Depuis le 28 décembre, l’Iran est secoué par une vague de manifestations contre la vie chère et le régime. La contestation s’accompagne également d’attaques ciblées contre les forces du régime, notamment dans la région de Kermanshah où six membres des forces armées ont été tués et plus de 120 blessés, revendiquées par une force kurde, tandis que le gouvernement accuse des « terroristes urbains ». Ce mouvement est violemment réprimé par les autorités : les morts sont estimés de plusieurs centaines à plusieurs milliers selon différentes organisations, des chiffres difficiles à vérifier en raison de la coupure d’Internet dans le pays. En effet, le gouvernement iranien a totalement coupé l’accès à Internet mondial depuis le 8 janvier 2026. Cette coupure ne repose pas sur un simple blocage des câbles, mais sur une architecture réseau unique, construite depuis 2019 : un réseau domestique contrôlable où les autorités peuvent déconnecter des quartiers, des rues ou des utilisateurs ciblés, tout en maintenant le fonctionnement d’institutions comme les banques ou l’administration. Seuls quelques terminaux satellitaires Starlink permettent encore de transmettre des informations, mais leur utilisation reste risquée, le régime tentant activement de détecter ces appareils.

Dans de nombreux pays occidentaux, des réseaux proches d’Israël, des États-Unis et du fils du chah, Reza Pahlavi, se mobilisent pour influencer la mobilisation, à l’image des récentes manifestations à Paris ou à Toulouse. De leur côté, des organisations de la gauche révolutionnaire iranienne en exil appellent à soutenir la révolte tout en dénonçant les ingérences occidentales, comme à Bruxelles ce mardi 13 janvier (voir ici). Dans ce contexte explosif, le président états-unien Donald Trump a multiplié les menaces, évoquant des « options militaires très fortes », tout en affirmant qu’une négociation avec Téhéran était en préparation. Le régime, pour sa part, se dit « prêt à la guerre mais ouvert à des négociations équitables », a décrété trois jours de deuil national pour les forces de sécurité tuées et a appelé à des marches de « résistance » en soutien à sa politique.

Depuis deux semaines, l’Iran est secoué par des manifestations contre la vie chère, alimentées par l’inflation et les sanctions occidentales. Réprimées par les forces de sécurité, ces protestations auraient fait au moins 192 morts selon l’ONG Iran Human Rights, un chiffre difficile à vérifier en raison des coupures d’Internet qui entravent la communication avec les manifestants. Face à la contestation, le président Massoud Pezeshkian doit s’exprimer sur la situation économique et les « revendications du peuple », tandis qu’Israël demande à l’Union européenne de qualifier les gardiens de la révolution iranienne d’organisation terroriste.

Les autorités iraniennes ont violemment réprimé les protestations déclenchées fin décembre 2025 par les commerçants du Grand Bazar de Téhéran contre la crise économique accentuée par les sancitons occidentales. Selon l’ONG Iran Human Rights, au moins 62 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, dont 48 manifestants et 14 membres des forces de sécurité, tandis que des centaines d’autres auraient été blessées. Ces chiffres, qui incluent désormais une hausse du bilan initial, restent difficiles à confirmer en raison des restrictions imposées par le régime sur les communications et les médias.

Lors d’une manifestation autour de l’Arc de triomphe, deux porte-parole nationaux de la Confédération paysanne, Thomas Gibert et Stéphane Galais, ont été arrêtés de manière « très brutale » par les forces de l’ordre, selon le syndicat. Des vidéos montrent leur interpellation violente, et ils ont été placés en garde à vue (voir ici). Cette répression intervient dans le cadre d’une mobilisation contre l’abattage total des bovins contaminés par la dermatose bovine et contre l’accord commercial de libre-échange Mercosur.

Dossier(s): France Tags: ,

Jeudi 8 janvier à Istanbul, une manifestation organisée pour dénoncer les attaques contre les quartiers kurdes d’Alep a été violemment réprimée. Au moins 30 participants ont été interpellés, certains après avoir été frappés, et plusieurs manifestants ont été emmenés sous escorte policière. Les témoins rapportent des scènes d’intimidation, avec des arrestations ciblant des figures associatives et militantes. Cela intervient alors que les forces de sécurité locales résistent aux assauts meurtries dans la ville d’Alep et que de nombreux rassemblements sont organisés en Europe et ailleurs (voir notre article).

Déclenchées le 28 décembre contre l’hyperinflation et la crise économique, les manifestations qui se sont étendues à l’ensemble de l’Iran font face à une répression importante des autorités, marquée par une coupure nationale d’Internet, l’usage de gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles. À Téhéran comme dans plusieurs grandes villes, des vidéos diffusées avant le black-out montrent des coups de feu, des véhicules incendiés et des affrontements violents, tandis que le pouvoir accuse des « éléments terroristes » soutenus par l’étranger. Selon plusieurs ONG, au moins 45 personnes, dont huit mineurs, ont été tuées depuis le début du mouvement, un bilan bien plus lourd que celui reconnu par les autorités mais dont la fiabilité n’est pas garantie en raison des difficulités liées à la communication vers l’extérieur. Malgré les appels officiels au « dialogue », le guide suprême Ali Khamenei a qualifié les manifestants d’« émeutiers ». La mobilisation est particulièrement forte dans les régions à majorité kurde de l’ouest du pays, où les manifestations sont récurrentes et la répression historiquement plus brutale, avec de nombreux morts et blessés signalés. Les organisations kurdes dénoncent un ciblage spécifique de ces provinces, régulièrement traitées par le pouvoir comme des zones sécuritaires et soumises à une militarisation accrue.

Le 6 janvier 2026, l’armée israélienne a fait irruption sur le campus de l’université de Birzeit, au nord de Ramallah, pour disperser un rassemblement étudiant organisé en solidarité avec les prisonniers palestiniens. Les forces israéliennes ont utilisé des balles réelles, des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes, brisant la porte principale de l’université et pénétrant dans différents bâtiments. Plusieurs étudiants ont été blessés, dont trois touchés par des tirs à la jambe, pris en charge par le Croissant-Rouge et transportés à l’hôpital. Des responsables universitaires et journalistes ont également été arrêtés, notamment le vice-président académique Asim Khalil et les journalistes Moatasem Saqf Al-Hait et Karim Khmaisah. Environ 8 000 étudiants se trouvaient sur le campus au moment de l’assaut, qui a également conduit à la saisie de matériel appartenant au mouvement étudiant.

En Iran, le mouvement de contestation déclenché par des revendications économiques est entré dans sa deuxième semaine et a déjà fait au moins 29 morts, dont deux membres des forces de sécurité, selon l’ONG HRANA, tandis qu’environ 1 200 personnes ont été arrêtées. Des centaines de manifestants auraient également été blessés, et des armes lourdes auraient été utilisées par les autorités dans certaines régions pour réprimer les protestations. Les manifestations ont touché près de 88 villes dans 27 des 31 provinces du pays, illustrant l’ampleur du mouvement. Le gouvernement iranien ne communiquant aucune donnée officielle, ces chiffres reposent principalement sur des informations relayées par des ONG et des activistes à l’étranger, dont la vérification de manière indépendante reste difficile.

En Bolivie, la vaste mobilisation contre l’offensive austéritaire du président Rodrigo Paz s’accompagne d’une répression accrue des forces de l’ordre, visant à contenir une contestation sociale massive. Depuis l’appel à la grève générale illimitée lancé le 22 décembre, les manifestations, blocages routiers et rassemblements ont été confrontés à un important dispositif policier, notamment à La Paz, où les mobilisations de mineurs ont été violemment dispersées à coups de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et d’interpellations. Cette réponse sécuritaire cherche à imposer le décret supprimant les subventions aux hydrocarbures et à briser un mouvement populaire largement implanté dans des secteurs stratégiques.

En Iran, la nouvelle vague de manifestations déclenchée par l’inflation et la crise économique s’accompagne d’une répression croissante du régime, malgré la reconnaissance par le guide suprême Ali Khamenei du caractère « juste » de certaines revendications. Les autorités ont annoncé l’arrestation d’organisateurs de rassemblements, tandis que la télévision d’État confirme le début d’une vaste opération sécuritaire. Selon plus ONG, au moins 15 manifestants ont été tués et plus de 580 arrêtés depuis le 28 décembre, dans un mouvement de protestation qui s’est étendu à au moins 60 villes.