Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Aux États-Unis, l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) a considérablement accru ses capacités de surveillance grâce à un budget porté à 28 milliards de dollars sous l’impulsion de Donald Trump. L’agence utilise notamment la reconnaissance faciale via l’application Mobile Fortify pour identifier des migrants mais aussi des citoyens états-uniens (voir notre article), ainsi que des outils de collecte de données comme Webloc (géolocalisation massive), Tangles (analyse des réseaux sociaux par IA) et des technologies d’extraction de téléphones fournies par Cellebrite et Paragon. Les données récoltées alimentent ImmigrationOS, un système développé par Palantir permettant une gestion automatisée des dossiers jusqu’à l’expulsion (voir notre article). Ces pratiques font l’objet de plaintes judiciaires et d’un projet de loi (« ICE Out of Our Faces Act ») visant à encadrer ce dispositif jugé liberticide.

Suite aux perquisitions, arrestations et emprisonnements, et en prévision de procédures longues et coûteuses (voir notre article), une cagnotte solidaire est lancée afin de ne laisser personne seul face à la répression. Les dons serviront en priorité à couvrir les frais d’avocats, les soins psychologiques et le remplacement du matériel saisi ; tout éventuel surplus sera consacré aux dépenses courantes du Front Antifasciste Liège (déplacements, autocollants, drapeaux, etc.). Les contributions peuvent être versées à L’Amorce (IBAN : BE64 5230 8141 9552, BIC : TRIOBEBB) avec la communication unique « FAL ». Des événements de soutien (projections, concerts, ventes, repas-débats) peuvent également être organisés pour récolter des fonds et renforcer les liens dans la lutte contre l’extrême droite.

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Des documents obtenus via la loi israélienne sur la liberté de l’information révèlent que plus de 50 000 soldats servant dans l’armée israélienne possèdent une autre nationalité, soit près de 8 % des effectifs (actifs et réservistes). Parmi eux figurent 6 127 Français, plaçant la France au deuxième rang après les États-Unis (plus de 12 000), devant la Russie, l’Ukraine, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Des ressortissants belges sont également concernés, plus de 400 selon les derniers décomptes, et pourraient faire l’objet de procédures judiciaires en Belgique. Selon des experts en droit international, la double nationalité n’offre aucune immunité en cas d’accusations de crimes de guerre. Plusieurs actions judiciaires seraient en cours en France, en Belgique ou encore en Afrique du Sud.

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Au 16 février 2026, la surincarcération carcérale en Belgique s’aggrave avec 609 détenus contraints de dormir à même le sol, soit 43 de plus qu’une semaine auparavant. La situation touche principalement la Flandre (322 cas répartis dans dix établissements), notamment à Anvers, Gand et Hasselt, tandis que 181 personnes sont concernées en Wallonie, surtout à Mons, Marche-en-Famenne et Leuze-en-Hainaut. À Bruxelles, la prison de Haren compte à elle seule 104 détenus dormant par terre.

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Le 16 février, le média indépendant Renversé a annoncé la mise en ligne d’un nouveau nom de domaine, rnvrs.co, afin de contourner le blocage de son site en Suisse. Cette mesure fait suite à la publication du nom d’un policier lausannois impliqué dans la mort de Mike (2018) et de Camila (2025). Selon la presse locale, le blocage aurait été ordonné en raison de l’absence d’identité juridique du média, qui affirme ne pas avoir encore obtenu la décision de justice correspondante ni pu se défendre. En attendant un éventuel déblocage de renverse.co, l’équipe appelle ses lecteurs à utiliser le nouveau domaine ou des outils comme Tor et les VPN pour accéder au site.

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Le 15 février, les forces israéliennes ont arrêté Bilal Kayed après avoir perquisitionné son domicile dans la ville d’Asira, près de Naplouse, en Cisjordanie occupée. Ancien prisonnier du FPLP ayant passé près de 18 ans dans les prisons israéliennes, il s’était notamment illustré par une grève de la faim de plus de deux mois avant sa libération en 2016 (voir notre article). Il avait de nouveau été détenu sous le régime de la détention administrative pendant un an, avant d’être libéré en juillet dernier.

Une enquête d’Al Jazeera révèle que l’armée israélienne aurait utilisé à Gaza des munitions thermiques et thermobariques, fournies notamment par les États-Unis, capables d’atteindre plus de 3 500 °C et de ne laisser aucune trace humaine. Selon la Défense civile de Gaza, 2 842 Palestiniens sont ainsi considérés comme « évaporés » depuis octobre 2023, leurs corps n’ayant laissé que des projections de sang ou de minuscules fragments. Des experts expliquent que la combinaison de chaleur extrême, de pression et d’oxydation vaporise instantanément les tissus humains. L’enquête identifie plusieurs bombes états-uniennes utilisées lors de frappes sur des zones civiles, y compris des écoles et des camps de déplacés.

Besra Erol est la mère d’Evrim Deniz Erol, l’une des 33 victimes de l’attentat de Suruç. Menée par Daesh le 20 juillet 2015, cette attaque visait un rassemblement de la Fédération des associations de jeunes socialistes (SGDF) dans le jardin du centre culturel Amara (voir notre déclaration). Elle a été libérée après avoir été emprisonnée depuis 2019 pour un discours prononcé sur la tombe de son enfant. Sa libération avait été à plusieurs reprises retardée malgré de graves problèmes de santé. Les proches des victimes affirment poursuivre leur lutte pour honorer la mémoire des 33 martyrs de ce massacre.

Un rassemblement de soutien est organisé le mardi 17 février à 18h30, place du Châtelet à Paris par Young Struggle, l’ACTIT, l’AFA Paris Banlieue, Contre-Offensive ou encore Samidoun (voir l’appel). Cet événement vise à dénoncer la répression en Turquie, marquée par l’arrestation récente de plus de 80 socialistes (voir notre article), notamment membres de l’ESP (Parti Socialiste des Opprimés) et la SGDF (Fédération des Associations de la Jeunesse Socialiste), mais aussi à soutenir les antifascistes poursuivis et condamnés en Hongrie.

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À Samandağ, dans la province de Hatay, un lecteur de Yeni Demokrasi a été interpellé lors d’un contrôle et placé en garde à vue après que 11 exemplaires de ce journal de la gauche révolutionnaire ont été trouvés en sa possession. L’affaire a été transmise à la brigade politique et au procureur, et le lecteur a été interrogé sur le contenu du journal, en particulier sur les dirigeants du TKP/ML (Parti Communiste de Turquie/Marxiste-Léniniste) mentionnés. Il a été détenu quatre heures au poste avant d’être libéré et devra se présenter devant le procureur. Des incidents similaires ont récemment eu lieu à Sarıgazi, Istanbul, où des lecteurs et commerçants distribuants le journal ont été harcelés et filmés par la police, illustrant les pressions visant à limiter la diffusion de ce média.

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