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Articles

Espagne : Lourdes peines requises après la répression des manifestations pour Pablo Hasél

Cinq ans après les manifestations de 2021 contre l’incarcération du rappeur Pablo Hasél à Barcelone, le parquet requiert de lourdes peines (de 5 à 8 ans et demi de prison) contre quatre jeunes poursuivis pour désordres publics, dégradations et attentat aggravé contre agents des Mossos d’Esquadra. Arrêtés lors du troisième jour de mobilisation, ils sont accusés d’avoir lancé des pierres contre des fourgons de la brigade antiémeute (BRIMO) dans un contexte de protestations massives rassemblant plus d’un millier de personnes.

USA : Appel urgent à la mobilisation pour la santé de Mumia Abu-Jamal

Un nouvel appel à mobilisation internationale est lancé pour la santé de Mumia Abu-Jamal, détenu en Pennsylvanie depuis plus de 43 ans. Si l’ablation de sa cataracte secondaire a été obtenue grâce à la pression de ses soutiens (voir notre article), les traitements indispensables pour sa grave affection rétinienne et son glaucome actif ne sont toujours pas assurés, l’exposant à un risque élevé de cécité, tandis qu’il a aussi besoin de nouvelles lunettes en urgence. Ses soutiens appellent à l’envoi immédiat de courriels au Département correctionnel de Pennsylvanie afin d’exiger une prise en charge médicale complète et rapide, rappelant que le refus de soins pourrait constituer un traitement cruel et inhumain au regard du droit américain et international (plus d’infos).

France : Ouverture d’une enquête pour reconstitution présumée de la Jeune Garde

Le 24 février 2026, le ministère de l’Intérieur a saisi la justice à la suite d’accusations de « reconstitution » de la Jeune Garde, officiellement dissoute en juin 2025, et a annoncé la dissolution de plusieurs groupes supposés liés à cette organisation (voir notre article). L’enquête, confiée à la Direction générale de la gendarmerie nationale et à la section de recherches (SR) de Paris, porte sur le délit de participation au maintien ou à la reconstitution d’une association dissoute, passible de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende.

Népal : Arrestations de responsables communistes après un appel à la grève nationale

Fin février 2026 au Népal, plusieurs cadres et partisans du Communist Party of Nepal (Bahumat) (CPN Bahumat) ont été arrêtés dans un contexte de fortes tensions politiques. Son secrétaire général, Dharmendra Bastola, a été interpellé à Katmandou après l’annonce d’une grève nationale, aux côtés de responsables locaux dont Bishnu Timalsina et Binod Marasini, arrêté à Butwal. D’autres militants, parmi lesquels Yukendra Shretha de la Communist Youth Organisation et Basudev Budhal, dirigeant étudiant lié à l’All Nepal National Independent Students’ Union (Revolutionary), ont également été placés en détention, tout comme « Sajak », présenté comme responsable du parti pour avoir contesté la légitimité des élections.

USA : Le prisonnier anarchiste Michael Kimble dénonce le travail forcé en prison

Dans une tribune diffusée à l’occasion d’une grève lancée le 8 février 2026 dans les prisons de l’Alabama (voir notre article), le détenu anarchiste Michael Kimble présente l’arrêt de travail comme « un coup porté à l’État », accusé de maintenir « une situation d’esclavage et de surexploitation » à travers le travail pénitentiaire. « Quand nous refusons de travailler gratuitement (ce qui est de l’esclavage), nous affirmons notre pouvoir en tant que travailleurs et en tant qu’êtres humains », écrit-il, dénonçant le 13e amendement de la Constitution états-unienne qui interdit l’esclavage sauf en cas de condamnation pénale. Revenant sur l’histoire du « convict leasing » en Alabama (système qui louait la main-d’œuvre carcérale à des entreprises privées), le militant affirme que la prison demeure un dispositif d’exploitation économique. Il décrit leur mobilisation comme une stratégie destinée à bloquer la production, éveiller la conscience des prisonniers « en tant que classe opprimée » et exiger l’abolition du travail forcé, de la perpétuité sans libération conditionnelle et des lois sur les récidivistes. « Nous exerçons notre droit de riposter. Qu’y a-t-il de mal à cela ? », conclut-il.

Lire la tribune

Espagne : Le prisonnier basque Patxi Ruiz rejoint le jeûne de soutien à María José Baños Andújar

Le 25 février 2026, le prisonnier politique basque Patxi Ruiz a rejoint l’action de solidarité initiée par les détenus du centre pénitentiaire d’A Lama (voir notre article) en observant une journée de jeûne pour soutenir María José Baños Andújar, prisonnière politique des GRAPO gravement malade. Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement plus large incluant des grèves de la faim hebdomadaires de plusieurs autres détenus ainsi qu’une grève de la faim illimitée entamée par Marcos Martín Ponce (voir notre article) pour exiger le transfert hospitalier d’urgence de María José, dont l’état de santé est jugé critique.

Portugal : Manifestation à Lisbonne contre les violences carcérales

Le 15 février à Lisbonne, plusieurs dizaines de personnes ont défilé sous le slogan « Justice pour Jorge » pour dénoncer les violences du système carcéral portugais, après la mort en détention de Jorge dos Santos, dit « Gordo », le 23 novembre 2025. Aux côtés de collectifs comme le Collectif Mumia Abu-Jamal et le Movimento Negro em Portugal, les manifestants ont accusé l’administration pénitentiaire de mauvais traitements et réclamé justice pour d’autres détenus décédés. La mobilisation intervient dans un contexte de critiques récurrentes visant les forces de sécurité, après un rapport du Comité européen pour la prévention de la torture pointant en 2023 des mauvais traitements lors de gardes à vue par la Polícia de Segurança Pública et la Guarda Nacional Republicana. Les organisateurs dénoncent un climat d’impunité et des discriminations persistantes au sein du système pénal portugais.

Sécurité IT : Meta prépare des lunettes à reconnaissance faciale

Un document interne révélé par le New York Times indique que Meta développe une fonction baptisée « Name Tag » pour ses lunettes connectées, permettant d’identifier en temps réel les visages croisés via reconnaissance faciale et d’afficher des informations associées. Porté par Mark Zuckerberg, le projet viserait un déploiement progressif, suscitant de vives inquiétudes sur une généralisation de la surveillance biométrique dans l’espace public.

USA : Des « barrages filtrants » citoyens contre l’ICE

Dans les « Villes Jumelles » (Minneapolis–Saint Paul), des habitant·s ont mis en place des « barrages filtrants » pour surveiller et freiner les opérations de l’U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE). Inspirée de précédentes mobilisations locales (notamment après la mort de George Floyd) et d’expériences internationales (ZAD, Gilets jaunes), la tactique consiste à transformer des intersections en points de contrôle tenus par des réseaux d’intervention rapide : circulation ralentie, vérification des plaques, partage d’informations en temps réel et, parfois, blocage des véhicules suspectés d’appartenir à l’ICE. Présentés comme des espaces mêlant vigilance et solidarité de quartier, ces dispositifs ont suscité un large soutien local mais aussi des démantèlements par la police.

France : Sursis requis contre un commissaire dans l’affaire Geneviève Legay

Six mois de prison avec sursis ont été requis en appel à Lyon contre un commissaire, jugé pour complicité de violences après avoir ordonné une charge policière lors d’une manifestation de Gilets jaunes à Nice en mars 2019, qui avait grièvement blessé la militante d’Attac Geneviève Legay, alors âgée de 73 ans. Le parquet a estimé l’ordre « illégal » et « inadapté », s’appuyant notamment sur un rapport critique de l’IGPN. Déjà condamné en première instance en 2024, le prévenu conteste sa responsabilité, affirmant avoir transmis un ordre légal. De son côté, Mme Legay, aujourd’hui âgée de 80 ans et toujours marquée par de lourdes séquelles, espère une décision faisant jurisprudence. Par ailleurs, la justice administrative a reconnu en 2024 la responsabilité de l’État à 80 % dans ses blessures.

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