Ce samedi 5 octobre, plusieurs centaines de manifestants, Gilets jaunes et membres d’Extinction Rebellion (XR) se sont retrouvés pour bloquer le centre commercial Italie 2, non loin de la place d’Italie, à Paris, ainsi que le centre commercial « Les Grands Hommes » à Bordeaux. L’opération organisée par le mouvement Extinction Rebellion et baptisée « Dernière occupation avant la fin du monde » consistait à occuper un symbole du capitalisme. ​Rassemblés par petits groupes depuis 10 heures, les manifestants ont bloqué l’entrée des magasins et se sont barricadés à l’intérieur du centre commercial plaçant devant les portes des palettes de bois et des homards gonflables géants (référence à l’affaire De Rugy). À Paris, on pouvait lire sur la banderole hissée sur la grande verrière principale «Détruisons les palais du pouvoir. Construisons les maisons du peuple». En fin de journée, les membres de la brigade d’intervention ont tenté de pénétrer dans le centre commercial Italie 2, alors que les personnes à l’intérieur bloquaient les entrées du bâtiment. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz, mais les policiers ont interrompu l’opération, tout en restant étaient postées aux alentours du centre commercial. Finalement, les manifestants ont décidé de quitter les lieux vers 4h30.

En dehors de l’action de Paris, les manifestations des Gilets jaunes se sont concentrées dans la ville de Toulouse avec un appel à manifester contre la répression judiciaire afin de rester mobiliser pour les nombreux procès qui vont se tenir dans les mois qui viennent. Les manifestants ont également mobilisé pour différentes luttes telles que « la réforme des retraites, la réforme de l’assurance-chômage, la Réforme Blanquer, le réchauffement climatique, le manque de moyens dans les hôpitaux… ». Selon la préfecture, il y a eu sept blessés légers parmi les forces de l’ordre et deux interpellations pour outrage à l’égard d’une personne dépositaire de l’autorité publique et pour jets de projectiles.

Gilets Jaunes et Extinction Rebellion - Paris - Actes 47

Dix activistes (7 femmes et 3 hommes) d’Extinction Rebellion (XR) ont été arrêté.e.s ce samedi 5 octobre pour conspiration dans une vague d’arrestations préventives opérées par la police de la région métropolitaine de Londres. Les policiers ont utilisé un bélier pour pénétrer dans un entrepôt de Kennington, dans le sud de Londres, où XR stockait du matériel destiné aux actions de blocage prévues à partir de ce lundi. Les activistes tentaient de déplacer l’équipement, notamment des toilettes portables, de la cuisine, des panneaux solaires, de la nourriture prête à manger, des parapluies et des bouillottes. La police a également confisqué les six véhicules utilisés pour transporter du matériel. Les arrestations préventives ont lieu après que la police ait été critiquée pour son incapacité à gérer les grèves qui ont eu lieu en avril et qui ont provoqué des perturbations dans toute la ville. À l’appel d’XR, un blocage doit débuter ce lundi. L’objectif étant de bloquer 12 sites à travers Westminster (centre politique et touristique de Londres), mais aussi des autoroutes.

Arrestation d'un militant d'Extinction Rebellion

Libérable sous condition depuis le 19 septembre, Jock Palfreeman est sorti de prison mais est depuis détenu dans le centre pour immigrés de Sofia, Busmantsi (voir nos articles ici et ici), dans l’attente d’un nouveau passeport (délivré par l’Australie). Suite aux pressions politiques, le procureur général bulgare, Sotir Tsatsarov, a déposé une requête auprès de la Cour suprême de cassation pour demander la révocation de la libération conditionnelle de Jock Palfreeman et la réouverture de son dossier (voir notre article). Certains politiciens ont dénoncé la remise en liberté conditionnelle allant jusqu’à appeler à des actes de violence envers le juge ayant prononcé sa libération. Ce lundi 7 octobre, le tribunal jugera de la requête déposée par le procureur général.

Jock Palfreeman appelle tous les soutiens à travers l’Europe et demande de montrer sa solidarité en protestant lundi 7 octobre à 9h du matin devant les ambassades de Bulgarie.

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Appel à Soutien - Jock Palfreeman

Depuis le dimanche 15 septembre, près de 50.000 travailleurs de 34 sites du constructeur automobile General Motors (GM) sont en grève à l’appel du syndicat United Auto Workers (UAW). La grève s’est déclenchée suite à l’échec des négociations d’une nouvelle convention collective pour les 4 prochaines années. Ils réclament des augmentations de salaire, une meilleure couverture santé, le redémarrage d’une usine dont l’activité a été arrêtée en mars à Lordstown, dans l’Ohio et empêcher la fermeture programmée d’une chaîne d’assemblage à Detroit.

Depuis le début du conflit, les travailleurs des usines situées au Mexique, Canada, Brésil et en Corée du Sud (où les travailleurs sont également en grève partielle depuis début septembre) s’organisent en soutien aux grévistes états-uniens. Sur le site de Silao (Mexique), au moins 8 travailleurs organisés et solidaires ont été licenciés pour leur soutien, refusant entre autre de faire des heures supplémentaires. Des pressions avaient été exercées dans les usines des différents pays pour reconstituer la production de véhicules. Les grévistes ont maintenu la communication avec les travailleurs et travailleuses des autres pays et fait un «appel à la solidarité».

Usine GM à Silao (Mexique)

Pour l’Acte 44 des Gilets Jaunes, la ville de Nantes avait été choisie comme point de rassemblement national où plus de 5000 personnes ont défilées (1800 selon la préfecture). C’est dans cette ville qu’est mort Steve Maia Caniço (voir notre article). Dans le cortège, des pancartes « Justice pour Steve, ni oubli ni pardon » et contre les violences policières étaient brandies. À 18 heures, trente personnes avaient été placées en garde à vue, selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP). Au total, quatre membres des forces de l’ordre ont été blessés. Vingt-deux cocktails molotov et dix mortiers ont été découverts à proximité du point de rassemblement et une centaine de parapluies et un extincteur ont été saisis, selon la police. Les manifestants s’étaient rassemblés vers midi pour un pique-nique place Général-Mellinet, à 14 heures, d’où ils sont partis pour rejoindre le centre. Là, les heurts ont commencé et la police a fait usage de grenades lacrymogènes et d’un canon à eau.

À Paris, environ 500 personnes, encadrées de près par les forces de l’ordre, ont défilé. À l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne), une centaine de « gilets jaunes » ont manifesté en début d’après-midi contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), qui gère les aéroports d’Orly et Roissy. On a comptabilisée également dans les grandes villes de France : environ 400 manifestants à Lyon, plusieurs centaines à Toulouse, 200 à Marseille, 200 à Montpellier et 150 à Bordeaux.

Gilets Jaunes Acte 44 à Nantes

Ce 12 septembre 2019, cela fera un an que le militant politique argentin et dirigeant syndical des travailleurs du pétrole, Daniel Ruiz, a été arrêté par le gouvernement de Macri pour avoir participé activement à la lutte contre la réforme des pensions. Depuis un an, il est emprisonné sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui (voir notre article).

Demain jeudi 12 septembre 2019, à 18h, un rassemblement sera organisé devant l’ambassade d’Argentine, avenue Louise 225 à Bruxelles.

Daniel Ruiz

Le 7 septembre, le tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné sept militant.e.s syndicaux.ales à 117 ans de prison et 74 coups de fouet à la suite des manifestations des employés de l’usine de canne à sucre Haft Tappeh, en novembre dernier (voir nos articles ici et ici). Ismail Bakhshi, accusé de « rassemblement et collusion dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale », « insulte du Guide », « publication de mensonges », « propagande contre l’État » et « perturbation de l’ordre public », a été condamné à 14 ans de prison et 74 coups de fouet. Mohammad Khanifar, accusé de « rassemblement, collusion et propagande contre l’État », a été condamné à six ans de prison. Les journalistes Sepideh Qolian, Amir Amirqoli, Asal Mohammadi, Amir Hossein Mohammadi Fard et son épouse Sanaz Allahyari ont été condamnés à 18 ans de prison. Ils ont été inculpés de « rassemblement et de collusion dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale », d’ « appartenance au Gam » (une publication pour laquelle ils avaient écrit), de « propagande contre l’État » et « publication de mensonges ».

Au moins 40 travailleurs de l’usine de sucre Hafteh Tappeh ont été arrêtés au cours des derniers mois pour avoir protesté contre des salaires non-payés par l’usine. Le 13 août, sept travailleurs de l’usine de canne à sucre Haft Tappeh ont été condamnés à huit mois de prison avec sursis et à 30 coups de fouet chacun. Le 14 août, neuf autres employés ont été condamnés à huit mois de prison et à 30 coups de fouet, tandis qu’un autre travailleur a été acquitté.

Sept militant.e.s condamné.e.s à 117 ans de prison

Le 16 septembre débutera le procès de 47 personnes accusées de « participation active à une organisation terroriste ». Les inculpé.e.s sont lié.e.s à l’action, légale et sociale, pour la défense des droits des détenu.e.s politiques basques. Tou.te.s sont accusé.e.s de faire partie du “front des prisons” (voir notre article). Le bureau du procureur demande de huit à vingt ans d’emprisonnement, sous les accusations de participation active à une organisation terroriste, de financement du terrorisme… Les accusé.e.s sont, d’une part, des avocat.e.s de prisonnier·ère·s de l’ETA et des personnes, partis et associations de la société civile basque et, d’autre part, les membres des groupes Herrira, Jaiki Adi et Etxerat. Jaiki Adi est une association de professionnels de la santé assistant des personnes touchées par les violences en Espagne et en France qui offrent, entre autre, une assistance psychologique aux prisonniers et un traitement aux personnes qui ont été torturées. Etxerat est défini comme une organisation composée d’ami.e.s et de parents de prisonnier·ère·s, de déporté.e.s et d’exilé.e.s. Et Herrira est une organisation créée pour dénoncer les mauvaises traitements dans les prisons espagnoles à l’encontre des prisonnier·ère·s basques.

Un rassemblement de soutien sera organisé le 14 septembre à Bilbao.

Les inculpé.e.s du procès du "Front des prisons"

Le Comité exécutif de HBDH a publié une déclaration sur les actions des deux derniers mois et revendiqué 20 actions depuis juillet 2019. Ces actions sont menées dans la lutte contre la politique du gouvernement turc AKP-MHP en Turquie à l’encontre des femmes, des travailleurs et de la population kurde de Turquie et du Rojava.

1 juillet : Sabotage des émetteurs de télévision à Datça (Palmutbükü),
2 juillet: Sabotage du Grand Hôtel et des hôtels avoisinants à Izmir,
26 juillet : Action de sabotage des yachts de luxe à Ataköy Marina et à Pendik Marina (Istanbul),
26 juillet : Action à l’encontre des installations de stockage et de production de palettes dans la région d’İzmir (Pınarbaşı, district de Bornava),
27 juillet : Action contre un hors-bord à Bodrum,
28 juillet: Action au port d’Ambarli à Istanbul,
30 juillet: Attaque de l’usine d’armes de Konya Beyşehir,
30 et 31 juillet : Action contre le dépôt du ministère de la justice, à Denizli et à İzmir,
1er août: Action contre la fabrique de Cem Boyner et de la famille Ali Kurşat à Ayvalık, Balıkesir,
4 août : Action contre la zone industrielle de Denizli,
5 août : Action contre l’école d’infanterie de Tuzla,
6 août : Action au Centre scientifique d’Üsküdar,
6 août: Attaque de l’usine appartenant à la famille Ercal, dans le district d’Alapli à Zonguldak,
9 août: Attaque de l’usine de production de peinture de Tuzla,
10 août : Attaque de la zone industrielle de Çiğli, Izmir,
10 août : Attaque contre un convoi militaire chargé de munitions à Konya Aksehir,
10 août : Sabotage du dépôt de munitions militaires à Reyhanli, Hatay,
12 août : Attaque contre l’usine qui produit des conteneurs à Bornova, Izmir.

Déclaration du comité exécutif du HBDH (en turque).

Les forces du HBDH ont mené 6 actions les 20 et 21 août en réponse au limogeage des 3 co-maires de Diyarbakir, Madrin et Van et à la répression qui a suivi (voir nos articles ici et ici).
1. Un commando a incendié l’entrepôt «Jolly Textile Military Products» à Istanbul, qui fabrique des vêtements pour l’armée rendant le bâtiment et l’ensemble de ce qui s’y trouvait inutilisables.
2. L’usine de cosmétiques de la zone industrielle de Küçükcekmece a été détruite.
3. Un commando a incendié l’usine de produits chimiques située dans la zone industrielle de Küçükcekmece.
4. Une usine de cosmétiques de trois étages située dans la zone industrielle de Başakşehir a été détruite.
5. Environ 500 voitures ont été détruites sur un parking du district de Şirinevler, à Yıldırım.
6. Une usine de recyclage dans le district de Çorlu, à Tekirdağ, a été réduite en cendres.

Lire le communiqué en anglais.

Lire le communiqué en turc.

Action du HBDH