Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Les forces de sécurité indiennes ont mené une opération dans le district de Bijapur (Chhattisgarh), où elles ont neutralisé 16 engins explosifs improvisés dissimulés dans des bouteilles de bière le long d’un sentier forestier, et saisi un important dépôt maoïste enterré. Les équipes conjointes (DRG, police locale et CRPF) ont récupéré environ 100 kg de bâtons de gélignite, des détonateurs, du cordon détonant, de la poudre noire, des uniformes, du matériel de communication et de la propagande. Parallèlement, une autre opération anti-naxalite a conduit à l’élimination d’un haut responsable du PCI (maoïste) et de plusieurs combattants, renforçant la pression des autorités contre l’insurrection dans la région.

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Le vendredi 23 janvier 2026, au quatorzième jour de sa grève de la faim, le prisonnier politique Umer Khalid a entamé une grève de la soif après avoir été placé en cellule d’isolement sans téléphone à la prison HMP Wormwood Scrubs. Lié à l’organisation Palestine Action désormais interdite (voir notre article), il est en détention provisoire depuis six mois pour une intrusion sur la base aérienne de Brize Norton. Il est désormais soumis à une surveillance continue 24h/24 et n’est plus autorisé à s’associer aux autres prisonniers, bien qu’il ait finalement obtenu une cellule équipée d’un téléphone après avoir défendu ses droits. Par cette action, il dénonce le silence et l’inaction du gouvernement face à ses revendications et celles de ses co-accusés (voir notre article), affirmant dans une déclaration : « Le gouvernement savait que cela allait arriver. Depuis deux semaines, nous sommes témoins de leur soif de sang à travers leur silence. […] Je ne suis pas suicidaire. Je ne suis pas un extrémiste. Je porte un amour intense pour mes co-accusés, pour les prisonniers politiques partout dans le monde, et pour toute l’humanité ».

Alors que les actions de soutien se multiplient au Royaume-Uni, un rassemblement d’urgence est organisé en soutien à Umer Khaled ce dimanche 25 janvier dès 18H devant le Consulat Britannique à Bruxelles (Avenue d’Auderghem 10, 1040 Brussels).

En réponse à l’appel de ses camarades et de ses proches (voir notre article), des affiches ont été vues dans les rues de Bruxelles pour exiger la libération immédiate de María José Baños, prisonnière politique des GRAPO, incarcérée par l’État espagnol depuis 36 ans, sa peine actuelle ayant débuté en 2002. Atteinte du VIH et de plusieurs autres maladies, María est victime de négligence médicale et de torture psychologique de la part de l’État espagnol, qui lui a lancé un ultimatum : elle ne sera libérée que lorsqu’elle renoncera à ses convictions politiques révolutionnaires. Ce faisant, l’État espagnol révèle sa politique meurtrière à l’encontre des militants antifascistes et révolutionnaires, politique qu’il tente de dissimuler en se présentant comme un État européen relativement progressiste. Comme l’explique son camarade Pablo Hasél depuis la prison de Lledoners : « Si la solidarité avec tous les prisonniers politiques et autres victimes de représailles est essentielle, elle l’est d’autant plus avec ceux qui risquent d’être exterminés en prison. »

La police de la ville a violemment réprimé la marche hebdomadaire des retraités près du Congrès, utilisant matraques et gaz contre des manifestants, faisant plusieurs blessés et provoquant des malaises. Selon des témoins, l’intervention a débuté après une tentative d’interpellation, avant que les forces de l’ordre ne chargent la foule. Plusieurs manifestants ont été pris en charge par les secours. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de forte dégradation du pouvoir d’achat des retraites sous le gouvernement du dirigeant d’extrême droite Javier Milei, marquée par le gel des primes, une indexation limitée à l’inflation et des réformes ayant entraîné une baisse réelle des pensions.

La préfecture des Bouches-du-Rhône a interdit une nouvelle manifestation de la communauté kurde prévue samedi 24 janvier à Marseille, après une mobilisation émaillée par des affrontements entre certains manifestants et forces de l’ordre le 22 janvier dernier (voir notre article). Les autorités justifient l’interdiction par la répétition d’incidents similaires à Marseille et à Marignane, et annoncent un dispositif de maintien de l’ordre pour faire respecter la mesure, dans un contexte de mobilisation croissante en faveur du peuple kurde qui fait face à une offensive du gouvernement de transition syrien contre le Rojava (voir notre article).

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Le procès de sept militants antifascistes, accusés de « vol aggravé » suite au vol d’une casquette appartenant à un membre d’un groupe d’extrême droite, a été ajourné par le tribunal régional de Graz (voir notre article). La défense souligne l’absence de preuves matérielles, notant que les vidéos de surveillance ne montrent aucun acte de violence et que la victime elle-même n’a pu confirmer avoir été touchée par les prévenus. Le tribunal a ordonné un délai d’environ trois mois pour réaliser de nouvelles expertises, notamment une analyse des vidéos par intelligence artificielle et un rapport médico-légal pour clarifier l’origine des blessures de la victime. Cette attente prolonge l’incertitude pour les accusés, dont trois ressortissants allemands qui font également l’objet de procédures d’expulsion.

Le campus d’AgroParisTech à Palaiseau a été le théâtre d’une intervention policière ce samedi matin, suite à l’occupation des bâtiments C1 et C2 par le collectif auto-géré « Agro En Lutte ». Mobilisant une cinquantaine d’étudiants, ce mouvement dénonce les « fuites en avant productivistes » et exige une refonte radicale du cursus, ainsi qu’une révision de la gouvernance de l’école pour limiter l’influence de l’agro-industrie. Les revendications s’étendent à des enjeux internationaux, notamment l’opposition au traité UE-Mercosur et la promotion d’une agroécologie ambitieuse. Après une montée des tensions durant la nuit, l’intervention des CRS à 8h00 a conduit à l’évacuation des locaux. Les manifestants fustigent une dérive répressive de la direction et affirment que leur détermination reste intacte jusqu’à l’obtention de garanties concrètes.

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À la suite d’une manifestation le 28 mars 2024 contre la venue de la députée d’extrême droite Hanane Mansouri à l’Université Grenoble Alpes (UGA), un militant antifasciste est convoqué devant la justice le 28 janvier à 13h au Tribunal Judiciaire de Grenoble. Ses soutiens dénoncent une interpellation violente par la BAC ayant entraîné 10 jours d’ITT, ainsi qu’une plainte déposée par le syndicat étudiant de droite UNI pour l’usage d’un « spray à paillettes ». Une large coalition d’organisations syndicales et politiques appelle à un rassemblement de soutien place Firmin-Gautier le même jour à la même heure pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une criminalisation de l’action militante et une montée de l’extrême droite sur les campus.

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Ces dix dernières années, un marché mondial de logiciels espions « clés en main » (comme Pegasus ou Predator) s’est développé, facilitant la surveillance massive par les États, sans nécessiter de compétences techniques avancées. Militants, journalistes et acteurs de la solidarité figurent parmi les cibles de plus en plus nombreuses. Ce phénomène s’explique notamment par le rôle central d’entreprises israéliennes dans l’essor de cette industrie, qui influence les pratiques de surveillance en France. Technopolice Bruxelles et La Quadrature du Net proposent une conférence suivie d’un échange le 28 janvier dès 19H à la Flèche d’Or à Paris (102 Bis Rue de Bagnolet, 75020, Paris). Celle-ci aura pour ambition d’analyser ces menaces, comprendre leurs origines et renforcer les moyens de défense face à la surveillance numérique et à la répression.

Il reste deux jours avant la fin du cessez-le-feu de quatre jours entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et l’Armée arabe syrienne (AAS), alors que les accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu persistent. Le territoire contrôlé par les FDS est passé de 50 000 km² à 10 000 km² en deux semaines, seules les villes et villages kurdes restant sous leur contrôle (contrairement à ce que nous avions annoncé, la ville de Sarrine, au sud de Kobané, est finalement restée sous le contrôle des FDS). Les attaques de l’AAS dans les environs de Hasaka menacent de couper les routes entre les centres urbains, tandis que le siège de Kobané s’intensifie. Au moins 18 000 personnes, principalement kurdes, ont été déplacées de Raqqa et Tabqa, portant le total à 170 000 personnes déplacées depuis le 6 janvier. Le siège de Kobané se resserre, environ 150 000 civils y sont piégés. L’électricité est coupée, les pompes à eau ne fonctionnent pas et l’accès à Internet est instable, tandis que l’AAS poursuit ses attaques. L’encerclement empêche l’acheminement de carburant, de nourriture et de fournitures médicales. La Turquie renforce sa présence à la frontière avec la Syrie, face à Kobané, avec des chars et des armes lourdes.

Le réseau Rise Up 4 Rojava, auquel appartient le Secours Rouge de Belgique, organise une soirée publique d’information le lundi 26 janvier à 18H30 au Steki, 6 rue Gustave Defnet à 1060 Bruxelles.