Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

C’est ce matin que ce sont déroulées les funérailles de Mohamed Brahmi, dirigeant du Front Populaire abattu de quatorze balles devant son domicile il y a quelques jours. Plus de 15.000 personnes s’étaient rassemblées à Tunis pour assister à son enterrement aux côtés de Chokri Belaïd, un autre opposant de gauche assassiné en février dernier. A l’issue de la cérémonie, une grande partie de la foule s’est rendue devant le bâtiment de l’Assemblée nationale constituante pour réclamer la démission des élus. Les milliers de manifestants ont été accueillis par la police anti-émeute qui a tiré des gaz lacrymogènes pour les empêcher de se rassembler. Vers 16h, des renforts policiers ont été envoyés sur place. Après avoir été dispersés, les manifestants sont revenus en force, lançant des pierres aux forces de l’ordre pour répondre aux tirs de gaz. De nombreuses personnes ont été intoxiquées et un député a été violemment frappé par la police avant de s’évanouir et d’être évacué par les secours.

Manifestation devant l’assemblée nationale constituante

Manifestation devant l'assemblée nationale constituante

Mohamed Ghalot est un militant de la ‘Voie démocratique baasiste (marxiste-léniniste)’ et de l’Union nationale des étudiants marocains. Le 18 avril 2012, il avait été libéré après avoir passé onze mois en détention provisoire, avoir été condamné à trois mois de prison et avoir mené une grève de la faim de 82 jours. Ce vendredi, il a à nouveau été arrêté et se trouve actuellement détenu à la Préfecture de Fes.

Mohamed Ghalot

Des développeurs ont récemment fait état de sérieux problèmes de sécurité de la carte iED. Selon eux, dans la minute qui suit la déconnexion du titulaire, il est possible de retourner sur le compte sans être en possession ni de la carte ni du code PIN. D’après les autorités, cette faille serait connue depuis 2003-2004. Le secrétaire d’Etat à la Fonction publique a déclaré que pour remédier à la situation, Fedict, l’organisme qui gère les technologies de l’information et de la communication fédérales, devrait tenir compte des moyens budgétaires disponibles.

Arrêté dans la localité de Galapa (nord), Hernan Cantillo, 38 ans, sur lequel pesait un mandat d’arrêt international, a appartenu durant vingt ans aux Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), des milices d’extrême droite nées dans les années 80, considérées comme responsables de la mort de milliers de personnes. Le 22 novembre 2000, il aurait dirigé un massacre de 36 habitants dans la commune de Sitionuevo (nord) et serait aussi impliqué dans le meurtre d’un sociologue en 2004.

Cette arrestation survient au moment ioù le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, a reconnu pour la première fois que « L’Etat colombien a été responsable, parfois par omission, parfois de manière directe, de graves violations des droits de l’homme et d’infractions au droit humanitaire international durant ces cinquante ans de conflit armé interne » dans un discours devant la Cour constitutionnelle.

‘Nadejda Tolokonnikova purgera sa peine jusqu’à son terme’ a déclaré le tribunal de Saransk ce vendredi. Tout comme une autre membre du groupe Pussy Riot, Maria Alekhina, elle avait introduit une demande de libération anticipée après avoir purgé plus d’un an de sa peine. Le refus d’accéder à sa requête prononcé en avril dernier a été confirmé ce matin. Rappelons que trois femmes membres du groupe avaient été condamnées après avoir chanté une ‘prière punk’ dans une cathédrale de Moscou, à deux ans de camp pour ‘hooliganisme’ et ‘incitation à la haine religieuse’. Alors que Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova sont donc toujours détenues, Ekaterina Samoutsevitch a été libérée en appel en octobre, sa peine ayant été commuée en sursis.

Dans un rapport publié ce mercredi apparaissent les coûts réels d’entretien du camp de prisonniers de Guantanamo. Alors que celui-ci avait été évalué par Obama en mai dernier à 900.000 dollars par détenu, il s’avère que pour l’exercice fiscal qui s’achèvera à la fin du mois de septembre, le coût total s’élèvera à 454 millions de dollars. Cela représente 2,7 millions de dollars pour chacun des détenus. Depuis son ouverture en 2002, 4,7 milliards de dollars ont été dépensés pour Guantanamo.

Moins de 6 mois après l’assassinat de Chokri Belaid, un deuxième dirigeant du Front Populaire, Mohamed Brahmi a été assassiné suivant le même mode opératoire, sortant de son domicile devant sa femme et ses enfants, de 11 balles tirées par deux motards. Ce dirigeant d’un parti nationaliste de gauche, le Courant Populaire, était député de Sidi Bouzid, la ville d’où avait commencé la révolution et où ont eu lieu ces derniers mois de nombreuses mobilisations populaires contre le gouvernement et contre le siège local du parti islamiste au pouvoir, Ennahdha.

assassinat de Mohamed Brahmi

Des manifestations ont eu lieu en réaction à cet assassinat. La police tunisienne a fait usage jeudi après-midi de gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs centaines de manifestants qui ont occupé un local administratif à Sfax, la grande ville du littoral située à 250 km au sud de la capitale. Les protestataires ont lancé des pierres sur les forces de l’ordre.

assassinat de Mohamed Brahmi

Issue d’une famille de commerçants juifs polonais, Rosa Luxemburg fait de brillantes études au lycée de Varsovie qui se trouve alors dans l’empire russe. Militante au sein du parti révolutionnaire « Prolétariat », elle doit fuir en Suisse où elle passe une thèse d’économie politique. Ayant acquis la nationalité allemande en 1898, Rosa Luxemburg milite au parti social-démocrate (SPD). Marxiste de haut niveau, elle rédige plusieurs travaux théoriques importants. Pendant la Révolution russe de 1905, Rosa Luxemburg se rend à Varsovie, mais arrêtée, elle échappe de peu à l’exécution.

Rosa Luxemburg

De retour en Allemagne, en 1906, elle appartient au courant minoritaire, marxiste révolutionnaire, d’un SPD devenu réformiste. Contrairement à la majorité du SPD, elle s’oppose en 1914 à la guerre et son action pacifiste révolutionnaire lui d’être emprisonnée en 1915. En 1916, la crise du SPD la conduit à fonder avec Karl Liebknecht, Franz Mehring et Clara Zetkin, la Ligue des Spartakistes, mouvement révolutionnaire. Les Spartakistes accueillent avec enthousiasme la révolution d’octobre, même si Rosa Luxembourg diverge de Lénine en ceci que celui-ci met d’avantage en avant le rôle du parti et de l’insurrection et celle-là le rôle des conseils ouvriers et de la grève de masse.

L’Empire allemand tombe à la fin 1918, lors de la Révolution de Novembre des soldats et des ouvriers proclament la République. Mais le mouvement prolétarien est divisé entre réformistes et révolutionnaires. La révolution permet à Rosa Luxemburg de sortir de prison : une amnistie politique est prononcée le 6 novembre ; elle-même est libérée le 10 et regagne Berlin. Les dirigeants spartakistes se réunissent et fondent un nouveau journal, Die Rote Fahne (« Le Drapeau rouge »). Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht y appellent le prolétariat allemand à poursuivre la révolution et à former des conseils ouvriers pour en prendre la direction et constituer une République des conseils. Pour les Spartakistes, la révolution doit désormais s’étendre à toute l’Europe avec le soutien de la Russie soviétique.

Révolution de Novembre à Berlin

Mais le SPD, qui a formé le gouvernement Ebert veut éviter une révolution soviétique et aspirent à une république démocrate bourgeoise. Le 6 décembre, des troupes gouvernementales occupent la rédaction de Die Rote Fahne. Une manifestation spartakiste est dispersée à coups de mitrailleuse, faisant treize morts et trente blessés. Les Spartakistes forment le Parti communiste d’Allemagne (KPD) lors d’un congrès tenu du 30 décembre 1918 au 1er janvier 1919. Rosa Luxemburg plaide pour la participation du KPD à l’élection de la nouvelle Assemblée constituante, mais la majorité se prononce pour le boycott de ces élections.

Début janvier 1919, l’agitation révolutionnaire monte : le KPD forme avec d’autres groupes révolutionnaires, dans la nuit du 5 au 6, un comité révolutionnaire et décide de passer à l’insurrection. Rosa Luxemburg juge le mouvement prématuré mais choisit de le soutenir. Le soulèvement échoue et le ministre SPD Noske confie la répression aux Freikorps (« corps francs »), des groupes de militaires et paramilitaires monarchistes ayant refusés la démobilisation et continuant à se battre pour rétablir l’ancien régime ou conserver les provinces anciennement allemandes en Silésie. Les insurgés sont massacrés.

L’insurrection spartakiste à Berlin

Rosa Luxemburg fait paraître le 14 janvier 1919 son dernier article, amèrement intitulé L’Ordre règne à Berlin. Le lendemain, des militaires se présentent à son domicile clandestin et l’emmène, avec Wilhelm Pieck, à l’hôtel Eden qui sert de quartier-général provisoire. Interrogée, elle refuse de répondre aux questions. Des militaires la font ensuite sortir de l’hôtel pour l’escorter en prison. Alors qu’elle est dirigée vers la sortie de l’hôtel, elle est frappée à la tête à coups de crosse de fusils ; les soldats la font ensuite monter dans une voiture pour prétendument la conduire en détention. Alors que le véhicule à peine parcouru cent mètres, Rosa Luxemburg est tuée d’une balle dans la tête par l’un des militaires, probablement le lieutenant qui commandait l’escorte. Son cadavre est jeté dans le Landwehrkanal. Karl Liebknecht, arrêté lui aussi, est également tué en sortant de l’hôtel Eden, par l’escorte qui officiellement l’emmenait en prison.

Freikorps

Symboliquement, un cercueil vide représentant Rosa Luxemburg est enterré le 25 janvier en même temps que celui de Liebknecht et de 31 autres victimes de la répression. Un corps identifié comme celui de Rosa Luxemburg est finalement repêché le 31 mai. Leo Jogiches tente de découvrir la vérité sur la mort de Rosa Luxemburg : en mars, il est arrêté à son tour, puis tué au quartier général de la police. Les assassins seront condamnés symboliquement et seront par la suite dédommagés par le régime nazi (qui versera également une prime au procureur ayant étouffé l’affaire)

Funérailles de rosa Luxemburg

La tombe de Rosa Luxembourg se situe au cimetière central de Friedrichsfelde de Berlin, où un hommage lui est rendu chaque deuxième dimanche de janvier par des milliers de personnes. Sur cette vidéo le cortège de janvier 2012:

La délégation de notre Secours Rouge au 90e anniversaire de l’assassinat de Rosa Luxembourg (janvier 2009)

Rosa Luxemburg
Révolution de Novembre à Berlin
L'insurrection spartakiste à Berlin
Freikorps
Funérailles de rosa Luxemburg
La délégation de notre Secours Rouge au 90e anniversaire de l'assassinat de Rosa Luxembourg (janvier 2009)