Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Seize personnes seront jugées du 8 au 26 juin par l’Audiencia Nacional pour avoir organisé et participé à l’accueil public de l’ancien prisonnier basque Ibai Aginaga en mars 2022 à Berango (voir notre article)(Bizkaia). Elles sont poursuivies pour « apologie du terrorisme » et risquent des peines de prison, de longues inhabilitations et d’importantes amendes. Les prévenus dénoncent un « macro-procès politique » visant à criminaliser la liberté d’expression et le militantisme, réclament l’amnistie et appellent à une manifestation nationale le 30 mai d’Algorta à Berango. L’enquête avait été ouverte après des plaintes notamment de Vox, Fundación Villacisneros et Dignidad y Justicia.

Le Comité Solidarité Budapest organise une grande journée de soutien aux inculpés de l’« affaire Budapest » le samedi 7 mars à La Parole Errante, à Montreuil, à partir de 14h. Cette journée solidaire propose un programme riche débutant par une prise de parole à 15h avec la famille de l’antifa Maja, suivie de discussions internationales sur la répression des mouvements antifascistes à 16h, puis d’une table ronde à 18h avec des avocats et La Quadrature du Net. L’événement intègre également une présentation de la nouvelle bande dessinée de l’auteur Zerocalcare à 17h, le tout agrémenté de concerts, d’expositions photos, d’une tombola ainsi que d’un bar et d’une cantine pour les participants.

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Un rapport de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), publié en février 2026, dénonce une dégradation systémique des libertés associatives à Toulouse, qualifiant la gestion municipale « d’illibéralisme ». L’enquête, documentant 34 cas avec l’appui de chercheurs en sciences sociales, révèle des pratiques de pressions financières, de censures et des restrictions d’accès à l’espace public ou aux locaux municipaux. Par ailleurs, la politique de criminalisation de la solidarité avec la Palestine organisée par la mairie de Toulouse est également dénoncée en soulignant le rôle de la municipalité dans la dissolution du Collectif Palestine Vaincra (voir notre article).

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Une opération policière menée le 20 février 2026 contre des membres du Frente Nacional de Lucha por el Socialismo (FNLS) à Ocosingo, dans l’État du Chiapas, lors d’une commémoration près de Río Florido, a été le théâtre de violents affrontements. Des forces des trois niveaux de gouvernement auraient procédé à une offensive avec gaz lacrymogènes, véhicules blindés et appui aérien d’un hélicoptère Black Hawk, entraînant des blessés et le déplacement forcé de communautés rurales.

Le Comité central du Parti Communiste Marxiste du Kenya affirme que son secrétaire général, Booker Ngesa Omole, a été violemment enlevé à Isiolo par des agents de police, puis battu et torturé avant d’être abandonné au commissariat de Mlolongo. Depuis, il n’a pas accès à un avocat. Son parti dénonce un kidnapping visant à intimider le mouvement ouvrier et les forces progressistes.

Dossier(s): Afrique Tags: ,

Le calme est revenu mardi après-midi à la prison de Marche-en-Famenne, en province de Luxembourg, où une quarantaine de détenus avaient refusé de regagner leur cellule à l’issue d’une activité pour protester contre une réorganisation liée à la surincarcération carcérale. Certains ont incendié des papiers et lancé des objets. La police est intervenue et les détenus ont accepté de regagner progressivement leur cellule.

Dossier(s): Belgique Tags: ,

En France, des militants engagés dans les luttes écologistes proposent une réflexion collective sur la sécurité, tant numérique qu’organisationnelle, en s’appuyant sur l’analyse des méthodes d’enquête policière observées ces dernières années. Ils mettent à disposition un site internet qui comprend de nombreux tutoriels, notamment sur Signal, les métadonnées d’un fichier ou encore l’interception téléphonique.

Le site « Sécurité en lutte »

Le prisonnier républicain Niall Sheerin, condamné en 2022 par un tribunal sans jury à sept ans de prison pour possession d’arme, s’est vu refuser sa libération anticipée après avoir purgé la moitié de sa peine. En cause : l’application du Counter-Terrorism and Sentencing Act 2021 et du dispositif MARA (Multi-Agency Review Arrangements), un mécanisme piloté par les autorités britanniques et impliquant notamment le MI5, qui soumet les détenus considérés comme “à risque terroriste” à une évaluation renforcée avant toute sortie. Désormais, les prisonniers républicains doivent purger au moins deux tiers de leur peine et ne bénéficient plus d’une libération automatique, leur sort dépendant d’avis sécuritaires pouvant bloquer tout retour auprès de leurs familles.

En Toscane, des élus municipaux de Fratelli d’Italia, le parti dirigé par la cheffe du gouvernement d’extrême droite Giorgia Meloni, proposent d’étiqueter les établissements scolaires selon une supposée orientation idéologique (« communiste », « woke », « anti-américaine », « antisioniste », etc.), officiellement pour aider les familles à choisir une école “compatible” avec leurs valeurs. Cette initiative constitue en réalité une tentative d’intimidation politique visant les enseignants et une remise en cause frontale de la liberté pédagogique garantie par la Constitution italienne.

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