Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Des chercheurs ont mis au point un virus nommé DiskFiltration qui, une fois installé sur un ordinateur, peut transmettre des informations à un attaquant en émettant des sons « cachés ». Le virus prend le contrôle du petit bras du disque dur qui peut ensuite communiquer « discrètement » avec un micro caché. L’expérience a surtout démontré que cela était possible mais très compliqué pour le genre de difficulté que l’opération suppose. Premièrement, ce type d’attaque viserait essentiellement des ordinateurs qui ne sont pas connectés à internet pour qu’on veuille en voler les données via une telle technique: il faut donc avoir un accès physique à l’ordinateur puisque le virus ne peut y être installé autrement. Ensuite, il faut que le micro qui reçoit les sons soit à moins de 1,8 mètres de l’ordinateur pour pouvoir l’entendre. Enfin, le virus ne fonctionne évidemment qu’avec des disques durs mécaniques (donc pour les disques SSD et les clés USB, c’est foutu). Et plus gros problème encore, le virus ne peut intercepter que 180 bits par minute, ce qui est très lent.

DiskFiltration en action

DiskFiltration en action

Des milliers d’ouvriers ont démarré mercredi une grève dans les centrales électriques du fournisseur public Eskom, pour demander une hausse de leurs salaires, défiant une décision de justice qui avait interdit ce débrayage. C’est tard mardi soir que l’employeur avait obtenu une interdiction de la grève parce qu’il s’agissait d’un secteur essentiel au fonctionnement du pays. Selon le syndicat, près de 15.000 travailleurs sont en grève à travers tout le pays, soit environ 30 % des effectifs du groupe.

Les grévistes réclament une hausse de +10 % des salaires les plus bas, de +8,5 % des revenus les plus élevés et une allocation logement de 3.000 rands (200 euros). Le chiffre d’affaires d’Eskom a atteint l’année passée 163,4 milliards de rands de revenus (9,59 milliards d’euros) en progression de +11 % sur un an. Son excédent brut d’exploitation a atteint de 31,97 milliards de rands (+37 %), pour un bénéfice de 4,62 milliards de rands (contre 200 millions de rands en 2014).

La centrale électrique de Mpumalanga-Middelburg-Arnot

La centrale électrique de Mpumalanga-Middelburg-Arnot

Un maoïste pour la capture duquel la police offrait une prime a été abattu jeudi par une force conjointe du Groupe de Réserve [de la police du] District et de la Special Task Force (STF). Cette force effectuait une opération anti-insurrectionnelle dans une zone forestière de Mardoom, dans le district du Bastar. La maoïste abattu appartenait au Comité Régional du Barsoor. Une arme et du matériel ont été récupérés par les policiers. La maoïste tué commandait l’escouade locale de guérilla (LGS). Il était activement recherché pour plusieurs embuscades et attaques de voies ferrées.

Guérilleros maoïstes en Inde

Guérilleros maoïstes en Inde

Des affrontements ont éclaté jeudi à Sao Paulo entre la police militaire brésilienne et un grand nombre d’étudiants protestant contre les réformes du système d’éducation publique. La police anti-émeute a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants. Selon le projet de réforme du gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, 94 écoles publiques seront fermées et plus de 300.000 étudiants seront relocalisés dans le but d’économiser de l’argent, tandis que les établissements d’enseignement seront utilisé à d’autres fins ou vendus.

Arrestation d’un manifestant jeudi à Sao Paulo

Arrestation d'un manifestant jeudi à Sao Paulo

Des affrontements ont éclaté mardi dans la ville israélienne d’Ashkelon entre des manifestants sionistes et arabes devant un hôpital où le dirigeant du FPLP Bilal Kayed est en grève de la faim. Bilal Kayed refuse de s’alimenter depuis 56 jours pour protester contre sa détention sans jugement par Israël et a été transféré à l’hôpital Barzelai après que son état de santé s’est brusquement dégradé. Il souffre notamment de problèmes aux reins, a des difficultés à se tenir début et les médecins ont mis en garde contre un risque d’accident vasculaire cérébral.

Ce mardi, des manifestants arabes et juifs soutenant la cause de Kayed se sont rassemblés devant l’hôpital, certains portant des pancartes portant l’inscription « la détention administrative est illégale ». La détention administrative est un régime extrajudiciaire israélien controversé permettant de détenir un prisonnier pendant une durée illimitée sans inculpation ni procès pour une période de six mois renouvelable indéfiniment. Des députés arabes du Parlement israélien faisaient partie des manifestants. Des Israéliens issus de la droite, certains criant « Mort aux terroristes », ont organisé une contre-manifestation et les deux parties ont échangé des coups. La police est intervenue et a été la cible de jets de pierres de la part des contre-manifestants. Elle a annoncé avoir arrêté 10 sionistes et trois arabes suspectés notamment de troubles à l’ordre public.

Manifestants du FPLP pour Bilal Kayed

Manifestants du FPLP pour Bilal Kayed

Ce jeudi soir, deux explosions ont frappé la police turque, la première à Mardin a fait quatre mort dans l’explosion d’un véhicule de police, la seconde à Amed/Diyarbakir a tué cinq personnes. Dans les heures qui ont suivi, 17 militants ont été arrêtés au motif d’appartenance à une organisation terroriste, quatre journalistes ont été détenus et les bureaux du HDP à Istanbul ont été (illégalement) perquisitionnés ce vendredi matin. La perquisition a été menée par des équipes ‘antiterroristes’ de l’armée avec l’appui de véhicules blindés et d’un hélicoptère. Le PKK (qui n’a pas revendiqué les deux explosions mais en est accusé) a récemment promis d’amener la guérilla dans les villes autant que dans les montagnes.

Perquisition aux bureaux du HDP à Istanbul (archive)

Une perquisition a été effectuée au domicile de Hugo Périlleux Sanchez dans le cadre d’une enquête concernant le piratage de l’écran Coca-Cola à De Brouckère. Il a été embarqué et son matériel informatique a été saisi. L’action avait été revendiquée par le collectif “écran de fumée” qui visait à dénoncer les négociations sur les traités de libre-échange et la place de la publicité dans l’espace public. Le 10 juillet dernier, les activistes s’étaient rendus sur le toit du bâtiment de la Régie Foncière de la Ville de Bruxelles. Ils sont rentrés dans l’ordinateur qui se trouvait à côté de l’écran et ils ont remplacé le logo Coca-Cola par celui des « TTIP Game Over » avec le message suivant : « No more negotiations, No more free trade deals, It’s time for action”.

Un Leetchi a été ouvert ici pour les frais de justice.

Piratage de l’écran Coca-Cola à De Brouckère (TTIP Game Over) from zin tv on Vimeo.

Le panneau coca

Le panneau coca

Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Suite et fin de l’article sur le « Kubark Counterintelligence Interrogation », le manuel secret de la CIA exposant la manière de briser la volonté d’un prisonnier.

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Au sommaire du manuel KUBARK

Au sommaire du manuel KUBARK

Mihemed Abdullahi a été pendu à la prison d’Urmia aux premières heures du 9 août au motif de Moharebeh (ennemitié envers Dieu). Durant son interrogatoire, il avait été torturé, son bras et sa jambe avaient été fracturés. Après avoir été innocenté et acquitté, le juge a arbitrairement réouvert l’affaire pour condamner Mihemed à la peine de mort. Mihemed Abdullahi était accusé d’être membre de Komala, il avait nié appartenir à la guerilla. Cinq autres prisonniers kurdes ont été éxécutés au même moment au motif de traffic de stupéfiants.

Mihemed Abdullahi

Mihemed Abdullahi

Marios Seisidis et Kostas Sakkas ont été arrêtés au matin du 5 août dans les environs de Sparte, dans le Péloponnèse. Tous deux étaient recherchés par la police et ont déjà été prisonniers par le passé. Ils ont tous deux refusé la prise d’empreintes digitales et la prise de photos par la police et ont été battus pour cela. Ils sont immédiatement passés devant un tribunal d’Athènes où l’audience a été ajournée au 17 août (toujours à Athènes). Suite à cela, ils ont été transférés dans des prisons éloignées: Marios à Malandrino, Kostas à Domokos.

Grèce: Deux anarchistes recherchés arrêtés