destruction de tours de télécommunication), de Bitlis (barrages routiers, attaque d’un poste de garde), d’Erzurum (barrages routiers, destruction de tour de télécom) de Hatay (destruction d’un véhicule blindé), dans le Dersim (destruction de tours de télécom), de Xakrkê (attaque d’un poste militaire). L’armée turque a lancé plusieurs opération, notamment dans la région d’Hakkari où elle a essuyé des pertes. A plusieurs reprises, les troupes turques ont effectués des tirs d’artillerie à partir de leurs bases harcelée par la guérilla. Plusieurs civils ont été tués et ces tirs ont provoqué des incendies de forêt.

Des heurts violents ont opposés de jeunes manifestants partisans du PKK (membres de l’YDG-H) pendant plus de trois heures dimanche à l’aube, à Istanbul. Les affrontements ont eu lieu après 23 nouvelles opérations policières, samedi dans la ville, dans les banlieures populaires de Kucukcekmece et Bagcilar. 15 membres présumés du PKK ont été arrêtés. La police a usé de gaz et de canons à eau face aux manifestants qui jetaient pierres et cocktails Molotov..

Barricades et tranchées à Varto

Les services antiterroristes de la police péruvienne ont capturé coup sur coup Alexander Alarcon Soto, le « camarade Renan » et Dionisio Ramos, le « camarade Yuri », qui commandaient la guérilla du PCP-SL dans la zone sud de La Convencion, (Cuzco). Des armes, des munitions, de l’explosif et des radios ont été saisis a cette occasion. « Renan » aurait été le responsable politique du PCP-SL pour la partie sud de la région de Cuzco, tandis que « Yuri » en était le commandement militaire. Ils y avaient respectivement remplacés Alejandro Borda Casafranca, le « camarade Alipio » et Martin Quispe Palomino, le « camarade Gabriel », décédé en août 2013. Le « camarade Renan » est accusé notamment de participation à des actions armées dans laquelle cinq policiers et six soldats ont été tués.

Alexander Alarcon Soto, le

Alexander Alarcon Soto, le

Quatre FN 303 ont été commandés par la police locale d’Anvers pour ses unités de réaction rapides. Ces unités, composées de trois agents très entraînés, circulant en voiture banalisée, ont été constituées à la suite des attentats contre le magazine Charlie Hebdo au début de l’année à Paris. Ces armes semi-automatiques, uniques en Belgique, tirent des projectiles en plastique contenant de la peinture ou du spray au poivre.

Le FN 303

Le FN 303

La police a dit avoir arrêté plus de 10 personnes dimanche pour jets de pierres sur des policiers et trouble à l’ordre public devant l’hôpital de la ville d’Ashkelon où est hospitalisé Mohammed Allan. Des manifestants arabes israéliens et palestiniens avaient prévu de se rassembler devant l’hôpital Barzilai, mais ont dû faire face à des militants de l’extrême-droite sioniste venus scander des slogans racistes et appelant à la mort de Allan. Des heurts ont éclaté, avec des jets de pierres des deux côtés. Les heurts se sont poursuivis alors que la police repoussait les manifestants arabes à la sortie de la ville.

Mohammed Allan, 31 ans, un avocat présenté par le Jihad islamique comme l’un de ses membres, avait été arrêté en novembre et a entamé une grève de la faim le 18 juin pour dénoncer le renouvellement de sa détention administrative, une mesure qui permet aux autorités israéliennes de le détenir sans inculpation pendant des périodes de six mois renouvelables. Il était toujours inconscient mais dans un état stable, il a été placé sous respirateur artificiel et sous perfusion d’eau salée.

Arrestation devant l’hôpital d’Ashkelon

Mise à jour (19 août): M. Allan a vu la mesure de détention administrative qui le concernait levée ce mercredi. La Cour suprême a indiqué que M. Allan devrait être soigné désormais comme n’importe quel autre patient de l’hôpital. Sa famille et ses amis pourront lui rendre visite, pas en tant que prisonnier.

Arrestation devant l'hôpital d'Ashkelon

Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. En mars 1927, l’Armée de Tchang Kaï-Chek, alors allié des communistes, marche sur Shanghai où les communistes préparent une insurrection ouvrière. Mais Tchang Kaï-Chek se retourne contre eux et déchaîne une répression terrible. C’est la trame du roman d’André Malraux La Condition humaine, publié en 1933, qui obtint le prix Goncourt et un immense succès critique et populaire.

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L’édition originale de La Condition humaine

L'édition originale de La Condition humaine

Le président égyptien al-Sissi a ratifié hier dimanche une loi antiterroriste qui prévoit une amende très lourde pour les journalistes qui rapporteraient des informations contredisant les communiqués officiels en cas d’attentats. La loi controversée, publiée au journal officiel, instaure une amende pouvant aller de 200.000 à 500.000 livres égyptiennes (entre 23.000 et 58.000 euros) pour toute personne diffusant ou publiant de « fausses » informations sur des attentats ou des opérations antiterroristes.

Forces spéciales égyptiennes

Forces spéciales égyptiennes

Les autorités ont décrété le couvre-feu dans le district de Varto, dans la province de Mus, après d’intenses combats entre l’armée (notamment des hélicoptères de combat de type cobra) et les combattants kurdes qui contrôlent les approches de la ville. Les affrontements avaient éclaté dans la nuit après que la ville se soit insurgée. Le quartier général de la police a été attaqué. Des jeunes liés au PKK ont démoli un pont au moyen de bulldozers et creusé des tranchées. L’eau et l’électricité sont coupées dans la ville.

Un soldat turc et trois membres présumés du PKK ont été tués tôt dimanche près de la ville de Kagizman, dans la province de Kars, au cours d’une opération de sécurisation de la zone. Deux soldats turcs ont été blessés dans ces affrontements et l’un d’entre eux a succombé à ses blessures à l’hôpital, tandis que trois militants kurdes ont été tués.

Le théâtre des combats à Kagisman

Le théâtre des combats à Kagisman