Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Dans la nuit du 27 janvier à Portland, des militants ont endommagé tous les véhicules d’un parc de location de voitures Enterprise situé à Sandy Blvd et 28th, peignant également sur le bâtiment le message « ICE RENTS HERE » (l’ICE loue ici). L’action visait à protester contre l’usage de voitures de location par l’ICE et la Border Patrol pour arrêter et expulser des personnes à travers le pays. Les auteurs, anonymes, ont indiqué que l’intervention a rendu le parc de véhicules inutilisable et aurait conduit Enterprise à annuler un événement de recrutement local.

Samedi 6 février à Milan, des milliers de manifestants ont défilé contre les Jeux olympiques d’hiver, dénonçant leur impact environnemental et social, notamment l’utilisation de neige artificielle, la destruction d’arbres pour les infrastructures et la crise du logement. Vers la fin du rassemblement, un groupe s’est affronté avec la police, qui a répliqué avec gaz lacrymogène et canons à eau, entraînant plusieurs interpellations. Les manifestants ont brandi des banderoles proclamant « Libérons les montagnes » et dénonçant la transformation de Milan en « Disneyland pour touristes », tout en critiquant la présence de l’agence états-unienne ICE.

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Vendredi 6 février à Mainz, une mobilisation de soutien au Rojava n’a pas pu se transformer en manifestation, la police ayant interdit la présence de drapeaux YPG, ce qui a contraint les organisateurs à faire qu’un rassemblement statique. Les organisateurs ont dénoncé une décision « arbitraire et provocatrice », rappelant qu’aucune interdiction légale générale ne vise ces symboles en Allemagne. Face à l’exigence policière de retirer les drapeaux pour autoriser la marche, les manifestants ont choisi de maintenir le rassemblement sur place, brandissant leurs drapeaux et critiquant cette décision. L’action s’est conclue par des slogans de soutien aux forces kurdes et l’annonce d’une nouvelle mobilisation de solidarité prévue le lendemain à Mannheim.

Le Tribunal suprême espagnol a confirmé les peines prononcées contre 12 personnes suite à leur participation à une manifestation antifasciste contre un meeting du parti d’extrême droite Vox à Bilbao le 20 octobre dernier. Les condamnés écopent de peines allant jusqu’à deux ans de prison pour troubles à l’ordre public et dégradations, après le rejet d’un recours. Selon la décision judiciaire, ils ont été condamnés en lien avec des affrontements qui ont éclaté près du Palais Euskalduna, avec jets d’objets contre la police basque, barricades et incendies de conteneurs, lors d’une mobilisation non autorisée visant à perturber l’événement.

Du 10 au 16 février, des soutiens appellent à une semaine de solidarité avant le procès prévu le 17 février dans l’affaire Prairieland, autour de Daniel « Des » Sanchez Estrada, tatoeur vegan, artiste anarchiste racisé et immigré, poursuivi pour avoir prétendument transporté des publications antifascistes dans un dossier présenté par ses défenseurs comme un cas de répression politique au Texas (voir notre article). Afin de le soutenir, la campagne encourage diverses actions publiques : diffusion d’informations, lettres de soutien, dons, affichage ou événements solidaires, etc.

Le site du comité de soutien

Le 5 février 2026, deux policiers nationaux ont été jugés au tribunal de Bobigny pour des violences commises le 28 août à Saint-Denis, où l’un avait giflé et craché au visage d’un jeune habitant de La Plaine tandis que son collègue restait passif. Filmée par une riveraine et largement diffusée, la scène a contredit les déclarations mensongères du policier mis en cause et a permis d’engager des poursuites judiciaires. Auteur de l’agression, l’agent Alexandre M. a été condamné à six mois de prison avec sursis et à une interdiction d’exercer sur la voie publique pendant deux ans. Son collègue, Baptiste D., présent lors des faits et resté passif face aux violences sans intervenir pour les empêcher, a également été reconnu coupable et condamné à deux mois de prison avec sursis.

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Coordinateur européen du réseau Samidoun, le militant palestinien Mohammed Khatib a été arrêté le 7 février à l’aéroport d’Héraklion alors qu’il se rendait en Crète pour participer à un événement de solidarité avec la Palestine et ses prisonniers, avant d’être placé en détention en vue d’une expulsion vers la Belgique pour des motifs de « sécurité nationale ». Samidoun dénonce une escalade répressive visant la communauté palestinienne et les militants pour la Palestine en Europe, dans un contexte de rapprochement politique et économique entre la Grèce, Israël et des puissances occidentales. Le jour même, des soutiens se sont mobilisés devant le commissariat de la ville crétoise pour exiger sa libération, tandis que de nombreuses organisations ont dénoncé cette nouvelle attaque contre le militant (voir notre article).

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Détenus dans les prisons marocaines, deux prisonniers politiques sahraouis viennent de retrouver la liberté : Aziz El Ouahidi (à droite sur la photo), après dix ans d’incarcération, et l’étudiant Aymen El Yathribi, après plus de deux ans à la prison de Loudaya à Marrakech. Selon le Front Polisario, il y aurait environ 70 prisonniers politiques sahraouis dans les geôles marocaines.

Hacı Haykır, arrêté en 1994 à Cizîr (Cizre) et condamné à la réclusion à perpétuité par le tribunal de sécurité d’État d’Erzurum, a été libéré le 6 février 2026 de la prison de haute sécurité de Burdur après 32 années d’incarcération. Au cours de sa détention, il avait été transféré dans plusieurs établissements, dont Ordu, Trabzon, Amed, Midyad, Şirnex, Trakya, Erzurum et Sêrt. Sa libération, initialement prévue pour le 6 juin 2025, avait été retardée de huit mois par l’administration pénitentiaire pour un prétendu manquement à la déclaration de « neutralité ». À sa sortie, Haykır a été accueilli par sa famille.

À la prison pour femmes de Şakran, à Izmir, les révolutionnaires emprisonnées Tuğçenur Özbay et Güzin Tolga ont entamé une grève de la faim le 1er février après que l’administration pénitentiaire a tenté de les contraindre à porter des badges étiquetés « Terroriste de gauche ». Face au refus des détenues, la direction de la prison a instauré une série de mesures répressives : interdiction des visites familiales et des consultations avec leurs avocats, interdiction des appels téléphoniques et suspension de la réception des colis, imposant un isolement quasi total. Leur grève de la faim vise à obtenir la suppression de ces badges et la levée de toutes les restrictions instaurées sous ce prétexte.