Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Jeudi soir, la Chambre des représentants a adopté une loi instaurant la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour crimes graves, une mesure qui ne s’applique qu’aux Belges disposant d’une double nationalité. Le texte introduit de fait une différence de traitement entre citoyens : une personne condamnée pour terrorisme ou criminalité organisée conserve sa nationalité si elle est uniquement belge, mais peut la perdre si elle est binationale.

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Selon une enquête du journal Le Soir, la FN America, filiale à 100 % de la FN Herstal, aurait fourni depuis 2009 des armes « à létalité réduite » FN 303 à des agences états-uniennes chargées du contrôle migratoire, notamment la Customs and Border Protection (CBP), pour un montant cumulé de plusieurs millions de dollars. Un contrat d’un million de dollars aurait notamment été signé en septembre 2025 avec la CBP, impliquée dans les expulsions de migrant·es sous l’administration Trump. La FN Herstal dément toutefois toute vente d’armes ou de lanceurs FN 303 à l’ICE, affirmant que les seuls contrats concernent des projectiles inertes ou de peinture, tout en reconnaissant des accords récents avec la police aux frontières et d’autres agences relevant du département états-unien de la Sécurité intérieure.

Le 27 janvier 2026, une performance artistique organisée lors d’une soirée étudiante à la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) de Mulhouse a entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « outrage » aux forces de l’ordre et au drapeau français. Au cours de l’événement, des étudiants ont frappé une piñata représentant un véhicule de police, tandis qu’un drapeau tricolore marqué de l’inscription « Police nationale » a été exhibé déchiré. Signalés par le préfet, ces faits ont suscité de vives réactions au sein de la droite et de l’extrême droite, qui dénoncent une « idéologie antiflics » et réclament des sanctions contre l’établissement. De leur côté, les participants défendent une performance politique et artistique visant à critiquer l’institution policière et les violences qui lui sont associées à l’échelle internationale.

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Militant engagé depuis plus de 50 ans en soutien aux prisonnier·es politiques, membre du Network for the Freedom of All Political Prisoners et du Secours Rouge International, Wolfgang Lettow est aujourd’hui à son tour la cible de la répression. Le 10 décembre 2025, il a été convoqué par la police à Hambourg afin de témoigner contre Volker Staub, ancien militant de la RAF (Fraction Armée Rouge) toujours recherché. Refusant de collaborer et faisant usage de son droit au silence, Lettow s’expose désormais à de nouvelles convocations, à des amendes et potentiellement à une « Beugehaft » (détention coercitive pouvant aller jusqu’à six mois). Cette procédure s’inscrit dans une campagne plus large d’intimidation liée aux affaires Daniela Klette, Burkhard Garweg et Volker Staub, dénoncée comme une criminalisation de l’engagement antifasciste, internationaliste et anti-impérialiste.

Le 27 janvier 2026, plusieurs organisations ont manifesté devant le consulat général de l’Inde à Birmingham pour dénoncer l’opération Kagaar, une offensive de l’État indien visant à écraser la rébellion maoïste et marquée par la multiplication des exécutions extrajudiciaires, des violences et des massacres contre les populations civiles, en particulier les communautés adivasi. Première mobilisation de ce type en Grande-Bretagne, l’action s’est tenue simultanément à des mobilisations similaires à Bruxelles (voir notre article), en lien avec les négociations de libre-échange Union Européenne–Inde et les travaux du Parlement européen sur les droits humains. Les manifestants ont dénoncé une opération au service d’intérêts miniers et impérialistes, impliquant notamment des multinationales telles que Vedanta et Adani.

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Vingt-neuf jeunes internationalistes, venus de 14 pays pour exprimer leur solidarité avec le peuple du Rojava face aux attaques de HTS et de l’État turc, ont été interpellés à l’entrée du district de Birecik (Urfa) par la gendarmerie. Qualifiés de « personnes à risque » après un contrôle administratif, ils ont été placés en garde à vue puis transférés à la Direction provinciale de la migration d’Urfa en vue de leur expulsion. Arrivés via Istanbul puis Suruç dans le cadre de la Caravane populaire, ils avaient été accueillis par des représentants politiques et associatifs avant d’être arrêtés sur la route du retour.

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Le collectif STOPELBIT.BE organise une journée de mobilisation et de sensibilisation le 8 février à Bruxelles. Cet événement vise à soutenir leur campagne à travers un programme varié incluant des interventions et des panels de discussion sur la répression des mouvements de soutien à la Palestine en Belgique. En plus des échanges militants, la journée propose des ateliers pratiques, un marché solidaire et des concerts pour fédérer le mouvement dans une ambiance de partage et d’engagement. Par ailleurs, un rassemblement de soutien est également organisé le 17 février prochain devant le Tribunal d’Audenarde à 10H pour soutenir les activistes en procès suite à une action contre OIP-Elbit (voir notre article).

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François, militant anti-impérialiste et membre de la CGT, fait l’objet de poursuites judiciaires suite à la diffusion d’un tract au sein de son université. Le document en question dénonçait les liens entre l’établissement universitaire et des entreprises accusées de complicité dans le cadre du génocide à Gaza. Face à cette répression politique et syndicale, un rassemblement de solidarité est organisé pour défendre la liberté d’expression et soutenir les militants engagés pour la cause palestinienne ce mardi 3 février dès 13H30 au Tribunal de Marseille (6 place Monthyon).

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Ce vendredi 30 janvier, la police fédérale, la Défense et la Douane ont inauguré un espace de formation dédié à la réalité virtuelle et aux technologies de simulation avancées dans les casernes d’Etterbeek. L’objectif est de moderniser la formation opérationnelle et d’améliorer la préparation des équipes sur le terrain.

Une ancienne salle de sport de la police fédérale a été transformée en centre d’entraînement consacré aux nouvelles technologies. Les XR-Labs (eXtended Reality Labs), nom du projet, sont actuellement en phase de test et sont spécifiquement destinés aux unités spéciales ainsi qu’aux formations en maîtrise de la violence. Ils visent à préparer les agents à des interventions plus risquées, mais aussi à organiser des formations telles que le profilage de citoyens sur des sites réalistes en 3D, grâce à l’utilisation de casques de réalité virtuelle et d’armes d’entraînement connectées. La police fédérale et la Défense ont chacune investi 75 000 euros dans ce projet.

Après une progression rapide dans les zones arabes, les forces gouvernementales ont subi de lourdes pertes face aux Forces démocratiques syriennes en tentant de progresser vers Kobané et Hassaka (photo : quelques combattants et combattantes des FDS et des YPJ tué·es ces derniers jours). La ligne de front s’est stabilisée et des cessez-le-feu, plus ou moins bien respectés, se sont succédé jusqu’à ce qu’un accord général soit signé le 30 janvier. Selon cet accord, l’armée gouvernementale et les FDS se maintiendront dans leurs propres zones, séparées par une distance de sécurité. Les FDS s’intégreront à l’armée en formant trois brigades autonomes stationnées à Hassaka et une brigade à Kobané. Il s’agira de brigades régionales à recrutement local, qui conserveront leurs commandements issus des FDS ainsi que leur propre mode de formation politico-militaire. Les YPJ (Forces de défense des femmes) resteront une force constituée au sein des FDS. Les forces de sécurité gouvernementales seront déployées à Hassaka, mais les forces de sécurité du Rojava, les Asayish, continueront d’assurer la sécurité des habitant·es de la région.

L’enseignement dans la langue maternelle sera officiellement accepté. Les lycées et les universités du Rojava seront officiellement reconnus. Les diplômes délivrés par l’Administration autonome le seront également. Le gouverneur de Hassaka sera désigné par l’Administration autonome et les institutions feront l’objet d’une intégration. La sécurité des frontières sera assurée par la région. Le poste-frontière de Semalka (vers le Kurdistan irakien) sera ouvert. Des discussions sont en cours afin que des représentant·es de l’Administration autonome puissent travailler au sein des ministères de l’État syrien. Des élections pourraient également avoir lieu à l’avenir. Les négociateurs du Rojava ont pris des initiatives pour permettre aux habitant·es de Sheikh Maqsoud, d’Ashrafiyah et de Shehba de rentrer chez eux. Des efforts sont également déployés concernant Serêkaniyê, toujours sous contrôle turc. Afrin est également toujours aux mains de la Turquie, mais elle devrait aussi être évacuée.