Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

À l’approche des élections municipales de mars 2026, les députés français ont voté la prolongation jusqu’à fin 2027 de l’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique, confirmant l’extension continue des dispositifs de surveillance en France. Le nombre de caméras de voie publique contrôlées par les forces de l’ordre est passé de 60 000 en 2013 à 90 000 en 2023, et ce chiffre explose si l’on inclut les caméras installées dans les commerces, banques ou parkings, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) en recensant déjà près de 935 000 en 2012.

Le syndicat SUD PTT appelle à un rassemblement de soutien ce mercredi 4 février à 13h, devant l’Hôtel des Postes de Marseille, en faveur de Yann Quay-Bizet, secrétaire départemental menacé de sanctions disciplinaires. Cette mobilisation dénonce une « fièvre anti-syndicale » au sein de La Poste, où les syndicalistes s’opposent fermement à la fermeture récurrente de bureaux, à l’augmentation des tarifs et à la dégradation des conditions de travail. Selon le syndicat, la direction multiplierait les procédures d’intimidation et les mises à pied pour faire taire la contestation sociale face à la suppression de milliers d’emplois (voir notre article).

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À Paris, Paul, postier dans le 15ᵉ arrondissement, militant de Sud-PTT et candidat de Révolution permanente aux municipales, est convoqué le 6 février devant un conseil de discipline et risque 15 jours de mise à pied pour avoir défendu le droit d’expression syndicale face à une tentative d’entrave de la direction. Cette sanction s’inscrit dans un contexte de réorganisation imminente à La Poste, marquée par suppressions de postes, dégradation des conditions de travail et pression accrue sur les salariés, et vise à faire un exemple pour intimider les travailleurs combatifs. Son cas illustre une politique plus large de répression syndicale menée par La Poste ces dernières années (voir notre article). En réponse, des syndicats et de nombreux collègues appellent à une mobilisation de soutien le 6 février à 8h30 devant le siège régional de La Poste, au 111 boulevard Brune à Paris.

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Cinq militants basés à Berlin sont emprisonnés sans procès depuis septembre 2025 pour une action directe contre Elbit Systems à Ulm, entreprise d’armement impliquée dans la guerre à Gaza (voir notre article). Ils dénoncent de graves violations de leurs droits en détention (accès restreint aux avocats, nourriture et médicaments, courrier bloqué, isolement prolongé). Leur procès est attendu fin juillet 2026, avec une détention provisoire susceptible d’excéder largement les délais habituels. Une campagne de financement participatif a été lancée pour couvrir les frais non pris en charge (justice, détention, visites, mobilisation) : voir ici.

Dans la nuit du 30 au 31 janvier, plusieurs militants ont été interpellés à Grenoble après avoir déployé une banderole dénonçant les crimes et les discriminations attribués à la police. Lors de l’intervention, les forces de l’ordre ont proféré des menaces physiques, évoquant notamment l’usage de LBD pour déloger les activistes perchés dans un arbre. Durant leur garde à vue, les personnes arrêtées dénoncent des entraves, comme le refus d’accès à des soins médicaux malgré des situations d’urgence. À l’issue de ces événements, trois militants font l’objet de poursuites judiciaires, avec un procès fixé au 19 janvier 2027 au tribunal de Grenoble.

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À Recife, des militants ont dénoncé la répression policière et judiciaire après le placement en détention préventive de Mateus Galdino, étudiant arrêté lors d’une manifestation anti-impérialiste, malgré l’absence de preuves et son interpellation loin du rassemblement. Des protestations ont eu lieu devant le tribunal lors de son audience. Le même jour, un ciné-débat militant a réaffirmé la solidarité avec les prisonniers politiques et les mouvements de résistance au Brésil et à l’international.

Dans l’État de Rondônia, au Brésil, la Ligue des paysans pauvres (LCP) fait face à une nouvelle vague de criminalisation, portée par la presse locale, peu après l’assassinat du dirigeant paysan Adeildo Gonçalves Calheiro (voir notre article). Des médias accusent la LCP d’être une organisation criminelle armée, alimentant un discours sécuritaire qui occulte les violences des grands propriétaires terriens et des groupes paramilitaires déjà impliqués dans des attaques contre les communautés rurales. Les organisations paysannes dénoncent une stratégie visant à justifier la répression des luttes agraires et rappellent que Flecha était un leader reconnu, engagé dans la défense des terres et des droits des paysans.

Suite à une forte mobilisation incluant syndicats, enseignants et étudiants, la direction de l’école d’ingénieurs AgroParisTecha a annulé les exclusions temporaires de 34 élèves sanctionnés pour avoir occupé l’établissement (voir notre article). Ce recul de l’administration intervient dans un contexte de contestation lié à une réforme du cursus. Malgré cette levée des mesures conservatoires, les étudiants maintiennent leur mobilisation pour obtenir gain de cause sur l’ensemble de leurs revendications et appellent à une reprise immédiate des négociations.

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À Landerneau, les syndicats enseignants du lycée de l’Elorn appellent à la grève et à un rassemblement le 9 février 2026 pour soutenir un professeur convoqué par le rectorat. Celui-ci est mis en cause pour avoir collé sur son casier un drapeau palestinien et avoir déposé une brochure d’ONG sur la situation à Gaza dans la salle des professeurs. Les organisations syndicales dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et au droit syndical.

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En Turquie, une large opération policière a visé plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire, avec l’arrestation d’une centaine de militants, dont Murat Çepni, co-président du Parti Socialiste des Opprimés (ESP). Des membres et dirigeants de la Fédération des associations de jeunesse socialiste (SGDF), des Conseils socialistes des femmes (SKM) et du syndicat Limter-İş figurent également parmi les personnes interpellées. Des perquisitions simultanées ont touché des domiciles et des locaux politiques, syndicaux et de médias (comme l’agence ETHA) : portes défoncées, lieux saccagés et saisies massives de matériel numérique. Cette offensive, qui concerne aussi des responsables syndicaux, féministes et écologistes, est dénoncée comme une nouvelle étape de la répression politique visant l’opposition socialiste, les mouvements de jeunesse et les organisations de femmes.

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