Déclenchées le 28 décembre contre l’hyperinflation et la crise économique, les manifestations qui se sont étendues à l’ensemble de l’Iran font face à une répression importante des autorités, marquée par une coupure nationale d’Internet, l’usage de gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles. À Téhéran comme dans plusieurs grandes villes, des vidéos diffusées avant le black-out montrent des coups de feu, des véhicules incendiés et des affrontements violents, tandis que le pouvoir accuse des « éléments terroristes » soutenus par l’étranger. Selon plusieurs ONG, au moins 45 personnes, dont huit mineurs, ont été tuées depuis le début du mouvement, un bilan bien plus lourd que celui reconnu par les autorités mais dont la fiabilité n’est pas garantie en raison des difficulités liées à la communication vers l’extérieur. Malgré les appels officiels au « dialogue », le guide suprême Ali Khamenei a qualifié les manifestants d’« émeutiers ». La mobilisation est particulièrement forte dans les régions à majorité kurde de l’ouest du pays, où les manifestations sont récurrentes et la répression historiquement plus brutale, avec de nombreux morts et blessés signalés. Les organisations kurdes dénoncent un ciblage spécifique de ces provinces, régulièrement traitées par le pouvoir comme des zones sécuritaires et soumises à une militarisation accrue.

Le tribunal administratif a définitivement annulé les sanctions disciplinaires visant Bruno et Ibrahima, agents de Paris Musées, après en avoir déjà suspendu l’exécution, mettant fin à une procédure engagée depuis deux ans. Ces sanctions, liées à des accusations internes dont le caractère discriminatoire et raciste a été dénoncé par leurs soutiens syndicaux, ont été jugées infondées par la justice administrative. La Ville de Paris et Paris Musées ont pris acte de la décision, renoncé à toute poursuite disciplinaire et annoncé le remboursement des salaires non perçus. La CGT salue une victoire obtenue grâce à la mobilisation collective, la détermination des deux agents et les nombreux soutiens.

Dossier(s): France Tags: ,

Jeudi 8 janvier, les autorités israliénnes ont libéré le prisonnier Amr Kayed après 16 mois de détention administrative (voir notre article). Etudiant à l’Université de Birzeit en Cisjordanie, il est un partisan du Pôle démocratique progressiste affilié au FPLP et le frère de la prisonnière Layan Kayed.

Le tribunal administratif de Paris a suspendu en référé, le 6 janvier 2026, la révocation de Majdouline B., infirmière à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière licenciée en novembre 2025 pour avoir refusé d’ôter son calot chirurgical porté quotidiennement hors des zones où il est prescrit. Si le juge a reconnu l’existence d’une faute disciplinaire liée au refus répété d’obéir à sa hiérarchie, il a estimé que la sanction de révocation pouvait être disproportionnée dans l’attente d’un jugement au fond. À la suite de cette décision, l’AP-HP s’est engagée à revoir la sanction afin d’en garantir la proportionnalité. Soutenue par des collègues et des syndicats, l’infirmière, en poste depuis 2018, s’est dite soulagée et souhaite retrouver son statut de fonctionnaire, tandis que ses soutiens dénoncent une « chasse aux bouts de tissu » visant des soignantes, dans une affaire où l’islamophobie était largement mobilisée.

Dossier(s): France Tags:

Disparus le 25 décembre 2005 à Bojador, quinze jeunes Sahraouis âgés de 17 à 30 ans ont disparu après leur participation à l’Intifada de l’Indépendance, un mouvement de mobilisation populaire sahraoui lancé en 2005 dans les territoires occupés pour revendiquer le droit à l’autodétermination, le respect des droits humains et la fin de l’occupation marocaine, et violemment réprimé par les autorités. Vingt ans plus tard, leurs familles accusent l’État marocain d’enlèvement et affirment qu’ils seraient détenus dans des prisons secrètes, rejetant la version officielle évoquant leur mort lors d’une tentative de migration vers les Canaries, jamais étayée par des preuves scientifiques indépendantes. Malgré la mobilisation du Comité des mères des quinze, la saisine d’instances internationales dont le Comité de l’ONU contre les disparitions forcées et de nombreuses actions de protestation marquées par la répression, le harcèlement et les menaces, aucune enquête crédible n’a été menée. Les familles dénoncent une politique persistante de déni et d’impunité et appellent la communauté internationale à ouvrir une enquête indépendante, rappelant que cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de violations graves des droits humains au Sahara Occidental occupé, où des centaines de Sahraouis restent portés disparus depuis 1975.

Deux personnes ont été blessées par balles le 8 janvier 2026 à Portland lors d’une intervention d’agents fédéraux de la police aux frontières. Les autorités fédérales affirment que les occupants d’un véhicule auraient tenté de percuter les agents, qui ont alors ouvert le feu, blessant un homme et une femme dont l’état reste inconnu. L’incident, faisant l’objet d’une enquête, survient au lendemain de la mort d’une femme tuée par un agent de l’immigration à Minneapolis (voir notre article), un événement qui a provoqué des manifestations et ravivé la mobilisation contre l’ICE (Service de l’immigration et des douanes des États-Unis) et ses méthodes.

Dossier(s): Amérique du Nord Tags: ,

Depuis mardi 6 janvier, les quartiers de Şêxmeqsûd (Cheikh Maqsoud) et Eşrefiyê (Achrafieh) subissent les attaques de groupes affiliés au gouvernement de transition syrien (voir notre article). Ce jeudi 8 janvier, ces forces ont intensifié les bombardements sur la zone avec des drones et de l’artillerie lourde. En deux jours, 11 personnes ont été tuées et plus de 60 ont été blessées.

Des manifestations se sont organisées et continuent à s’organiser dans différentes villes d’Europe depuis le début de l’attaque. Un rassemblement se tiendra à Bruxelles le vendredi 9 janvier à 15h devant la gare centrale. Le samedi 10 janvier, la grande manifestation « Justice & Vérité » se tiendra à Paris pour les militant·es kurdes assassiné·es à Paris en 2013 et 2022 (voir notre article).

Le 31 décembre 2025, un détenu du centre pénitentiaire Camp-Est à Nouméa s’est évadé lors d’une extraction médicale au Médipôle de Dumbéa, où il devait passer un examen radiologique pour une douleur au pied. L’homme a pris la fuite à son arrivée, malgré la présence de trois agents d’accompagnement, et aucune entrave n’avait été posée en raison de sa blessure. Cette évasion fait suite à des incidents survenus quelques jours plus tôt, le 25 décembre, où des dégradations avaient été constatées dans plusieurs cellules lors de tentatives d’évasion.

Selon Diosdado Cabello, le ministre de l’Intérieur du Venezuela, l’opération menée par les États‑Unis qui a abouti au kidnapping du président Nicolás Maduro et de son épouse aurait fait environ 100 morts, incluant des membres des forces de sécurité et d’autres personnes présentes lors de l’assaut. D’après Caracas, une grande part des agents chargés de la protection de Maduro ont été tués « à bout portant » et des ressortissants cubains présents au Venezuela figurent également parmi les victimes, tandis que Maduro et son épouse ont été blessés au cours de l’opération. Le gouvernement intérimaire a instauré une semaine de deuil national en hommage aux militaires tombés lors de cette intervention.

En Turquie, la répression judiciaire visant les avocats engagés se poursuit. Le 5 janvier dernier, l’avocat du Halkın Hukuk Bürosu (Bureau juridique du peuple) et prisonnier politique Aytaç Ünsal a entamé une grève de la faim d’une semaine. Celle-ci vise à dénoncer deux décisions emblématiques de cette politique répressive : l’incarcération de l’avocat Naim Eminoğlu et le blocage de la libération de Selçuk Kozağaçlı, pourtant éligible à une remise en liberté, empêchée par une décision arbitraire du conseil administratif et de surveillance. À travers cette action, Aytaç Ünsal dénonce l’acharnement des autorités contre les avocats qui défendent les opposants politiques.