Déclenchées le 28 décembre contre l’hyperinflation et la crise économique, les manifestations qui se sont étendues à l’ensemble de l’Iran font face à une répression importante des autorités, marquée par une coupure nationale d’Internet, l’usage de gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles. À Téhéran comme dans plusieurs grandes villes, des vidéos diffusées avant le black-out montrent des coups de feu, des véhicules incendiés et des affrontements violents, tandis que le pouvoir accuse des « éléments terroristes » soutenus par l’étranger. Selon plusieurs ONG, au moins 45 personnes, dont huit mineurs, ont été tuées depuis le début du mouvement, un bilan bien plus lourd que celui reconnu par les autorités mais dont la fiabilité n’est pas garantie en raison des difficulités liées à la communication vers l’extérieur. Malgré les appels officiels au « dialogue », le guide suprême Ali Khamenei a qualifié les manifestants d’« émeutiers ». La mobilisation est particulièrement forte dans les régions à majorité kurde de l’ouest du pays, où les manifestations sont récurrentes et la répression historiquement plus brutale, avec de nombreux morts et blessés signalés. Les organisations kurdes dénoncent un ciblage spécifique de ces provinces, régulièrement traitées par le pouvoir comme des zones sécuritaires et soumises à une militarisation accrue.

Le 6 janvier 2026, l’armée israélienne a fait irruption sur le campus de l’université de Birzeit, au nord de Ramallah, pour disperser un rassemblement étudiant organisé en solidarité avec les prisonniers palestiniens. Les forces israéliennes ont utilisé des balles réelles, des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes, brisant la porte principale de l’université et pénétrant dans différents bâtiments. Plusieurs étudiants ont été blessés, dont trois touchés par des tirs à la jambe, pris en charge par le Croissant-Rouge et transportés à l’hôpital. Des responsables universitaires et journalistes ont également été arrêtés, notamment le vice-président académique Asim Khalil et les journalistes Moatasem Saqf Al-Hait et Karim Khmaisah. Environ 8 000 étudiants se trouvaient sur le campus au moment de l’assaut, qui a également conduit à la saisie de matériel appartenant au mouvement étudiant.

En Iran, le mouvement de contestation déclenché par des revendications économiques est entré dans sa deuxième semaine et a déjà fait au moins 29 morts, dont deux membres des forces de sécurité, selon l’ONG HRANA, tandis qu’environ 1 200 personnes ont été arrêtées. Des centaines de manifestants auraient également été blessés, et des armes lourdes auraient été utilisées par les autorités dans certaines régions pour réprimer les protestations. Les manifestations ont touché près de 88 villes dans 27 des 31 provinces du pays, illustrant l’ampleur du mouvement. Le gouvernement iranien ne communiquant aucune donnée officielle, ces chiffres reposent principalement sur des informations relayées par des ONG et des activistes à l’étranger, dont la vérification de manière indépendante reste difficile.

En Bolivie, la vaste mobilisation contre l’offensive austéritaire du président Rodrigo Paz s’accompagne d’une répression accrue des forces de l’ordre, visant à contenir une contestation sociale massive. Depuis l’appel à la grève générale illimitée lancé le 22 décembre, les manifestations, blocages routiers et rassemblements ont été confrontés à un important dispositif policier, notamment à La Paz, où les mobilisations de mineurs ont été violemment dispersées à coups de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et d’interpellations. Cette réponse sécuritaire cherche à imposer le décret supprimant les subventions aux hydrocarbures et à briser un mouvement populaire largement implanté dans des secteurs stratégiques.

En Iran, la nouvelle vague de manifestations déclenchée par l’inflation et la crise économique s’accompagne d’une répression croissante du régime, malgré la reconnaissance par le guide suprême Ali Khamenei du caractère « juste » de certaines revendications. Les autorités ont annoncé l’arrestation d’organisateurs de rassemblements, tandis que la télévision d’État confirme le début d’une vaste opération sécuritaire. Selon plus ONG, au moins 15 manifestants ont été tués et plus de 580 arrêtés depuis le 28 décembre, dans un mouvement de protestation qui s’est étendu à au moins 60 villes.

Des manifestations spontanées contre la cherté de la vie se poursuivent en Iran depuis plusieurs jours et gagnent de nombreuses villes, donnant lieu à des affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre. Selon les agences de presse iraniennes, au moins six personnes ont été tuées, dont des civils dans l’ouest et le sud-ouest du pays ainsi qu’un membre des forces du Bassidj, et plusieurs dizaines d’autres ont été blessées. Les autorités font état d’attaques contre des bâtiments publics et de l’usage de gaz lacrymogène par la police, tandis qu’une trentaine de personnes ont été arrêtées à Téhéran pour troubles à l’ordre public. Sur fond de forte inflation et de dépréciation du rial, le gouvernement affirme tolérer les manifestations pacifiques mais promet une réponse ferme à toute dérive violente ou tentative de déstabilisation.

À İzmir le 23 décembre dernier, plusieurs militants solidaires des prisonniers en grève de la faim dans les prisons de « type puits » ont été interpellés lors de perquisitions matinales à leur domicile, avec notamment l’arrestation d’au moins neuf membres de Sosyalist Mücadele İnisiyatifi et d’autres militants liés à Umut-Sen et aux familles de détenus de TAYAD. À Istanbul le 24 décembre, dans le quartier de Kadıköy, la police a également placé en garde à vue cinq membres du groupe Dev Güç qui manifestaient contre ces prisons connues pour leurs conditions de détention particulièrement inhumaines (voir photo).

Environ 200 personnes se sont rassemblées samedi à Namur pour rendre hommage à Adama Condé, abattu par la police près de la gare une semaine plus tôt. Plusieurs dizaines d’individus extérieurs au rassemblement ont visé la police par des jets de pétards, feux d’artifice, bouteilles et pierres près du commissariat. Les forces de l’ordre ont dispersé la foule et fait plusieurs interpellations. Des tensions avaient déjà eu lieu plus tôt dans la semaine lors de rassemblements non autorisés réclamant justice pour Adama Condé.

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La police de Londres a procédé à ses premières arrestations lors d’une manifestation pro-palestinienne le 17 décembre dernier après avoir annoncé un durcissement de sa position contre les slogans appelant à « mondialiser l’Intifada » (voir notre article). Deux personnes ont été interpellées pour des propos considérés comme une atteinte aggravée à l’ordre public à caractère raciste, et une troisième pour avoir tenté d’entraver l’action des forces de l’ordre.

Aux Pays-Bas, 22 personnes ont été interpellées à Amsterdam après des affrontements entre police et manifestants opposés à la venue de Shai Abramson, principal chanteur de l’armée israélienne. Plusieurs centaines de protestataires ont tenté de s’approcher de la salle, entraînant l’intervention d’unités antiémeutes, l’usage de matraques et des jets de fumigènes. Face à la mobilisation, les organisateurs ont annulé la participation de l’artiste et remplacé l’événement public par deux concerts privés.

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